Archives de catégorie : Miam ! @

Miam ! @15

Je fabrique mes yaourts depuis une bonne dizaine d’années ; avec un yaourt et un litre de lait, j’en fait sept. J’achète donc des paquets de quatre yaourts qui me permettent de produire vingt-huit yaourts sur quatre semaines pour un coût de 12 centimes le yaourt. Je mets dans ma préparation un peu de cannelle et de gingembre en poudre. Sur le dessus, je mets des graines de lin. Ils sont bons, sans additif, je n’y ajoute pas de sucre ; autrement dit, j’en suis ravie.
Pourtant, je déroge parfois à la règle : à récupérer des invendus, je me retrouve à la tête de paquets de yaourts que je n’ai pas choisi. Le pire, ce sont les aromatisés. Je suis obligée de les manger en mode glace, sinon, ça ne passe pas. Je donne quand je peux les chèvres ou brebis à Isabelle, ou les cuisine (soupe, sauce curry, tsatsiki…). Les natures sont rares. Les « aux fruits » souvent sucrailleux. Mais je les mange consciencieusement, avec le réconfort de les avoir sauvé de la poubelle et guettant le moment où j’aurai épuisé le stock pour remanger des miens.
Par contre, ce réconfort ne suffit pas à amoindrir mon indignation quant à la quantité d’emballage produits par ces yaourts industriels ! Je m’en suis rendue compte depuis que la Ville de Paris permet de mettre ces pots au recyclage. Avant cela, je les mettais un à un dans la poubelle verte, ce qui limitait l’effet de masse. Là… j’en suis restée pantoise la dernière fois que j’ai descendu mon cabas d’emballages. Alors, si je peux vous convaincre de faire vos yaourts : 3 minutes pour laver les pots ; 2 minutes pour faire la préparation et la verser dedans ; 1 minute pour les installer dans la machine… C’est si simple, si bon, si…
Des recettes avec ou sans yaourtière sont ici (je n’ajoute pas de lait en poudre).

Miam ! @14

Vendredi 26 octobre 2018, je suis allée à la soirée karaoké du Bar’Ouf. J’étais tombée par hasard sur une soirée identique et avais trouvé l’ambiance particulièrement chaleureuse ; le fait que certaines osent chanter publiquement explique-t-il cela ? Sans doute. J’y suis donc retournée, avec l’idée d’y passer une petite heure. Et de chanter ? Une autre fois, peut-être ; Anne m’a proposé de travailler à une version lisible pour moi sur une chanson que je lui proposerais. Je vous tiens au courant.
J’étais donc au Bar’Ouf, à une table avec Marie et une chanteuse très sympa avec qui j’avais discuté la première fois. J’attendais Frédéric pour aller manger une soupe. On papote chanson et je prends la liste des titres proposés. C’est écrit un peu petit ; je tends l’œil. Une jeune femme assise à une table à ma droite descend de son tabouret.
— Bonsoir. Je peux vous lire, si vous voulez ; j’adore lire !
Son parfum envahit l’espace. Elle est sapée comme une fille qui sort le vendredi soir. Je souris, la remercie chaleureusement, lui explique que ce sont les chansons, que ça va aller, que je cherche un titre de Jean Ferrat. Elle insiste, s’approche encore et me colle gentiment sa main gauche aux fesses. Là, direct. À l’évidence, sa main apprécie le galbe de mes fessiers, produit de mes heures de sport. Et je dois bien avouer que sa caresse était fort agréable. Frédéric arrive à cet instant. Il remarque le manège de la dame et s’approche discrètement. Je l’invite à nous rejoindre.
— Je ne voudrais pas…
On rigole. La main a quitté mes fesses. Je dis à sa propriétaire que Frédéric va me trouver ma chanson…
— Je m’en moque un peu ; c’était pour vous draguer.
— J’avais bien remarqué votre main gauche…
— Ma main gauche ?
Elle dément. Je ris. Elle retourne s’asseoir.
— Ne médisez pas de votre main gauche. Vous connaissez La main gauche, de Danielle Messia ? « On prend tous la ligne droite, C’est plus court, oh oui, c’est plus court, On voit pas qu’elle est étroite, Qu’il y a plus de place pour l’amour ».
La chanteuse à notre table s’intéresse à la référence. Ma tentatrice du soir, moins. Elle est déjà au téléphone, sur un autre coup, de ce que je comprends. Ah ! grandeurs et misères d’une main aux fesses ! En vingt-cinq ans de bar lesbien, c’est bien la première fois que je m’en prends une aussi sec. C’était réjouissant ! Et je m’en suis réjouie… joui ? Il m’en faut un peu plus.

Miam ! @13

SimplyJe prends goût à écrire à ma supérette préférée. Voici le dernier message que j’ai envoyé.

