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Nuage @10

J’ai poursuivi mes aventures dans les parcs de la Ville le 3 septembre dernier ; j’avais repéré depuis longtemps au parc George Brassens deux séries d’appareils pour faire sa gym. En haut, ils sont disposés en arc de cercle tout autour d’une large place ; on y trouve un vélo, un elliptique debout, un autre assis et une sorte de « marcheur ». En bas du parc, on trouve deux appareils qui permettent de soulever, assis, son propre poids avec des positions de poignées différentes, deux elliptiques assis, une sorte de balancier à une seule marche et des agrès de suspension (barres parallèles, barres fixes, barres de gainage debout).
Les sportifs aguerris aux appareils auront remarqué que ceux du bas sont plus physiques que ceux du haut. Je suis pour ma part infichue d’utiliser les agrès de suspension ; et si je soulève facilement mon poids en traction verticale (deux fois cinquante tractions), en traction horizontale, je peine vraiment (seulement deux fois une série de neuf et demi dans les deux positions proposées). Le fait que ces appareils soient conçus pour de grands gabarits n’aide d’ailleurs pas (quand je suis assise sur les appareils de traction, dos calé, j’ai les fesses en dehors du siège).
La conséquence de ces choix est évidente : l’endroit est uniquement occupé par des hommes, le genre qui ne répond même pas à un bonjour. Le haut, où j’ai passé plus de temps, est à l’inverse occupé par des femmes, qui disent bonjour, sourient… J’y ai retrouvé l’ambiance du square W de début de vacances et un rameur m’a manqué pour y rester plus de temps.
Et voilà donc comment on crée de la ségrégation sexuelle en une leçon ! Pourquoi ne pas avoir mélangé les appareils et choisi de concentrer les plus physiques au même endroit ? Parce que c’est à un œil de l’aire de jeux pour enfants et que les hommes peuvent ainsi surveiller la marmaille en faisant leur sport pendant que les femmes, débarrassées de cette tâche ménagère, s’épanouissent en haut du parc ? On en rêve !

Nuage @9

Le feuilleton suite… et fin ?
Avec la canicule, convertie à la fraîcheur des pelouses, j’ai décidé d’aller dîner les soirs de grande chaleur les fesses dans l’herbe. Les parcs et jardins ferment en cette saison à 21 h 30, Montsouris ne ferme pas en été, d’autres espaces verts ne ferment jamais. Cela me laissait le choix de la pelouse et des épopées ! On croit souvent que l’aventure est à l’autre bout de la terre quand finalement, une demi-heure de marche à pied y suffit. C’est meilleur pour le bilan carbone.
J’ai commencé par le parc Montsouris avec l’idée que je pourrais rester tard. La pelouse était agréable bien qu’un peu encombrée. Par contre, j’ai été contrariée par l’idée de m’y faire enfermer, les gardiens bouclant les issues principales à 21 h 15 ; j’ai un peu peiné à trouver une sortie. Le lendemain, j’ai donc décidé d’aller dans les jardins de la cité internationale ; là, l’herbe était sèche et rase ; et l’endroit désert. Je me rends compte que je n’aime pas plus la foule que les zones dépeuplées ; le juste milieu est souvent difficile à trouver.
Pour marcher moins, j’ai ensuite opté pour le square W. Je me suis d’abord installée dans l’amphithéâtre. La présence d’un jeune homme avec un gros chien qui s’amusait à effrayer les gamins m’a fait changer de place. Le chien était sans doute gentil ; je n’avais pas moyen de le savoir ; par contre, son maître ne me semblait guère civil. Je me suis alors assise sur la pelouse où je fais mon sport. C’était bien. Un soir suivant, je suis allée au parc George Brassens. Là, je me suis d’abord établie sur un endroit très prisé des corneilles. Sans être agressives, elles me cernaient. J’ai vite compris que j’étais assise sur leur dîner, soit sous un arbre producteur de sortes de petites pommes qui étaient tombées à terre.
Je suis allée une pelouse plus loin, les corneilles ont repris leur droit à l’instar d’un groupe de paroissiens, d’une église évangéliste je pense, qui se sont mis à chanter des hommages à Jésus sur des rythmes de gospels, lamentations et guitare en prime. Deux agents de la Ville sont passés sans en prendre ombrage, ce qui a eu le don de me contrarier. Que serait-il advenu si ces paroissiens avaient été autres que chrétiens, musulmans par exemple ? On aurait à coup sûr eu droit à une descente du GIGN… deux poids deux mesures ; j’en rage.
Quelques jours plus tard, je suis allée manger ma salade au square Saint-Lambert. Pour cette fois, ce sont des guêpes qui ont un peu gâché la fête. Impossible de prendre une bouchée sans en avoir une sur la fourchette ! Le temps était à l’orage. Est-ce pour cela qu’elles étaient si agressives en dépit d’un déménagement dans un autre square, à quelques centaines de mètres ? Le temps ne l’était pas le vendredi suivant au jardin des Grands Explorateurs pour une soirée d’observation des étoiles mais là, les insectes vivant en ce lieu ont été particulièrement gourmands des peaux humaines.
Depuis, il fait plus frais ; je mange ma salade dans mon salon avec Patton. Pour l’instant, aucune aventure particulière. Mais finalement, la tranquillité n’en est-elle pas une avec ses moments de joie, de solitude, ses grandes et petites satisfactions de l’âme, le temps qui s’écoule et que l’on arrive à savourer, ou pas ? Ça se discute.

