Archives de catégorie : Paris @

Paris @67

Copie d'écran de l'appli Dans ma rue, toutes petites polices.J’aime bien faire des réclamations sur Twitter, auprès de mes élus préférés, notamment. Je me retiens souvent car je sais que la moindre objection est instrumentalisée par l’opposition municipale et des Parisiens agressifs qui se cachent derrière des pseudonymes. Parfois, je commente quand même, sur des sujets qui me tiennent à cœur (comme l’accessibilité) en essayant d’y mettre un peu d’humour pour que la différence soit faite par les intéressés.
J’ai ainsi réagi à ce microbillet :

« #DansMaRue sera indisponible entre 12h et 14h aujourd’hui, pour permettre la mise en ligne d’une nouvelle version. Merci encore à toutes et tous pour vos signalements »

Avec cette question :

« Ouh la la !! Avec les polices dynamiques ? Dites-moi, @nicolas_nordman, le suspense est insoutenable ! #accessibilité #RGAA »

Mon microbillet a été « liké » par quelqu’un qui cherche à l’évidence à enfoncer la Ville (ce qui n’est pas mon cas, je le redis, au cas où…) et d’autres commentaires se sont ajoutés qui me font me demander si je ne vais pas retirer mon microbillet histoire de ne pas être mêlée à ce concert de récriminations plus ou moins violentes.
Je ne l’ai finalement pas fait cette fois-ci ; mais d’autres fois, oui. On ne maîtrise pas tout sur les réseaux sociaux ; mais on peut faire sa part.

Paris @66

Une corbeille de rue, grise sur pavé grisJe m’essaie de temps à autre à faire des propositions lors de consultations citoyennes en ligne organisées par la Ville de Paris. Je trouve le système un peu hermétique ; je ne sais jamais trop si ces propositions sont lues par les services concernés de la Ville, consultées par d’autres citoyens de Paris, utiles à quelque chose, en somme. J’en doute d’autant qu’il n’est pas si aisé d’avancer des arguments face à des administrations qui ont une maîtrise technique que je n’ai pas, et pas forcément envie (ou le temps) de prendre en compte des propositions qui ont l’air de rien mais qui demeurent essentielles.
Une consultation sur l’espace public et l’esthétique de Paris m’a donné envie de relancer le sujet « corbeille de rue » que j’avais évoqué en 2015 ; ma démarche auprès de l’élu en charge du handicap était restée lettre morte et c’est finalement par l’intermédiaire de Sylvie Lekin, élue de mon arrondissement, que j’avais eu un court échange avec le service concerné qui avait entendu le souci mais n’avait, à l’évidence, pas trouvé de solution.
Voici ma contribution de ce mois de mars 2021.

« Bonjour
« La tendance est au mobilier urbain qui se fond dans le décor. C’est peut-être très joli… je n’en sais rien ; je ne le vois pas. C’est dommage de ne pas voir une corbeille de rue, une fontaine, un banc, un Abribus ; surtout quand on a soif, que l’on est fatigué, que l’on a un papier à jeter ou un bus à prendre. Je suggère donc que le mobilier urbain soit visible par l’utilisation de couleurs contrastées par rapport à l’environnement où il se trouve. Les personnes déficientes visuelles et les Parisiens étourdis peuvent ici faire cause commune.
« Merci. »

Je ne suis pas très optimiste sur le devenir d’une telle proposition, surtout si c’est l’esthétique qui est l’argument tant celle-ci se base sur des canons qui n’interrogent pas le beau en termes d’accessibilité (de visibilité, mais aussi d’usage). J’ai d’ailleurs souvent remarqué que le beau est opposé à l’accessible, par exemple en matière d’objets numériques (site, application, etc.) Cela touche à un ressort fort de l’exclusion, celui qui tend à considérer que le beau n’a rien à faire de l’usage. Pour la Joconde, je ne dis pas ; mais pour une corbeille de rue…

