Archives de catégorie : Salade @

Salade @19

Ce dimanche après-midi, réunion au sommet du groupe « plantations » du jardin partagé de mon quartier. Au programme, notre plan de plantations pour la saison.
En fin de séance, j’échange avec un comparse sur les différents printemps dont nous avons entendu parlé, notamment le printemps météorologique. Une rapide recherche sur Internet me mène à cet article (ici) qui me semble bien résumer la chose (attention : je ne présume pas des autres contenus dudit site) : « Du point de vue météorologique, le printemps est une demi-saison se situant entre la saison froide et la saison chaude. Dans l’hémisphère nord, il comprend donc les mois de mars, avril et mai, précisément en météorologie, commençant le 1er mars et se terminant le 31 mai. »
A la lecture du même article, printemps astrologique et printemps calendaire n’auront également plus de secret pour vous.
Bon printemps à toutes et à tous donc !

Salade @18

J’ai découvert à l’occasion de la fête de Noël un nouveau concept agro-industriel.
Mon regard a d’abord été attiré par un filet (en plastique) de citrons jaunes. Sur ce filet, il y a une grosse étiquette (elle aussi en plastique), un peu fluo, illustrée d’un verger en pleine nature surmonté d’un large ciel bleu au-dessus duquel je crois lire en gros « Zéro pesticide ». Dans le même temps, mon cerveau détecte une longueur de phrase anormale pour ces deux mots simples. Je relis : « Zéro résidu de pesticides ». Je retourne la phrase dans ma tête (oui, toujours) essayant de comprendre le concept et surtout son attrait : ce serait donc des citrons « élevés » aux pesticides (pourquoi se priver de leur impact sur la faune et la flore après tout !) mais sans résidu de ces derniers ? Sceptique sur le concept, je me dis qu’il va falloir que je m’intéresse à la question pour en savoir plus.
Cependant, mon cerveau (oui, encore) attire mon attention sur un truc en bout de phrase…. Un astérisque ! Je me dis que je vais enfin en savoir plus. Je descends donc le regard et je lis : « Dans la limite de quantification ». Autrement dit, en gros, c’est « zéro résidu de pesticides au-delà des pesticides présents ». Il fallait oser le concept mais chacun sait que ça ne fait pas peur à l’agro-industrie et la grande distribution. Ceci dit, tant que les gens achètent leurs produits, elles n’ont aucune raison de changer.

J’ajoute un lien vers un article qui résume de la façon la plus positive possible le sujet : ici.

Salade @17

En septembre 2017, j’ai eu le plaisir d’accueillir chez moi des escargots (ici). Petit à petit, ils se sont multipliés, les plantes ont grandi, et j’ai mangé de la salade tout l’hiver pour qu’ils puissent se nourrir. J’en ai volé, aussi, en prenant les feuilles qui traînaient dans les étalages. Et puis, l’été 2018 est venu, avec ses grosses chaleurs. Les escargots n’ont pas résisté ! Ils sont tous morts dans un temps très court : eau trop chaude ; micro-algues ; manque d’oxygène. J’en ai été affectée.
En dépit de l’aide de Isabelle, je ne comprenais pas ce qu’il s’était passé. Je me sentais responsable de cette hécatombe, craignant le manque de soin de ma part. Et puis, je me suis décidée à trouver un nouveau locataire pour l’aquarium. C’est la vendeuse de l’animalerie qui m’a donné la clé. J’en ai été soulagée et suis plus détendue pour accueillir aujourd’hui Patton, un magnifique combattant rouge !
TTBM () l’a tout de suite adopté ! Moi aussi. Je me suis mis des rappels pour ne pas manquer un changement d’eau chaque quinzaine. Je lui en mettrai aussi un verre de fraîche entre deux. Il a droit à cinq granulés deux fois par jour : je les compte avec le compte-fils ; c’est petit ! À la différence des escargots, je le vois bien ! Et déjà, on discute. Je remue l’eau du bout du doigt pendant que je lui parle. Isabelle va me donner des escargots lave-vitres pour entretenir l’aquarium.
Ça me plaît.

