Archives de catégorie : Va chez l’gynéco @

Va chez l’gynéco @46

Ancienne feuills de soin papierÀ l’occasion de ma dernière consultation gynéco, j’ai eu un frottis. Je précise que je consulte au sein d’un service hospitalier de l’APHP. Je vous renvoie à ce billet.
Le frottis donc. Une dizaine de jours plus tard, je reçois par voie postale une « note d’honoraires » du praticien qui en fait l’analyse : 35 euros. Fort heureusement, je peux payer en ligne. Ce que je. Cinq jours passent et je reçois, toujours par La Poste, une feuille de soin que je dois envoyer, par La Poste (pas le choix cette fois) au centre de Sécurité sociale. Quelques jours encore et je reçois, par La Poste, on l’aura deviné, le résultat (négatif).
J’ignore pourquoi ces analyses sont externalisées ; pourquoi pas. Je remarque qu’elles ont valu pour le laboratoire trois courriers postaux, et à moi un, soit en écopli un total de 4,24 euros (plus les frais d’enveloppe, papier et manutention). Ce n’est pas rien ! En ce qui me concerne cela double ma participation forfaitaire (elle est de 1 euro pour un examen de laboratoire).
N’y a-t-il pas moyen de numériser tout ça ? Au moins, le laboratoire pourrait économiser 1,04 euro en groupant l’envoi de la feuille de soin et des résultats. Un minimum !

Va chez l’gynéco @45

Plaque indiquant le nom du service.Lors de ma dernière consultation en gynécologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, je me suis présentée à l’accueil, comme d’habitude. Après le cafouillage d’usage (« Vous pouvez remplir le papier. »-« Non. »-« Pourquoi ? »-« Ma canne blanche indique que je suis déficiente visuelle »« Ah ! oui pardon… mais vous pouvez lire le panneau ? »-« Toujours pas. »…), mon interlocutrice s’est révélée particulièrement dévouée. Elle a commencé les formalités administratives pour moi et a découvert que l’endroit habituel n’était pas le bon.
J’avais remarqué sur ma convocation la mention « cs handi », que j’ai traduite, sans comprendre, en « consultation handicapé » et cela se passait au 1er étage. Nous prenons l’ascenseur ; une dame peu charmante nous envoie « au fond à gauche », puis une autre « tout au fond » où il y avait deux portes, fermées. Mon accompagnatrice toque, timide mais volontaire ; pas de réponse. Elle retourne voir les infirmières, revient, toque encore… une dame sort du bureau. Elle lui indique que je viens consulter la docteure Xxx en tendant ma convocation. La dame alors me pose la main sur l’épaule et me parle (c’est déjà beaucoup, j’en conviens) comme si j’avais 5 ans avec une pathologie réduisant mes facultés cognitives.
Elle indique à l’accompagnatrice de m’installer dans la salle d’attente, « là » ; ce que elle. Je la remercie chaleureusement et elle s’en va. Je suis assise dans la salle d’attente du service « Explorations gynécologiques. Explorations thyroïdiennes et endocrines. » J’attends, dubitative. Ma médecin vient me chercher et me précède jusqu’à son nouveau cabinet de consultation, aménagé avec un lit d’hôpital, un siège de consultation gynéco plus bas que la moyenne (pas besoin de marche pour y grimper) ; il n’y a pas de bureau entre elle et moi, ce qui me permet de me mettre dos à la fenêtre et de ne pas l’avoir à contre-jour ; cela n’a l’air de rien mais ne pas être ébloui quand on parle avec quelqu’un, c’est vraiment confort.
Je l’interroge ; où suis-je ? Dans le service « Accueil spécifique pour les personnes présentant un handicap » de la Pitié-Salpêtrière, une consultation dédiée pour les personnes handicapées. C’est incroyable, non ? Autant que le parcours du combattant pour arriver jusque là mais ma médecin l’a promis, le fléchage ad hoc est en cours. Ouf !

