Archives de catégorie : Métro @

Métro @28

Je n’ai jamais trop aimé prendre le bus : il est difficile de s’y repérer (trouver les arrêts, voir le bus arriver, savoir quand on descend) ; les trajets sont longs et soumis aux aléas de la circulation ; il faut attendre (parfois longtemps) dans le froid. Le retour progressif à la marche après la fracture de ma cheville m’a porté à les utiliser plus pour éviter les marches du métro (qui me font encore très peur). Sur certains trajets, cela s’est révélé une très bonne solution ; sur d’autres, la galère m’a vite découragée !
En matière d’accessibilité, des progrès ont été faits : les arrêts « parlent » (quand cela fonctionne) et de plus en plus de bus également. Par contre, les plans RATP et les informations de circulation (notamment les arrêts reportés) sont une gageure. Pour ce qui est du temps de trajets, au mois d’août, c’était parfait ; dès septembre venu, les durées annoncées sont devenues erronées. Quant à l’attente, un peu longue, toujours ; il fait encore beau mais cela ne va pas durer !
J’ai néanmoins persisté, ma peur contraignant mes descentes dans le métro. Et puis il y a eu ce samedi où aucun bus ne pouvait me ramener chez moi avec un laconique « arrêt non desservi » sur l’appli sans solution alternative ; Sarah m’a mise sur le quai de la 4 et je suis remontée seule par un Escalator à Alésia. Ouf ! S’en est suivi la reprise des cours de judo. J’avais décidé d’y aller en bus et de rentrer en PAM. La RATP en a décidé autrement.
Après avoir attendu un quart d’heure le 91 à son terminus, le voilà qui annonce qu’il s’arrête Gare de Lyon. Il ne pouvait pas le dire plus tôt ? Bah non. Les diverses simulations que j’ai faites sur l’appli me mettaient à plus d’une heure quinze de Jourdain (sans garantie, bien sûr) alors que j’étais déjà partie de chez moi depuis plus d’une demi-heure. Près de deux heures pour aller donner un cours de judo : de la pure gourmandise !
Je me suis ainsi rabattue sur le métro, la trouille au ventre. J’ai pris la 5 devant la Salpêtrière (au cas où, l’hôpital n’était pas loin) et fait mon changement à République. En gérant les flux de voyageurs (plus délétères encore que les marches), je suis arrivée à destination aussi fière que si j’avais gravi l’Everest ! Quand je pense à tous ces gens qui traversent la planète en quête d’aventure ! Réduisez votre acuité visuelle et cassez-vous la cheville, la RATP fera le reste à prix modique avec un taux d’émission de CO2 tout à fait raisonnable !

Métro @27

Métro, boulot, dodoCher Caddie, très cher Caddie,
Je suis absolument désolée mais je dois le reconnaître et le dire : avoir repris des métros un temps, notamment parce que j’étais un peu fatiguée pour le vélo, n’a pas été bénéfique pour mon genou. Je sais combien tu aimes tes copains à roulettes souterrains, mais je vais éviter de retourner les voir trop souvent. Ce n’est pas eux mais les escaliers, marches, montées, descentes pour bénéficier de leur heureuse roulitude.
Tu leur expliqueras ? Je ne voudrais pas qu’ils soient vexés.
Merci Caddie,
Je te roule bien fort un bisou sur la joue

Métro @26

Métro, boulot, dodoEn janvier, en période de grève déjà bien avancée, j’ai eu à prendre la ligne 1, automatisée. J’étais debout là où il y a des soufflets, à côté des sièges remplis. Je n’avais que trois stations.
Entre la seconde et la troisième station, je vois qu’un homme proche de moi se lève et me demande « Vous voulez vous asseoir ? » Je lui réponds que non, je vais descendre.
Alors que je me dirige vers la sortie, je lui redis merci. Il me dit, penaud, « Je suis désolé, je ne vous avais pas vue avant. »
Il avait dans les 35 ans. Avec mon manteau Saint-James et mes mèches grises, il m’a identifiée comme une femme à laquelle on laisse sa place. Je suis donc passée dans la catégorie des dames. Cela me fait plutôt sourire.