Salade @16

De temps en temps, j’achète des revues. C’est une razzia de magazines sur des sujets variés qui peuvent d’une manière ou d’une autre m’intéresser. Ces derniers mois, j’en ai lu plusieurs autour du mode de vie, de la qualité de vie, du bien-être. Les lecteurs ciblés sont les urbains stressés et connectés. Certains articles sont un festival de clichés du moment. Des mots à la mode reviennent dans chaque texte, les vidant de leur sens.
Au final, tout est toujours une question de prise en main et de gestion : méditation, temps passé sur les réseaux sociaux, alimentation, sommeil, activité physique… Comme pour le recyclage des déchets ou la gestion de l’eau, c’est à chacun de faire ce qu’il faut pour lui. Certes, c’est un bon début, mais l’individualisme pointé sans cesse s’accompagne de publicités pour des applications, des équipements liés aux nouvelles technologies, de promotions de lieux à la pointe de ces nouvelles pratiques de consommation. La question de l’argent et de la consommation est abordée, toujours d’un point de vue individuel.
Il m’est resté quelques idées intéressantes, mais beaucoup de sentiments d’une enfilade de pratiques en prêt-à-porter sans questionnement de ce qui provoque des malaises suscitant autant de questionnements sur la qualité de vie. Je m’interroge comme nombre de personnes sur ma vie, dont Cécyle, nos billets sur le blog le montrent bien. Pour autant, je conclus que je ne suis pas faite pour les recettes toutes prêtes à appliquer tous azimuts.

Salade @15

Alors que je jonglais avec les textos évoquant tous l’imminence de la mort de Daniel, sa main gauche dans la mienne (ici), j’en ai reçu un qui m’a fait une bien fou ! Tellement décalé à un quart d’heure de sa mort.
Ma mère.
Ma mère ? Elle n’était au courant de rien.
Je lis (et cite de mémoire) : « Ma puce ; je suis au marché des carmes. Pied de romarin à 1,60 euro. Je prends ? Bises. Mutti. »
La vie était donc toujours là ?
Elle y était ; je m’y suis accrochée, encore, ai répondu à maman que oui, elle prend. J’ai serré plus fort la main de Daniel. La vie. Elle ne nous a jamais quittés.
Merci, maman.
Merci.

Salade @14

Isabelle s’est trouvé un fournisseur de produits « slow food » à prix très raisonnables. Je suis un peu jalouse. J’ai cherché vers chez moi et ai trouvé un site extraordinaire qui ne va pas me réconcilier avec le commerce local !
Le panier à 15 euros comprend : aillet (1 botte) ; épinards (400 g) ; mélange de radis roses et radis blanc glaçon (1 botte) ; salade laitue rouge (1 pc) ; pommes de terre grenaille ; (500 g) ; noix de Grenoble (350 g).
Chez mes fournisseurs de la grande distribution urbaine et mécréante, cela donne :
* Aillet (1 botte) ; y a pas, en effet. Mais la botte de ciboule chez Tang tourne autour d’un euro.
* Épinards (400 g) ; 3,50 euros le kilo en ce moment.
* Radis roses sans glaçon (1 botte) ; 0,80 euro la semaine dernière avec des feuilles magnifiques pour la soupe verte.
* Salade laitue rouge (1 pc) ; 1,20 euro les belles.
* Pommes de terre grenaille (500 g) ; je n’en achète pas mais je viens d’en trouver à 2,25 euros le kilo en ligne.
* Noix de Grenoble (350 g) : 6,50 euros le kilo.
Au final, cela me fait un panier à grosso modo « 1 + 1,50 + 0,80 + 1,20 + 1,10 + 2,10 = 7,70 euros ». Je vous confirme, ça m’énerve.

