Archives de catégorie : Soldes @

Soldes @15

Cette semaine, je suis passé à la pharmacie.
C’est une pharmacienne récemment arrivée dans l’officine qui me sert. J’ai déjà eu affaire à elle une fois, pas suffisamment évidemment pour qu’elle se souvienne de moi à la différence de la pharmacienne qui s’occupe de mon cas habituellement (ici).
Après m’avoir remis ce que je venais chercher, elle me demande si j’ai besoin d’autre chose. A tout hasard, je lui demande si elle a du gel hydroalcoolique. Silence de quelques secondes et elle finit par répondre que non. Le délai de réponse m’a paru étrange parce qu’il était facile de me dire : « Non monsieur, nous n’en avons pas ».
Elle ajoute sans expression : « L’État nous a tout volé. » Je la regarde d’un œil interrogateur et elle me redit la même chose. Je lui demande donc pourquoi l’État lui aurait « volé » les gels hydroalcooliques et elle me précise que c’est pour les donner aux hôpitaux. Je la reprends donc : « Ah vous voulez dire que l’État a réquisitionné votre gel hydroalcoolique pour le donner aux hôpitaux. Très bien. » Elle a eu l’air surprise de ma réaction.
C’est vrai que si maintenant les pouvoirs publics priment sur les forces marchandes, alors où va le monde !

Soldes @14

Ah Noël ! Son Père Noël, ses sapins, sa neige de plus en plus synthétique, son taux de glucose et surtout, surtout.. ses marchés de Noël.
Alors non, je ne vais pas faire un article sur la tragédie du marché de Noël de Strasbourg, trop douloureux d’écrire sur ce sujet…
Je vais parler du petit marché de Noël, semblable à tant d’autres, qui a poussé près de chez moi. Une première dans mon quartier.
Pour la petite histoire, j’habite dans le centre de Paris, juste à côté du Musée d’Art moderne Georges Pompidou, également connu sous le nom de Beaubourg. C’est précisément dans le quartier piéton autour du musée que, fin novembre, ont poussé des petits cabanons en bois, peints en blanc. Attenant à ces cabanons, un manège assez sordide crachant des chants de Noël à la poésie étouffée sous le nombre de décibels au-dessus des normes auditives. Je vous invite vivement à venir observer ce manège, la plupart du temps vide d’enfants, et décoré de Pères Noël littéralement pendus au chambranle… La chose semble tout droit sortie de Dismaland, le parc d’attraction de Banksy (ici). Bref, la saison de Noël était lancée.
Pour éviter toute méprise, je précise que je n’ai aucun souci à voir ce genre d’animation près d’un musée et près de chez moi. Ce qui m’attriste, c’est d’avoir vu (et soutenu) le combat pour chasser Marcel Campion, et ses marchés Made In China, hors de Paris pour finalement retrouver, quelques mois après, un nouveau marché, certes sans Marcel, mais toujours composé à 90 % de stands de faux nougats, de gants et bonnets Made In China, de canards en plastique pour le bain (c’est ce qu’indique le vendeur), j’en passe et des meilleurs…. Manifestement, il n’y a pas que Paris qui fluctuat nec mergitur !

Soldes @13

Je me rends à une « Fête de la récup’ » dans le centre de Paris. Très vite, je me rends compte qu’il s’agit de différents étals d’objets d’occasion avec une poignée de réussites de réemploi. Il y a des stands de vente assez classiques (livres, vêtements, jeux…) et des pièces reconstituées avec des meubles et des objets. Il est possible de les acheter et de revenir les chercher. C’est un peu comme le vide-grenier qu’il y avait ce même jour en bas de chez moi, mais avec un vernis de respectabilité socio-écolo.
Les objets présentés dans les reconstitutions peuvent être achetés, mais sont à prendre à la fin de l’événement qui dure deux jours. Pour tout achat, il faut une petite fiche où le vendeur marque le prix et dont il garde le double. Chacun va payer à une caisse avec son ticket.
En regardant mieux, je m’aperçois que certains objets exposés ont des fiches avec numéro de téléphone de l’acheteur, voire également son nom. Il n’y a pas une loi qui tente de protéger les données personnelles ? Mince, c’est seulement sur Internet. Dommage qu’il n’y ait pas aussi l’adresse et l’étage, cela aurait encore plus simple pour faire de la récup’ directement au domicile. Mince, c’est vrai, ça s’appelle du vol.
Que de mauvais esprit ! Je suis trouble-fête.

