Archives de catégorie : Pucer @

Pucer @51

Comme beaucoup, je suis « enregistrée » dans des pharmacies et établissements de santé qui pratiquent l’avance de frais, sécurité sociale et mutuelle. Pour la sécurité sociale, ma carte Vitale se met à jour toute seule. Par contre, pour la mutuelle, je présente chaque début d’année la nouvelle carte valable un an. Depuis le 1er janvier, j’ai fait cela dans ma pharmacie plus une autre dans le quartier, à l’hôpital Saint-Joseph, dans un centre de radiologie et dans deux centres de soin. Chaque fois, tout s’est bien passé.
Voulant faire une commande en ligne avec ordonnance dans une pharmacie à prix cassé, j’ai dû joindre une attestation sécurité sociale et le scan de ma carte mutuelle. Je l’ai donc sortie du petit porte-carte où, en ces temps de contrôle tous azimuts, je transporte une partie de mes papiers. Hors confinement et autre couvre-feu, je les conserve dans mon portefeuille, posé sur une étagère de mon bureau. Il en est de même pour ma carte Vitale et ma carte de mutuelle.
Mon scan fait, j’ouvre le pdf et tombe en arrêt devant la date de validité de ma carte de mutuelle. C’est celle de l’année dernière. Je n’avais pas remarqué tant c’est écrit petit et il fallait bien qu’elle soit plein écran sur l’ordi pour que j’y lise quelque chose. Je vérifie sitôt si celle de 2021 ne serait pas dans mon portefeuille. Elle y est, bien au chaud. J’en conclus que je l’y ai rangée quand je l’ai reçue au lieu de la mettre dans le porte-carte ; et que six personnes censées vérifier que j’étais à jour de mes droits n’y ont vu que du feu. C’est rassurant, finalement.

Note. Pour vous donner une idée de la taille des polices, ce document mesure 105×85 mm.

Pucer @50

On se plaint beaucoup du complotisme dans les parages alors qu’on y trouve de nombreux avantages.
La preuve : je me suis fait dépister à la Covid-19 avant de rejoindre mes parents pour Noël. Un long coton-tige dans le nez, un œil qui pleure un peu mais surtout je capte désormais très bien la 5G.
Joyeuse année 2021.

Pucer @49

Je vous avais promis un troisième épisode dans le feuilleton « Paris Habitat au pays des hackers », le voici. Je vous renvoie au premier, et au second, si vous n’avez pas suivi.
Toute correspondance étant couverte par le secret, je ne peux pas reproduire la réponse qui a été faite par une responsable de mon bailleur à mon interpellation sur la préservation de mes données personnelles après l’attaque subie par son réseau informatique. Mais j’ai eu une réponse, très vite, qui m’a fait rire. Celle-ci, en trois lignes, avait vocation à m’assurer que mes données personnelles n’étaient pas sorties des disques durs mais une coquille s’est glissée dans le texte, perfide coquille qui faisait dire à mon interlocutrice le contraire de ce qu’elle souhaitait.
Dois-je considérer que la coquille dit l’indicible, soit que des données personnelles ont été volées, ou que les gestionnaires des réseaux ignorent si tel a été le cas ? Je n’ai pas l’habitude de considérer que les institutions publiques, par principe, mentent ; elles s’arrangent parfois avec la réalité mais guère plus. Je n’ai de toute façon pas le moyen de vérifier. J’accorde donc volontiers le bénéfice du doute à mon bailleur en restant vigilante, bien sûr.
L’affaire est close ? J’espère.

 

Pucer @48

Mon téléphone sonne.
« Bonjour. M. Flanagane ?
– Ah non désolé.
– Ce n’est pas M. Flanagane ?
– Non pas du tout, c’est M. R.
– Bonjour M. R. J’avais une proposition à faire à M. Flanagane mais comme elle n’est pas nominative, je peux également vous en faire bénénéficer…
 »
Depuis plusieurs mois, je reçois régulièrement des appels pour ce « M. Flanagane ». Une erreur de numéro dans un fichier ? Que nenni. Il s’agit en fait d’une technique utilisée par des commerciaux manifestement dépourvus de talents marketing pour tenter de vous vendre un produit, un service ou une prestation.
Après deux ou trois appels de ce type il y a plusieurs mois, les conversations sont aujourd’hui bien plus courtes :
« Bonjour. M. Flanagane ?
– Ah non. Bonne journée.
 » et je raccroche.
Quant à ma liste de numéros de téléphone bloqués, elle est bien plus longue.