Salade @13

OrtieCet été, nous avons parlé soupe d’orties, avec Danielle, une soupe délicieuse difficile à faire quand on habite à Paris, faute d’orties. Quelques jours plus tard, elle m’a offert un petit pot avec un plant d’ortie ! Il est vrai que le temps qu’il pousse afin d’en avoir de quoi faire une soupe est illusoire mais voilà le genre de plantation que j’adore ! Après avoir un peu vivoté cet été, le plant, depuis septembre, s’est étoffé et grossit depuis à vue d’oeil (ou presque).
Autre fait ménager, depuis plusieurs semaines, je vide mon congélateur afin de le dégivrer ; une opération de longue haleine. Le temps d’arriver au bout, j’empile les boîtes en plastique où je peux, l’endroit où je les range étant saturé. Résultat : la partie du plan de travail où trône l’ortie est fort encombré.
En tendant le bras pour attraper une boîte, ce qui devait arriver arriva. J’ai raté le bon trajet, suis passée un peu bas et mon avant-bras a caressé (amoureusement) le plant d’ortie.
Ortie 2Je peux donc vous confirmer que cela en est bien, boutons à l’appui ! Cela me rappelle quand j’étais petite et où je n’identifiais jamais les orties (ni le reste). Les promenades dans les champs étaient urticantes ! Désormais ce sera les promenades dans ma cuisine !
Merci Danielle !

Salade @12

FraisiersAprès que Tomatier a rejoint le compost fin juillet, Jardinière était un peu triste. Elle lorgnait sur Basilic, arrivé début septembre. Mais elle était bien trop grande pour lui et craignait qu’il ne se perde et ne s’ennuie. Elle est donc descendue voir Françoise au jardin pour lui demander de lui donner des compagnes pour l’hiver.
Il faut toujours un peu de temps pour que les liens se tissent mais, quand on y met beaucoup d’amour et de sagacité, la terre se fait meuble et Jardinière verdoie. C’est désormais six fraisiers qui l’habitent.
— Siiix cooommeeee leees doooigts deee piiiieeed ?
Petit Mouton, les pieds ont cinq doigts, sauf au volley-ball, bien sûr.
— C’eeeeest foooot !
Volley-ball, Petit Mouton, mais tu as raison, c’est pareil, la main, le pied, surtout quand on se contente de les mettre sur un ballon.
— Cooopaaaiin Fraaaisiiiiieeeers !
Bonne idée, Petit Mouton, on va les appeler Fraisiers, avec un « s » ; ils jouent collectifs !

Salade @11

compote de coingJe fréquente toujours ce magasin dont je vous ai parlé, Naturenville, même si les prix ont tendance à augmenter. J’y fais quelques affaires et trouve des produits que je ne trouve pas ailleurs. En ce moment, les coings. 3,60 euros le kg. C’est prohibitif mais je n’en ai vu que là et, une année sans coing, c’est comme… un baiser sans la langue ? Quelque chose comme cela.
Je n’en prends que deux à la fois, espérant que mes voisines, au courant de mes péchés mignons, m’en trouvent à moindre prix. Hier, j’en prends donc deux, trouvant étrange qu’ils soient si brillants. On aurait dit qu’ils luisaient. Je m’en inquiète auprès de la caissière qui n’a pas d’explication. J’insiste un peu.
— Ils sont transgéniques ?
Elle sourit à peine. Je continue.
— Ou alors, c’est une variété particulière.
Elle ne sait pas.
— Je les laverai bien.
— Je vous conseille de les éplucher.
— Les éplucher ?
J’aurais volontiers ajouté « Malheureuse ! » mais j’ai bien senti qu’elle n’était pas d’humeur. Elle me dit qu’ils ne sont pas bio. Je lui explique que peu me chaut et que dans une compote de coing, la peau est aussi importante que les pépins.
— Je ne fais jamais de compote…
Je trouve ça triste. Je n’en dis rien, opine, embarque mes emplettes et rentre chez moi toujours intriguée par la couleur de mes coings. Je viens de faire la compote ; les coings étaient trop mûrs, ce qui explique sans doute la couleur. Je les ai quand même fait cuire ; la compote n’est pas très bonne. Tant pis. Cela m’apprendra à succomber sans discernement.
Quant à cette jeune femme, je trouve dommage de travailler chez un primeur sans s’intéresser à ce qu’elle vend. Il y a tant de saveurs et de recettes à découvrir ! Quant à ne pas faire de compote de coing… Un baiser sans la langue ; pas moins.