Va chez l’gynéco @44

Le suicide d’un étudiant homosexuel de vingt ans victime d’agressions sexuelles de la part de proches a été l’occasion de nombreux messages de prévention. Au vu des neuf mille personnes qui se donnent la mort chaque année en France, et de toutes celles qui tentent de le faire, ces messages sont indispensables, et pas uniquement quand un fait particulier nous y invite. Sur Twitter, l’un d’eux a attiré mon attention.

« Si vous avez des idées noires, des pensées suicidaires, n’hésitez surtout pas à appeler la ligne Suicide Ecoute disponible 24h/24 7/j7 : 01 45 39 40 00 »

Je n’ai pu me retenir de répondre dans la foulée.

« Si vous avez le moindre doute devant la souffrance d’une personne, ne passez pas votre chemin. Si vous ne trouvez pas les mots pour lui parler, ou si c’est difficile pour vous de le faire, Suicide écoute peut aussi vous aider. En cas d’urgence, composez le 112 ! »

Je suis en effet toujours contrariée quand on fait porter la charge de la prévention sur les personnes qui sont dans une souffrance telle que le suicide leur apparaît comme la seule solution. Bien sûr qu’il faut leur dire que des numéros d’appel existent mais si l’on veut faire de la prévention, c’est en amont qu’il faut agir et prendre chacun notre part. J’ajoute que même en étant attentifs, on ne peut pas toujours prévenir le suicide d’un proche, loin de là tant la souffrance sait être camouflée !
La véritable prévention ne serait-elle pas alors de nous interroger sur les causes profondes des douleurs psychiques qui se trouvent, à mon sens, dans cette violence ordinaire qui régit notre monde à tous ses échelons en répercussion directe de celle qui régit nos modes de production ? Changer le monde vers moins de souffrances individuelles et collectives ? Je ne vois que ça.

Va chez l’gynéco ! @43

Les gens sont extraordinaires !
Alors que j’attendais pour m’enregistrer dans un service de radiologie pour faire le dépistage du cancer du sein (vous en êtes où, à propos ?), une femme grille mon tour pour « demander un renseignement ». Elle explique à la secrétaire qu’elle est là depuis vingt minutes et que son numéro n’a pas été appelé parce qu’elle ne regardait pas le bon écran.
— Vous aviez rendez-vous à quelle heure ?
— 9 h 45.
Il est 10 h 15.
La secrétaire lui fait fort civilement remarquer qu’elle est en retard…
— À peine cinq minutes ! Personne ne m’a dit que je devais arriver en avance.
Et la voilà partie à expliquer que tout est la faute du panneau qui est mal placé, caché par un autre qui donne d’autres numéros, que son « petit retard de cinq minutes » est légitime car elle a « d’autres charges que des échographies », qu’elle refuse un autre rendez-vous, qu’elle ne partira pas tant qu’on ne lui aura pas fait son examen, que… le tout sur un ton montant auquel la secrétaire a toujours répondu en gardant son calme.
J’admire.
En sortant de ma mammographie (tout va bien), j’ai recroisé cette femme qui a finalement eu son rendez-vous dans l’heure et mangeait des clémentines, sans masque forcément, dans la salle d’attente. Elle était mal placée pour se prendre un (très involontaire) coup de canne blanche. Dommage.

