Archives de catégorie : Intox @

Intox @12

J’utilise des applications météo. Parfois, il y a de drôles de surprises.
Ainsi, alors que je voyais qu’il bruinait et me demandait s’il allait pleuvoir longtemps, je regarde l’une qui propose le temps actuel et la prévision de la pluie dans l’heure à venir à partir du moment de consultation.
L’image présente la situation de « Maintenant » : un nuage avec de la pluie en dessin et un fond de pluie un peu drue. Juste en dessous « Précipitations dans l’heure » ne donne que des nuages blancs ce qui indique « Pas de pluie ».
J’ai testé, en prévoyant un coupe-vent : la pluie ne s’est pas arrêtée dans la minute. Allo, Petit Koala ? Y a un bug à débusquer !

Intox @11

En vacances chez maman à Avignon, je souhaitais ramener du miel à ma voisine. J’en avais averti maman. Elle a été aux halles et a acheté un pot de miel dans un étal « Produits de Provence », convaincue d’acheter un produit régional.
Quand j’ai vu le pot, il m’a évoqué quelque chose. Vérification faite, il s’agit d’un miel vendu chez Lidl autour de 2,49 euros le pot de 250 grammes. Sa composition indique un mélange de miel de l’Union européenne et hors Union européenne.
Maman a acheté ce pot de miel 7,80 euros.
Je lui ai proposé de faire un signalement à la DGCCRF pour pratique commerciale trompeuse. Elle a refusé. Je le regrette… Pour acheter un nouveau pot de miel, elle m’a proposé d’aller dans les rues piétonnes chez un vendeur de tapenade à l’enseigne tapageuse, me précisant qu’eux, c’est sûr, font des produits régionaux.
Avant d’y aller, j’ai fait une petite recherche sur Internet. Sur leur site, une belle histoire de famille est racontée, avec une adresse commerciale dans le Vaucluse. Il est question de « notre atelier », de « recette régionale », mais aucun lieu de fabrication n’est indiqué ni aucune origine des produits.
Décidément, le « produit d’arnaque régionale » a de beaux jours devant lui !

Intox @10

Sur la table d’un restaurant, je vois Le Parisien et sa une « Tabac – Mais qui a encore envie de fumer ? » Le journal fait un lien direct entre le prix du paquet de cigarettes et la baisse du nombre de fumeurs. Certes, il y a un lien, mais cette une semble résumer la question qu’à « l’envie ». Comme les personnes en surpoids seraient « juste » incapables de ne pas céder à leur envie de sucre, les fumeurs payeraient le prix de leur plaisir d’assouvir une envie. Quid de la dépendance ? Quid des mécanismes de l’addiction ?
Dans la première double page, il y a un comparatif entre ceux qui fument le plus et ceux qui fument le moins : surtout des hommes, surtout des personnes parmi les moins diplômées, etc. Le journal effleure les différences de contextes sociaux sans mettre en question véritablement l’enjeu dans ses aspects sociaux pour le réduire à sa dimension individuelle.
C’est vrai que chacun est le premier maillon de sa responsabilité vis-à-vis de lui-même et des autres, mais le poids constant de ce renvoi à des affects a toujours comme limite de ne pas remettre en question d’autres sujets (les thématiques comme les acteurs). Les gentils aiment leur planète et agissent pour elle, les médiocres se vautrent dans leurs pulsions.
Cette une me renvoie à une discussion, la veille de cette édition, avec une amie. Son sevrage tabagique a été particulièrement difficile tant la nicotine peut être addictive, en soi et selon le terrain différent d’un individu à l’autre. Les effets physiologiques de cet arrêt du tabac ont été particulièrement pénibles et c’est un effort de grande ampleur qui lui a permis de passer le cap de lutter contre l’envie de fumer, au fond pour ne pas souffrir.
La question pourrait être « Tabac – Mais qui a encore envie de donner à fumer ? »