Salade @10

Bacs jardinJe suis souvent sollicitée, en tant que gestionnaire d’un jardin partagé parisien, par des émissions de télévision qui cherchent des personnes à filmer, soit dans un contexte « agriculture vivrière en ville » soit dans un contexte « je cuisine ce que je produis ». Les mails sont racoleurs, pompeux, très mal renseignés (on nous confond avec des jardins ouvriers) et en décalage total avec nos objectifs (animation de quartier) et notre dimension (170 m2).
Voici le dernier en date.

« Bonjour,
« Journaliste sur l’émission « Les Carnets de Julie » , incarnée par Julie Andrieu et diffusée chaque samedi sur France 3, je commence à préparer une échappée parisienne dédiée à un Paris vert. Thème qui nous a donné envie de pousser les portes des potagers parisiens et autres trésors parisiens, et d’y croiser le regard avisé de spécialistes.
« Et pourquoi pas imaginer une séquence de cuisine avec Julie Andrieu et quelques produits récoltés.
« L’émission voyage généralement dans les pays de France, afin de découvrir plus en détails (sic) des terroirs à travers le prisme de sa culture culinaire, de son artisanat, de ses acteurs, et de son patrimoine.
« Nous envisageons donc une émission un peu spéciale dans notre capitale qui serait tournée les 20 et 21 avril.
« Dans cette thématique je cherche à identifier plusieurs figures qui pourraient intervenir aussi dans cette émission autour du Paris revisité, l’idée est d’osciller entre cuisine, découverte et patrimoine à travers différents portraits. Peut-être sauriez-vous, dans un second temps, m’indiquer d’autres personnes. Si vous pensez à des particuliers qui pourraient correspondre, des profils atypiques ou des personnes dont la démarche etc. pourraient correspondre.
« Pensez-vous que nous puissions discuter ensemble de ce que l’on pourrait envisager ?
« Merci beaucoup pour votre aide,
« Bien à vous, »

J’avoue que le « Paris revisité, l’idée est d’osciller entre cuisine, découverte et patrimoine » m’a donné envie de sortir mes chiens. Notre jardin est posé sur un parking au milieu d’immeubles des année 70-80 pure architecture HLM. Ce souci de personnes « atypiques », m’agace aussi : je n’ai pas envie que notre jardin soit considéré comme une attraction. Voici donc ma réponse.

« Monsieur,
« C’est beau ! Si si, votre mail est magnifique et témoigne avec tant de justesse, d’équilibre, de préciosité même, de votre ignorance de ce que peut être notre jardin partagé que les bras m’en tombent, presque ; j’aime trop le chocolat et vous conviendrez qu’en être privée en cette aube pascale serait bien piètre récompense de carême.
« Ah ! les splendeurs du patrimoine HLM de Paris Habitat, belle architecture si exemplaire des immeubles au rabais des années 70. Ah ! ces figures indigènes qui font le Paris d’aujourd’hui et cultivent avec ardeur 1 m2 pour en récolter deux tomates cerises et trois haricots verts (les bonnes années !), à peine de quoi cuisiner une salade (sans sauce, le colza n’a pas pris). Ah ! la découverte de cette économie souterraine qui fleure bon sa pestilence dans nos cages d’escalier et embellit nos potirons de cultures interlopes. Ah ! ces grands spécialistes que nous sommes, citoyens revenus aux valeurs qui fondent nos traditions agraires seulement armés de binettes et de sagacité.
« Oui, monsieur le journaliste ! Revisitons Paris ! Regardons notre jardin partagé comme cette belle attraction qu’il est (pour vous), jardin d’acclamation du Paris moderne où nichent les trésors enfouis de ce qu’il nous reste d’humanité. Vous l’aurez compris. Non, monsieur le journaliste. Votre enquête préliminaire a failli. Notre jardin n’est rien de ce que vous en imaginez. Il est un lieu de vie, notre lieu de vie, et vous, eu égard à votre manière de nous prendre pour des quiches télégéniques, n’y êtes pas invité.
« Bien cordialement. »

Mon mail n’a pas obtenu de réponse. Petit joueur !