Va chez l’gynéco ! @42

J’ai consacré un billet à la procrastination appliquée au soin de mon genou droit. Il annonçait des examens. Je les ai faits et suis retournée voir ma médecin. Le verdict était sans appel : mon genou souffre de différents maux liés à l’âge mais rien qui explique la douleur que je traîne depuis quelques mois. Ma médecin m’a donc orienté vers un rhumatologue afin de, je cite, « faire un bilan global ». Mon entourage sportif a été unanime : « Tu vas voir, il va te dire d’arrêter le sport et te prescrire des infiltrations. »
J’y suis allée quand même. Je suis entrée dans son cabinet, canne blanche en main. Sans m’avoir dit bonjour, il me fait asseoir.
— Qu’est-ce que qui vous amène ?
— Bonjour docteur. J’ai un problème au genou.
— Ah ! le genou [Knock, pareil ! NdCy] Depuis combien de temps ?
J’explique en deux phrases que cela fait un certain temps mais que je viens le voir pour une douleur particulière déclenchée par un exercice de judo, IRM et radio à l’appui, que mon médecin ne comprend pas, que je n’arrive plus à courir.
— Vous n’arrivez pas à courir ? C’est la tendinite de la patte d’oie ! Il faut faire des infiltrations.
S’il le dit juste en me regardant dans le blanc des yeux ! Mon kiné, bien sûr, avait fait la même hypothèse il y a trois mois, vérifié, et conclut que ça n’y ressemblait pas, le radiologue, ma médecine traitante et sa remplaçante itou. J’ai un peu argumenté. Il a contesté le bien fondé de l’IRM, examiné mon genou sans s’intéresser à la douleur que je décrivais et m’a renvoyé dans mes foyers avec une ordonnance d’infiltration, et « un traitement en attendant » : patchs, comprimés, crème.
Grâce à l’éclairage de mon pharmacien, j’ai compris que ce « en attendant » était constitué d’antalgiques à base de codéine, prescrite sans qu’il ne s’inquiète des déséquilibres liés à ma déficience visuelle. Je n’ai donc rien pris de cela, suis retournée voir ma médecin traitante qui m’a prescrit huit jours d’anti-inflammatoires et envoyée chez un médecin du sport. Je n’ai évidemment pas arrêté mon activité physique sauf que… deux jours plus tard, mes lombaires ont décidé que j’avais besoin de repos ; trois semaines a dit le kiné après un week-end à me traîner chez moi, les larmes aux yeux à chaque pas en dépit des anti-inflammatoires et des antalgiques.
La vengeance du rhumato ? Misère.

Va chez l’gynéco @41

Depuis quelque temps, j’ai un genou « en vrac » ; le terme parlera aux sportifs ; il indique une douleur un peu chronique qui devient invalidante. J’ai tout ce qu’il faut pour m’en occuper en plus de mon rendez-vous kiné hebdomadaire qui gère mes douleurs posturales liées à ma déficience visuelle : pack de chaud, de froid, contention, huiles de massage, crèmes, rouleau de massage, etc. Et pourtant, je n’ai pas fait grand-chose, laissant la douleur s’installer alors que certaines choses me soulagent. J’ai traîné à aller voir mon médecin (qui a prescrit les examens qu’il faut), n’ai pas tant réduit mon activité sportive, ai tenté quelques soins sans les tenir dans le temps.
Pourquoi ? Ai-je envie d’avoir mal ? Je ne le crois pas et je sais que si je ne maintiens pas ce genou en bonne forme, mon judo en pâtira. Il m’est pourtant essentiel. Ce n’est pas la première fois que je ne fais pas grand-cas d’une blessure (et je l’ai toujours regretté), que je laisse traîner un rhume, que je ne m’intéresse pas à ces « petits maux du quotidien » qui peuvent être, au bout du compte, fort désagréables ; et je le regrette. Je procrastine peu, en général ; alors pourquoi rechigner à mettre du chaud sur mon genou, lui passer un peu d’huile de massage, adapter mes étirements si cela lui fait du bien ? Je l’ignore, et c’est d’autant plus absurde que ça fait mal. Vous avez une idée ?

Va chez l‘gynéco @40

En pleine pandémie de coronavirus, je vais chez le médecin. Dans la salle d’attente, il y a une affiche de l’assurance maladie « Cette année encore, la grippe va faire très mal. Vaccinez-vous. » C’est un peu comme voir l’affiche d’un film d’horreur par un réalisateur star favori aux Oscars qui a été doublé par un film amateur.