Nuage @8

Grâce au malotru et au jardinier souffleur de sable, j’ai découvert qu’il faisait plus frais de faire ma gym directement sur l’herbe. C’est un peu plus dur mais, avec le tapis et la grosse serviette, ça le fait. Même sans, d’ailleurs, quand je reviens de dérouler et que je fais mes étirements au sol. Avec la canicule, toute la fraîcheur était à prendre.
Ce lundi de pic de chaleur, j’étais en place quelques minutes avant 7 heures. En arrivant, je remarque un peu d’eau au sol, le long des pelouses près de l’espace de jeux pour enfants. Une fuite ? Cela arrive souvent. Je continue et installe Caddie au milieu de cette pelouse qui nous accueille désormais. Je pose le bâton, sors le tapis, que je laisse plié en quatre pour faire des exercices de stepper, cherche les poids et… et…
— Tchouuu… tchouuu…
Je tourne la tête ; le jet du tourniquet me frappe de plein fouet ! Aussitôt, je pense que les jardiniers sont planqués, qu’ils se vengent que j’ai signalé leur usage abusif du ramasse-feuilles… Caddie me suggère de déguerpir plutôt que de crier au harcèlement. Ce que nous, sous les jets croisés du premier tourniquet et d’un second qui semble s’être déclenché quand j’ai commencé à bouger après l’instant de surprise. Nous sommes trempés. Fraîcheur garantie !
Alors, vengeance ou pas vengeance du jardinier ? Tout ce que je peux dire, c’est que cela ne s’était jamais produit… et pas reproduit depuis !

Nuage @7

La suite du feuilleton
Alors que je suis sur le rameur, le malotru en point de mire et sa musique en fond sonore, j’entends un moteur démarrer dans l’espace pour enfants. Que se passe-t-il ? Le bruit est assez désagréable pourtant je ricane ; il couvre largement la musique du malotru qui plie sitôt ses affaires et déguerpit.
Je finis ma série de dix minutes et me déplace sur un autre appareil plus proche du ponton. Je comprends alors que le jardinier est en train de balayer le sable éparpillé avec un… ramasse-feuilles ! Oui, un ramasse-feuilles soufflant qui soulève le sable. Oh ! le joli nuage de poussière. AirParif a justement annoncé un pic de pollution ce matin. Le sable qui vole. Les gaz du moteur à essence. Le bruit. J’en reste baba et fuis à mon tour pour me réfugier sur l’herbe à l’autre bout du square.
En rentrant, je fais un mail à Valérie Maupas, conseillère du 14e en charge des espaces verts, avec Carine Petit, notre maire, en copie, et Célia Blauel qui n’échappe à aucune de mes réclamations. Aucune réponse de madame Maupas. Dix jours plus tard, après avoir constaté que le jardinier utilise toujours un ramasse-feuilles mécanique pour balayer du sable, je passe au cran supérieur, et interpelle cette fois Pénéloppe Komitès, adjointe à la maire de Paris en charge des espaces verts. Je n’ai pas eu plus de réponse et ce jardinier n’a pas modifié ses méthodes de nettoyage, au péril de sa santé en même temps que de la mienne.
Misère…

Nuage @6

La Vie en Hétéronomie aime bien les feuilletons. Celui qui émaille mon été parisien a commencé dans la joie avec ce billet. La joie n’a pas disparu (Caddie ne le permettrait pas !) mais un malotru a un peu gâché la fête. Voilà l’histoire telle que je l’ai écrite le 19 juillet à Isabelle afin de recueillir son avis.

