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Pédé ! @9

Premiere versionPour l’Euro 2016, le ministère de l’Intérieur a édité des recommandations intitulées « Bien se comporter au sein et aux abords des stades ». Elles étaient englobées dans une présentation plus globale de conseils et recommandations pour « Assister aux matchs de l’Euro 2016 en toute sécurité ».
Pour des questions de sécurité donc, il était conseillé, dans une première version, de « Ne pas tenir de propos politiques, idéologiques, injurieux, racistes ou xénophobes ». Outre l’amalgame étonnant entre des propos de natures si variées, beaucoup se sont insurgés que l’État incite ainsi à taire des opinions politiques. D’ailleurs, être supporter, dans une compétition où s’affrontent des équipes nationales, n’est-ce pas exprimer une idéologie nationaliste bien que minimale ? Et comment ne pas s’étonner que les pouvoirs publics recommandent de ne pas tenir des propos tombant par ailleurs sous le coup de la loi ?
Bien-se-comporter-au-sein-et-aux-abords-des-stades_largeur_760Bref, plusieurs polémiques plus tard, une seconde version a vu le jour. Il y était alors recommandé de « Ne pas exprimer ou diffuser des messages injurieux, racistes ou xénophobes, sexistes ou religieux » avec un astérisque renvoyant à la mention « Règlement du stade pour l’UEAF EURO 2016 TM ». Les propos se sont transformés en messages, peut-être pour englober les textos et courriels. Mais, la liste s’est bien modifiée, et contient toujours des propos punis par la loi. Oh ! tiens d’ailleurs les propos sexistes, qui sont légalement répréhensibles eux aussi, sont mentionnés. Même s’il n’y a pas de femmes sur le terrain, c’est que le ministère s’est rendu compte qu’il pouvait y en avoir dans les tribunes, bravo !
Seul « religieux » n’est pas un message puni par la loi. Le terme s’est glissé là par crainte du prosélytisme sans doute, car sinon l’expression d’un message religieux sans caractère raciste, xénophobe, sexiste ou d’appel à la haine est libre, car garantie par le principe même de laïcité. J’en profite : joyeux Noël !
De ce que je connais des ambiances de supporters, il y a un « oubli » de taille : les messages homophobes. Pourtant, ils sont aussi punis par la loi. Est-ce que parce qu’il est considéré qu’ils peuvent être exprimés et diffusés en toute sécurité dans un stade ? Sont-ils si consensuels, même pour le ministère de l’Intérieur ?

Pédé ! @8

SOS homophobie chienCela fait des années que je soutiens SOS homophobie et je peux dire que j’ai de l’affection pour cette association. Sans doute parce que j’y ai milité à la fin des années 90, participant à la transformation du rapport annuel du format photocopie au format livre. Surtout parce que c’est au sein de cette association que j’ai rencontré Isabelle… Ça ne nous rajeunit pas !
De l’affection, donc, ce qui a pour conséquence que j’ai un a priori favorable quand je lis ses articles, suis ses campagnes, a priori qui me fait oublier très vite quelques phrases malheureuses ou positions parfois instables. Mais là, en ce début 2016, je suis vraiment embêtée. Est-ce que je vieillis mal, que je perds tout humour, à considérer que SOS a choisi le dénigrement des personnes pour sa dernière campagne contre l’homophobie ?
Qu’est-ce d’autre, en effet, que du dénigrement que cette façon de modifier « à la rigolade » le nom des personnes et de les représenter comme des chiens ? Bien sûr, ils sont sympathiques, ces chiens, au point d’ailleurs que l’on se demande si le mépris exprimé n’en serait pas tellement altéré par ces bonnes gueules de toutous que ces politiques qui ne respectent pas leurs promesses en deviendraient sympathiques. Une campagne ratée, en quelque sorte.
Je ne sais pas. Je sais juste que si la SPA usait de procédés identiques avec le président de SOS homophobie, renommé pour la circonstance « Yohann Rose et Vice », représenté, comme Christine Boutin, en chien-chien tapette à souhait (ci-contre), avec cette phrase « Cette année, je ne tiendrai pas de propos caniphobes », je vois d’ici poindre les réactions indignées des caciques et des usagers des réseaux sociaux de notre communauté à la gaytitude bien pensante.
L’homophobie se vaincra en changeant le monde, par une opposition radicale à l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste. Les campagnes de « comm’ » à deux (pédales) wah-wah n’y pourront rien et, à utiliser le dénigrement, elles font la preuve qu’elles ne sont pas de meilleure humanité que le monde qui nous opprime. C’est le lot de la lutte pour l’égalité des droits, je suppose, une lutte qui oublie qu’elle cautionne, par la nature même de sa revendication, le système qu’elle est censée combattre.
Sommes-nous condamnés à être des promeneurs de chiens comme les autres ? Je gage que non. Ou alors, je pleure !

