Archives de catégorie : Mère porteuse @

Mère porteuse @6

Lors d’une discussion avec une amie, nous parlions du projet d’enfant d’elle et son épouse. À un moment, j’ai employé le terme « gestation ». L’amie m’a reprise gentiment en soulignant que pour les femmes on parle de « grossesse ».
J’y ai ensuite repensé avec la GPA. On parle bien de « gestation pour autrui » et non de « grossesse pour autrui ». Encore une façon de souligner combien dans la GPA, la mère porteuse n’est qu’un animal de reproduction ? Qui peut vraiment prétendre qu’il n’y a pas une dévalorisation de la femme en ne la considérant que comme une femelle avec une bonne matrice reproductrice ?

Mère porteuse @5

mariage Petit Mouton Lapin crétinL’annonce (ici), la semaine dernière, de la création à Montpellier d’une association pour aider les femmes ne pouvant accéder à la PMA a fait un tabac chez certaines lesbiennes qui ont « liké » à gogo sur Facebook les relais de cette info. Ne sont-ils pas gentils, ces mariés de Montpellier, qui veulent ainsi aider les pauvres lesbiennes en mal d’enfant ? Ils sont si gentils d’ailleurs que leur association se nomme « Grands projets d’avenir », comme GPA soit Groupement Plasturgie Automobile, ou quelque chose comme cela.
Voilà donc qu’après avoir fait avaler « le mariage pour tous » aux lesbiennes avec force promesses qu’elles obtiendraient un statut pour leurs enfants et l’accès à la PMA, voilà que l’on veut nous faire avaler la GPA au nom de l’ « égal accès à l’enfant », je suppose. Mais qui est ce « on » ? Dans cette affaire, les gays qui se moquent des droits des femmes tant ceux-ci sont une épine dans le quotidien de leur toute-puissance machiste et misogyne. Car avant d’être des gays, ce sont des hommes, preux chevaliers impétrants de l’ordre patriarcal, hétérosexiste, bourgeois et raciste.
Oh ! Je sais, tous les garçons ne sont pas de ceux-là. Mais ceux qui n’en sont pas sont comme les lesbiennes, réduits au silence par le spectre d’un soutien tacite aux réactionnaires de tout poil qui défilent sous les couleurs de la Manif pour tous. Comment s’opposer à la GPA sans être immédiatement taxé de réac-catho-facho-traître à la cause de l’égalité ? Il en a été de même avec le « Mariage pour tous ». Au moins, cette fois, les féministes réagissent vite (ici) et moi aussi, d’ailleurs.
J’avais fait silence sur le mariage () ne voulant pas donner d’arguments à un mouvement politique que je combats. Je ne ferai pas silence sur la GPA. Il n’est pas question d’égalité et le « droit à l’enfant » n’existe pas. Je pensais que le mouvement LGBT allait éclater sur la question de la prostitution. Aujourd’hui, il semble que la GPA va constituer le véritable point d’achoppement ne serait-ce que parce que les lesbiennes en désir d’enfant sont prêtes à s’asseoir sur le droit des femmes pour devenir des mères… Et vive la famille (lala), tant que l’on y est ! La boucle est bouclée et l’ordre patriarcal, hétérosexiste, bourgeois et raciste peut nous exploiter tranquille.
Cette compromission idéologique du mouvement LGBT est tellement incroyable ! Je vais aller m’acheter quelques packs d’eau. Ma traversée du désert risque de durer un peu.

Mère porteuse @4

Dans une banque, il m’a été donné le livret de tarifications pour les particuliers. Une rubrique est intitulée « GPA ». Quoi ? On propose de la gestation pour autrui dans cette banque, certes internationale, mais devant respecter la législation française ?! Non, il s’agit de la « gamme des moyens de paiements alternatifs aux chèques ». Remarquez, ce n’est pas si différent, c’est toujours une question d’argent, de payer et faire payer.

Mère porteuse @3

Bonjouir !Parfois, l’envie me démange de participer à des échanges sur des réseaux sociaux, uniquement dans le cadre restreint de mes quelques amis sur l’un de ces réseaux. Heureusement, c’est rare…
L’autre jour, quelqu’un que je ne connais pas (amie d’ami) développait des arguments en défense de la PMA et de la GPA, commençant par « Je ne comprends pas qu’on puisse interdire à quelqu’un d’avoir un enfant tout simplement. », pour terminer par « pour la GPA, cela devrait exister depuis longtemps. Les contre parlent tout de suite de futurs potentiels abus, de trafics infâmes, de malversations financières. Bien sûr que cela existe, mais est-ce une raison pour pénaliser une partie de la population désireuse d’avoir un enfant comme n’importe quelle famille aimante ? » en passant par des propos pas forcément au fait du droit en France aujourd’hui.
J’ai réagi à cette notion de famille aimante, en affirmant combien moi aussi je n’accepte pas non plus que l’on prive des personnes d’élever des enfants comme des familles aimantes. C’est bien pourquoi je ne peux accepter l’idée que des femmes qui portent des enfants ne peuvent pas les élever comme n’importe quelle famille aimante uniquement pour des questions d’argent, uniquement parce qu’elles ont tellement peu de moyens de gagner leur vie qu’elles se retrouvent contraintes à porter ces enfants contre de l’argent. Ce ne sera pas le seul cas, mais il se posera forcément si la GPA est légalisée (c’est déjà le cas là où la GPA est organisée).
Le point de vue de la femme qui porte l’enfant me semble plus important que celui des familles (qui peuvent recourir à la PMA et pour les couples d’hommes à l’adoption, à ouvrir plus largement). D’autant « qu’avoir » un enfant ne me semble pas en soi un dû. Une fois que l’enfant est donné à la famille qui l’a « commandé », cette mère n’a plus de possibilité d’élever cet enfant qu’elle a porté. Cela me touche que des femmes puissent vivre cette situation et cela me semble une souffrance à ne pas infliger à des femmes. Bien d’autres le vivent déjà quand elles abandonnent leurs enfants pour des raisons économiques. Cela me semble essentiel de prendre en compte prioritairement ce point de vue. C’est une question de ressenti. Je n’ai pas suscité beaucoup d’adhésion. L’envie des hommes occidentaux d’acheter des enfants balaye le pauvre ressenti des femmes, un avatar de la domination masculine, n’est-ce pas Cécyle ?