Métro @25

J’ai passé les journées de jeudi et vendredi à La Défense où j’ai donné une session de cours. À cette occasion, j’ai repris le RER A emprunté quotidiennement pendant de nombreuses années. Si la foule n’était pas trop dense durant ces deux jours qui suivaient un jour férié, me sont revenus de nombreux souvenirs de mésaventures ayant eu lieu dans ce transport en commun.
L’un d’entre eux se déroulait un jour de grève des transports. Le quai de la station était plein à craquer, aussi ai-je laissé passer plusieurs trains avant de pouvoir m’approcher et monter à bord. J’avais fini par embarquer dans un RER bondé me retrouvant sur le bord du wagon avec juste un espace pour laisser la porte se fermer sauf que la porte ne se fermait pas, le train restant à quai, jour de grève oblige. La foule sur le quai attendait également le départ du train, comprenant bien que plus personne ne pourrait mettre un pied dans le wagon. Plus personne ? Et bien si.
Une femme d’une trentaine d’années entreprit de monter juste devant moi. Sans un mot, me tournant le dos, elle me poussa vers l’arrière. La pression avait réussi à libérer un espace sauf que les corps compressés derrière moi se décompressèrent aussitôt et expulsèrent la dame de la rame. Elle me regarda furieuse m’indiquant qu’elle devait absolument monter. Je lui avais alors expliqué, un peu agacé, que je comprenais tout à fait mais que, comme elle avait pu le constater, ça ne serait pas possible et qu’un prochain train finirait par arriver. Elle s’énerva un peu plus, éructant qu’elle avait un rendez-vous à La Défense (« comme à peu près tout le train du reste » me suis-je alors dit) et que par respect (elle insista bien sur le mot « respect »), elle tenait à être à l’heure.
J’avoue que l’appel au respect dans ces conditions m’avait cloué le bec pendant quelques secondes. Elle me regardait comme si elle attendait que je descendisse de la rame pour qu’elle pût « respecter » son engagement mais mon cerveau ayant fini par sortir de sa torpeur, je lui ai répondu : « C’est drôle madame mais il y a des gens pour qui le respect, c’est toujours « là-bas et tout à l’heure » et jamais « ici et maintenant ». Et là, magie du moment, les portes du RER se fermèrent, la machine se mit lentement en route me laissant juste voir mon interlocutrice d’autant plus furibarde que quelques personnes autour d’elle riaient de la scène à laquelle elles avaient assisté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Métro @24

Les normes en sécurité incendie sont particulièrement strictes en France : obligations, textes à afficher… Parfois jusqu’à l’absurde.
Dans le métro, nous remarquons un panneau avec Cécyle. Il s’agit d’un « espace refuge », c’est-à-dire un endroit où une personne en situation de handicap qui ne peut évacuer par elle-même est « à l’abri du sinistre ». Nous sommes dans un couloir complètement ouvert sur l’entrée d’un côté et les quais de l’autre. Il y a des marches à chaque fois. En cas de sinistre, rien ne protège. Les fumées peuvent se promener allègrement. Un pictogramme indiquant que cet espace est pour quatre personnes en fauteuils. Je ne sais pas comment se fait ce compte. Le couloir est assez long et large pour beaucoup plus de fauteuils.
L’essentiel est que ce lieu est répertorié et donc connu des pompiers. Il y a obligatoirement un interphone qui permet aux personnes de se signaler. C’est donc un enjeu pour la rapidité des secours.
Reste une question : comment les personnes en fauteuils arrivent-elles dans ce couloir ? Mystère.

Métro @23

Métro, boulot, dodoJe suis dans le métro. Il y a un peu de monde. Un homme d’entre cinquante et soixante ans monte, demande à une femme debout devant un strapontin de se pousser pour qu’il s’assoie. Très vite, il répond au téléphone, très fort. Après de nombreux « Allô ! Si ça coupe, je te rappelle, je suis dans le métro », il répond qu’il en achètera une (je suppose une voiture) car il en a « marre du métro à devoir fréquenter des gens sales, stupides et populeux, ça me fatigue ».
Bon, il n’est pas repoussant et puant olfactivement, mais je trouve que cela représente quand même un bel aveu d’un homme ne pouvant se fréquenter lui-même.

