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Noël @49

Le formulaire de Logue de Soldarité transport, illisible n basse visionIl y a quelques années, je disposais d’un « ticket guide RATP SNCF » qui me permettait d’être accompagnée gratuitement dans les transports franciliens. Je l’utilisais peu, les personnes m’accompagnant disposant pour la plupart de leur propre titre de transport. Avec la généralisation du Navigo, je n’ai plus entendu parler de ce ticket. Je ne me suis pas renseignée. Récemment, j’aurais eu besoin d’un accompagnateur gratuit, la personne m’accompagnant fonctionnant aux tickets ; j’ai donc cherché de l’info sans en trouver ; parce que le ticket de métro disparaît en 2022 ? L’explication ne me satisfaisait pas car ce guide est de droit.
J’en discute avec Isabelle qui, la veille même de Noël, ouvre la boîte de pandore. Non ? Si si. Je vous raconte (installez-vous confortablement, boisson chaude et carré de chocolat obligatoire).
24 décembre. Isabelle m’envoie un mail avec un lien sur « Solidarité transport » qui gère désormais l’octroi d’un guide gratuit (ci-contre le site très accessible basse vision de cet organisme).
25 décembre. Je vais sur le site. Je remplis les critères. Je lance une demande en ligne. 1/ Je renseigne ma situation. 2/ Je télécharge ma CMI et un justificatif de domicile. 3/ Je remplis un formulaire qui se termine par ce message : « Informations concernant l’accompagnant. Votre situation vous permet d’être accompagné par une personne circulant gratuitement. Votre accompagnant, qui peut changer à chaque voyage, devra se munir du passe Navigo « accompagnant » à votre nom et devra impérativement voyager en votre compagnie. Vous ne pouvez associer qu’un seul passe Navigo « accompagnant » à votre dossier. (…) »
Et comment je fais pour disposer d’un Navigo « accompagnant » ? Le site n’en dit rien ; celui de la RATP non plus. Je fouille le Net et tombe sur un article de Handirect.fr qui m’explique tout (merci !) et m’en vais sur le site de Navigo pour faire une demande en ligne. Je commence par me créer un compte… qui ne se crée pas car « aucune coordonnée n’est associée » à mon passe. Il s’est passé plus d’une heure, je lâche l’affaire.
27 décembre. Je vais dans ma station de métro demander ce qu’il se passe avec mon Navigo. La dame ajoute mon téléphone et mon mail. Elle ne peut rien faire pour le Navigo accompagnant (dont elle ignore tout) et m’invite à faire la demande en ligne ou à revenir la voir.
28 décembre. Je crée mon compte Navigo. Je cherche comment demander un Navigo accompagnant. Je ne trouve pas. Je sollicite Isabelle qui ne trouve pas. Je me résous à appeler Solidarité transports qui commence à me proposer une demande en ligne… la conversation coupe. Je rappelle. Mon nouvel interlocuteur me parle comme à une demeurée et me renvoie sur Navigo. J’appelle. Ce n’est pas le bon numéro. Je cherche et rappelle. Je suis bien chez Navigo, cette fois. Un monsieur ne sait pas de quoi je parle. Il me renvoie à un « guichet club RATP » en m’indiquant que je les trouve en ligne. Je cherche. Je ne trouve pas. Je rappelle Navigo. Une dame m’écoute, me fait patienter et me donne la liste des guichets club RATP près de chez moi. Ma station en fait partie. Il s’est encore passé plus d’une heure.
29 décembre. Je retourne à ma station de métro. L’agent au guichet ignore tout du Navigo accompagnant. Il appelle une collège qui sort un carnet car elle a « déjà vu ça » ; elle trouve la page où elle a noté que je dois me rendre à Châtelet ou Gare de Lyon. Je commence à saturer. Je dois déjeuner avec Isabelle le 31. Je lui propose une brasserie à Châtelet ; à ce stade, je crains le pire.