Mère porteuse @2

    « L’ère de « l’enfant au poids » est en cours. Consommateur ou consommé, l’enfant fétiche est le nouveau produit de notre civilisation. »

Cette citation de Françoise Dolto (« La mère et l’enfant », in : La difficulté de vivre) en exergue de L’amour ne suffit pas de Claude Halmos et les débats qui font rage autour des parentalités (toutes les parentalités) m’amènent à poser la question de ce « désir d’enfants » que d’aucuns voudraient satisfaire, parfois à tout (ou vil) prix. Car quelque chose me choque dans cette expression alors qu’il ne me choque pas qu’un adulte, tout adulte, puisse avoir envie d’avoir des enfants, seul ou en couple, tout couple.
J’ai cherché d’où me venait ce « quelque chose qui me choque »… Dans le choix des mots et ce qu’ils expriment ? C’est souvent une piste que je privilégie : interroger les mots.
« Désir ». La définition du Grand Robert est longue. Elle pose d’abord le désir comme « Prise de conscience d’une tendance particulière qui porte à vouloir obtenir un objet connu ou imaginé. » avant d’en venir à la définition que j’attendais plus « Tendance consciente aux plaisirs charnels. ». Le désir me paraît en effet invariablement attaché au « sexuel » (dans ses usages psychanalytiques) et, quand il ne l’est pas, le Grand Robert parle de « vouloir obtenir », deux termes qui, associés, flirtent vite avec la toute-puissance.
Quant à « envie »… Je suis d’emblée surprise par la première partie de la définition : « L’envie : Sentiment de tristesse, d’irritation et de haine contre qui possède un bien que l’on n’a pas. » C’est là un des péchés capitaux… J’avoue que je n’avais pas fait le lien. Je continue : « Désir de jouir d’un avantage, d’un plaisir égal à celui d’autrui. » Moi qui partais de l’idée que « envie » était moins fort que « désir », me voilà gâtée ! J’en arrive au troisième sens, qui correspond à ma question initiale : « Une, des envies : désir (d’avoir, de posséder, de faire qqch.). »
Une fois encore, « désir » et « envie » ne font qu’un, avec cette nuance que le désir ne renvoie pas à un péché capital et qu’il « porte à vouloir » là où l’envie invite au « désir de jouir », « désir d’avoir, de posséder… » ! Ouille ! Me voilà bien embêtée car cela voudrait dire que « le désir d’enfant » est moins inscrit dans la toute-puissance que « l’envie d’avoir des enfants », soit l’exact contraire de ce que je pensais. Que faire ? Je vous livre déjà ce billet. J’espère que nos échanges me permettront de mieux cerner en quoi cette notion de « désir d’enfant » me choque, en dépit des définirons du dictionnaire.

Mère porteuse @1

No foot last night...Dans le débat sur les mères porteuses, oups !, pardon, la « gestation pour autrui », je n’arrive pas à accepter les discours en banalisant le principe. C’est, sans doute, lié à un reportage que j’ai vu, il y a bien des années. Une femme enceinte d’un enfant destiné à un autre couple en parlait devant ses propres enfants.
Les arguments des uns et des autres portent sur la mère biologique, les parents d’accueil, l’enfant conçu… Ils ne sont pas exempts d’impératifs ou de considérations psychologiques induisant des conduites à tenir. Le choix de la mère biologique devrait privilégier une femme ayant ses propres enfants pour qu’elle ne s’attache pas particulièrement à celui à venir. Le célibataire ou le couple d’accueil devrait entretenir des relations avec la mère biologique. L’équilibre de l’enfant à naître est au cœur de nombreux échanges.
Le reportage montrait cette femme enceinte avec ses enfants autour d’elle, de maximum sept ou huit ans. Je me souviens avoir ressenti une profonde douleur et une interrogation : qu’est-ce que cela m’aurait fait si ma mère avait été enceinte pour céder (donner, vendre, offrir, peu importe le terme ici, le choix est tellement idéologique en soi que c’est un autre débat) l’enfant à venir à quelqu’un d’autre ? Comment aurais-je supporté que pour ma mère un enfant venant de sa chair ne soit pas unique ? Comment vivre en s’imaginant que cela aurait pu être moi qui aurais pu être donnée à une autre famille ? Comment faire confiance à cette femme, à son prétendu amour, à ses mots doux ? Pourquoi pas moi ? Si l’un d’entre nous peut partir de la famille alors c’est qu’il importe peu qui est chacun individuellement.
À chaque fois que j’entends évoquer le sujet, je ressens cette interrogation douloureuse et je la vis comme l’expression de la toute-puissance du « désir d’enfant » relativement à la quantité négligeable du sentiment d’un enfant. Peut-être que des psychologues et des sociologues argueront qu’ils n’ont jamais constaté de désordre lié à un tel ressenti. Que je l’ai senti m’interdit d’accorder la moindre parcelle d’acceptation pour cette gestation pour autrui.