Bonsoir,
J’aime beaucoup vos pâtisseries au rayon frais mais en achète fort peu pour une raison un peu bête : elles sont vendues par deux. Je vis seule et, comme leurs délais de péremption sont brefs pour cause de décongélation, je suis contrainte si j’en achète d’en manger deux jours de suite. C’est déjà un petit écart d’en manger une, alors deux ! J’y renonce donc.
Ne pourriez-vous pas prévoir des emballages individuels pour les personnes seules ou pour les personnes qui sont plusieurs mais ne voudraient pas manger le même gâteau ?
En vous remerciant de l’attention que vous porterez à ma demande,
Bonne soirée !

Il n’a pas fallu que j’attende trois jours pour avoir la réponse, délicieuse.

Bonjour Madame,
Merci d’avoir pris le temps de nous écrire.
Nos produits tels que la pâte à choux arrivent en conditionnement x2.
Il est très difficile de demander un nouveau format à l’unité au risque de voir le prix du produit augmenter.
Notre acheteur a néanmoins consigné votre remarque.
Je suis navrée de ne pas pouvoir œuvrer dans le sens d’une moindre consommation.
Peut-être pouvez-vous partager avec votre voisine ? 🙂
Je vous remercie pour votre confiance.
Cordialement
Je vais leur répondre que justement, ma voisine Danielle, a bien mérité un gâteau car elle est bénévole à l’Épicerie solidaire qui récupère les invendus de ladite supérette pour venir en aide aux personnes démunies.

Il est décidément très chouette ce magasin ! Ce n’est pas une raison pour que je succombe à un excès de consommation. Cela me fait plaisir quand même !

Miam ! @12

Capres 0Lors d’un passage à la supérette, Caddie a pensé que Isabelle était en manque de câpres, sa supérette ayant brûlé et l’autre plus loin étant assez chère en général, sur le non-essentiel en particulier. Il a demandé à Petit Faune d’interroger Isabelle, ravie de l’initiative mais a préféré repérer le prix plutôt que d’acheter tête baissée.

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22,94 euros au kilo. Caddie trouvait ça cher. Cela tombait bien, je n’avais pas d’objectif de balade ce jour-là. J’ai donc emmené Petit Faune faire le tour des enseignes, charge à Caddie de trancher à l’arrivée.

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Ouh ! là. 16,93 euros au kilo soit 30 % moins cher ! Avec Petit Faune, on jubilait !

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1,90 euro pour 120 g, cela ne semblait pas cher mais drôle d’étiquette, avec une double indication du pois égoutté et du poids total, et un prix au kilo calculé sur le poids total (9,60 euros) là où les autres enseignes l’indiquaient sur le poids égoutté… Allô la DGCCRF ? Déjà qu’on ne l’aimait pas trop, cette supérette-là, après y avoir déjà vu de grosses erreurs de prix lors du passage en caisse ; on n’y retournera pas.
On a filé dans une que l’on ne connaissaît pas, sur la route de la kiné.

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Ah ! voilà une belle étiquette et 15,83 euros au kilo. C’était le même prix que la précédente enseigne (1,90 euro pour 120 g égoutté) mais on voyait bien là la supercherie de la précédente !
J’amorçais un grand tour, par le cimetière, histoire d’arriver à marcher mes quatre-vingt-dix minutes. Je me souvenais que boulevard Raspail, il y avait un bio. Petit Faune a voulu y aller ; il sentait que l’on va rire… jaune.

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Bingo ! 32,18 euros le kilo soit 30 % plus cher que le plus cher, et 100 % plus cher que le moins cher !
Il nous restait une enseigne.

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17,67 euros le kilo. Même avec les 10 % de la carte de fidélité de Petit Mouton, cela ne faisait pas le compte.
La boucle était bouclée. Petit Faune a présenté les résultats à Caddie. Ce sera sans appel la supérette sur la route de la kiné ; il a proposé même de prendre la carte de fidélité du magasin. Qui sait, il y a peut-être quelques économies supplémentaires à faire ?

Miam ! @11

CarottesJe me gaussais il y a quelques jours de l’industrie alimentaire qui nous prend volontiers pour des nouilles (ici). Les distributeurs ne sont pas en reste. Regardez plutôt la photo, des « Carottes faciles à râper ». Mais qu’est-ce donc que cette variété-là ?
Oh pardon, il s’agit de « carotte » (singulier) facile « a rappés » (auxiliaire avoir + accord indu du participe passé sur un pluriel qui n’a pas été mis à carotte et sans circonflexe, forcément, le second « p » devant faire office).
C’est sûr qu’écrit comme ça, cela doit être une sorte de carotte qui sort de mon entendement. Je remarque que j’ai acheté dans ce même rayon des carottes forcément « pas spécialement facile à râper » et que j’ai pourtant râpées très facilement pour 55 centimes de moins. Heureusement que j’ai des biscoteaux !