Paris @65

Mon bailleur, celui-là même qui met plusieurs années à changer nos fenêtres, passe des marchés avec des chauffagistes indélicats, communique de manière illisible, et autres (la liste est longue), adore les « concertations locatives ». Il s’agit, lors d’une opération de travaux par exemple, de demander leur avis aux locataires ; préfèrent-ils les fenêtres avec empiècement ou les autres ? Celles avec empiècement ? Très bien ; l’architecte préfère les autres. Donc, les autres.
En dépit de ce genre d’aventures, je me plie volontiers à ce type de concertation ; c’est surtout l’occasion de nouer des liens avec les gestionnaires de nos logements et de ces travaux, liens qui sont utiles en des circonstances plus concrètes. J’ai ainsi participé il y a quelques mois à une concertation locative sur un projet de réhabilitation de nos halls (ils en ont bien besoin). Ce projet est co-financé par la Ville. La concertation fait partie des conditions de cette aide.
Cette rencontre a duré plus de deux heures : les deux gardiens étaient présents, notre gérante, son supérieur, la personne en charge de mener ces travaux, la présidente de l’amicale de locataires et moi. Au fil de notre visite des cinq halls concernés, nous avons croisé des locataires, en avons appelé d’autres sur des points très spécifiques (comme l’accessibilité). Les gardiens ont partagé leur expertise, la gérante itou. J’ai aussi gentiment séquestré la responsable des travaux dix minutes dans nos escaliers pour qu’elle convienne qu’ils ne pouvaient être exclus du chantier (l’odeur est redoutable !)
Cette dame a tout noté avec patience et intérêt. Elle m’a recontactée il y a quelques semaines pour un nouveau tour des halls. Au départ, il s’agissait de formaliser une procédure de concertation plus large, procédure contrainte par le covid. Cela s’est transformé en nouvelle visite des cinq halls avec les mêmes personnes, plus l’agence en charge de coordonner les travaux. Pour quoi faire ?
— Ils veulent prendre le pouls des locataires…
— Une mesure sanitaire, en somme.
Elle a ri (merci madame !) et a fini par convenir que cela faisait beaucoup de temps de travail (donc d’argent) pour dire des choses déjà dites. Je lui ai précisé que j’avais une confiance absolue en son expertise, sa capacité d’avoir fait le compte rendu le plus juste, et l’ai renvoyée au professionnalisme des gardiens (surtout le mien) et de la gérance si des détails manquaient. Je lui ai proposé de réinvestir l’argent économisé sur cette concertation inutile dans le renouvellement de nos baignoires…
Cette réunion a quand même eu lieu, sans moi. J’ai croisé cette joyeuse bande dans mon hall ; ils étaient neuf ; je sais que cela a duré encore deux heures, plus le temps de transport, plus… Quelle dépense superflue ! Je me suis promis de raconter cette histoire à la maire de notre arrondissement, le bailleur arguant du partenariat avec la mairie pour multiplier ces « concertations » sans objet. Je n’en ai pas eu l’opportunité ; je lui enverrai ce billet.