Pucer @47

Alors que je voulais payer en ligne mon loyer le 2 novembre 2020, j’ai découvert que le site de mon bailleur était hors service. C’était un dimanche. Je ne m’en suis pas inquiétée. Le lundi, un mail que j’avais envoyé le vendredi à mon gardien m’est revenu, et le site était toujours inaccessible. J’ai un peu fouillé les actualités, les comptes Twitter et Facebook. Rien. Aucune info. Le 7 novembre 2020, je n’ai pas résisté à faire une petite blague sur Twitter. Aucune réaction.
Mon gardien étant en congé, j’ai dû attendre le 12 novembre pour avoir confirmation que le réseau de mon bailleur avait subi une attaque importante. Rien n’était rétabli, ni le site, ni l’espace locataire, ni les mails, ni l’intranet… Les lignes de téléphone semblaient également avoir été touchées. Mon gardien n’avait aucune info. Il utilisait son portable et était sérieusement bloqué dans ses communications avec sa hiérarchie, les prestataires, les services techniques…
Rien ne s’est passé jusqu’au 25 novembre 2020, si ce n’est un article de ZdNet le 17 novembre 2020 qui confirmait l’ampleur des dégâts. Ce 25 novembre donc, je reçois un mail d’une responsable de mon bailleur…

« Cher-e locataire
« Le paiement par carte bancaire n’est plus disponible sur votre espace location en ligne pour le moment. Nous nous excusons pour la gêne occasionnée. »

Suivaient les moyens de paiement restant possibles, et une phrase indiquant que « les équipes de proximité » restaient mobilisées. Le sang de Caddie n’a fait qu’un tour. Il m’a commandé la réponse suivante, avec mes élues préférées en copie, bien sûr, et Ian Brossat (qui ne répond jamais mais est néanmoins l’adjoint à la maire en charge du logement).

« Chère madame,
« (puisque je suis « chère » locataire)
« Ce n’est pas sans un certain plaisir que je reçois votre mail qui m’indique le meilleur moyen de payer mon loyer, moi qui trépigne depuis plus de trois semaines face au site de Paris Habitat désespérément hors service. Je comprends qu’il y a urgence, j’ai désormais vingt-cinq jours de retard. Je vais sans doute opter pour le virement, en espérant récupérer rapidement le RIB nécessaire ; ma banque mettant 48 heures à enregistrer un bénéficiaire, je vous prie par avance de m’excuser du délai supplémentaire que cette procédure engendre.
« Cela dit, mon plaisir aurait été décuplé si vous aviez eu l’obligeance de m’informer il y a trois semaines des soucis informatiques de Paris Habitat ; il aurait atteint son acmé si vous aviez aujourd’hui considéré qu’il était important de me rassurer sur la sécurité de mes données personnelles, coordonnées bancaires comprises, celles que je vous confie depuis des années. N’avez-vous pas, d’ailleurs, une obligation légale à le faire ? Je l’ignore, mais je trouve particulièrement cavalier que Paris Habitat se comporte vis-à-vis de ses locataires comme si de rien n’était, comme si une attaque crapuleuse n’avait pas eu lieu, comme si tout allait pour le mieux chez le meilleur des bailleurs du monde.
« En plus de témoigner du mépris de Paris Habitat à l’égard de ses locataires et de leurs données personnelles, le choix du silence est de nature à encourager la rumeur, les fake, au péril de la qualité de la « relation locataire ». Pour ma part, je me contente de mettre en copie de ce mail monsieur Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris en charge du logement et madame Carine Petit, mairie du 14e, les sachant l’un et l’autre très attachés à nos libertés et à la bonne gestion de nos immeubles, ainsi que notre gérante et les responsables de notre amicale de locataires. Je ne manquerai pas, croyez-le bien, de saisir les services de la Cnil ainsi que le médiateur de la Ville de Paris si vous décidiez de ne pas répondre à ma demande d’information, aussi à l’intention de tous les locataires, dans les deux mois qui viennent.
« Merci à vous.
« Très bonne journée !
« Cécyle Jung »

Et ? Ce billet est déjà long… Feuilleton !