30 décembre. Isabelle me suggère de vérifier les heures d’ouverture de l’agence commerciale RATP de Châtelet. J’appelle la RATP : service téléphonique hors service. Je pose la question sur Twitter à Clients RATP. Réponse (rapide) : l’agence est fermée le 31…
3 janvier. Je décide d’aller à Châtelet. Cela me fera ma balade. J’appelle la RATP : « — Je suis déficiente visuelle, je dois aller à l’agence commerciale de Châtelet, quelle est l’entrée la plus proche ? » ; « Bah, vous entrez où vous voulez… » J’explique que je vais me perdre dans la station. Le monsieur finit par comprendre et me dit que c’est aux Halles, porte Berger*.
Mon GPS me guide de chez moi jusqu’au à la porte Berger via le Pont-Neuf (jolie balade). Une fois là, je sors ma canne et descends un premier Escalator, tourne un peu avant de trouver l’Escalator pour descendre dans le métro. Je repère la lumière verte de machines RATP. J’y vais. Un guichet est là, fermé. À cet instant, j’ai envie de pleurer. Un chaland me bouscule. Cela me réveille. Je tourne en cercles concentriques (comme un chaton qui découvre son territoire) et finis par arriver devant l’agence commerciale. J’attends mon tour dehors avec d’autres gens. J’entre. La configuration des lieux m’échappe. J’entends un « Monsieur ? » ; je ne bouge pas. Puis « Madame ? » J’y vais. Un agent est là. Je formule ma demande en deux phrases. Il prend mon Navigo et s’active sans un mot. Puis me demande de retirer mon masque et mon chapeau…
— Regardez la caméra.
— Je ne sais pas où elle est.
Il soupire et s’agite. Il fait glisser mon Navigo et un autre jusqu’à ma main posée sur son comptoir. Je prends le tout. Je lui fais alors remarquer que j’ai eu du mal à trouver l’agence, qu’aucune info n’est disponible sur le site de la RATP, etc.
— Vous pouviez aller dans les clubs RATP…
— J’y suis allée, mais on m’a dit que non.
— Avec le covid, on manque d’agents.
Je lui dis à peine au revoir. À la vue de la photo, je fais un microbillet Twitter en rentrant chez moi. Elle dit tout de mon désespoir. N’aurait-il pas pu me dire de sourire ? Me préciser quand il prenait la photo ? Où était la caméra ? Non, je suis malvoyante ; pour cet agent, un poids.
Dès que je suis chez moi, je vais sur le site de Transports solidarité et fais ma demande en ligne. Je reçois un accusé de réception. Suis-je arrivée au bout de la route ?
5 janvier. Je reçois un mail avec un mot de passe. J’essaie de me loguer, cela ne fonctionne pas. Un second mail m’indique « Après vérification, le nom et prénom du porteur de cette carte ne correspondent pas strictement au nom et prénom figurant sur l’attestation ou dans les fichiers de l’organisme social. » avec une série de recommandations. J’appelle Navigo. Les informations sur le Navigo accompagnant correspondent à celle de mon Navigo. J’appelle Solidarité transport. La dame regarde mon dossier (quelle peine à trouver, ce qui me vaut un « Vous n’existez pas. » merci madame) et me dit que je me suis trompée dans mon formulaire de demande, mettant mon prénom à la place de mon nom. Elle corrige : cela n’aurait-il pas pu être fait avec les justificatifs que j’ai envoyés ? Passons. Elle me confirme en direct que le guide gratuit m’est accordé pour trois ans (ma CMI, elle, est à perpétuité). Je lui indique que je n’ai pas réussi à me loguer. Il semble que ce soit parce que je suis blonde (le système refuse les copier-coller). Je me fâche. Elle finit par m’envoyer un mail de logue que je peux utiliser. Encore une heure de passée…
J'essaie de lire l'écran de la machine. 6 janvier. Je reçois un mail indiquant que je peux aller charger mon Navigo accompagnant au guichet de mon choix. Je dîne le soir même avec Isabelle, lui demande de m’accompagner au cas où…
Au cas où quoi ?
Je pose mon Navigo accompagnant sur la machine, Isabelle lit l’écran pour moi, et mon Navigo accompagnant se charge. Mais de quoi je me plains ?

