Archives de catégorie : Route @

Route @18

Le lendemain de l’épisode dit « de la banane » (retrouvez ledit billet en cliquant sur ce lien), je repars à l’assaut de La Défense sans encombre cette fois-ci.
Arrive le moment du retour. S’il a plu dans l’après-midi, le ciel semble plus clément pour reprendre la route. Le début du trajet est toujours agréable : ce qui était à l’aller une côte un peu pénible à monter en fin de parcours devient une descente bienvenue au retour.
La piste cyclable est protégée mais je reste prudent tout de même car il y a deux croisements avec les véhicules motorisés et les conducteurs de voitures ayant tendance à penser qu’ils sont non seulement les seuls usagers de la route mais aussi qu’ils ont toujours tous les droits et toutes les priorités, c’est potentiellement dangereux. Le premier de ces croisements est la sortie de la station-service où j’avais trouvé la veille la fameuse clé à molette. Je ralentis donc à son approche et j’aperçois un véhicule qui s’avance de la sortie. Il marque l’arrêt au « Stop » juste devant la piste donc je continue. Mais au moment où je passe, il avance brusquement et vient heurter mon vélo sur la roue avant. Je ne peux alors rien faire d’autre que d’essayer d’accompagner la chute. Je viens heurter le capot du véhicule, tombe puis glisse sur la route. Le feu en face est rouge donc, ouf, aucun véhicule ne vient vers moi. Avant de comprendre ce qu’il s’est passé, je me relève, récupère mon, vélo et me mets sur le trottoir. Le chauffeur de taxi (oui, c’était un taxi) sort de son véhicule et une personne qui était à la station vient vers moi. Tous deux me demandent si tout va bien, si ma tête a heurté le véhicule, si j’ai mal ailleurs. Ma tête n’a rien heurté, j’ai un peu mal à la jambe, pas celle que le véhicule a touché mais l’autre, celle qui a d’un côté heurté la route et, de l’autre, reçu le vélo. Rien de grave apparemment mais je suis un peu sonné, un peu groggy. J’engueule le chauffeur et là, j’ai droit à une série d’explications de sa part qui, si je l’avais eue avec moi, aurait donnée à la clé à molette une utilité toute pratique. Attention, c’est un festival :
– « Je savais ce matin que je n’aurais pas du prendre la route car je ne le sentais pas. »
– « D’ailleurs, je voulais rentrer chez moi car rien ne va depuis tout à l’heure. »
– « J’étais justement en train d’en parler au téléphone avec un ami lorsque je vous ai heurté. » (je n’en croyais pas mes oreilles alors je lui ai fait répéter plusieurs fois et à plusieurs moment !)
– « J’ai appris aujourd’hui un décès dans ma famille. »
Je lui ai demandé en quoi ça l’autorisait à venir me couper la route et à être un danger public… J’attends toujours la réponse.
Au final, plus de peur que de mal (quelques beaux hématomes). Le chauffard de taxi a payé la réparation du vélo (la roue avant était morte) et m’a ramené chez moi dans son taxi. Pour la petite histoire, on a mis bien plus de temps dans son véhicule que je n’en mets à vélo pour faire le même trajet. Pour la grande histoire, la prochaine fois (j’espère qu’il n’y en aura pas), j’appelle les flics.

Route @17

Reprise la semaine dernière de mes cours à La Défense.
Jusqu’à maintenant, je poursuis mon aventure vélocipédique (l’épisode précédent est en lien ici). En l’occurrence de chez moi à La Défense, le trajet est d’un peu plus de dix kilomètres avec un temps de quarante minutes de porte à porte. La quasi totalité est en piste cyclable protégée (un peu moins sur le tronçon Neuilly notamment sur le retour).
Re belote cette semaine. Affaire à suivre !