Pucer @46

J’écoute beaucoup de musique et dispose d’un abonnement de « streaming » sur Deazer depuis de nombreuses années déjà. J’y avais d’ailleurs créé deux listes de lecture lors de l’écriture en direct de mes Feuillets, notamment une qui vous dira un peu la musique qui m’accompagne considérant que, depuis 2012, d’autres titres ont enrichi mon univers. Un temps, le site en ligne m’envoyait des messages très réguliers pour m’inviter à installer une appli sur mon ordinateur.
Je n’en voyais pas bien l’intérêt (et ne le vois toujours pas) mais j’ai fini par le faire en espérant que cela éviterait que la musique soit coupée et l’enceinte Bluetooth déconnectée à la mise en veille de l’écran de mon ordinateur. Ce n’est pas le cas (et c’est très agaçant) ; au moins, cela m’évite de me loguer à chaque écoute considérant que j’efface mes cookies à chaque fermeture de mon navigateur.
Globalement, je trouve cette appli mal fichue. Je n’y trouve pas facilement ce que je cherche et notamment les nouveautés. Chaque rubrique n’affiche que quatre albums avec une étiquette texte que je ne lis pas. C’est aussi pour cela que je préfère les sites aux applis, au moins, le zoom du navigateur pallie les insuffisances d’accessibilité. Là, j’utilise le zoom-écran de l’iMac, efficace mais pas toujours facile à piloter.
Il y a pourtant quelque chose que je lis très bien, c’est le titre des rubriques « Pour vous », « Playlists recommandées », « Écouté récemment », « Genre », « Nouveautés choisies pour vous », « Les sorties de la semaine », « 100 % fait pour vous », etc. Et là, franchement, j’ai envie de sortir mon revolver tant le « pour vous » m’évoque l’envie de passer mon chemin. Oh ! je sais, un algorithme me surveille et va me proposer des titres en fonction de ce que j’ai pu écouter et aimé.
Eh bien ! c’est justement cela que je lui reproche : 1/ d’espionner ma consommation de musique ; 2/ par son algorithme, de considérer que mes goûts ne peuvent pas évoluer, s’adapter, changer de genre au fil du temps, de la météo et de ce que j’ai mangé à midi. Qu’est-ce donc que ce monde où le « pour vous » est un resucé sans saveur de ce que j’ai pu aimer un jour ? Celui dans lequel je vis ; je sais. Mais pas celui dans lequel j’ai envie de vivre. Je garde Deazer car je sais que tous les vendeurs de musique en continu (c’est du commerce, hein, n’essayer pas de me faire croire autre chose) fonctionnent de la même façon mais, franchement, j’exècre ce modèle de nivellement culturel organisé. Sachez-le.

Note. Si vous connaissez un fournisseur de musique qui croit que la culture n’est pas une bouillie prédigérée, faites-moi signe ; merci !

Note 2. En écrivant ce billet, Daezer a tenté de se rattraper et j’ai découvert ce joli titre qui, à l’instant, me fait rêver. Et demain ?

 

Pucer @45

On sait qu’il faut se méfier des réseaux sociaux, des nids à vol de données. On sait aussi que ce qui nous semble se passer « entre amis » est largement visible, sauf à bien configurer ses comptes ; et encore. Jusqu’à présent, cette visibilité numérique profitait aux escrocs, aux voleurs, aux pédophiles, aux amants déchus… Voilà désormais que l’État se fait voyeur et utilise nos données privées que nous rendons publiques sur les réseaux sociaux à fins de contrôles de situation.
Je me souviens il y a quelques années déjà le cas d’un homme séropositif qui s’était vu supprimer ses droits, la Caf estimant que ce qu’il affichait était incompatible avec sa maladie. Le tribunal avait donné raison à cet allocataire. Voici désormais que la chose devient plus officielle, et plus organisé, article de BFM à l’appui. Alors bien sûr, cela n’a rien de systémique, la Caf n’accède qu’aux données publiques… et blablabla.
Cela me donne une idée… Tous les ans, la Caf me contrôle parce mes revenus ne correspondent pas à la situation qu’elle m’a attribuée, « salariée », infoutue qu’elle est de prendre mes droits d’auteur pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des droits patrimoniaux déclarés en traitements et salaires sans en être. Cette année, cela a frisé le ridicule : mi-juin, je suis requalifiée « sans activité » (ce que j’étais avant 2011), puis mi-juillet me revoilà « salariée » avec les deux fois un réajustement de droits auxquels je ne comprends absolument rien.
Au prochain contrôle (en avril 2021 à coup sûr), je leur mettrai directement les adresses de ma page Facebook, mon compte Twitter, et mon compte Linkedin, tous publics. Qui sait, peut-être comprendront-ils enfin que je suis écrivaine, sans contrat de travail ni fiches de paie ? Suspens !

 

Pucer @44

Pour un avis sur les possibilités de réparation de parquet abîmé dans mon appartement, j’ai utilisé une plateforme de mise en relation avec des artisans. Il y a des choix prédéfinis d’interventions (dépose de carrelage et pose de parquet ; dépose, fourniture et pose de parquet…) mais j’ai préféré appeler. Je me suis dit que ce serait bien d’échanger avec quelqu’un pour préciser mon besoin afin d’avoir une réponse plus adaptée.
J’obtiens une personne à laquelle j’explique ma démarche. Elle me demande de patienter. Après plusieurs minutes, elle m’indique que leur système de mise en relation avec les artisans a un problème technique. Elle m’invite donc soit à rappeler, soit à utiliser leur site.
J’ai donc pris une des options et m’expliquerais directement avec l’artisan. Au moins, je devrais bien arriver à obtenir une réponse adaptée.