* La station Châtelet-Les Halles voit se croiser trois lignes de RER et cinq lignes de métro. La circulation en sous-sol m’y est impossible. Je n’y fais jamais aucune correspondance ni n’y prends jamais le métro.

Noël @48

Après le Nouvel An, le journal télévisé a proposé un reportage sur ces Français qui ont choisi de partir célébrer la nouvelle année à l’étranger pour éviter les contraintes sanitaires. L’une des villes les plus prisées était Dubaï dans les Émirats arabes unies. Une famille française explique son choix : « Ici, on est libre : pas de masques à porter, pas de distanciation sociale et pas de limitation du nombre de personnes. À Dubaï, c’est la liberté. »
À chacun son idée de la « liberté » manifestement.

Noël @47

Depuis quelques années, la période de « Noël » est l’occasion pour la société marchande de valoriser la famille en tant que garantie d’amour et de sécurité. C’est d’autant plus pathétique que la famille est le premier lieu des violences faites aux femmes et aux enfants, premier lieu de leur exploitation aussi. J’avais fait, sur ce thème, un édito au moment du vote de la loi sur le « mariage pour tous » et multiplie depuis les mises en garde pour que les personnes prennent soin d’elles et ne se sentent pas obligées de succomber à l’hystérie collective.
Cette année, j’ai publié une nouvelle qui dit bien le fond de ma pensée. Je l’avais écrite l’hiver dernier suite à un appel à textes de mon éditeur canadien. Je n’imaginais pas alors combien le covid-19 allait marquer ce « Noël 2020 », exacerbant un peu plus les « valeurs familiales », chacun y allant de son couplet sur ces retrouvailles (extraordinaires) qui n’auront pas lieu, sur ces repas (pantagruéliques) que l’on partagera en visio, sur ces étreintes (surjouées) que l’on ne pourra se faire, sur ces cadeaux (fabriqués en Chine) que l’on sera obligés d’envoyer par porteur (précaire) spécial, etc.
J’écris ce billet le 25 décembre et j’avoue que je suis au bord de la rupture. En plus des tartes à la crème médiatique(s) qui veulent nous faire pleurer misère face à ces situations (insupportables) de familles qui ne peuvent se rassembler, à ce Noël dont les messes se déroulent dans des gymnases (mieux chauffés que les églises, et sur deniers publics), à ces personnes obligées de faire le choix de la solitude pour se prémunir du virus (quelle veine !), je surprends quelques amis, « pas Noël du tout », qui cette année crient famille… justement parce qu’ils en sont privés ? Quant à tous ces mails misérabilistes que je reçois, si vous saviez comme je me retiens de les envoyer se faire f… avec leurs vœux de m… qui, par leur suffisance c(h)rétino-familialiste (le h pour chrétien, bien sûr), ne respectent ni mes convictions ni mes choix.
Caddie ! sors de mon billet !
— Assume !
Caddie…
J’ai passé le réveillon seule, avec une délicieuse soupe d’orties cultivées dans le jardin partagé et me suis couchée de bonne heure, ravie que mes voisins aient décidé de rejoindre leur famille loin de Paris. C’est effectivement un choix de ma part : je ne crois pas en Jésus fils de Dieu qui ressuscitera à Pâques et ne fréquente pas ma famille au profit de mes amis ; je vis en mode décroissance en combattant autant que faire se peut la société de consommation ; je fais des cadeaux quand bon me semble ; et j’ai plus de plaisir à une balade à pied dans Paris qu’à n’importe quelle tablée alcoolisée.
— Allez ! viens… on a un panier récup’ à aller chercher.
Tu as raison Caddie. On y va ; les poubelles du monde recèlent tant de trésors.


Dans ce panier récup’ (en photo) pris chez un primeur à proximité le 25 décembre, deux ananas, 750 g de figues, trois pommes, sept clémentines, cinq tomates, trois blancs de poireau, une pomme de terre, une barquette de champignons découpés, trois champignons, 250 g de petits poivrons jaunes, deux mini concombres, deux avocats et trois gros oignons blancs. 4,99 euros.

Noël @46

Dix jours avant Noël, j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres un catalogue publicitaire du supermarché en bas de chez moi : 36 pages, couverture comprise. Ça démarre par un décor de paquet-cadeau (en illustration), gros ruban doré sur fond de logos de l’enseigne et nous annonce les « promos fêtes », comme si les promotions étaient un cadeau.
J’ouvre.
La première page contient des informations que je n’arrive pas bien à lire. Je comprends juste que je peux « économiser plus de 219 euros en avantages fidélité » et « bénéficier de plus de 185 euros de réductions immédiates en caisse ». Ça fait une somme ! Mais combien dois-je dépenser pour cela ? Et dois-je acheter tout ce qui est dans le catalogue ? Bien sûr que oui. J’en ai déjà la nausée.
Je continue.
Alcool, alcool, alcool, alcool, chips… je suis déjà page 5 et je n’ai rien acheté. Caddie me suggère de creuser l’affaire et de mener une étude de ce que l’on voudrait que je mange pour les « Fêtes ».
Je compte 311 produits qui se répartissent comme suit :