Paris @64

À l’occasion de la Rentrée des associations dans mon arrondissement, j’ai eu le bonheur de bavarder quelques minutes avec Anne Hidalgo accompagnée d’une jeune élue, Anouch Toranian, et de Olivia Polski qui a eu la gentillesse de me prévenir de l’arrivée de la maire de Paris, sachant ma déficience visuelle. Ces conversations publiques sont toujours un peu surjouées, de part et d’autre. J’étais contente de lui rappeler un moment qui l’était moins (pour moi), la première fois que je l’ai rencontrée, à l’occasion de l’inauguration du local de Pascal Cherki où j’accompagnais Célia Blauel. C’était en… 2014 ? Quelque chose comme cela.
Nous avions ce jour-là devisé plus longtemps dans une conversation tout en séduction : Célia menait la liste EELV pour le premier tour ; la fusion pour le second était acquise ; pourquoi ne pas voter directement pour elle, alors ? me suggérait Anne Hidalgo. Le message ne s’adressait bien sûr pas qu’à moi. J’étais ressortie de là conquise, après deux bises appuyées… mais avais voté pour Célia au premier tour ; sans jamais le regretter.
Mon attachement à Anne Hidalgo trouve ici sa source ; comme quoi, les conversations convenues peuvent produire leur effet. Celle que nous avons eue en septembre me laissera moins de traces (le premier baiser est toujours le meilleur), ce d’autant que covid-oblige, point de baiser ni de poignée de main. Cela m’a manqué. J’en ai, pour le coup, peut-être un peu rajouté (c’est mon genre) mais j’étais contente de la remercier chaleureusement pour son action, lui parler de la médiation et de la encore trop grande distance entre les services et les Parisiens, et lui dire que je l’aime.
Là, comme ça ? Bah vi. J’ai dit à Anne Hidalgo que je l’aime ; j’ai senti sa surprise ; je ne sais plus ce que j’ai dit, comment, pour qu’elle comprenne que mon amour était grand mais n’engageait que moi. J’ai évoqué Célius, mousquetaire de la reine qui semblait lui dire quelque chose… J’ai donné ma carte à Anouch Toranian ; Anne Hidalgo m’en a demandé une. Elle l’a mise dans son sac ; et est passée au stand suivant.
La suite ? Quelle suite ? Mon amour n’en a pas besoin ; mon plaisir citoyen non plus.

Paris @63

Ce matin (dimanche 13 septembre 2020), je suis allée faire ma séance de sport au square W option « utilisation des machines de musculation » et « renforcement musculaire à l’élastique ». Il y avait là, installés sur une table de ping-pong et les chaises longues en bois, des jeunes gens qui, à l’évidence, y avaient passé la nuit. Ils se disaient au revoir sur un fond musical pourri (entendre mauvais son produit par un haut-parleur indigne de toute partition).
Pendant que j’étais sur le rameur, l’un d’eux s’est approché en parlant à ses camarades expliquant que les transats étaient, je cite ,« de la merde » ; il s’est arrêté à vingt mètres derrière moi, face contre le bosquet, pour uriner sachant que des toilettes publiques sont à cent mètres. À quelques pas, le cantonnier ramassait consciencieusement les ordures qu’ils avaient éparpillées au cours de la nuit.
Et je ramais.
Ils sont assez vite partis, faisant ronfler le deux-roues motorisé garé près d’eux à l’intérieur du square. Je ne saurais dire de quel genre de jeunes gens il s’agissait (je ne les ai pas « vus », dans le sens courant de ce verbe) mais la première pensée qui m’est venue était que c’était des couillons de merde. J’ai ensuite songé que me concentrer sur mon activité valait mieux, activité sportive que je pratique dans ce square trois à six fois par semaine, profitant une heure durant d’installations municipales (appareils de muscu, structure pour accrocher mes élastiques, sol sécurisé, point d’eau, toilettes, verdure) entretenues par des agents municipaux (nettoyage, arrosage, taille…)
Je bénéficie donc d’un cadre idéal pour mes activités sportives et ce, gratuitement. Ces jeunes gens, ils en ont tout autant profité : salle à ciel ouvert toute la nuit, tables, sièges, pissotière dans les fourrés, nettoyage au petit matin, verdure…) ; et ce serait « de la merde » ? Je n’ai pas envie, à partir de là, de produire un discours moral cher aux mouvements populistes et aux vieilles gens désabusés. J’ai juste envie de remercier publiquement ma Ville d’accueillir avec la même bienveillance ma joie et leur merde. J’espère ne jamais renoncer à faire de la première une arme contre la seconde. Jamais.