Route @16

Cela fait plus de quatre mois que je n’emprunte pas les transports en commun intra-muros (bus et métros RATP), depuis le 13 mars pour être extrêmement précis.
Pendant toute la période de confinement, j’ai eu le privilège de ne pas avoir à me déplacer et depuis la fin de ce dernier, j’utilise exclusivement mon vélo. La météo et les aménagements récents ou plus anciens ont largement fini de me convaincre. C’est à la fois bien plus rapide et sincèrement très agréable 90% du temps.
Pour des distances plus longues, j’ai testé une fois l’aller en Transilien (chemin de mon domicile à la gare en vélo puis train avec mon vélo – gain de temps : près de 20 minutes) et le retour en vélo (c’était à Versailles soit à un peu moins de 25km. Le temps de trajet était équivalent au temps en train + métro ou marche mais j’ai fait durer le plaisir avec une balade dans le parc du château et une déambulation dans deux forêts traversées. Je précise que j’avais repéré la moitié du trajet quelques jours auparavant.)
Je vais tenter de continuer à laisser ma place dans les transports à la rentrée. Je vais avoir à gérer des trajets réguliers jusqu’à Le Défense. Il y a de nouveaux aménagements prévus pour, j’en ai testé la moitié, je tenterai l’autre moitié après le 15 août. L’aventure continue.

Route @15

C’était le 13 juin, journée mondiale de sensibilisation à l’albinisme. Je vais au judo. Ligne 12 jusqu’à Pigalle ; correspondance avec la 2. J’attends mon métro, direction Nation. Il vient dans deux minutes ; c’est court ; c’est long. Cela laisse le temps à une pensée de surgir et de faire de ce 13 juin 2019 le jour où j’ai décidé que je ne serai plus infaillible.
Cela vous surprend ? Isabelle et Sarah, à qui j’ai fait part de ma résolution, en ont ri en me félicitant. Elles savent, pour le vivre au quotidien, combien je m’échine à ne jamais faillir, être à la hauteur, toujours et encore, ne pas me tromper, ne pas me placer en situation d’échec, progresser, comprendre pour apprendre et réussir… Que c’est épuisant !
Le psy de Sainte-Marie-Joseph me l’avait bien dit, sous une autre forme. Je l’avais compris mais, au final, j’avais continué dans ma volonté d’exemplarité. Et là, j’ai eu comme une apparition ; celle de ma possible faillibilité (c’est tout de même plus sexy que la Sainte Vierge, quoi que). Mais pourquoi ce 13 juin, sur ce quai de métro ? Je pensais être en retard, ce qui m’est insupportable, surtout si je manque un salut.
J’ai commencé par me dire que tant pis, je serais en retard. Puis des souvenirs récents de situations périlleuses en apparence mais qui, finalement, ne l’étaient pas tant sont revenus en bloc, et mon passage de grade en mai où ma prestation n’était en fait pas terrible, comme pour me dire que parfois, on ne peut pas, et alors ? Moi ? Ne pas pouvoir ? Eh bien oui. Désormais, c’est comme ça. Je vais continuer à faire ce qui me semble le meilleur et le plus juste mais tant pis si je trompe ou si je n’y arrive pas. Ce sera comme ça.
Cinquante-six ans pour en arriver là ? Vieux motard que j’aimais…

Route @14

— C’eeeeeest quooooooi sur ta têêêêêêête, Caddie ?
— T’es b*iiiiiiii*z*aaaaaaa*rre !
— Devinez les Mouton !
— Mineur de fond ?
— Non, Petit Koala ; plus fort que ça !
— Vra*iiiiiiii*ment b*iiiiiiii*z*aaaaaaa*rre…
— C’est foooooot ?
— Fooooot à fond les ballons les Mouton !
— Y a buuuuut ?
— Tu as tout compris, Petit Mouton ! Y a buuuuuut ! Du moins j’espère !
— Aaaaah ?
— B*iiiiiiii*z*aaaaaaa*rre…
— J’vous explique. Je suis équipé pour faire tomber les Poussettes de marché.
— Qu*oooooo*i ??? Tu v*eeeeeee*ux leur fa*iiiiiiii*re du m*aaaaaaa*l ???
— Mais non, Copain Mouton. C’t’une expression pour dire que Caddie n’veut plus faire les commissions seul avec Petit Scarabée.
— Oooooooh !!!! Sooooont fââââââchééééés ?
— Pas du tout ! C’est la Principalate qui m’a expliqué. Vous savez, Lamoto…
— Lamoto ! Elle *eeeeeeeeee*st b*eeeeeeeeeeeeee*lle !
— Eh bien, Lejudo ce n’est pas si rigolo ; je me mets à Lamoto !
— Aaaaaaah ! Aaaaaaavec une paaaaaaaaaassoiiiiiiiire sur la têêêêêêêêête ?
— B*iiiiiiii*z*aaaaaaa*rre…
— Les Mouton ! Regardez-le bien : il a le casque, les lunettes, le blouson, les gants, les chaussures de protection : Caddie est un motard ! Et c’est fooooot !
— Ce ne sera*iiiiiii*t p*aaaaaaaa*s plut*ôôôôôô*t récha*uuuuuuu*ffement climat*iiiiiiiii*que ?
— Ah ! ouiiiii aussiiii !
— Les Moutons !!!