Soldes @12

Taguer un panneau électoral est un délit… parfois drôle ! Je réprouve donc, mais je partage ! Je vous laisse deviner de quel candidat il est question.
Plus important est que j’ai remarqué cette année que tous les candidats du premier tour des présidentielles — à l’exception notable de Nathalie Arthaud — ont choisi de n’afficher que leur bobine, avec un slogan, et juste en dessous une seconde affiche avec qui la date d’un meeting, qui l’adresse du site Internet… Je me souviens du temps où les panneaux électoraux étaient composés en quatre morceaux. Un bandeau horizontal avec le nom du parti, du candidat, deux affiches verticales, une avec photo et slogan, l’autre avec la profession de foi ou les propositions, un dernier horizontal, en bas donc, avec le slogan de campagne, ou une autre information. On passait du temps à les assembler, soucieux de mettre les éléments bien droits. Et l’on passait tous les jours afin qu’ils soient propres (sans tag).
Au fil des élections, j’ai remarqué les choses se dégrader : de moins en moins de texte, des collages de travers, plus de tags. Ce qui me choque aujourd’hui, c’est que ces panneaux ne proposent plus aux électeurs qu’une image, celle du candidat, et un slogan. Serait-ce à dire qu’ils n’ont rien de plus à nous offrir ? Je sais bien que non mais, à nous proposer une communication politique si pauvre, c’est exactement ce qu’ils nous disent. Et qui y gagne ? Celles et ceux qui se font élire sur du vent. Qui y perd ? Je vous laisse deviner.

Soldes @11

MacronCe matin (mercredi 16 novembre 2016) ; France Info parlait de l’annonce de la candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle. Il allait le dire, c’était imminent. Ce le fut en effet et rien que ce faux suspens avait quelque chose d’affligeant. Dans une tranche « d’analyse » (désolée mais les guillemets s’imposent), un commentateur (journaliste ?) discutait avec la journaliste en plateau sur les chances de monsieur Macron, qui se présente « pour gagner » et non pour figurer. Comme les autres, non ?
Passons. Le commentateur en question s’est mis à nous expliquer que Macron était un candidat probable pour le deuxième tour, considérant que Marine Le Pen fera autour de 35 % et que le candidat le mieux placé derrière fera 20 %. Ben pardi ! Macron à 20 %. L’argument principal de ce commentateur était que Macron incarnait le mieux « la gauche ». Mais ne se déclare-t-il pas lui-même hors « la gauche » ?
Il semble que ma chère radio publique, en plus de servir la soupe (pour ce jour-là) à Macron, n’a pas retenu les leçons de l’élection de Trump ou, pire, à trop vouloir les retenir, considère le premier populiste suffisant venu comme susceptible de battre la droite parlementaire dès le premier tour. Oublie-t-elle, une fois encore, que Trump était issu de la droite parlementaire américaine ?
Mais si Macron n’est pas de gauche, alors… alors… Il n’est pas de droite non plus ! Le pôvre ! Je le place à moins de 5 % s’il arrive au bout de sa candidature, bien sûr. Et j’apprends alors que Valls va démissionner pour couper l’herbe sous le pied de Hollande ? Ouh là là ! Ça va en faire du monde à moins de 5 % ! Cela fera déjà ça de moins de campagne imbécile à rembourser !

P.-S. : Allez, pour le fun : ce matin, on a réentendu un extrait de discours de Macron, une voix enflammée, « Mon projet, c’est la France ! » Salve nourrie d’applaudissements. Dis, Manu, c’est quoi « la France » en tant que projet présidentiel ?