Intox @9

Pour gérer ma page Facebook (ici), j’ai créé un compte (impossible de faire autrement) apocryphe : faux nom, pas d’images, pas d’amis, à une exception près, Isabelle. Elle surveille et alimente la page quand je ne suis pas connectée ; il était pratique que nous soyons « amies » (des fois que l’on ait des doutes !) Par conséquent, je vois dans mon fil d’actualité ses publications, et les publications qu’elle « like ». J’ai ainsi découvert la page du Centre de soins LPO Aquitaine () avec surprise et scepticisme : la condition animale ne fait pas partie des sujets qui m’intéressent ; les animaux ne sont pas vraiment mes amis.
Je regarde donc passer les publications « likées » par Isabelle, parfois un peu gores (les animaux recueillis sont blessés), avec un certain dédain, toute spéciste assumée que je suis. C’est Ève qui m’a appris ce mot, « spéciste », il y a un certain temps déjà ; elle m’avait « traitée de ». J’en avais été blessée, ne sachant pas trop ce que cela voulait dire. Renseignement pris, c’est vrai que je le suis : je mange de la viande et du poisson, je me couvre de laine, j’aime la corrida, je pense nécessaire que les animaux servent de cobaye pour la recherche médicale, je préfère un cheval de trait à un tracteur, je tue volontiers les moustiques…
Je n’ai par contre jamais encouragé les mauvais traitements ou la surexploitation, les dénonçant parfois : je m’oppose à la chasse de loisir et, si l’on en venait à interdire la corrida, je trouverais cela légitime (mon plaisir particulier n’est rien face à l’intérêt général). Je pourrais également signer une pétition sur les méchantes méthodes des abattoirs, ne supporte pas un maître qui bat son chien ou héberge dans sa baignoire une tortue protégée, considère que l’industrie des cosmétiques devrait se passer de cobayes, m’élève contre la manière dont on fait travailler les chevaux sur l’île aux Princes et ne tue pas les insectes qui ne s’intéressent pas à ma peau. Et petit à petit, voilà que je me prends d’affection pour les animaux recueillis par le Centre de soins LPO Aquitaine… Serait-ce à dire que la propagande d’Isabelle porte ses fruits ? Faut croire !

 

Intox @8

Le pape à lesbos— Oyé ! Oyé ! La Cène reprend avec le pape en gouine et douze apôtres !
— Non, Cocotte, à Lesbos, on ne trouve plus de Gomorrhéennes, mais des réfugiés syriens. Il en a r’mené au Vatican pour les sauver d’la misère et montrer la voie d’la bonté au monde.
— Douze, Petit Koala, comme une boîte d’œufs de Pâques et les douze travaux de Petit Mouton.
— Oooooonzeeee Cocotte pouuuur le fooooot !
— Ah ? On élimine d’emblée Juda au foooot ?
— Ouiiiii ! C’eeest l’aaamouuur Cocotte.
— Comme le pape avec ces réfugiés. Un beau geste humanitaire, genre preuve d’amour universel et tout. T’crois pas Cocotte ?
— Dans tes fesses l’amour universel ! Petit Koala.
— Cocotte !
— Il aaaa uneee éeeetiqueette leeee paaape ?
— Cela s’appelle une tiare, Petit Mouton.
— Tiare-toi d’là, le pape à bulle !
— Bidibulle, t’es làààààà ?
— À piètre pape, bulle pourpre point ! Hi hi !
— Tuuuu diiiis quoooiii Cocotte ?
—  Je t’expliquerai, Petit Mouton. Viens, on va laisser la Cocotte se reposer. Trop de foooot tue le foooot.
— Bisooousfoooot !
— À bientôt les amis ! Je vous laisse ; je dois téléphoner au pape.
— Au revoir, Cocotte. Repose-toi bien !

Intox @7

Programme téléAlors que j’ai envie de regarder une série pour me détendre, je vais sur le site de France 2. Un bandeau annonce les vidéos proposées. Hormis le Journal et un jeu télévisé, y en a deux grands types de programme dans les diffusions du moment : émissions religieuses et feuilletons genre Feux de l’amour.
Cela me rappelle pourquoi je n’ai plus de téléviseur. Ça a été une soirée lecture…

Intox @6

Le fauxDocteur Love

Salut les Hétéronautes !
En surfant, j’ai trouvé un truc qui m’a scotché. Un personnage dans une série se déroulant à l’hosto est surnommé Dr Mamour. Je passe par charité sur le surnom un peu ridicule.
Le truc, c’est que le seul Docteur Mamour (enfin, on dit Docteur Love comme dans not’ coin d’origine, c’est nettement plus joli, non ?), c’est Petit Mouton. Dans la bande, on est tous d’accord que ça fait pas un pli, c’est de l’usurpation pure et simple.
J’vous ai mis les photos pour que vous puissiez vous faire une idée, dès fois qu’on soit pas objectifs avec notre copain. Franchement, quand même, c’est de l’intox pour vendre un truc pour les cheveux. À chaque fois que j’regarde, j’me dis que c’est évident. Verdict les Hétéronautes ?