Route @13

Lors de mes dernières vacances, j’avais prévu une virée à Marseille pour voir des amis après les longues randonnées. Billets pris, tout était calé. Arrivée à Marseille le samedi 14 juillet et retour à Paris le mardi suivant.
Le samedi matin, me voilà à la gare de Mende une bonne demi-heure avant le départ pour Nîmes où m’attendra la correspondance. Je me prépare donc sereinement à un périple de plusieurs heures vers le Sud, jusqu’à ma déconfiture devant la suppression de tous les trains partant de cette gare. Une affichette indique une grève régionale ce jour-là et la veille, sans compter des perturbations le lendemain pour « défaut de production ». J’étudie les informations et me rends vite compte qu’il n’y a aucun car pour aller jusqu’à Nîmes. Ceux qui vont dans cette direction s’arrêtent bien avant.
Plusieurs personnes sont comme moi, surprises. D’autres ont eu cette désagréable nouvelle la veille et attendent quelqu’un venant en voiture pour un transport en covoiturage trouvé via une appli dédiée. La prochaine voiture allant dans le Sud part à 17 heures de Mende. À la gare, il n’y a personne au guichet, jour férié oblige. Le numéro surtaxé est très occupé et ne me permet que de dépenser des euros en vain. L’application SNCF me confirme qu’il n’y a aucun moyen de rejoindre Marseille le jour même. Je pourrais le lendemain en journée (neuf heures trente de trajet !) ou en soirée en moins de temps, donc en arrivant à Marseille pour y passer moins de quarante-huit heures. L’amie à Marseille évoque la location d’une voiture pour venir me chercher à Nîmes si je peux y arriver, mais le loueur du coin est fermé, jour férié oblige.
Bref, je retourne les solutions dans tous les sens et opte pour l’une d’elles, plus radicale, mais me permettant de ne pas rester bloquée ou de passer trop de temps dans les transports durant ce week-end enchaînant fête nationale et finale de la coupe du monde de football avec l’équipe de France. Je reprends le travail le mercredi matin. J’ai la possibilité de rejoindre Clermont-Ferrand en car (plus de trois heures) pour y prendre un train (plus de trois heures) dans lequel il reste des places, ce qui n’est pas le cas de tous les trains, après une attente à la gare (d’une heure trente).
Cécyle commande mon billet de chez elle et je vais donc déjeuner à Mende avant d’entamer mon périple. J’arrive fourbue à Paris vers minuit. En rentrant chez moi, je me penche à la fenêtre et vois le feu d’artifice sur la Tour Eiffel. Me voilà abruptement de retour. Cela a été un peu rude, car sans décompression entre mes journées en solitaire et ma vie parisienne. J’étais déçue de ne pas avoir vu les amis à Marseille et profité de leur connaissance et amour de la ville pour la découvrir auprès d’eux et me régaler de la mer après la montagne.
Le lundi, je suis passée dans une boutique SNCF où l’employée était très sympathique. Elle m’a expliqué comment me faire rembourser les billets non utilisés et tenter un remboursement de ceux achetés pour rentrer en dédommagement. Il n’y a plus qu’à attendre…
Cela finit donc bien avec des amis pour m’aider à réfléchir et choisir, de l’argent pour avancer le prix des billets, de l’amitié pour dépasser cette déception. J’ai de la chance d’avoir tout cela, c’est précieux, pas seulement financièrement parlant.