Pédé ! @7

FNJe fais partie d’une association de défense des droits de l’homme. Je vais aux réunions une ou deux fois par an, histoire de dire bonjour. J’y suis ainsi allée le mercredi qui a suivi les élections européennes. Il était bien sûr question des résultats et chacun a pu s’exprimer sur son ressenti.
Cela a été l’occasion pour moi de construire un peu ma pensée sur l’attitude à adopter vis-à-vis du front national et de ses électeurs. J’avais été agacée par les réactions outrancières de nombres d’organisations politiques, syndicales, associatives. Les superlatifs me semblent déplacés, autant que les jugements moraux. Autrement dit, la diabolisation du FN, stratégie que j’ai longtemps soutenue, me paraît aujourd’hui hors de propos et, si bien sûr l’idéologie qui sous-tend son projet politique et son phrasé populiste est à dénoncer, seul un projet politique digne de ce nom me semble de nature à lui faire opposition.
Nous avons ainsi été nombreux à constater et déplorer le vide idéologique qui fonde aujourd’hui l’action des partis de gouvernement. Nous sommes tous comme au bout du rouleau, désemparés face à l’omnipotence de la consommation (et du système libéral qui va avec) comme fondement actuel du lien social. N’ayant jamais gouverné, le FN est donc vierge d’action et propose des solutions qui certes n’en sont pas mais qui ont l’air d’en être.
Et nous, on fait quoi ? Pour ma part je soutiens le projet d’EELV que je sais la seule manière d’éviter le mur mais qui a bien du mal à se « vendre » ; « décroissance », forcément, cela a un air de régression ; face à la restauration de « la grandeur de la France », on ne fait pas le poids ! Et je fais quoi d’autre ? À mes camarades militants des droits de l’homme, je me suis laissé aller à une certaine désertion en indiquant que si n’importe quel candidat socialo-schmoll était au deuxième tour face à Marine Le Pen, je voterais blanc tant j’en avais marre de sauver un PS qui se moque de moi !
Mon voisin a vivement réagi en m’indiquant que voter blanc c’est voter FN (analyse que je ne renie pas), ajoutant que le FN était un parti essentiellement antisémite (quelqu’un a ajouté « et raciste », qu’il n’a pas repris) et que ce que je venais de dire était le signe que la « contamination » fonctionnait. Bigre ! Me voilà donc « contaminée », non par le sida mais par l’antisémitisme… J’ai trouvé la deuxième partie de sa réponse déplacée, et blessante. Personne n’a appuyé ma protestation, après laquelle il m’a ostensiblement tourné le dos (il était assis à ma droite). M’aurait-il de cette manière fait soupçon d’antisémitisme si mon homosexualité lui avait été moins évidente ? Je ne crois pas au hasard des mots que l’on utilise.

Pédé ! @6

Une amie déjiste, très croyante, évoquait l’autre jour sa difficulté à affronter dans sa paroisse et dans des débats auxquels elle est invitée, les clichés et l’homophobie qui sous-tendent le discours « antimariage » de certains responsables catholiques. Elle saturait et a écrit : « Ça fait peur et ça fait mal, quand ça se passe « à la maison » »
Et c’est vrai que les arguments contre ce à quoi l’on croit au plus profond de soi sont toujours plus douloureux quand ils arrivent jusque « chez nous ». Ainsi, quand Civitas a violenté le Piss Christ d’Andres Serrano à Avignon ou tenté de perturber les représentations de Golgotha Picnic, j’ai agi en militante de l’Obervatoire de la liberté de création, avec sérénité. Mais quand j’ai trouvé un tract de Civitas dans ma boîte aux lettres il y a quelques jours, alors là ! Cela m’a autrement fait c… Non, je ne le dis pas comme ça. Quoique, si. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Ils sont venus jusque chez moi et d’un coup, je me suis sentie personnellement attaquée.