Miam ! @10

MozzarellaJe suis toujours épatée par l’imagination de l’industrie agroalimentaire pour nous vendre des produits transformés les plus chers possible par rapport à la matière première. J’ai ainsi cru voir une publicité pour des billes de mozzarella fourrées à la purée de tomates, le genre de truc que l’on picore sans faim (sic) à l’apéritif. Ce n’est pourtant pas si compliqué de prendre une pique et d’y planter une tomate cerise, une bille de mozzarella et une feuille de basilic, même si la tomate cerise reste un non-sens potager et la bille de mozzarella une hérésie fromagère.
Je vous accorde que c’est un peu long et je fréquente trop peu les apéritifs pour affirmer que c’est faisable, ça et le reste, quand on a dix personnes à la maison. Cela m’arrive pourtant. Le dernier où je suis allée regorgeait de bouchées créatives (et délicieuses !) notamment une composition betterave cuite fromage frais qu’il faudra que je décline un jour en betterave crue. Il a dû être long à préparer, cet apéritif-là, mais il donnait l’impression d’une attention particulière, d’une tendresse même à recevoir (merci Delphine et Anne !), bien loin des apéritifs qui s’enchaînent en même temps que les bières et les préparations trop grasses trop salées trop sucrées qui savent si bien grever le pouvoir d’achat.
J’en reviens à la publicité que j’ai cru voir. Je n’ai pas retrouvé le produit ; par contre, en cherchant sur « mozzarella », j’ai découvert deux choses encore plus extraordinaires : on peut acheter des tomates mozzarella « toutes prêtes » (ici) en même temps qu’il existe un appareil exprès pour découper les tomates pour les manger avec de la mozzarella (). Sans doute qu’une tranche de tomate n’est pas la même pour la manger en vinaigrette ? Ma mère, qui m’a pourtant appris beaucoup de choses, ne m’en a rien dit. Elle m’a appris par contre qu’un couteau avec des dents est parfait. C’est vrai que les tranches sont inégales, autant que les tranches de mozzarella d’ailleurs (la découper bien fraîche avec un couteau affûté cette fois). Ah ! l’esthétique de l’assiette. Est-elle dans l’égalité des tranches ?
Je coupe donc une belle tomate au couteau, une demi-mozzarella, une pincée de poivre, quelques feuilles de basilic frais, une cuiller d’huile d’olive (aller deux !) Je mets le tout dans une boîte en plastique recyclable, je prends une fourchette et hop ! J’ai ma petite salade pour le midi*. Et ma tomate toute prête ? Elle trempe dans l’huile !

* J’ai la même recette mais à la place de la mozzarella, je mets du tofu aux herbes. Très diététique !

 

Miam ! @9

théJe suis dans le train. Je lis l’Humanité, un article où il est question des frappes sur la Syrie, des populations « humiliées par une longue série de conflits ». L’employée qui tient le bar choisit cet instant pour inviter les passagers à venir prendre le petit déjeuner. Elle propose, entre autres, « nos thés compagnie coloniale ». Est-elle en train de suggérer que les colonies, ce n’est pas fini ?
Pas complètement certaine de ce que j’ai entendu, je vais boire un café au bar pour voir la carte. Il s’agit bien de thés « compagnie coloniale », Earl grey, Darjeeling Himalaya, vert à la menthe. Si même dans le train notre passé colonial n’est pas révolu, comment espérer que les guerres qui en découlent peu ou prou se finissent un jour ? En buvant autre chose que du thé ? C’est une idée, surtout si l’on ne veut pas encourager l’impérialisme économique des anciens coloniaux. Demain, tournée générale de chicorée, sans café, bien sûr. Il y a l’orge grillé aussi. C’est comme vous préférez !