Paris @62

Le second jour de l’arrivée de Helgant, nous avons fait une promenade pour aller dans une boutique spécialisée lui acheter des affaires, dont un harnais qu’il devait essayer. C’était un trajet aller-retour un peu long, mais je ne pouvais pas d’emblée prendre le métro avec lui, il faut qu’il s’habitue déjà à moi et à sa nouvelle ville.
En passant pour rentrer, j’ai vu un affichage, que j’ai photographié, sans être en mesure de trop réfléchir à ce que je lisais et comment y réagir. Tout est nouveau aussi pour moi avec la responsabilité d’un chien à promener en ville, je me devais de me concentrer sur sa sécurité et son bien-être.
Quelques jours plus tard, j’ai envoyé un tweet avec ma photo, qui m’avait remuée. Le collage jouait sur un collage féministe pour le détourner en « Osez l’inceste ». En soi, l’inceste n’est pas forcément synonyme de domination et de violence, si la relation est entre deux adultes consentants (frère et sœur par exemple), mais il a été assimilé dans notre société à une la violence sexuelle d’un parent, le plus souvent d’un père, sur un enfant, le plus souvent sa fille. L’auteur de ce texte le savait pertinemment. C’était donc une incitation au viol familial.
J’ai envoyé ce tweet juste avant de partir en balade avec Helgant. Il a suscité une réaction de Cécyle puis des réactions en chaîne. C’était là aussi un peu compliqué à gérer en balade.
Très vite, il a été question d’un « Dans ma rue », une élue municipale arguant que la Ville pourra déposer plainte puis nettoyer. Je n’y avais pas pensé. Il m’était compliqué de retourner sur place, car c’était un peu loin de chez moi. Voilà que Frédéric se propose d’enfourner son vélo et s’y rendre. Je lui donne les indications sur le croisement où je me rappelle avoir pris ma photo. Il part. Une autre personne dit savoir où est le collage et avoir utilisé ma photo pour le signalement. Frédéric arrive sur place et en fait un direct. Frédéric m’a envoyé la photo quelques jours plus tard du résultat de l’action de la Ville : collage retiré.

Paris @61

Je suis de plus en plus sensible à la question de la lisibilité des documents que je reçois en tant que personne déficiente visuelle. Au début du confinement, j’avais épinglé par mail le directeur de la Dases de Paris dont le courrier, consacré à la pandémie et aux mesures de protection à prendre, était écrit dans une police si fine que même scanné et grossi, je ne pouvais le lire. Il avait fait amende honorable dans le quart d’heure suivant l’envoi de mon mail.
Il n’en a (pour l’instant) pas été le cas du directeur général de mon bailleur qui envoie à tous les locataires un courrier peu lisible alors qu’il concerne directement des personnes qui peuvent peiner à lire. J’ai pu vérifier la chose auprès d’une voisine âgée que je suis allée voir pour l’aider à comprendre un autre courrier reçu : elle n’est ni bête ni de mauvaise composition : simplement, « c’est écrit bien petit », comme nos avis d’échéance, et tout le reste.
Voici le texte du mail que j’ai envoyé ; je vous dirai si j’ai une réponse.