Pédé ! @5

Hormis quelques personnes, sans doute, nous sommes nombreux à considérer que la violence ronge nos sociétés et nos rapports aux autres dans ce qui fait notre vie personnelle et sociale. Voilà pour la lapalissade du jour que m’inspire la dernière campagne en faveur du mariage pour tous d’un groupe LGBT que je ne connais pas, les Dur-e-s à Queer.
Yagg titre « la campagne choc » (sic), je dirais plutôt, la campagne d’une violence totalement inutile. À quoi sert-il, en effet, d’user de ce mode de communication qui utilise l’invective à visée totalitaire ? De dire que l’on va péter sa gueule à toute personne qui ne serait pas d’accord avec ce que l’on défend ? Cela ne vaut pas mieux qu’un désormais fameux « Casse-toi, pauv’ con ! » et il est véritablement affligeant de constater combien ce slogan s’en inspire.
Décidément, les LGBT n’inventent plus rien ! Après le mariage, voilà désormais que l’on nous invite à la violence. J’en rage et, vous l’aurez compris, ce sera sans moi !

Note : Ce que le collectif dit après de nombreuses réactions. Ici. Peu convaincant.

Pédé ! @4

Non loin du Pic de BernadezAu cours d’une randonnée longue et assez ardue à certains moments, j’ai été essentiellement seule. J’ai juste retrouvé à un moment un groupe de marcheurs participant à une sortie proposée dans leur club de vacances. Je me suis assise avec eux pour déjeuner dans un endroit un peu protégé du vent à plus de 2000 mètres.
J’ai discuté avec eux le temps de mon repas alors qu’ils finissaient de manger. A un moment, l’un s’est éloigné un peu avec un plaid pour s’allonger afin de faire une petite sieste hors de portée de voix. Un autre, le mari d’une des marcheuses, l’a rejoint en annonçant qu’il se reposerait bien aussi et s’est installé sur une partie libre de la couverture. Chacun était à un bord du tissu.
Cela provoque les rires de plusieurs personnes, surtout des femmes, dont l’une lance « on pourrait prendre une photo compromettante ». Elles n’en ont pas beaucoup eu le temps, le mari revenant en disant qu’il n’arrivait pas à dormir.
J’ai trouvé amusant que cette seule proximité déclenche ces réactions. Je me suis demandé si quiconque y aurait pensé si cela avait été deux femmes. Je n’en suis pas persuadée.

Pédé ! @3

La revue de presse de Media-G.net observe, autant que faire se peut à une petite main et demie, comment la presse papier traite de l’homosexualité. Dans le cadre de cette observation à fins de compilation, je suis tombée sur un article du Parisien du 10 février 2011 où il est question du spectacle de théâtre de boulevard que Laurent Ruquier consacre à l’affaire « Bannier-Bettencourt ».
Dans le début de l’article, je lis : « Dans un salon tout en dorures et tableaux trône un canapé carmin en forme de lèvres. Confortablement assise, Marianne Caquencourt (Catherine Arditi) interpelle Jean-Florent Marnier (Ariel Wizman) : (…) « (…) » rétorque le dandy. »
Je me trouve ici devant un de ces cas d’espèce qui alimente certains de nos échanges avec Isabelle. Peut-on considérer que « dandy » est ici synonyme d’homosexuel, une façon de dire sans le dire que Jean-Florient, à l’instar de son inspirateur, est pédé ? Je pose la question à Isabelle. Elle me répond : « Je ne suis pas d’accord. Ce peut très bien être un hétéro. Le dandysme était une posture esthétique pour hétéro et homo et j’aurais tendance à dire beaucoup plus pour hétéro. »
Sur le fond, elle a raison ; et les dictionnaires que je consulte vont dans ce sens. Pourtant… Je tente d’argumenter, invoquant le contexte. Isabelle ne veux rien savoir — elle est si sévère, parfois ! N’y aurait-il personne pour me sauver ? Eh bien si, il y a : Madame H. Dans son Petit Madame H illustré, elle écrit « Dandy : Folle chic. » Ouf ! Et même si c’est sans doute trop allusif pour se retrouver sur Media-g, comme le dit Isabelle, au moins j’aurai trouvé un usage homocentré de « dandy ». Quand même !

