Archives de catégorie : Indignés @

Indignés @14

Je regardais lundi 15 février 2021 un documentaire sur LCP consacré aux « petites phrases » qui ont fait tache dans l’image publique de François Hollande et d’Emmanuel Macron, avec plus de dégâts pour le premier que pour le second. Il a ainsi été question des « sans-dents ». Aux commentaires faits par les personnes sollicitées dans le documentaire (dont une remarquable Marylise Lebranchu), j’ai compris qu’il s’agissait pour l’ancien président de la République de faire référence aux personnes qui n’avaient effectivement plus de dents, faute de moyens de les faire remplacer.
Ce n’est pas ce que j’avais jusqu’alors compris. Je pensais qu’il faisait référence à des personnes qui n’auraient pas le courage d’entreprendre, pas de niaque, qui ne mordraient pas dans la vie et seraient des assistés ; un peu les mêmes que ceux « qui ne sont rien » chers à Emmanuel Macron. Isabelle m’a confirmé qu’elle avait bien vu des personnes physiquement édentées et que l’image était terrible. J’imagine… mais ne visualise pas ; parce que je ne l’ai jamais vu, ou jamais remarqué ; ma déficience visuelle ne fait pas forcément la différence au sens où c’est le genre de détail que je ne vais pas « aller chercher » trop occupée par ailleurs à voir l’essentiel.
Cela ne change finalement pas grand-chose à ma perception du quinquennat de François Hollande, prélude de la politique antisociale d’Emmanuel Macron qui, ne l’oublions pas, lui doit son émergence sur la scène politique. Les chiens ne font pas des chats… Pardon, c’est l’inverse !

NB. Pardon Helgant, toi, t’es pas un chien ; t’es un chouchou d’amour !

Indignés @13

Je suis très choquée par les informations qui se succèdent depuis quelques mois sur la pénurie de certains médicaments. Le phénomène est de plus en plus important, 50 % de sa commande du jour selon un pharmacien entendu à la télé ce 19 août 2019. J’ai vu le témoignage d’un monsieur dont la chimiothérapie s’est arrêtée sans date de reprise, d’une autre dame au traitement contre Parkinson est interrompu sine die, encore une dame qui n’avait plus de corticoïdes pour l’asthme de son enfant.
Le phénomène s’intensifie donc, des personnes sont en danger de mort. Je ne comprends pas que rien ne soit fait ou ne semble être fait, je ne sais pas. Des médecins s’alarment (ici) et veulent sensibiliser le public. Très bien. Mais qui va botter les fesses des laboratoires pharmaceutiques, ces grands manitous qui semblent avoir droit de vie et de mort sur nous tous. Ils décident des recherches, des molécules qu’ils commercialisent ou non, de leur prix, et de leur production le tout, financé par nos cotisations sociales. Et on s’en fout ?
Oui, j’avoue, jusqu’à présent, je m’en foutais un peu, considérant que l’industrie pharmaceutique était l’archétype du libéralisme et qu’elle tomberait en même temps que lui. La révolution écologique est certes en marche mais je crains que, dans cette affaire, on ne manque de temps. Que faire ? La ministre de la Santé annonce un plan. Ce que j’en lis n’est guère encourageant. Ce que je ne comprends pas, en fait, c’est que je n’ai pas vu passer de mobilisation sociale alors que « un Français sur quatre affirme avoir été en difficulté pour acheter un médicament » (j’en fais d’ailleurs partie depuis deux mois).
Quelque chose m’a échappé ? Je ne connais pas assez le sujet pour me lancer dans la rédaction d’une pétition en ligne. Cela me démange. Qu’en pensez-vous Que Choisir ?

Note. Voici un article assez complet de France Info sur le sujet, publié le 26 août 2019.