Pucer @43

En relisant mon billet « Changement @24 », j’ai ajouté un lien sur un édito de mon site (de l’époque où j’en faisais) à ma phrase sur la famille. Avant l’épisode covid-19 (que sera-t-il finalement de plus qu’un « épisode » ?), j’avais déjà remarqué combien les « vieux » sont « vissés » par leurs enfants qui n’ont de cesse que de leur donner des injonctions de faire ou ne-pas-faire sans considération de leurs aspirations profondes. Par amour, bien sûr, comme si l’amour était par nature coercitif. Passons.
Cela fait écho, il me semble, au discours ambiant sur les « personnes fragiles » avec toute l’ambiguïté entre leur nécessaire protection et le respect de leurs libertés (et de leur intimité). Sans doute que ma déficience visuelle est au cœur de cette problématique : je me souviens du temps (pas tant révolu) où l’on confinait les personnes handicapées dans des « structures » pour les protéger de la violence du monde. Elles y étaient assistées, sans ressources propres, pour certaines sous tutelle et fondamentalement empêchées d’en sortir. Pour beaucoup, les personnes souffrant d’un handicap mental vivent encore dans ces conditions carcérales. « Mais il faut bien, elles ne sont pas autonomes ! » Qu’en sait-on, au cas par cas ? Quels moyens on se donne pour qu’elles le soient ?
Les personnes âgées, quant à elles, et notamment celles vivants en Ehpad ou en foyers logement, parce que considérées comme « dépendantes » sont empêchées de ce qu’elles pourraient, pour leur protection toujours. Combien y sont mortes durant la pandémie ? Et qui protège-t-on vraiment en confinant les personnes âgées ? Elles ? Ou nous, considérant que si elles attrapent le virus en étant libres de leurs mouvements, nous sommes le maillon suivant de la chaîne de contamination ?
J’exagère, bien sûr ; mais la contrôleure (pourquoi tout le monde dit « contrôleur » ?) générale des lieux de privatisation de liberté a dénoncé les atteintes graves à la liberté fondamentale d’aller et venir dans un hôpital psychiatrique (ici). Qui le fera pour les Ehpad et les établissements hébergeant des personnes handicapées ? Ma réflexion, initiée l’année dernière (), sur l’intérêt d’y trouver un refuge volontaire en est fortement atteinte. Où me mènera-t-elle ? Je l’ignore.

Pucer @42

J’ai entendu sur France info un reportage sur les « brigades de cas contacts » (ici) instaurées récemment dans le cadre de la lutte contre le covid-19. L’accent était mis sur la réactivité dès qu’un médecin signale un « cas » et la participation heureuse des « cas » à qui l’ont demande les noms et cordonnées des personnes qu’elles ont pu fréquenter. On entend des bribes choisies de conversations téléphoniques pour faire la démonstration du bon fonctionnement de l’enquête. Tout était fait pour que l’auditrice que je suis comprenne que répondre à ces questions est de l’ordre de l’évidence sans discussion possible. Notre santé est en jeu !
D’emblée j’ai été mal à l’aise, me demandant ce que je ferais si l’on m’enjoignait de balancer (c’est le verbe qui me vient) ainsi les personnes que j’ai vues ces quinze derniers jours. Je pense d’abord que je serais plus réactive que la Sécu (qui se donne vingt-quatre heures hors week-end et jours fériés, je suppose) et appellerais sitôt les personnes concernées, les invitant à appeler leur médecin. Et quand on m’appellera pour me poser ces questions, je répondrai que c’est déjà fait. Serais-je une mauvaise citoyenne ?
Je suis surtout très attachée aux libertés individuelles et collectives et sature de ce gouvernement qui privilégie la répression et l’infantilisation dans la gestion de crise. Il n’est pas le premier à proposer des mesures liberticides sous prétexte d’état d’urgence ni le premier à pratiquer l’autoritarisme dans la gestion des conflits sociaux ou politiques. Je trouve néanmoins particulièrement inquiétant qu’il joue sur la peur et la culpabilité pour pallier les insuffisances de l’État et les inconséquences de ses propres décisions.
Je vous donne rendez-vous le 28 juin pour voter et bouter hors de nos conseils municipaux les suppôts de ce gouvernement antisocial, liberticide et productiviste. Ce sera déjà cela de pris !