Alcool, vin, bière, cidre : 55 produits
Sodas, jus de fruits, eaux en plastique, thé, café : 17 produits
Apéro (biscuits, olives, tartinables, bouchées salées) : 45 produits
Poissons, fruits de mer, viande : 20 produits
Poissons, fruits de mer et plats cuisinés : 33 produits
Charcuterie, foie gras, volaille cuisinée : 24 produits
Pain, pâtes à tarte, galettes, pâtes fraîches : 10 produits
Condiments, sauces, beurre, crème fraîche : 14 produits
Fruits et légumes (frais ou boîte) : 17 produits
Fromages, yaourt nature : 23 produits
Desserts lactés, glaces, gâteaux, bûches, galette des Rois, chocolats : 53 produits

Isabelle m’a fait un joli graphique avec ces chiffres. Édifiant !

Noël @45

J’ai trouvé le 21 décembre dans la boîte normalisée de notre amicale de locataires un colis dont nous n’étions pas destinataire. Il avait le format d’un gros coussin, et sa consistance. Sur l’étiquette, je lis que le destinataire est « Kevin ». L’adresse est la bonne. Je suppose d’emblée qu’il s’agit d’un prénom. Je vérifie néanmoins dans la liste des trente-cinq locataires. Aucun Kevin. Le prénom me dit quelque chose… Reste à savoir quoi.
Je mets un mot dans l’ascenseur le dimanche (je suis là toute la journée, pour une fois), invitant toute personne dont le colis est annoncé livré par La Poste (j’avais vérifié) mais qui ne l’a pas à se présenter chez moi. Un petit défilé commence : une voisine âgée qui attend une télécommande ; une jeune fille du 2e qui espère une montre ; mon voisin du 5e qui guette une paire de chaussures. L’emballage ne correspond pas et aucun Kevin dans le lot. Je remarque le lendemain que mon mot a disparu. J’en mets un second. Nouveau défilé : la fille de madame D attend un colis Amazon et des fringues de vente privée ; une dame âgée du 2e vient me raconter moult histoires de colis perdus ; une autre dame dans l’ascenseur me demande juste si c’est moi qui ai laissé le mot. Il disparaît de nouveau.
Je décide d’appeler l’expéditeur : Hermès ; à Roubaix. Je suis surprise. Le colis ne colle pas avec l’enseigne et l’adresse d’expédition correspond à une zone commerciale bien connue pour sa VPC grand-public. Au téléphone, une dame Hermès me le confirme. Le colis ne vient pas de chez eux. J’en suis quelque peu rassurée ; je me faisais une autre idée du luxe à la française. Je cherche cette fois à partir de l’adresse. C’est celle d’un géant d’envoi de colis qui a, semble-t-il, sous-traité à La Poste ; je ramènerai donc l’objet dans mon bureau, c’est le mieux.
Entre temps, le prénom trotte dans ma tête. N’est-ce pas celui du fils aîné de ma présidente d’amicale de locataires ? Je demande à Danielle, elle ne sait pas. J’en parle à Sarah qui s’exclame « Mais c’est le fils de Muriel ! » Comment sait-elle ? Une énigme de plus. Je laisse un message à Muriel, qui ne me rappelle pas. Le lendemain, je me prépare à passer à La Poste ; elle rappelle pile avant. Oui, son fils s’appelle Kevin. Renseignement pris, un colis censé arrivé le vendredi ne l’est pas. Ils passent tous les deux le 24. Magie de Noël ! C’est bien son colis.
Au-delà du fait que le colis a trouvé son destinataire, je suis contente de cette histoire car elle dit les bonnes relations et la proximité que j’ai avec mes voisins. Cela me fait chaud au cœur.