« Tu sais que je vais plusieurs fois par semaine faire du sport au square W, à l’endroit où il y a les appareils de gym et un ponton en bois confortable pour des exercices. J’y ai croisé à plusieurs reprises un homme (pas jeune) qui y fait son sport en posant ses affaires sur le ponton et utilise l’installation d’assemblage de cordes dans l’espace enfants qui le jouxte. Cet homme arrive avec un appareil qui diffuse de la musique techno (je ne peux pas te dire quel genre). Cette musique m’a gênée plusieurs fois sans que je n’intervienne, ne voyant personne à proximité.
« Ce matin, des jardiniers étaient présents ; je leur avais signalé un appareil de gym cassé et dangereux ; ils étaient dessus pour le mettre hors service. L’homme est arrivé vers 8 heures 15. Il s’est installé à cinq mètres de moi (le ponton fait une trentaine de mètres). Il a allumé sa musique, certes pas fort, mais les basses étaient très audibles.
« J’ai interrompu mes exercices pour aller lui parler, lui demandant poliment s’il pouvait arrêter sa musique considérant que je souhaitais faire mon sport en silence. Il l’a tout de suite pris de haut, m’indiquant que l’espace est public et que si ça ne me plaît pas, je n’avais qu’à aller ailleurs. Le ton n’était pas aimable. J’ai insisté, arguant que c’est interdit d’écouter de la musique dans un square, ajoutant que s’il ne l’éteignait pas, j’allais prévenir les jardiniers. Il m’a invitée à le faire en rigolant.
« Je suis donc allée voir le jardinier toujours près de l’elliptique cassé. Il a très vite compris la situation, et est venu à contrecœur parler à cet homme, me faisant comprendre qu’il ne pouvait pas grand-chose. Ils se sont salués. Ils se connaissaient. Le jardinier lui a indiqué que sa musique me gênait, l’homme a rigolé, comme quoi « on ne peut pas satisfaire tout le monde » ; le jardinier n’a pas insisté bavardant d’autre chose avec lui.
« Je suis restée un petit quart d’heure encore. En partant, j’ai fait le tour du square pour retrouver le jardinier qui m’a affirmé qu’écouter de la musique dans un square n’est pas interdit et, je cite, que « tant qu’il n’y a pas d’agression, on ne peut rien faire ». Je lui ai demandé s’il me suggérait de mettre un coup de pied dans l’appareil diffusant de la musique afin que l’autre m’en colle une ? Il a ri. Je lui ai indiqué que s’il ne prévenait pas la DPSP, je le ferais. Cela l’a contrarié un peu. Il m’a répondu que c’était signalé au chef… Nous nous sommes quittés bons amis. Je l’ai senti avant tout impuissant et peu téméraire.
« En rentrant, j’ai regardé le règlement des parcs et jardins. Je lis.

« 10 – Bruit et nuisances sonores « Sont interdits les bruits gênants par leur intensité, leur durée, leur fréquence ou leur caractère agressif, en particulier ceux produits par les instruments de musique et de percussion et par la diffusion de musique amplifiée, sauf dérogation. »

« Il me semble qu’il y a « diffusion de musique amplifiée ».
« Cet homme, par son caractère même, dispose-t-il d’une « dérogation » ? »

Isabelle n’avait bien sûr pas la réponse à cette dernière question. Elle m’a par contre invitée à en parler aux inspecteurs de sécurité de la Ville que je vois patrouiller le matin dans le secteur. Je n’ai pas eu l’opportunité de le faire mais je les ai vus intervenir auprès de cet homme une dizaine de jours plus tard. La conversation (que je n’ai pas entendue) a un peu duré.
Et après ?
Les deux fois suivantes où j’étais là en même temps que cet homme, il faisait toujours sa gym en musique, mais plus fort !
Misère…

Nuage @5

Danielle me livre depuis quelques semaines des herbes fraîches et racines à feuilles de printemps qu’elle achète au marché de Malakoff : coriandre, persil, menthe, ciboulette, oseille, aneth, oignons frais, radis, betterave. Cela me permet de faire de magnifiques tartes vertes ! J’ai fait aussi un flan, quelques soupes, convaincue que je pouvais y aller franco en imaginant que son « petit marchand », comme elle dit, cultive tout cela dans son jardin.
L’autre dimanche, je suis allée avec elle. En guise de « petit marchand », je me suis retrouvée face à une étale où s’entassent entre des tasseaux verticaux, soixante ou soixante-dix centimètres de bouquets de menthe, persil, coriandre, etc. À côté des tas de bottes de radis, oignons, betterave… Nous n’avons pas besoin de grand-chose ; l’homme nous fait la retape.
— Toute fraîche la coriandre ! Espagne !
Danielle est aussi dépitée que moi ; elle n’aime pas les produits espagnols au vu de leur mode de production délétère pour les travailleurs agricoles et la planète. Elle le dit. L’homme n’insiste pas et nous offre un bouquet de menthe.
— Maroc ! dit-il fièrement.
Mon rêve de circuit court s’arrête là. Ah ! l’illusion de nature ; jusque dans mes tartes vertes.

