Archives de catégorie : Little Miss Sunshine @

Little Miss Sunshine @7

Dimanche 8 mars 2020, marche lors de la Journée internationale des droits des femmes, boulevard des Filles du Calvaire à Paris. Beaucoup de monde malgré la pluie et belle ambiance militante. Le combat continue.

 

Little miss Sunshine @6

Je lis un polar où un des personnages a « un accent ». Il est chinois, vivant depuis des années à La Havane et parlant un espagnol « impur ». Outre que ce n’est pas facile à lire, voire bien désagréable et superflu, cela m’agace par son aspect caricatural. Je ressens l’effet désagréable d’un procédé souvent mâtiné de racisme.
Cela me fait penser à ces séries doublées en français où des personnages ont un accent. Dans la majorité des cas, c’est grotesque. Il y a toujours un relent de mépris. Les accents sont simplistes pour coller à la représentation que l’on a des personnages. L’étranger est celui qui parle mal la langue du pays et que l’on comprend mal. Les personnages principaux « du cru » parlent bien, sauf s’ils sont pauvres donc sans trop d’éducation. Autre cliché, social cette fois.
En fait, je préfère encore quand il n’y a pas de tentative de vouloir « coller » au personnage. Cela évite les travers parodiques. Il n’y a qu’une série où je me rappelle de personnages avec des accents donnant un réalisme cru à l’ensemble. Les accents gallois, écossais, irlandais ou autres étaient forts et beaux. Ils soulignaient une diversité du Royaume-Uni et renforçaient la personnalité de chacun. Seulement, j’avais alors vraiment besoin de coller au sous-titre pour en comprendre certains. Notre oreille est trop formatée.

Little miss Sunshine @5

Valérie TrierweilerLivresHebdo, la « bible » des professionnels du livre, a publié sur son blog un article fort intéressant sur la « politique d’achat » des bibliothèques à propos du livre controversé de Valérie Trierweiler. Cet article est ici ; il est en tous points remarquable car il me semble poser les bonnes questions.
Il m’a été signalé par la médiathèque Marguerite Yourcenar qui l’a partagé sur sa page Facebook avec ce mot d’introduction : « En ces temps propices aux bilans et réflexions sur l’année écoulée ; voici l’occasion de revenir sur certains choix. À Yourcenar, nous ne regrettons pas ! »
Je leur ai demandé en commentaire quel avait été ce choix en suggérant un débat plus général sur la manière dont sont opérés les choix d’achat. Voilà leur réponse. « Nous ne l’avons pas acheté. Nous allons réfléchir à un débat sur cette question, c’est une excellente idée. » Puis la mienne. « Sans doute que madame Trierweiler écrit moins bien que madame de Rabutin-Chantal et que la cour de Louis a plus d’intérêt historique que celle de François ? C’est ça ? »
Il n’y a pas eu de suite.
Vous aurez compris que je suis très intéressée par la question « La bibliothèque partage-t-elle le même monde que celui de la population ? » de LivresHebdo ; je n’ai pas forcément la réponse mais je constate, par exemple, qu’à l’instar de beaucoup d’auteurs communautaires (ce que je revendique volontiers), mes romans sont exclus d’emblée des bibliothèques qui considèrent (comme de nombreux libraires d’ailleurs) qu’un « roman lesbien » est par nature hors champ de la littérature. Ce jugement ne s’appuie sur aucune lecture et le seul argument que l’on ne m’ait jamais avancé a été « On ne prend pas ce genre de livre. »
« Ce genre de livre »… j’en ai certainement vendu plus que beaucoup de romans très respectables présents dans les rayons de ma bibliothèque. Mais les ventes ne sont pas un argument. Valérie Trierweiler en est la preuve. Quant à la qualité de l’ouvrage… Je n’en sais rien, je ne l’ai pas lu mais le dernier Peter Handke, que j’ai emprunté dans ma bibliothèque, m’est tombé des mains. Alors ? Qui sait si je n’aurais pas appris des choses sur l’amour et le pouvoir avec Valérie… Qui sait ?

Little miss Sunshine @4

Moulin rougeJ’ai décidé de profiter du calme de cet été pluvieux pour voir quelques films en audiodescription. J’avais demandé à Sarah de me faire une sélection. Dans la liste, Moulin rouge. J’ai donc emprunté le DVD à la médiathèque Marguerite Yourcenar. Une fois chez moi, j’ai vu qu’il était écrit sur le boîtier « Anglais ». Qu’est-ce que cela pouvait-il bien dire ? Que l’audiodescription était en anglais ?
Eh bien oui ! C’est exactement ça. Dans les menus, j’avais le choix entre la version originale, la version française avec les chansons sous-titrées, et la version audiodécrite en anglais. N’est-ce pas extraordinaire ? Permettre ainsi aux bigleux de regarder un film en VO audiodécrite ? Au moins, on ne peut pas reprocher aux bibliothèques de la Ville de Paris de faire du nivellement par le bas. Quant à moi…
J’ai qu’à apprendre « speak english », pas vrai ?