Intox @5

Magazine de la santéLe « Allô docteur » du 7 avril dernier était consacré à l’inceste. Sur le plateau, un homme témoigne à visage couvert. L’émotion est palpable. Ce qu’il nous dit me semble essentiel, courageux et je suis contente qu’une telle souffrance puisse être exprimée, partagée, comprise.
Face à lui, deux « spécialistes » assurent les réponses aux textos des téléspectateurs. Ce sont deux femmes, une médecin, l’autre responsable d’une association. Elles se disputent très vite la parole et transforment leur réponse en sentences, je dirais même en « revendication ».
— Je suis obèse ; est-ce que c’est un signe d’inceste ?
— Mais bien sûr ! Beaucoup d’obèses sont des victimes d’inceste, la majorité !
J’ai une pensée émue pour les personnes obèses qui regarde cette émission.
— Je n’ai de relations sexuelles qu’avec des hommes de l’âge de mon père. Ai-je été victime d’inceste ?
— C’est possible, en effet, mais ne croyez pas que vous désirez votre père qui aurait abusé de vous. Vous êtes la victime. C’est son emprise qui s’exprime dans votre vie sentimentale.
Comment peut-on passer ainsi du conditionnel à l’indicatif ? De la même manière que l’on transforme tous les obèses en victimes quasi obligatoires d’inceste.
« Allô docteur » m’avait habituée à plus de sérieux dans le recrutement de ses invités. Je comprends, je sais, que l’inceste est un sujet difficile, que toute agression sexuelle détruit une vie, une vie qui peut aussi se reconstruire. Le déni de ces violences criminelles est souvent tel qu’il faut lui opposer une certaine violence militante ; je le comprends aussi. Mais ces deux femmes sont allées au-delà. C’était comme s’il n’était finalement pas possible de ne pas avoir été victime, comme si chacun de nous enfouissait forcément quelque chose…
Les victimes de violences sexuelles incestueuses ne méritent ni le silence, ni cette étrange banalisation. Elles méritent la justice, le respect. Je n’ai rien vu de tel dans cette émission, hormis cet homme, qui témoignait. Merci.

Intox @3

Je suis avec une amie au téléphone. On sonne à ma porte. Je n’attends personne et hésite à aller ouvrir. Cette amie m’y invite :
— Je reste avec toi.
J’ouvre. Un jeune homme est là avec en main une feuille posée sur un support. Je ne vois pas s’il a un badge.
— Bonjour madame ! Vous êtes la locataire ?
Je réponds « oui », chose à ne pas faire.
— C’est parfait ! Je viens voir les locataires pour préparer le basculement chez SFR de samedi prochain.
Je pressens aussitôt le démarcheur qui veut nous faire croire qu’il agit au nom de notre bailleur. Un grand classique. Je n’ai pas vu d’affiche ni de mot dans ma boîte. J’amorce donc une fermeture rapide de ma porte avec l’intention de lui signifier que je ne suis pas dupe.
— Ne me babotez pas ! Bonne journée monsieur.
« Baboter » ? Il sort d’où ce verbe ? Je devais vouloir dire « pipoter » et « embobiner » en même temps. Quelque chose comme ça. Dans le combiné, mon amie rigole. Ma porte est déjà fermée. Le jeune homme sonne à nouveau et cogne contre le battant.
— Mais madame, je ne vous babote pas !
Il est si rapide, finalement, d’enrichir le dictionnaire.

Intox @2

On s’interroge beaucoup, ces temps-ci, pour savoir qui serait responsable (coupable ?) de la crise économique et financière. Je suis toujours surprise des réponses apportées. Elles me paraissent toujours partielles, partiales, symptomatiques d’un système économique, politique et social qui ne souhaite pas remettre en cause son fondement même : le capitalisme. Amasser des richesses, toujours plus produire donc consommer à tout va, polluer, assécher les ressources naturelles… Comment peut-on encore croire que l’on ne va pas dans le mur, à moyen terme, si l’on ne fait qu’agir à la marge sans poser la double question du système qui a produit cette crise et des avantages que chacun de nous en tire ?
Et voilà que je découvre au détour d’une publicité pourquoi l’immobilisme règne en maître en dépit de la gravité de la situation : parce qu’il est toujours trop tard quand on pense à actionner le désodorisant quand on est aux toilettes, il existe désormais un modèle qui détecte la mauvaise odeur et se met en marche tout seul ! Tout est dit. Vous ne voyez pas le rapport avec la crise économique et financière ? C’est pourtant simple ! Quand on dépense 6,78 euros parce que l’on oublie que ça pue quand on fait caca, comment imaginer détruire le système économique et financier qui autorise une telle étourderie ?