Nuage @4

Spécial dédicace à ma-Jeanine.

Un incendie a fait cinq morts à Genevilliers le 2 janvier dernier. Et j’entends sur France info « La femme de 80 ans, chez qui l’incendie s’est déclaré, et qui a appelé les pompiers, n’a pas été blessée dans l’incendie. » Libération confirme ces faits.
Cela me rappelle que j’en connais au moins deux, de ces « veilles dames » (dont une pas si vieille) qui ont une fâcheuse tendance à faire brûler leurs casseroles, oublier une paire de chaussures dans le four, ou…, et parfois sont réveillées par des voisins, inquiets de voir tant de fumée dans le couloir. Que s’est-il passé ? Oh ! pas grand-chose, un oubli, des cachets avalés qui ont assommé ou endormi plus tôt que prévu, altéré petit à petit la vigilance et la mémoire. Car ça, il faut dire qu’elles en prennent, des cachets, mes vieilles dames ! Tous délivrés sur ordonnance ou renouvelés avec la complaisance du pharmacien. Des antidépresseurs, des somnifères, des antalgiques, des myorelaxants, des antihistaminiques… C’est dur, parfois, de vieillir, ça fait mal, si mal et le cachet si facile à prescrire.
Ceci pour dire que cette histoire pourrait arriver à mes vieilles dames, qui disent volontiers que cela ne les gênerait pas trop de mourir. Elles disent… Elles souffrent. Je comprends. Et si c’est moi qui meurs dans l’incendie ? Ou la famille du dessus et ses trois enfants qu’elles embrassent si volontiers ? Que diront-elles mes vieilles dames, toujours bien vivantes ? Et que penseront ces médecins et pharmaciens qui les assomment de médicaments pour ne pas écouter leur plainte ?
Mes vieilles dames ne s’en remettront pas, j’en suis sûre. Leur médecin et pharmacien (que je connais bien) eux… Bah ! ils n’auront même pas dans l’idée de se sentir responsables. Il y a une semaine, j’ai aidé la plus jeune à faire une lettre à propos de la plus âgée pour signaler à son médecin que les casseroles qui brûlent et autres oublis se multiplient dangereusement. Il a fallu deux appels pour qu’une ordonnance de soins à domicile soit rédigée avec une adresse d’organisme griffonnée sur un papier. Autre chose ? Non. Et ça me… Vous imaginez !

Nuage @3

Je ne suis pas une adepte des jugements de valeur (« C’est bien » ; « C’est mal ») sans autre argument ; cela fait rarement avancer le Schmilblick même si cela défoule. Il y a des fois pourtant, où j’ai juste envie de trancher, sans argumenter, car c’est tout simplement « Génial ! » ou « Dégueulasse ! »
« Baisse de salaire du personnel de Fukushima » (Le Parisien, 26 avril 2011) ; voici la version, non payante, du Figaro. « – 20 % » pour les « simples ouvriers », ceux qui prennent le plus de risque, ceux qui ont péri pour sauver ce qu’il y avait à sauver, ceux qui seront victimes de maladie professionnelle, ceux qui assurent la sécurité au quotidien des installations, ceux qui pour faire tout ça sont déjà les moins payés.
C’est dégueulasse !

 

Nuage @2

Je connaissais déjà cette expression chère aux voyageurs qui accumulent les destinations comme d’autres fréquentent les boutiques, en purs consommateurs : « J’ai fait le [nom du pays, de la ville ou du monument] ». Dans le métro, mardi 15 mars 2011, sur la route du judo, version parisienne de la route de la soie, cela a donné l’échange suivant entre trois sexagénaires actives :
— J’ai fait le Japon, plutôt le Sud l’année dernière.
— Mais tu sais que j’ai fait le tremblement de terre en Turquie cet été ?
Heureusement, leur troisième copine n’a pas rajouté « Et moi j’ai fait Tchernobyl ! » car là, c’était direct Taï Otoshi avec Juji gatame à suivre au sol.
Matte !

Nuage @1

Alors qu’un premier nuage radioactif s’est échappé de la centrale nucléaire de Fukushima, un responsable de la sûreté nucléaire français déclare dimanche 13 mars 2011 sur France info que les Japonnais ne « risquent rien » car le « vent pousse le nuage vers la mer ».
Au secours !