Noël @44

Je me rappelle Noël dans ma jeunesse, le sapin, les guirlandes, les cadeaux…
Je me rappelle Noël quand je travaillais sans difficulté la nuit du 24 ou la journée du 25, arrangeant avec plaisir mes collègues.
Je me rappelle Noël un début de soirée à errer pendant plus d’une heure après une séance de cinéma à chercher avec un ami un endroit où manger, en vain, et y renoncer pour rentrer chacun de son côté manger chez soi.
Je me rappelle Noël et sa magie avec Cécyle, ne fêtant rien de particulier à part Paris dans une ambiance dépeuplée.
Je me rappelle Noël une poignée de jours après l’enterrement de mon père.
Je me rappelle Noël où deux jours après un collègue s’est suicidé.
Il y a sans doute tant d’autres périodes de Noël qui me marqueront, la liste reste ouverte.

Noël @43

Ce dimanche 15 décembre 2019, FranceTVInfo nous régale de commentaires à deux balles sur ces Français pris au piège par la grève des transports et dont les plans de Noël partent à vau-l’eau. Voici pour moi une raison supplémentaire de soutenir le mouvement contre la réforme des retraites. Si cela peut remettre Noël à sa place — soit la fête de la Nativité chère aux seuls chrétiens — et sortir cette fin d’année de la consommation de masse et de la fascination collective pour la famille hétérofaciste, forcément, je suis aux anges !
Pour ne pas vous imposer la lecture complète de l’article susdésigné, voici mon extrait préféré.

« Sur « le principe », Jennifer, 41 ans, comprend l’opposition à la réforme des retraites, mais ne soutient pas la grève, notamment en fin d’année. « C’est la ligne rouge des usagers à ne pas franchir. Nous priver des fêtes de Noël, ce serait le pire », explique cette responsable de formation dans le Val-de-Marne. Son billet pour Perpignan est pris depuis plusieurs semaines, mais elle ne sait pas si son train va être maintenu. « Pour être franche, il est hors de question que je passe Noël toute seule à Paris. Quoi qu’il arrive, je dois trouver un moyen pour descendre », s’agace-t-elle. »

Je dois avouer que, ce dimanche matin, dopée comme jamais aux endorphines après plus d’une heure de sport, café en main et sourire macho aux lèvres, mon cœur s’écrie : « Mais viens chérie, on va arranger ça ! » Je m’en excuse auprès de mes amies féministes ; des fois, je dérape… Mais je me calme vite tant la perspective de rencontrer une femme qui ne peut envisager de passer Noël seule sort de mon entendement. Bye bye Jennifer ! Si tu pars maintenant, en courant, tu y seras à temps ! Foi de Caddie.

Noël @42

Salut, c’est Caddie. Avec les Mouton et Petit Koala, on a reçu un message le 30 novembre de Laurie qu’est au Japon depuis un an. C’est tout près de leur mère-patrie. Ça leur a fait des souvenirs ! Moi, ça m’a mis la roulette au court-bouillon ! Pensez ! Jusqu’au Japon on la harcèle de la magie de Noël ! Non, c’est pas possible !
Les Mouton sont partis faire un foooot pour se consoler et, avec Petit Koala, on fait le billet. On peut pas laisser le Grand Capital nous polluer encore la Planète ! Carolos en prison ! Carlos en prison !
— Caddie ! T’peux souhaiter à personne d’aller en prison ! L’blogue soutient l’OIP.
— T’es sûr ?
— J’suis sûr.
— Bon, si tu l’dis. Je vous laisse lire et m’en vais faire le boycott avec ma ménagère ; ce sera déjà ça que le Grand Capital n’aura pas !

« Noël donc…. le problème c’est qu’on est fin novembre. Et que les musiques de Noël résonnent partout depuis que Halloween est fini, c’est-à-dire depuis un mois… Si j’entends encore une fois Vive le vent aujourd’hui, je ne réponds plus de rien.. ! Ça me donne envie de fracasser un des sapins de ma rue à coups de manga tiens. Oui parce que, que Noël soit la fête commerciale par excellence, et que bientôt ils nous feront acheter des cadeaux de Noël en août, c’est un fait. Mais qu’est ce que ça vient faire au Japon ??? Je veux bien bouffer de l’esprit de Noël fin décembre en France, ce qui me donne au passage une excuse officiellement reconnue pour revenir en Europe, mais au Japon..? C’est tellement… inapproprié. Est-ce que les Français fêtent le jour de la mer, ou le jour des personnes âgées, qui sont fériés ici ?? Ah non ? Et bien c’est bien dommage, on y gagnerait. Noël c’est de la colonisation de l’Ouest pure et simple… Halloween déjà c’était ridicule, merci les Américains… Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, j’apprécie beaucoup le fait qu’au Japon, tous les mois il y a une excuse pour célébrer quelque chose, ça permet d’apprécier le temps qui passe, ça change les couleurs des magasins et des restos… C’est bon enfant et ça met les gens de bonne humeur. Mais là… Noël, c’est trop, c’est trop, c’est trop. »

Merci Laurie !