Indignés @12

— Tu regardes quoi Petit Koala ?
— Un c’d’trucs à vomir, c’est pas des incivilités, c’est bien pire qu’pire !
— Quoi ?
Regarde.
— Oh ! putain, les connards, bandes de moules à gaufres, j’arrive vous foutre des coups de roulettes, bachibouzouks de satanés ordures que vous êtes comme vos gravats dans la nature…
— Caddie !
— Vous allez prendre de la roulette que vous en regretter et je vais vous faire ramasser tout jusqu’au moindre grain, putain de salauds !
— Caddie ! Pas de gros mots devant les Mouton !
– C’est quoiiiiii connaaaaaaaard ?
– Euh, non l’a dit corner.
– Et p*uuuuuu*tain de s*aaaaaaa*la*uuuu*ds ça veut dire quoi ?
– Hein, quoi ? Le moule à gaufres ? Y a un gars qui s’appelle Bachi qui a cassé le moule à gaufres de Cécylou. Et c’est qu’Caddie va aller en racheter un.
– C’est pour ç*aaaaaa* qu’il est tr*èèèèèèèèè*s f*âââââ*ché !
– Pauuuuuuvre Cécylou !
– 😍 Monmon ! 😍
– Oui, Fifille, c’est pour Monmon.
– Ces foutu connards, j’vais leur péter leur bagnole à coups de roulettes !
– Ça veut diiiiiire quoi foutuuuuu ?
– Y a p*eeee*té dans le c*oooo*rner ?
– Foutu, c’est du suédois, comme connard, ça veut dire un corner au foooot. Et d’ailleurs les Mouton, ça vous l’dit pas une p’tite partie ? Allez, on part sur l’terrain.
– Caddie vaaaaa acheter un mouuuuuule à rouleeeeeettes ?
– C’est ça, c’est qu’ça tourne un moule à gaufres, c’est comme d’roulettes. Bon allez foooot, sinon, j’vais croire qu’vous voulez pas y aller.
– Siiiiiiiii !
– S*iiiiiiiiii* !
– Ben attendez-moi les Mouton !
– Et pendant ce temps-là, je vais aller foutre des coups de roulettes….
– Ah ! Caddie…

Indignés @11

Cet été, j’ai eu besoin de poster un petit colis. Je me suis rendue dans un bureau de Poste différent du mien, en travaux. Sur place, j’ai eu l’immense surprise de ne pas trouver de machines à affranchir. Un employé m’a indiqué qu’elles avaient été supprimées par économie. Va-t-il falloir aussi syndiquer les automates ? On dirait.
À l’occasion de la rentrée des associations de mon arrondissement, une femme en tenue de postière me tend un tract.
— Vous connaissez notre nouveau service « Veiller sur mes parents » ?
— Oui, et cela me fait rire.
— Rire ?
— Oui, c’est ridicule. Le cœur de métier de La Poste, n’est-ce pas de prendre en charge le courrier ? Alors qu’elle commence par remettre des automates rue Raymond Losserand, et je posterai moi-même le courrier de ma vieille mère.
La discussion s’engage, la femme avançant peu d’arguments ; j’en ai d’autres, comme la livraison le dimanche qui n’a d’autre utilité que de détériorer les conditions de travail. D’autres employés s’approchent tous à l’évidence d’accord avec moi. On rigole un peu. Je vais pour partir, madame la maire (une jeunesse !) arrive. La cheffe lui saute dessus. Blablabla. Très vite, je m’interpose.
— Excuse-moi de t’interrompre, Carine, c’est impoli de ma part mais peux-tu demander à madame pourquoi on ne peut plus affranchir de courrier au bureau de la rue Raymond Losserand ? À moi, elle ne répondra pas.
Madame la maire rigole, m’embrasse et indique qu’elle est au courant, que La Poste tente de faire croire qu’elle a été d’accord avec ce réaménagement du bureau mais que ce n’est pas le cas. Je la laisse avec son interlocutrice. Un des employés en apparence particulièrement d’accord me donne une petite tape amicale sur l’épaule. Que c’est bon de rencontrer des camarades !
Hajime la révolution !

Note. En plus, si j’envoie un mignon facteur comme ça à ma mère, il ne repart pas. Au secours, mon héritage !!

Indignés @10

J’ai accompagné une voisine et néanmoins amie dans deux magasins d’électroménager. Elle souhaitait changer son lave-vaisselle. Je ne suis pas une spécialiste — je n’en ai d’ailleurs pas ; mais c’est toujours plus agréable à deux et l’on est plus vigilants face aux commerciaux. Elle a trouvé son bonheur dans le second magasin et a passé commande. La vendeuse lui propose une livraison le lendemain. Trop court. Il fallait ranger, s’organiser… La vendeuse propose le lundi. J’indique à Danielle que c’est Pâques.
— C’est férié ?
— Oui.
— Ah non, pas un jour férié. Le livreur doit se reposer.
La vendeuse a eu l’air surprise de sa réaction. Elle insiste en disant que c’est possible.
— Pour nous non, rétorqué-je. On ne vote pas Macron.
Elle n’a eu aucune réaction. Danielle, elle a ri. C’est qu’on ne plaisante pas avec les droits des travailleurs, dans le quartier. Le lundi en question, je suis allée faire un petit tour. Tout était ouvert. Je vais finir par passer pour réac à défendre le caractère chômé des dimanches et jours fériés. Misère !