Little miss Sunshine @3

Chair pimentJe lis depuis quelques semaines Chair Piment, de Gisèle Pineau. J’avais commencé le livre avant mon séjour en Guadeloupe et d’emblée, le style m’avait prise, dans la chair. J’ai repris le roman à mon retour, m’y plongeant de plus en plus, captivée par ces histoires de fantômes, d’amour, de terre, d’aller et de retour. J’y retrouve aussi ce que j’ai aimé de la Guadeloupe, des saveurs et des images, et surtout un sentiment de liberté, liberté face à l’avenir si tant est que l’on s’affranchisse du passé.
Cela m’est assez paradoxal, comme idée, car au-delà de la question de l’esclavage, certes aboli mais remplacé par un système de dépendance économique coercitif et inégalitaire, le fait d’être sur une île sans y être autonome dans mes déplacements (il est bien périlleux d’y circuler à pied !) ne devrait pas me porter à l’idée de liberté. Et pourtant… Il ne s’agit pas d’une liberté qui existerait, mais d’une liberté que l’on perçoit comme possible.
J’ai écrit que la Guadeloupe est « un pays qui n’en est pas vraiment un » (ici) ; oui, c’est un pays, avec sa langue, sa culture, ses traditions, son organisation sociale, économique, politique, produits d’une histoire marquée par l’esclavage, l’abolition et Lafrance (en un mot) qui n’a cessé de gouverner ce monde dans une perspective d’exploitation. Mais aujourd’hui, Lafrance s’épuise, même si ses serviteurs sont fidèles et dévoués au profit.
Et tout en possible ! La liberté est possible, liberté d’être et de créer, liberté de façonner ce pays, liberté d’y construire un monde comme l’on en rêve. Tout est là : tout est prêt. Tout ? Les habitants sans doute moins que leur pays. Lafrance a fait un beau boulot d’acculturation au tout-consommation. Mais oui, j’y crois. Là-bas, on peut changer le monde ! Ce n’est bien sûr pas à moi de dire en quoi ni comment. Ce n’est pas mon pays. Mais il m’a donné le goût de la liberté, celle que l’on construit pour soi et, qui sait, la vivre avec d’autres.
Merci. Ce fut un beau voyage… qui est très loin d’être terminé.

 

Little miss Sunshine @2

Après ma première découverte de la médiathèque Marguerite Yourcenar, et quelques visites de repérage avec Sarah qui m’a détaillé les trois étages, montré l’emplacement des toilettes, expliqué le fonctionnement du robot, j’ai pris rendez-vous avec l’équipe de Lire autrement afin d’en savoir plus sur les services adaptés.
L’accueil a été particulièrement chaleureux et agréable. Deux bibliothécaires m’ont présenté les services proposés et nous avons devisé une petite heure sur ce qu’est la déficience visuelle, l’autonomie, l’adaptation, ce qui existe et ce qui serait à faire… J’ai pu lorgner sur le téléagrandisseur que j’irai essayer sous peu avec le Grevisse et l’aide d’un bibliothécaire et j’ai emprunté trois DVD « audiodécrits ».
Je suis beaucoup allée au cinéma dans mes jeunes années. Aujourd’hui, je n’aime plus trop regarder des films : trop longs ; souvent ennuyeux. Et visionner un DVD sur mon ordinateur, en dépit de mon magnifique écran vidéo Mac, ne me tente pas. Mais je me devais de faire l’expérience, encouragée par Sarah qui m’a notamment choisi Talons aiguilles.
Je n’avais jamais vu de film d’Almodovar : ils ne passent jamais en VF en salle alors que la VOST m’est inaccessible. J’ai donc tourné mon écran de manière à être confortablement installée dans mon fauteuil et lancé le film. J’ai dû appeler au secours Isabelle tant les fonctions du lecteur DVD m’échappaient, mais après dix minutes de téléguidage, j’étais parée.
Verdict ? J’adore l’audiodescription ; Talons aiguilles moins. J’ai trouvé le film plat, convenu et sans intérêt particulier. Par contre, les commentaires hors champ (« off » en anglais) m’ont permis de mieux suivre l’histoire, pas tant dans ce qu’ils décrivent des lieux mais surtout dans ce qu’ils disent de l’expression des personnages : regard ceci, sourire cela, moue bidule, etc. Je n’ai que peu accès aux expressions du visage dans mon quotidien, encore moins au cinéma. Et ces indications m’ont été précieuses.
Est-ce elles qui ont rompu la « magie du cinéma » au point de me laisser un piètre souvenir du film ? Je vous dirai à la prochaine video.

Little Miss Sunshine @1

Qu’est-ce que ce film est ennuyeux… Oh ! Pardon. « Un petit bijou excentrique », écrivait Têtu.com à l’occasion de cette diffusion en VF sur France 2 le 30 septembre 2010 ; et c’est effectivement en termes toujours élogieux que j’avais entendu parler de ce film. Je dois reconnaître que tous les ingrédients étaient là pour que je succombe au kitch homosensible, même le « pédé de service », si cliché dans sa dépression suicidaire que le cliché tombait de lui-même.
Et pourtant… Je ne suis pas rentrée dans le film. Je me suis accrochée à mon tricot pour ne pas attraper la télécommande et changer de chaîne, tant je m’ennuyais. J’ai à peine ri tout en voyant bien où j’aurais dû rire. Et je suis allée jusqu’au bout, quand même, parce que l’on m’en avait dit tant de bien. Alors… Pourquoi ? Pourquoi cette distance moi qui suis d’ordinaire assez ouverte à ce qui fait la culture homosexuelle, faite de beaucoup de « petits bijoux excentriques », et aussi de tant d’autres choses ?
Parce que j’ai regardé ce film en VF en tricotant une écharpe pour ma mère dans mon vieux fauteuil en cuir rouge recouvert du poncho fait main au crochet et en suçant des bonbons à la menthe sans sucre ? Je ne vois que ça.