Miam ! @8

Code SpipJe vous parle beaucoup de judo et de ceinture noire mais j’ai d’autres satisfactions fortes dans la vie. Si si ! La dernière en date, après quatre attaques de hackers entre décembre 2014 et janvier 2015, est d’avoir reconstruit de toutes pièces mon site Internet et de le développer encore un peu chaque jour. Installation d’un affichage aléatoire par-ci, développement d’une nouvelle rubrique par là, création d’un « objet » de type « inclure »… Mon dernier exploit !
Je dois tout cela à Pierre, mon-Pierre, que je chéris bien au-delà de nos partages numériques. Nous avons commencé à travailler ensemble dans l’espace numérique d’un centre social de l’arrondissement : j’avais un site Internet à refaire ; il avait besoin d’aide pour accueillir des particuliers qui cherchaient une initiation à l’ordinateur. Notre échange de savoir était né. La suite est faite de code, bien sûr, mais aussi de crêpes de ma-Jeanine, de soutien dans nos projets militants communs ou respectifs, de partage anarcho-affectif (un concept rare), de moments volés au temps qui file, de tendresse aussi, de beaucoup de tendresse. Que serait une boucle Spip sans tendresse ? Mon site l’ignore.
Pierre a ainsi refait mon site en Spip (en 2008), m’expliquant des choses, de-ci, de-là. Au fil du temps, des bogues, des ajouts de contenu et hacks, Pierre m’a appris à coder, me permettant de créer seule le site miroir de mes Feuillets (en cours de reconstruction), de développer mon site actuel jusqu’à créer ce premier « objet » de type « inclure ». Pas grand-chose ? Sans doute pour les spécialistes mais pour moi, c’est un peu comme le Nage no Kata : un truc inconcevable à une époque de ma vie qui devient une réalité grâce à l’échange, l’amitié et le partage.
Merci Pierre. C’est mon tour désormais de faire les crêpes. Je le prends !

Miam ! @7

Ma grand-mère a eu cent ans le 11 janvicent anser dernier. J’ai évoqué cet anniversaire sur ma page Facebook (ici) en ce jour qui a vu plusieurs millions de personnes marcher pour la liberté en hommage aux victimes des tueries de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l’hypercacher pendant que je donnais à manger à ma grand-mère un yaourt. Plusieurs millions de personnes d’un côté ; et un yaourt de l’autre. L’essentiel et le dérisoire ? Oh que non ! Les deux me sont différemment mais tout autant cardinaux et le yaourt touche à quelque chose de si intime que, finalement, je me demande si ce n’est pas lui qui me permet d’éprouver ce jour historique pour notre pays avant même d’en mesurer la portée politique.
Le yaourt, donc. Nous étions à table. Maman était partie je ne sais où. Mamy attendait avec impatience qu’elle revînt pour manger son yaourt. Elle ne peut pas manger seule, peinant à soulever les bras. Elle est également aveugle. Je lui propose de l’aider en lui indiquant que je n’ai jamais donné à manger à personne et qu’elle ne m’en voudra pas si je m’acquitte maladroitement de cette tâche. Elle acquiesce avec grand enthousiasme. Je m’assois près d’elle. J’ouvre le yaourt, prends une petite cuiller, la remplis et l’approche de son visage.
Mamy ne voit pas la cuiller arriver. Moi, je peine à viser la bouche.
— Mamy, il faut que tu m’aides. Tu me dis quand tu es prête et je vais tâcher de viser juste. Tu sais que je ne vois pas bien…
Elle sait mais n’a jamais considéré cela comme réel. Elle joue néanmoins le jeu.
— Prête !
Ma cuiller fonce dans l’ouverture. Elle bute sur du dur dans un bruit un peu plastique. Son dentier. Mamy baisse légèrement la tête et boulotte le contenu de la cuiller. On se cale ainsi le temps de quelques aller-retour, elle ouvrant bien la bouche en annonçant que je peux y aller, moi bénissant ce dentier qui me dit à l’oreille quand j’y suis. Je ne suis pas pour autant très à l’aise. Donner à manger à ma grand-mère est un geste très émouvant, de cette sorte d’émotion qui remonte si loin dans l’enfance et peut remuer des choses compliquées à gérer. J’essaie d’éviter, en général, ce genre de plongée dans le temps, par couardise, souvent. Mais j’y étais. J’ai plaisanté un peu sur le « retour des choses », sur « si l’on s’était dit un jour que…  » Mes blagues sonnaient faux. Mamy m’a dit qu’elle était contente que je sois là. Et moi donc !
Une aide-soignante est passée. Elle mangeait juste à côté.
— C’est important, ce moment.
Oui, madame, c’est important. Mon émotion est encore vive. Quant à savoir exactement de quelle nature elle est, ce qu’elle me dit… Il va me falloir du temps, pour digérer le yaourt ; autant que les millions de personnes dans la rue ? Je parie plus.

Miam ! @6

BouillotteEn me couchant samedi soir, j’ai eu la désagréable surprise de constater que ma bouillotte avait « percé ». Bien qu’emballée dans une serviette de toilette, il y avait une belle marre d’eau à l’endroit où je dors, la couette était également mouillée, ainsi que mon doudou à la lavande (oui, je dors avec un doudou à la lavande et une bouillotte ; je sais, c’est de la gourmandise !)
Elle n’était pourtant pas si vieille, cette bouillotte. Je me souviens très bien l’avoir achetée au début de l’automne en disant à ma pharmacienne que j’en usais une par an. Cinq mois, donc, pour celle-ci. C’est à se demander ce que je fais la nuit avec ma bouillotte… Mon doudou à la lavande pourrait le raconter. Il est d’un naturel peu disert. Dommage.