Pédé ! @2

Les petits mouchoirsDans le film Les petits mouchoirs, deux personnages sont bisexuels : un homme marié et une femme célibataire. L’homme, Vincent, est amoureux d’un ami, Max, et vit très mal son attirance pour un homme. Il répète plusieurs fois « j’suis pas pédé » ajoutant parfois « tu me connais », éloignant toute notion de sexualité pour parler de complicité. La révélation de cette homosexualité est secrète, dramatique, mal vécue. Quant à la femme, Marie, c’est au cours d’un dîner avec des amis, dont les deux hommes évoqués, que l’on apprend qu’elle a eu une relation avec une femme quand celle-ci s’approche et demande à Marie de ses nouvelles. Après le départ de son ancienne amante, les amis de Marie la taquinent et s’amusent de la situation. Marie se lève et part rejoindre la femme aux toilettes. Rien n’est dit sur ce qui s’y dit ou s’y passe.
Par ailleurs, le film montre combien le couple de Vincent pâtit de la situation. Il ne touche plus son épouse, Isabelle, qui en est réduite à jouer sur son ordinateur à des simulations de rapports sexuels. Isabelle vit très mal le manque d’affection et de contact physique, une scène la montrant seule et triste alors que Vincent s’est endormi après avoir laissé espérer à Isabelle une partie de jambes en l’air. Pour sa part, Max ne supporte pas le regard de Vincent sur lui et l’évite. Marie de son côté a plusieurs amants et une vie sexuelle plutôt épanouie. Personne, hommes ou femmes, ne s’émeut de sa relation lesbienne et ne prend de la distance vis-à-vis d’elle.
Que faut-il en penser ? Ce film montre combien l’homosexualité masculine reste entachée de préjugés négatifs, alors que l’homosexualité féminine  est simplement occultée, en tous les cas ne met personne en danger. À la fin, les différences subsistent. La bisexualité refoulée et malheureuse de Vincent fait écho à la joie de vivre de Marie… enceinte et épanouie dans une relation hétérosexuelle.

Pédé ! @1

Retour sur la manifestation du 4 septembre 2010…
On sait que « pédé » fait partie, avec « con » et « salope » sans doute, des injures les plus usitées. Je ne devrais pas l’utiliser, mais comment faire autrement face à un ministre qui, en conclusion de son commentaire d’usage sur la mobilisation lors de la manifestation contre la politique sécuritaire du gouvernement ajoute « C’est, sans aucun doute, une déception pour leurs organisateurs ».
Mais de quoi se mêle monsieur le ministre de l’Intérieur ? Il ne lui suffit donc pas de mener une politique xénophobe et attentatoires aux libertés, de minimiser la mobilisation pour la défense des valeurs de la République, il faut en plus qu’il s’invite dans ma conscience pour énoncer mes soi-disant sentiments et analyses à l’égard de cette manifestation. Mais je vous p… à la r… monsieur le ministre ! Ma pensée m’appartient et vous pouvez ré-inventer toute la coercition que vous voulez, ma conscience, vous ne l’aurez jamais. Non mais. E… !
Oh ! que c’est bon, de pratiquer l’injure. Je sens qu’Isabelle ne vas pas être d’accord avec ça. Tant pis, je l’ose même si c’est stérile et que cela entretient l’idée que les pédés, en serait, de sacrés pédés ! Tant pis. Il n’ont qu’à pas être pédé, après tout. Qui ? Les autres car l’l’Hétéronomie a besoin du ministre, on l’aura compris. C’est un souci, je trouve, de penser un monde de pédés sans pédés. J’y reviendrai.