Va chez l‘gynéco @39

Lundi matin, en raison d’une grève à Radio France, pas d’émission de radio. J’utilise donc ma tablette pour zapper un peu pendant le petit-déjeuner et je tombe sur Valérie Pecresse, la présidente de la Région Île-de-France. Elle parle de l’égalité femme-homme en vantant son bilan sur le sujet à la tête de la région. L’émission touche à sa fin et en dernier mot, elle se dit favorable à un congé de paternité obligatoire pour les hommes de façon à réduire l’inégalité de traitement que le congé de maternité produit pour les femmes. Cela fait un moment que je pense que ce serait une bonne mesure et je souris d’avoir un point d’accord avec V. Pecresse.
L’émission va donc se terminer sur cet avis mais ç’aurait été trop beau car, dans un ultime souffle, presque sur le générique, elle glisse : « Bien sûr, il ne serait pas de la même durée. ». Fin de l’émission.
Mais bon sang mais c’est bien sûr !

Va chez l’gynéco @38

Lors de ma dernière visite chez la gynéco (ici), pour limiter les effets de la sécheresse vaginale, elle m’a prescrit une crème contenant des œstrogènes, avec une posologie d’une application « deux fois par semaine ». C’est compliqué, « deux fois par semaine », une semaine comprenant un nombre de jours impair ; j’ai donc programmé tous les trois jours et ai ouvert la boîte. En plus du tube de crème, se trouve un applicateur…
D’emblée, je le trouve suspect : sa couleur, rose, bien sûr. Sa matière est dure. Sa longueur : 17 cm ! Il doit être « profondément introduit dans le vagin » qui lui est en moyenne de 6 cm à 8 cm, hors excitation sexuelle. J’ai beau triturer l’objet, je n’arrive pas m’imaginer l’introduire dans mon vagin sans me blesser, ce d’autant que son bord externe n’est pas arrondi mais presque coupant. Comment savoir si je suis au bon niveau de « profond » sans la douloureuse butée du col de l’utérus ?
Enfin, il est question dans la notice (je vous recommande le schéma) d’une « marque 1 g, »  que je ne vois évidemment pas. La notice Vidal, elle, parle de « trait rouge » ; ça m’échappe. Je mets donc un peu de crème au bout de mon doigt (moins que 1g, j’imagine) et l’applique en douceur, convaincue que cet applicateur est une violence médicale de plus. J’en parlerai à mon médecin. Je vous dirai.

Va chez l’gynéco @37

Vous aurez compris entre les lignes de Caddie, Petit Koala et les Mouton (ici) que j’ai eu la grande surprise d’avoir mes règles en dépit d’une ménopause avérée, taux de FSH à l’appui. Cela m’a fait rire, moi qui ne les avais pas eues depuis une bonne quinzaine d’années suite à un traitement hormonal de l’endométriose. Heureusement que je reçois des filles à la maison pour pouvoir parer au plus pressé !
Je n’étais donc pas inquiète, tous les symptômes étant là : mal de ventre, mal de tête, seins qui ont gonflé et prise de poids deux semaines plus tôt ; libido au taquet. Deux cycles sont ainsi passés. J’avais rendez-vous chez ma gynéco mi-avril. Tout allait bien. À l’occasion d’un rendez-vous chez ma généraliste, je lui en glisse un mot, amusée. Sa réaction m’a laissée pantoise. Du tac au tac, elle me dit que ce n’est pas drôle et m’envoie manu militari faire une échographie pelvienne. Ouille !
En dépit de mes protestations (la sonde et moi, on n’est pas très copine), elle insiste et je prends rendez-vous dans un centre mutualiste. J’ai la surprise d’y être reçue par une gynécologue qui pratique les échographies. Autant dire que ça change tout : mon médecin avait indiqué sur l’ordonnance que je souhaitais éviter la partie endo-vaginale de l’examen. La gynéco-échographe m’interroge.
— Vous avez déjà eu des rapports… ?
Petit silence. Elle poursuit.
— …des pénétrations hétérosexuelles ?
C’est bien la première fois, en quarante ans de consultations gynéco et une petite dizaine de praticiens que mon homosexualité est d’emblée envisagée comme faisant partie des éléments à prendre en compte, ou plus exactement que l’hétérosexualité n’est pas posée comme incontournable. Cela dit, on peut ne pas apprécier ni les pénis ni les sondes endo-vaginales tout en appréciant la pénétration vaginale. Mais ça, c’est une autre histoire, une que la médecine ignore. Comme tant d’autres !