« Monsieur le directeur général,
« C’est avec grand intérêt que j’ai découvert dans mon avis d’échéance d’août 2020 votre courrier destiné à m’annoncer une bonne nouvelle : la signature d’un accord locatif TPS+. Je m’en réjouis, notamment pour toutes les personnes en situation sociale difficile qui sont locataires dans nos immeubles. Elles sont nombreuses. Vous n’ignorez d’ailleurs pas que ces locataires sont souvent (pas toujours), des personnes âgées dont beaucoup à la vue déclinante et des personnes qui, à raison de leur parcours personnel, maîtrisent mal la langue écrite.
« Je suis moi-même déficiente visuelle, en basse vision et, je dois vous l’avouer, la première chose qui m’est sautée aux yeux une fois votre courrier en main c’est… que je ne pourrais pas le lire. Non ? Eh bien si monsieur le directeur général ; pour des raisons de charte graphique, j’imagine, votre courrier privilégie une esthétique validiste plutôt qu’un accès du plus grand nombre. La police utilisée est du 11… ? Guère plus.
« Vous relèverez avec moi le caractère cocasse de la situation : vous écrivez à des personnes qui ont pour beaucoup des difficultés de lecture, personnes qui sont les premières intéressées par le contenu de votre courrier, dans une configuration illisible pour elles. Comment espérer, dans ces conditions, qu’elles comprennent l’avantage financier de TPS+ ? En ce qui me concerne, je vous rassure : je dispose des outils qui permettent de pallier ce manquement à une communication inclusive.
« Je relève d’ailleurs que nos avis d’échéance et autres documents sont également écrits de manière peu lisible pour le plus grand nombre. Il me semble que si vous souhaitez des locataires citoyens, réceptifs à l’action des équipes de Paris Habitat, je vous suggère de passer en police 14, avec l’interligne qu’il faut ; cela augmenterait, je vous l’assure, le taux de lecture de l’ensemble des courriers que nous recevons. Ne me répondez pas qu’il s’agirait d’un problème de place… un bon graphiste saura s’en accommoder sans augmentation du nombre de pages.
« Je reste à votre disposition, monsieur le directeur général, si vous avez besoin de compléments d’information sur la communication inclusive.
« Bel été vous ! »

Note. Le directeur général de Paris Habitat a fait répondre son assistante. Je dois relire sa réponse parce qu’il y a des choses qui me chiffonnent. Je vous dirai.

Paris @60

Les nuits des 13 et 14 juillet ont été le théâtre de feux d’artifice assortis d’incendies de deux roues et de face-à-face avec les forces de l’ordre. Un policier et un pompier ont été blessés par des « jets de mortier » ; pour ce qui est des incendies, j’ai compris qu’ils étaient plus la conséquence des feux d’artifice que volontaires, « la belle bleue » montant souvent au-dessus des toits.
Tout cela a fait du bruit surtout entre 1 heure et 4 heures du matin. Cela a pu aussi faire peur. Les chiens ont aboyé dans les appartements. La fumée a pu obliger les riverains à fermer leurs fenêtres (cela a été mon cas). Je comprends l’indignation générale mais force est de dire que je ne la partage pas. J’ai fait remarquer à mes voisins que d’ordinaire ils se plaignent du bruit des scooters, pourquoi se plaindre aujourd’hui qu’ils brûlent ? Cela a fait rire, et vite désamorcé les propos de comptoir comme si finalement, tout cela (hormis le fait que deux personnes ont été blessées ce dont aucun « riverain excédé », comme on dit, n’a d’ailleurs parlé) ne casse pas trois pattes à un canard.
La maire du 14e, Carine Petit a organisé des rencontres de rue dans trois quartiers de l’arrondissement afin d’entendre les fameux riverains. Je suis allée à celle près de chez moi. J’en suis ressortie en colère, quelques crieurs ayant monopolisé la parole au nom de comités poujadistes et autres « paroles des habitants » qui devraient être poursuivis pour incitation à la haine et diffamation (notamment à l’égard des élus et de la Ville). Mais la police, présente, est déjà bien occupée à courir après de très jeunes gens (14 ou 15 ans) qui fêtent à leur manière le 14 juillet faute de trouver leur place dans la « nation » si chère à ces femmes blanches venues en découdre avec la représentation municipale.
Des femmes blanches en effet (pas plus de 10 % d’hommes) qui « ne sont pas racistes », bien sûr, mais qui considèrent que les « bronzés » (je croyais le mot passé de mode) ne devraient plus être admis dans nos immeubles. J’avoue avoir été surprise par ce constat sociologique. Il m’interroge. J’en ai d’ailleurs croisé une autre en rentrant du sport ce matin (19 juillet). Elle prenait en photo une épave calcinée de patinette, les épaves de scooter ayant été enlevées. Je l’interpelle en riant, la prenant pour une photographe de passage.
— Bonjour madame, vous voulez la date d’incinération pour votre album photo ?
Et paf ! elle part au quart de tour, sur un ton très agressif et dans un français qui n’a rien à envier à celui de quelques-uns de mes voisins « bronzés » de la première génération, m’indiquant qu’elle va faire un tweet pour que la mairie de Paris voie ce qu’est devenu Paris…
— Je crois qu’elle le sait… Ce n’est qu’une patinette…
Elle monte d’un ton, et part cette fois en vrille sur Paris qui n’est plus Paris avant de m’inviter à « passer mon chemin ». J’ai vu aussi sur les réseaux sociaux locaux le terme d’« émeute », quelques femmes, toujours, indiquant qu’elles allaient partir.
— Eh bien, cassez-vous !
Caddie ! Tais-toi.
Notre quartier a toujours été en proie à des faits de délinquances parfois graves (entendre relevant des assises) liés à des trafics qui, en l’espèce, vont vite faire cesser les amusements de ces jeunes gens qui aiment les feux d’artifice (qui ne sont pas bons pour le petit commerce). N’est-ce pas paradoxal ? Cela l’est autant que j’aime vivre dans ce coin de 14e pas toujours fréquentable même si cette nuit, deux olibrius ont discuté sous ma fenêtre jusqu’à 3 heures du matin.
Discuter n’est pas un délit, même si ça contraint mon sommeil. J’aime à ne jamais l’oublier.

