Archives de catégorie : Jardinage @

Jardinage @26

À propos de resucé (mon billet de mercredi), à l’occasion de deux paniers de récup dans des supermarchés, j’ai fait l’expérience de la nourriture ultratransformée. C’est un peu comme la musique finalement : les aliments portent des noms différents qui sont de belles promesses (en l’espèce « Taboulé au poulet », « Sandwich œuf crudités », « Poulet tandori ») et, au final, tout a la même saveur voire la même consistance (c’est-à-dire pas de goût au point qu’on ne peut pas dire si c’est bon au nom ; et mou). C’était assez étrange : sandwich le midi, taboulé le soir, poulet le lendemain et j’ai vraiment eu l’impression de manger la même chose. Seul le riz accompagnant le poulet avec un bon goût de riz. Ouf.
Cette pause faite, je me suis remise à la cuisine que j’aime avec une véritable bénédiction en point d’orgue. Ma cousine, pardon « mes cousines », habitent une maison avec un jardin où elle cultive des tomates. À l’occasion d’une soirée parisienne où nous nous retrouvons toujours avec joie, je lance :
— Tu m’as apporté des tomates ?
Elle s’en est excusée, désolée de n’y avoir pas pensé et a suggéré que ma cousine (bah oui, deux cousines dans la même maison, ça peut égarer le lecteur) qui travaille à La Défense m’en apporte. À peine une semaine plus tard, me voilà en route en métro avec Cabas (délégué par Caddie) chercher mes tomates à La Défense « en face de la tour EDF ». La tour EDF… un truc de valide, je pense et je partais exactement dans le sens inverse quand un policier m’a arrêtée : il était en train d’installer un périmètre de sécurité pour un « objet suspect ». Mes tomates ? C’est vrai qu’elles y étaient fort incongrues.
Bon prince, il m’a désigné ladite tour sans se formaliser que je lui dise que j’étais malvoyante et ne comprenais pas en quoi c’était si évident qu’il s’agissait de la tour EDF.
— C’est écrit dessus… Vous voyez les tours ?
— Oui.
— Vous allez sur la rangée de droite, la plus haute.
C’était parfait. J’ai donc retrouvé ma cousine, récupéré les tomates, une énorme courgette, deux poivrons, une aubergine et une petite boîte de fraises. Il était l’heure de déjeuner. J’ai mangé la tomate qui avait un peu souffert du voyage (un pur bonheur de tomate) et j’ai cru mourir en ouvrant la boîte de fraises : des bonbecs que j’ai boulottés tel quel. J’ai fait des beignets type tempura avec une partie de la courgette, mangé les poivrons en salade avec les tomates, cuisiné l’aubergine au gingembre et cardamome.
Merci mes cousines. Non seulement je me régale mais je suis très touchée de ce cadeau qui vaut tous les diamants du monde. Merci !

Jardinage @25

Depuis que la situation de la circulation routière est redevenue normale, je peux enfin profiter de mon balcon quand le soleil est de la partie sans être assailli par le bruit incessant des voitures et des deux roues pétaradantes.
Ramasser les quelques feuilles mortes de l’automne dernier, déplacer le jasmin pour faire de la place sur la petite table de jardin et la recouvrir d’une nappe faite d’une taie d’oreiller découpée (merci Isabelle) et mon nouvel « open space » est prêt pour m’accueillir pour de longues séances de travail en plein air.
Si ça se trouve, et si les températures le permettent, je tenterai même un petit-déjeuner dans la semaine.

Jardinage @24

Notre jardin partagé mange son pain noir. Notre présidente, pour des raisons personnelles, annonce qu’elle souhaite renoncer à son mandat depuis dix-huit mois maintenant. Lors d’une première assemblée générale en janvier dernier, les membres de l’association ont réussi à la convaincre de rester, aucun ne souhaitant prendre la responsabilité de diriger l’association. Toute l’année elle a multiplié les contacts, sans succès. Il y a quinze jours, je lui ai proposé de mettre les pieds dans le plat et d’annoncer la dissolution de l’association au 31 décembre faute de repreneur.
Nous avons eu quatre réponses, sur la cinquantaine de personnes recevant nos mails, dont une vingtaine d’adhérents. Une témoignait de sa tristesse ; les trois autres faisaient des propositions, identiques : contacter d’autres associations et solliciter des retraités. Outre l’agacement consécutif au fait que ces adhérents qui n’ont pas bougé le petit doigt en dix-huit mois viennent dire aujourd’hui quoi faire, j’ai été étonnée par l’appel aux retraités. Lesquels ? Où les trouver ? Dans les ehpad ?
C’est bon le pain noir avec de la crème de pissenlit ?