Soldes @10

KleenexLa lecture de Que Choisir de juin 2015 m’a fait découvrir combien les marques jouent sur les contenances pour nous tromper sur les prix. L’article commence par l’exemple de Kleenex, dont je suis friande : les boîtes vendues par deux comportent soixante-douze mouchoirs quand celles vendues à l’unité en comptent quatre-vingt-huit. Au voleur ?
Je me suis aussitôt armée d’un petit couteau (le nombre de mouchoirs dans les packs est caché sous un carré grisé du suremballage plastique), d’un papier, d’un stylo, et j’ai décidé de faire le tour des magasins du quartier pour vérifier ce que disait l’article sur la contenance des boîtes et tenter de voir jusqu’où allait l’arnaque. Je n’ai pas trouvé dans le même magasin un « Duo Pack » et une boîte seule. Si vous trouvez par chez vous, le comparatif de prix m’intéresse.
Cela dit, j’ai trouvé un pack de trois boîtes avec quatre-vingt-huit mouchoirs, packs de trois boîtes que, de mémoire, on ne trouve que l’hiver passé. Le prix à la boîte était le même que celui des « Duo pack », donc le prix du mouchoir est moindre puisque la boîte en comporte plus. J’ai donc fait un stock et décidé d’écrire à Kleenex, ce dernier détail en moins. Au passage, j’ai découvert que le site de la marque propose des bons de réductions (ici). En attendant leur réponse, autant faire des économies !

« Bonjour,
« Utilisatrice de Kleenex depuis des décennies, j’ai découvert dans Que choisir de juin 2015 que les boîtes de Kleenex Original vendues en « Duo pack » comportent 72 mouchoirs contre 88 pour une boîte vendue séparément. Et moi qui croyais que toutes les boîtes en contenaient 100… ce devait être le cas au siècle dernier et je dois vous avouer que je trouve que cette différence de contenance pour des boîtes de taille tout à fait identique frise la tromperie commerciale jusqu’à grever dangereusement ma confiance en votre marque.
« J’ai essayé de voir si cette différence de contenance rendait ou non concurrentiel le « Duo pack » mais le Monoprix où je suis allée ne proposait pas de Kleenex original à la boîte. Le « Duo pack » par contre, y était vendu 2,29 euros (72 mouchoirs) là où la boîte « Family » était à 2,09 euros pour 140 mouchoirs. Le calcul est vite fait, le mouchoir « Family » est légèrement moins cher que le « Duo pack »… On s’y perd ; à tel point d’ailleurs que j’ai décidé de tester d’autres marques.
« C’est un peu dommage de perdre des clients juste parce qu’ils ont l’impression d’avoir été trompés. Vous ne trouvez pas ?
« Bien cordialement. »

Note. La réponse est arrivée par mail deux jours plus tard. Quelle célérité ! Par contre, côté contenu… La chasse aux mouchoirs en papier d’une autre marque est ouverte !

« 018389425A — Objet: Mouchoirs KLEENEX®
« Chère Madame Jung,
« Nous vous remercions d’avoir contacté notre service consommateur. Nous apprécions que vous preniez le temps de partager vos commentaires avec notre équipe et souhaitons saisir cette opportunité pour vous répondre.
« Nous apprécions vos remarques, car elles nous permettent de connaître l’opinion de nos consommateurs concernant nos produits. Nous vous assurons que nous ferons part de vos remarques au service marketing et qu’elles seront prises en compte.
« Nous apprécions votre intérêt pour nos produits et espérons que vous continuerez de les utiliser.
« Sincères salutations,
« Service Consommateur, Kimberly-Clark Europe »

Soldes @9

Blog Pièces jaunesL’autre matin au marché, je suis passée entre les étals dans l’idée de changer mes sources d’approvisionnement. Les commerçants auxquels j’achète le plus souvent étaient en vacances, c’était donc l’occasion.
Je vois une belle caissette de fraises. Le vendeur clame « Deux euros la caisse ! Deux euros la caisse ! » Je m’approche et en vois une où les fruits sont plutôt bons. Alors que je paye, le vendeur change un peu sa harangue « Deux euros le kilo ! » Je regarde l’étiquetage et lui lance alors un peu fort, « Non, ça fait huit cents grammes, pas un kilo. » Le gars me lance des regards noirs sans me répondre, continuant à servir des clients. Comme je me répète plusieurs fois, il réagit en lançant un peu hargneux « C’est deux euros la caisse ! »
Je suis partie devant un client interloqué, sans doute que je puisse défier des regards aussi farouches, mais bien contente d’avoir mis les pieds dans le plat.
Les fraises étaient bonnes, mais je sais que c’est un étal où je ne retournerai pas.