Métro @22

Métro, boulot, dodoJe suis une après-midi sur la ligne 4. Un homme circule dans les wagons. Il demande de l’argent d’une voix forte.
— Les peaux blanches ! Donnez-moi quelque chose. Faut s’aider entre gens bien blancs.
Je remarque qu’il fait sa demande en s’arrêtant majoritairement devant des personnes afrodescendantes, l’air provocateur. Une femme devant moi s’en agace. Je sens qu’elle se retient de réagir. Je voudrais user de mon privilège de blanc pour intervenir. Je crains la violence de l’homme. J’espère un instant qu’il va s’adresser à moi, convaincue d’être capable de lui répondre que je suis noire. Il continue sa déambulation, de plus en plus vindicatif, se plaignant que les « peaux blanches » ne lui donnent rien. Sa voix se perd dans la rame…
Encore une station et je descends. Je me rends directement au guichet. J’explique à l’agent de la RATP qu’un homme tient des propos particulièrement racistes et provocateurs à l’égard des personnes afrodescendantes.
— Les quoi ?
— Les noirs, si vous préférez.
Il préfère. Il me répond que ce ne sont que des mots, qu’il ne fera sans doute rien. Je lui explique que ces mots sont inacceptables, qu’il faut intervenir, que j’ai hésité à tirer le signal d’alarme en station afin que les services de sécurité interviennent pour faire cesser le délit. Il rigole un peu, continue à me « rassurer ».
— Ce ne sont que des mots…
Non, monsieur. L’injure raciste est un délit. Je lui dis encore que je n’ai pas su intervenir, craignant pour ma sécurité, que cela peut dégénérer si personne n’intervient, que ces propos sont très choquants, pour moi, et pour toutes les personnes noires dans la rame.
— S’ils sont choqués, ils n’ont qu’à intervenir ; c’est leur affaire.
Bingo ! J’ai failli lui demander si, quand une femme se fait agresser, elle n’a qu’à se défendre toute seule tant c’est « son affaire ». Je suis trop en colère. Je préfère écrire ce billet et l’envoyer à la RATP qui ferait bien d’expliquer à ses agents que quand quelqu’un est agressé, nous sommes tous concernés.

Métro @21

Les publicités dans le métro peuvent être source de ravissements ou d’afflictions. Récemment, une photo a attiré mon attention tant sa laideur m’a sauté au visage. C’est une campagne de promotion des « 34e Médiévales de Provins », sous-titrées « Lumières et couleurs du Moyen Âge ».
J’ai bien regardé l’affiche et mes quelques connaissances en histoire et histoire de l’art médiévales m’ont semblé incompatibles avec l’attirail dont est affublée la troupe et son maquillage, notamment les couleurs. Si vous pouvez me prouver que j’ai tort, je suis preneuse. Pour l’instant, cette récupération d’une thématique pour un spectacle de grand n’importe quoi m’afflige.

Métro @20

Au voleur ! Aïe, oui, je me suis fait voler dans le métro. Par la RATP. En passant à un portillon avec mon passe Navigo, j’ai senti un craquement et… j’avais perdu un bout de ma parka. C’était le bout d’un système de fermeture d’une poche happé par la carcasse métallique du portillon.
Un espace de quelques centimètres avait suffi pour que se coince ce morceau. J’ai essayé de le récupérer avec mes clés. Plusieurs petits objets et beaucoup de saleté sont sortis de ce trou. Mais mes tentatives ont été vaines. Ma parka a été amputée alors que j’avais payé mon trajet. Ce n’est vraiment pas juste, bouh !

Métro @19

Le manque d’accessibilité du métro est connu. L’accessibilité pour les éclopés de la locomotion est encore moins facile pour les stations de grandes profondeurs comme celles sur les collines parisiennes.
Des ascenseurs permettent de limiter le nombre de marches à emprunter. Le comble n’est-il pas de descendre des marches pour aller prendre l’ascenseur de sortie ? Heureusement que genou va mieux !