Jardinage @23

Peut-être avez-vous oublié que depuis le mois de novembre, j’héberge une douzaine de primevères réformées après avoir œuvré à l’hommage aux soldats parisiens morts pour la France lors de la 1ère Guerre mondiale (rappel des faits ici).
Joie hivernale, elles ont fleuri cette semaine, apportant un peu de couleur à mon balcon plutôt grisonnant en cette saison. Toute joie se trouvant décuplée lorsqu’elle est partagée, je partage… D’autant que j’ai cru comprendre que leur sort intéressait (bon okay, plus ou moins) plus de deux millions de personnes…(c’est par ici).

Jardinage @22

J’écris ce billet le 19 novembre et hier, c’était dimanche, l’un de ces beaux dimanches de fin d’automne, ensoleillé et frisquet, un dimanche comme je les aime qui me rappelle le meilleur de ma Picardie natale.
Journée studieuse mais rendez-vous avec Cecyle (que vous connaissez bien) sur les Berges de Seine pour célébrer leur libération définitive des automobiles. Foule des grands jours pour fêter l’évènement. Chanceux, j’en repars avec un carton rempli de primevères, cadeau issu de l’hommage aux soldats parisiens morts pour la France lors de la 1ère Guerre Mondiale (ici).
Du coup, à mon retour, repiquage des plantes sur mon balcon, arrosage et hop, encore un peu plus de vert sur ce petit espace dédié à la nature, autant que faire se peut. Ce balcon étant sur rue, les bruits de la circulation rendent son utilisation pour de longs moments contemplatifs assez compliquée mais avoir là, juste derrière ma baie vitrée, cet espace de verdure comme un îlot dans cette grande métropole que j’adore mais encore trop minérale, c’est un vrai bonheur quotidien….. Voilà, c’était ma contribution à la zénitude deux jours après la manifestation des gilets jaunes et ses violences diverses et invariées… Mince, je viens de rompre le charme bucolique de ce billet.

Jardinage @21

J’ai reçu un mail de la Cellule Main verte, l’interlocuteur municipal de notre jardin partagé. « SAVE THE DATE, MARDI 3 OCTOBRE – 18h30 à 21h30 Salle des Fêtes de la Mairie du 12e, Soirée « Végétalisons Paris » » (sic à tous les étages).
J’en ai marre de ce franglish à deux balles. J’ai aussitôt répondu.

« Bonjour,
« Notre jardin [qui porte le nom d’une copine de Bonnemine, NDCy] parle le gaulois, le breton et le latin mais pas le globish, en résistance à l’impérialisme américain et à ses entrepreneurs qui font le lit de la pollution de l’eau et des terres tout en s’opposant au développement durable cher à la charte Main verte. Pouvez-vous nous indiquer ce que signifie « Save the date » ?
« Bonne journée à vous,
« Cécyle Jung, scribe francophone du jardin »

Une semaine plus tard, j’ai reçu ce délicieux mail de la Cellule Main verte.

« Bonjour,
« Save the date » signifie « retenez la date ».
« Sachez que vous n’êtes pas les seuls à avoir réagi et l’information a bien été transmise.
« Je suis d’accord avec vous.
« Par exemple, écrire « retenez la date » ou « à vos agendas » auraient été bien plus adaptés.
« Très belle journée (ensoleillée !) au jardin ! » 

Qui peut dire encore que gentiment râlouiller ne sert à rien ?