Route @12

Mes virées dans Paris à l’heure d’hiver sont toujours contrariées par la fermeture des squares, parcs et jardins dès la nuit tombée. Quand on pense que Central Park, à New York, est ouvert toute la nuit… Je trouve la Ville très frileuse sur l’ouverture nocturne. Oh ! je sais : dégradations, incivilités, violences même, sont redoutées. Si l’on ouvrait en une seule fois (et non au compte-gouttes comme une succession d’expériences) tous les squares, parcs et jardins, je reste convaincue que le phénomène serait suffisamment dilué pour être gérable. Ce n’est pas mon sujet,
Donc, ce jour-là, dès 17 h 40, j’ai dû contourner le parc Montsouris, un haut lieu de la tranquillité parisienne, de jour… comme de nuit (surtout depuis que Isabelle n’y traîne plus dans sa poussette, ici). Cette (petite) contrariété (qui m’a exposée aux échappements plus que nécessaire) m’a néanmoins permis de découvrir un dispositif de prévention routière que je ne connaissais pas : l’information en temps réel de la vitesse à laquelle roule chaque automobiliste.
J’ignore si c’est efficace (une voiture sur trois était en excès de vitesse le temps que j’ai regardé) mais j’aime bien le procédé. Isabelle m’a dit que c’était peu répandu à Paris au contraire de petites villes de province. Tout mon quartier va passer en zone 30 avec suppression des feux (). Serait-ce une idée d’aménagement ? Je vais poser la question à qui de droit.

Route @11

Je ne devrais peut-être pas le dire mais je suis assez fan du Tour de France (cycliste) et pas uniquement parce que Caddie a la roulette toute chamboulée à la vue de ce peloton de roues qui fend le bitume de France. J’ai des souvenirs émus de Charlie Mottet, et de Riri, bien sûr, dans la montée d’Hautacam dont on trouve d’ailleurs une allusion dans Piste rose. J’aime, les mois de juillet où je suis tranquille, mettre la télé en mode radio et suivre l’étape, éplucher des haricots verts et me laisser porter par le commentaire apaisant et qui parfois s’emballe.
Je ne me passionne pas plus que cela pour le résultat, secondaire à mes yeux, sauf le classement de la montagne surtout si le p’tit gars qui prétend au maillot à pois (Petit Mouton en rêve aussi, à ce que je sais) est touchant dans l’effort. Je ne me fais bien sûr aucune illusion sur le dopage qui sévit sur le Tour tant, en fin de compte, ce grand carnaval est une manifestation plus commerciale que sportive. Ne devrais-je d’ailleurs pas m’insurger que l’effort de ces cyclistes soit ainsi récupéré par le Grand Capital ? Je m’insurge, bien sûr, face à ces quatorze millions d’objets publicitaires distribués, ces deux liaisons en avion pour le Tour 2017, ces hélicoptères qui me permettent de profiter du spectacle, ces sportifs contraints à se mettre en danger, ces hôtesses de la caravane qui se font peloter et insulter…
Le Tour de France serait-il l’incarnation de ce que l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste est capable de produire comme manifestation populaire pour asseoir son pouvoir ? J’en ai discuté avec Grand Vélo et Vélectro et nous sommes d’accord. Le Tour est le contraire de ce que le vélo incarne comme mode de circulation : il n’est ni doux, ni écolo, ni ascète, ni décroissant, ni bon pour la santé, et il participe directement à l’ordre ce monde que j’aspire à changer.
Et je le regarde quand même ? Oui.

Route @10

Grâce à Vélectro, j’ai redécouvert le plaisir de la balade à vélo. Reprenant des voies où j’ai souvent cheminé, j’ai même pu pousser un peu plus loin, jusqu’au port de Bonneuil-sur-Marne. Longeant d’abord la Seine puis la Marne, la boucle passe par le bois de Vincennes pour le retour.
Avec l’assistance électrique, le genou est soulagé dans les grandes montées qui émaillent ce parcours. C’est un vrai bonheur de retrouver ces chemins et surtout l’envie et la perspective d’en découvrir d’autres…

Route @9

Voyage— Alors prêts, mes potes Mouton ?
— Ouiiiiiii !
— Ou*iiiiiii* !
— C’est duuuur quand mêêêême !
— Yep, Petit Mouton, mais aimer quelqu’un, c’est l’laisser partir quand il a besoin et nous, pendant c’temps, on f’ra foooot avec Isabelle et on s’reposera du blogue. Ça veut pas dire qu’elle nous aime plus !
— Elle vaaaaa où, nooot’ Cécylou ?
— C’est’un s’cret. La seule chose qu’l’on sait, c’est que p’t-être elle reviendra avec les copains poissons.
— Chou*eeeeee*tte !
— Et la Cocotte ?
— J’sais pas, les Moutons. Y a rien qui l’dit sur l’Net. Faut attendre un encore un p’tiot. Allez, on lui dit au revoir ?
— B*oooo*n voy*aaaa*ge !
— Sniiiiif…
— Petit Mouton, elle va penser fort à nous comme d’hab’ et revenir !
— Bisoooousniiiiiifoooot !