Noël @41

Je suis très déçue par mon fournisseur d’énergie. Je comptais bien avoir ma prime de Noël, comme l’année dernière où, après un prélèvement abusif suite à une erreur d’échéancier, j’avais bénéficié d’un « geste commercial » de 30 euros, mais je crains n’avoir aucun argument pour réclamer cette année alors que tout avait si bien commencé… À échéance du relevé de mon compteur, je reçois un « calendrier de paiement » (je suis mensualisée) qui porte mon échéance à 87 euros mensuels là où elle est d’ordinaire de 24,79 euros. Mon sang ne fait qu’un tour. Je me connecte à mon compte client, trifouille et trouve finalement le relevé fait qui apparaît en grisé à l’endroit où je pourrais saisir moi-même un relevé.
Je compare le chiffre avec le précédent, trouvé sur ma facture. Il fait apparaître une consommation de 2474 kW/h contre 549 kW/h les six mois précédents. Caddie se shoote au 220 en mon absence ? Il dément. J’appelle mon gardien. Il vient m’aider à faire le relevé : 51944 ; soit une consommation de 590 kW/h ; c’est plus raisonnable (même si je cherche la cause de ces 41 kW/h supplémentaires…) J’appelle ; après quelques tergiversations d’usage, ma bonne foi est reconnue et mon échéancier repasse à 25 euros. Je dois recevoir un courrier de confirmation.
J’attire l’attention de mon interlocutrice sur le fait que nous sommes le 31 octobre, et que le premier prélèvement est indiqué au 6 novembre alors que le montant de mon « chèque énergie » n’est pas épuisé. Si mon fournisseur d’électricité fait ce prélèvement, c’en est fait de lui et j’exigeais des réparations, prélever un indu étant parfaitement illégal. La dame est désorientée ; son ordinateur lui dit qu’il n’y aura pas de prélèvement ; mon échéancier dit le contraire ; et l’expérience me pousse à le croire. C’est donc sans une certaine impatience que j’attends le 6 novembre et là ; patatras ! Aucun prélèvement ! Mon fournisseur ne s’est pas mis hors la loi et je perds tout argument pour ma prime de Noël. Mais qui va payer mes chocolats ?
— Tu ferais bien d’en manger moins…
Caddie ! Ne me dis pas que tu es partie prenante à cette conjuration ?
— Va pas me traiter !
D’accord, Caddie. Mais quand même, mes chocolats

Noël @40

Vous me reconnaissez ? C’est la Cocotte !
Oui, je suis à nouveau sortie de mon couvent, pour répandre la bonne parole. En ce jour, qu’y a-t-il de plus essentiel ? J’ai choisi un passage crucial des Évangiles selon saint Mathieu, la « Généalogie de Petit Mouton, fils de Mouton » (Mt 1, 18-25).

« Voici comment fut engendré Petit Mouton :
« Brerie, sa mère, avait été accordée en mariage à Belseph ;
« avant qu’ils aient pâturé ensemble,
« elle fut gestante
« par l’action de l’Étoile bergère.
« Belseph, son époux,
« qui était un homme juste,
« et ne voulait pas la dénoncer publiquement,
« décida de la renvoyer en secret.
« Comme il avait formé ce projet,
« voici que l’ange de l’amour
« lui apparut en songe et lui dit :
« Belseph, fils de Belzébuuuuth,
« ne crains pas de prendre dans le pré Brerie, ton épouse,
« puisque celui qui est engendré en elle
« vient de l’Étoile bergère ;
« elle enfantera un ovis aries,
« et tu lui donneras le nom de Petit Mouton
« (c’est-à-dire : L’Amour-sauve),
« car c’est lui qui guidera la bande dans le fooooot. » (…)

En ce jour, je vous invite donc, chers Hétéronautes, à reprendre en chœur le verdict de Mathieu.

« – Acclamons l’amour de Petit Mouton ! [Et mangeons du chocolat, note apocryphe de Cocotte.] »