Jardinage @20

Tomatier nous a laissé un souvenir ému. Récemment, ma sœur m’a offert un plant de tomates cerises. Il est fièrement dressé dans une jardinière. Et petit à petit, j’ai vu apparaître les fleurs…
Une amie est passée et a enlevé les mauvaises herbes, a coupé des branches freinant le développement, remuée la terre. Bref, elle fait ce qu’il fallait et que mes piètres connaissances en la matière ne m’ont pas permis de faire plus tôt.
Encore un peu et les premières tomates ont pris forme. Une seule était rouge et… gustativement pas très bonne. Sans doute qu’elle était très en avance. J’ai hâte que les dizaines d’autres mûrissent, en espérant qu’elles seront délicieuses, en hommage à Tomatier.

Jardinage @19

Le jardin partagé dont je gère la boîte mail a des soucis d’eau depuis quelque temps. Une importante fuite nous en a privés dix jours en mai et, samedi 8 juillet 2017, dès l’aube, je reçois un mail d’une adhérente-jardinière m’informant que l’eau est de nouveau coupée. J’en informe immédiatement tous nos adhérents-jardiniers, leur demandant de vérifier au long du WE, de tenter de voir un des jardiniers de la Ville en charge du secteur pour avoir plus d’information (nous sommes installés dans un square) et leur indique que j’écrirai au service compétant dès le lundi matin avec les informations qu’ils m’auront fournies.
Dimanche midi, je reçois deux mails (des fois qu’un ne suffise pas) d’une nouvelle adhérente. Le ton du mail, déjà, m’arrête : des passages en gras-souligné-majuscule : « Nous vous signalons qu‘il n’y a PLUS D’EAU» ; « Merci de vous mettre en contact avec les personnes qui peuvent intervenir pour régler ce problème très rapidement. » Je n’ai pas trop l’habitude d’accepter que l’on me parle sur ce ton, surtout dans le cadre associatif, ce d’autant que l’annonce et l’injonction se font fi de mon mail de la veille.
Je n’étais pas au bout de ma lecture… Je vous la livre telle quelle, soulignés compris ; je n’en reviens toujours pas :

« En attendant, devant l’urgence, XXX s’est rendu au supermarché et à acheté 18 bouteilles d’eau minérale!!
« (pas d’eau de ville disponible dans la rue adjacente non plus)
« Il a arrosé 1 partie une bonne partie du jardin, mais ce n’est évidemment pas une solution. »

Dix-huit bouteilles d’eau minérale ! Cela m’a mise dans une colère… ! J’en ai appelé ma présidente de jardin, en vacances à sa campagne, et Isabelle. Comment peut-on avoir l’idée d’arroser un jardin urbain à l’eau minérale dans le cadre d’un projet de développement durable ? Il y a l’eau, bien sûr, la dépense, les bouteilles en plastique… Nos adhérents-jardiniers habitent tous à portée de Caddie du jardin, peuvent prendre de l’eau chez eux, reporter l’arrosage à un autre jour tant la survie de nos plants n’est rien à l’aune de la pénurie planétaire en eau !
Je n’en reviens toujours pas. J’ai bien sûr incendié ces personnes, indiquant que j’estimais qu’ils n’avaient pas leur place au jardin. Cerise sur le gâteau : des orages étaient annoncés pour le soir ; il a plu près de 50 mm d’eau en deux heures, un record. Plusieurs stations de métro ont été inondées. Rebelote ce matin. La vengeance du climat ? J’en suis convaincue !

Jardinage @18

J’ai semé dans ma jardinière des graines de pois et de courgettes données par la Ville. Une nuit dans l’eau et un petit trou de un centimètre et hop ! Un mois plus tard, ma jardinière déborde (photos prises le 8 mai dernier). Françoise, ma cheffe jardinière, est passée ; elle me dit aussitôt que les courgettes ont des fleurs mâles et femelles, et qu’il faut polliniser. Le moyen, une abeille, par exemple. J’ai failli mettre une annonce sur ma page Facebook pour demander si une abeille ne voudrait pas venir butiner mes fleurs de courgette…
Je me suis abstenue, trop triste pour vraiment en blaguer. Je me suis contentée d’ouvrir ma fenêtre jusqu’à ce qu’un bourdon entre… et ressorte son travail accompli, me consolant de ces magnifiques plants de piment qui sont en fleurs ! Ils ont mis six mois à pousser, sortis de terre à partir de graines prises dans des piments achetés en supermarché ; des piments qui piquent ou des piments végétariens ? Suspens.