Indignés @9

SecourismeJ’ai participé avec Sarah et Isabelle aux deux heures de formation aux premiers secours organisées cet été par la Ville de Paris (les photos et mon compte rendu sont ici). L’installation était un peu sommaire ; il n’y avait notamment pas assez de chaises pour toutes les personnes inscrites (une trentaine). Certaines se sont assises par terre ; le restant est resté debout, Sarah, Isabelle et moi, entre autres.
Au bout d’un petit quart d’heure, pour une raison que j’ai oubliée, le formateur invite les personnes à venir vers lui. La chaise devant moi se libère ; Sarah m’invite à m’y asseoir. J’ai ma canne blanche à la main. Rester debout immobile deux heures ne m’est en effet pas très confortable, mon équilibre sollicitant pas mal d’énergie source de tensions. Mais je peux le faire, bien sûr. La dame revient. Elle me voit sur « sa » chaise. Elle rouspète en baragouinant je ne sais quoi. Sa contrariété est ostensible et agressive.
Je me lève aussitôt, m’excusant d’avoir pris « sa » place. Sa contrariété ne baisse pas. Elle s’assoit, continue à grognonner quelques minutes. Je m’excuse une seconde fois. La dame à ma gauche se lève aussitôt pour me laisser sa place. Je refuse. Elle se rassoit. Le cours continue. Le formateur m’appelle près de lui pour me montrer la manœuvre de Heimlich. J’ai toujours ma canne en main. Je la replie en route pour la glisser dans ma poche. La dame qui rouscaillait se lève à mon retour, voulant désormais me laisser « sa » place.
— Je vous en prie, madame, restez assise. Je ne voudrais pas vous contrarier plus.
Elle reste assise. Dans l’heure qui a suivi, elle m’a proposé trois fois de m’asseoir. J’ai chaque fois refusé, bien décidée à laisser agir sa culpabilité de ne pas m’avoir laissé sa chaise la première fois. N’avait-elle pas vu la canne blanche ? N’avait-elle pas compris de quoi il s’agissait ? L’un ou l’autre, qu’importe. Son agressivité première était assez ridicule au vu de l’enjeu, ce d’autant qu’elle ne m’a pas dit quelque chose d’aussi simple que « Vous avez pris ma place. » préférant une attitude aussi passive que violente. Et sa culpabilité montante me console tout à fait ! Les premiers secours, une attention à l’autre ? C’est un bon début.

Indignés @8

1094-cecyle— C’est la Luuuuteeeeeuh finaaaaaleeeeeuh ! Groupons-nououous et deeeeemaiaiain ! L’Hétéroooonooomiiiiieeeeeuh seraaaa le genre humainainain !
— T’es sûre que ça va Cocotte ?
— Pourquoi non, Petit Koala ?
— Tu nous avais habitués à des chants plus… moins… comment dire ?
— Aaaah ! Ça ira, ça iraaaah ! Les macronstocrates à la lanterneuh !
— Ben non, Cocotte. On ne peut pas publier ça !
— S’il te plaît, Petit Koala ! C’est la grève générale au moins jusqu’à dimanche ?
— Quatre jours ?
— C’est mon amie albinos qui a décrété ça et les sœurs sont d’accord !
— Euh… Vraiment, Cocotte ?
— Quand nous chanterons, le temps des canuts, nous serons tout nus ! Tous nus ! Hue hue !
— J’suis pas sûr que ce soient les bonnes paroles…
— Je les tiens de Robert en personne !
— Dans ce cas…
— Tu publies la grève générale, alors, Petit Koala ? Rien pendant quatre jours. Même que ça fera plaisir à la Principalate, tu verras !
— Si tu’l’dis. Au moins, Petit Mouton sera tristoune d’être privé de foooot.
— Más pequeña derrota ovejas siguen unidos !
— Repose-toi, Cocotte, tu m’inquiètes…
— Jésus m’a tuer ! Viva la libertad !
— Viva ! Cocotte. Viva !