Paris @59

En ce début d’été, j’ai des travaux chez moi. Salle de bains et cuisine sont refaites. Des amies m’ont ouvert leur porte.
Un midi, il m’était plus simple d’aller dans les bains douches municipaux près du travail. J’avais déjà eu l’occasion d’y aller. Simples et fonctionnels, ces bains douches sont pour moi un exemple concret d’un lieu indispensable dans la lutte contre la précarité et pour la dignité des personnes à la rue ou vivant dans des conditions difficiles. Merci ma ville d’offrir ces lieux gratuits et ouverts à tous.

Paris @58

Après avoir distribué un masque à tous les Parisiens courant mai, la Ville de Paris avait annoncé le déploiement de distributeurs de solution hydroalcoolique sur les Abribus, les Sanisettes, à l’entrée des équipements publics… Isabelle m’a alertée quand elle a vu les premiers, m’expliquant à quel endroit exact les trouver ; puis Sarah m’en a montré directement quelques-uns.
Petit à petit, on en trouve de plus en plus. Je n’en ai vu aucun vide (pour l’instant) ni pris d’assaut. Après que Caddie s’est rendu compte de notre bévue d’avant confinement, on a fait un petit stock à la maison, par crainte aussi que les prix flambent à leur libération au 1er juillet. Nous sommes donc bien équipés pour les commissions et on trouve désormais du gel à l’entrée de tous les commerces.
Pour autant, ces distributeurs sont sacrément utiles car ils permettent de penser à se désinfecter les mains comme ça, en passant, geste qui reste celui dont l’efficacité a été la mieux démontrée. Je les apprécie d’autant qu’ils sont très visibles, faciles à utiliser (ce qui n’est pas le cas, par exemple, des modèles à pédale chez certains commerçants ; allez voir une pédale sans une signalétique adaptée !) et puis, faut dire…
— Oui, dis. Faut pas avoir honte.
D’accord Caddie. Il faut dire donc que ça fait un budget la prévention ! Avec Caddie, on la pratique beaucoup (vaccins non remboursés, activités sportives multiples, alimentation à 80 % de fruits et légumes, etc.) Et là, gel, masques… C’est gentil ma Ville d’y avoir pensé. Merci. Et si…
— Oui, vas-y. Demande !
Bah voilà, on aimerait bien manger un peu plus bio mais c’est quand même cher… On a bien vu avec Caddie les propositions pour la prochaine mandature mais bon, on ne voit pas bien comment ça va se concrétiser pour nous. Notre « prix de journée » était à 6 euros en 2017 (ici) ; il doit être équivalent car Caddie récupère tous azimut les invendus et je cuisine plus ; c’est possible, 6 euros par jour, avec du bio ?