Soldes @8

PièceUn matin à la piscine, alors que je ne suis pas très réveillée, je vois une jeune femme très souriante venir vers moi à l’endroit où on enlève ses chaussures. Cela fait toujours plaisir !
Elle m’aborde pour me demander si j’ai la monnaie sur une pièce de deux euros pour avoir au moins une pièce d’un euro nécessaire pour utiliser le vestiaire. Je sors mon porte-monnaie et compte : j’ai une pièce d’un euro, plusieurs pièces de deux et des plus petites pièces. En tout, je n’ai qu’un euro quatre-vingts de monnaie sur une pièce de deux. Je lui montre et, du coup, lui conseille de descendre à la caisse.
Tout de suite, elle me propose plutôt d’échanger sa pièce de deux contre un seul euro en m’assurant que cela lui convient très bien. L’échange se fait et elle repart. Elle a fait quelques pas quand je me réveille un peu plus et la rappelle en lui tendant un euro cinquante, puis me réveillant un peu plus, le complément pour le total que j’avais compté d’un euro quatre-vingts. Elle m’en remercie et me sourit de nouveau. Me voilà complètement réveillée au moins !

Soldes @7

Nuit du 4 août 1789 – Dessin de Monnet, gravé par Helman — Assemblée nationale

Un article de Que choisir sur les « Ventes privées de voyage » en ligne me rappelle que cela fait longtemps que je voulais faire un billet sur ces « Ventes privées » que j’exècre. Le verbe peut sembler un peu fort pour une simple opération commerciale, même si d’aucuns y laissent parfois la vie. Ce qui déclenche mon indignation, dans ces « ventes privées » c’est l’idée que l’échange commercial peut avoir ses privilégiés, comme s’il était un acte si magnifique, si important, qu’y accéder de manière privilégiée serait un honneur. Et, dans cette histoire, le privilège est accordé sur la fidélité commerciale (réelle et supposée).
Voilà ainsi atteint le paroxysme de la société de consommation, quand le commerçant fait croire à son client qu’il est un privilégié à consommer, qu’il est mieux traité que son voisin, parce qu’il a été choisi, parce que consommer est ce que l’on peut faire de plus valorisant, et qui donne du sens à la vie ! Je pourrais ici parodier le pasteur de l’Oratoire du Louvre et suggérer que l’on ne consomme pas pour donner du sens à la vie, mais que l’on consomme parce que notre vie a du sens… Ce n’est pas mal, finalement, comme idée.
Alors, même si l’on peut y faire des affaires, je ne mettrai jamais les pieds dans ces ventes pour privilégiés ! Et je publie ce billet un 4 août… Un minimum.

Soldes @6

Dans le cadre de ma quête quotidienne d’activités physiques non sportives, je suis allée acheter mon journal à l’autre bout de l’arrondissement dimanche dernier.
— 1,60 euro.
Je tends au kiosquier un billet de dix.
— Vous n’avez pas la monnaie ?
— Non, je suis désolée.
Je sors de ma poche le peu que j’ai, 1,10 euro en petites pièces. Il fouille sa caisse.
— Depuis ce matin, je cours après la monnaie. Il y a des jours comme ça… Donnez-moi 1,10 euro. Vous m’apporterez les 50 centimes restant demain.
Il me tend mon billet de dix. Je suis estomaquée. C’est bien la première fois qu’un commerçant me fait une proposition pareille et, qui plus est, je ne suis pas une cliente habituelle de ce kiosque.
— C’est très gentil à vous, ce d’autant que vous ne me connaissez pas !
— Prenez votre journal. Je sais que vous rapporterez 50 centimes.
— Ce ne sera que mercredi ou jeudi.
— Pas grave. Vous viendrez.
J’y suis en effet retournée, le mercredi. Je suis tombée sur un autre monsieur, à qui j’ai raconté mon histoire. Il n’a pas semblé en être surpris et m’a promis d’informer son employé du dimanche que je suis passée. Elle est comme ça, la vie que j’aime. Merci monsieur le kiosquier.