Indignés @7

ipergayL’association des journalistes lesbiennes, gays, bis et trans se donne pour objectif sur sa page Facebook d’ « améliorer le traitement par les médias des questions LGBT ». Elle relaie ainsi un article de Yagg du 26 février 2015, « Ipergay : France Inter a-t-elle peur de prononcer le mot gay ? » Comme son titre l’indique, l’article dénonce le fait que France Inter a gommé le mot « gay » de son reportage sur l’essai Ipergay.
J’avais remarqué la même chose dans un article de 20 minutes à la même date et m’étais demandé avec Isabelle si le seul mot « Ipergay » justifiait que je relaie l’article dans la revue de presse de Media-g.net ; j’en avais conclu que cela ne suffisait pas puisque rien n’indiquait dans l’article que cet essai visait une population homosexuelle. Avant cela, j’avais fait une petite recherche et constaté que le site relayant le test ne mettait pas en avant les gays.

« L’essai ANRS Ipergay repose sur plus de 400 participants en France et au Canada. Il vise à évaluer l’efficacité d’un traitement préventif du VIH (la PrEP) pris à la demande dans le cadre d’un programme de prévention renforcée. Ce programme comprend notamment un suivi médical rigoureux, une prise en charge importante (dépistages réguliers et traitement) des IST (infections sexuellement transmissibles) et un accompagnement individuel et personnalisé des participants. Des préservatifs de qualité et du gel lubrifiant sont distribués à volonté. »

Il y a certes sur la page le « témoignage » du président de Aides qui utilise le mot « gay », mais pas plus. Dans ces conditions, peut-on reprocher aux médias straight, dont Radio France, de taire le mot quand Ipergay le tait lui-même ? Voilà, à mon sens, le type même de revendications illégitimes qui ne fait pas avancer la cause à part positionner les gays comme des victimes par nature. De la part de Yagg, cela ne m’étonne pas ; de la part de l’AJL, je suis un peu déçue ; pour une fois qu’un groupe invitait la communauté à réfléchir sur elle-même. Perdu !

Indignés @6

SotchiLes jeux paralympiques de Sotchi ont démarré alors que la Russie s’implantait illégalement en Crimée. On se souvient combien les jeux « valides » ont suscité d’appels au boycott, notamment de la part de la communauté homosexuelle. Et là… Niet. Aucune voix ne s’est élevée pour suggérer le boycott de ces jeux, ni pour soutenir l’Ukraine, ni pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme en Russie. J’ai juste entendu sur France Info, le jour de l’ouverture, que le gouvernement français n’y serait pas représenté pour cause de conflit en Ukraine, mais pas un mot de plus.
Les partisans du boycott ont-ils eu peur de blesser ces pauvres petits gn’handicapés en appelant au boycott de leurs jeux alors qu’ils souffrent déjà tellement ? Il y a sans doute de cela, et aussi le fait que personne ne considère que ces jeux sont de « vrais jeux » autant que menacer Poutine de les boycotter risquerait de passer pour dérisoire. L’occasion était pourtant belle, avec « l’affaire ukrainienne », de donner un poids politique à ces jeux paralympiques et de faire entrer les personnes handicapées dans le monde des sportifs respectables et dignes d’intérêt.
Quant à la communauté homosexuelle, elle vient de rater une sacrée opportunité de dire que l’on peut être gay et handicapé. C’est vrai que cela colle assez mal avec un certain culte du corps. Pauvres de nous !

Indignés @5

QuittanceLorsque l’ancien propriétaire de mon appartement m’a présenté le box en sous-sol qui y est attaché, il m’a indiqué que la demande de pouvoir y installer de l’éclairage a été refusée en assemblée générale de copropriété. Pourquoi ? Parce que certains ont argué qu’alors des propriétaires loueraient ces box pour que des personnes y vivent. Que de suspicion vis-à-vis des autres ! Sans doute pas inspirée par de nobles sentiments comme l’indignation, mais plutôt par les désagréments qu’ils imaginaient (voire la jalousie de ne pas pouvoir tirer profit eux aussi d’une telle possibilité de rente ?) En tous les cas, je m’interroge sur ce qui les aurait sinon poussés à penser à cela. Pour ma part, ça ne me serait pas venu à l’esprit…