Archives de catégorie : Hoax @

Hoax @16

Isabelle proposait un billet sur les publicités intempestives et involontairement décalées que proposent les algorithmes qui managent les réseaux sociaux. J’ignore comment sont programmées celles qui s’affichent sur certaines pages Internet, mais j’ai eu une drôle de surprise en lisant un article de Libération consacré à la démission de l’adjoint à la Culture de Anne Hidalgo. Je précise, c’est important, que je lis en mode « liseuse », le seul qui m’est confortable.
L’article parle de l’« affaire », je suis donc dans un état d’esprit où il est question de corps et des abus qui peuvent leur être faits. Et là, apparaissent deux photos de salle de bains… Mais, de quoi s’agit-il ? Accuse-t-on cet adjoint d’avoir pris sa douche avec un certain écrivain (dont je tais sciemment le nom pour éviter, justement, que les algorithmes mal embouchés arrivent jusqu’ici et se trompent de sujet) ? Ou avec Michel Rocard ? Ouh là là !
Sitôt, je reviens en affichage standard et comprends : il s’agit d’une publicité sur les « équipements gaz » de GRDF, le texte ayant sauté en mode liseuse (et la publicité quand j’ai rouvert l’article sur l’ordinateur). Nous voilà saufs, ou presque ; parce que moi, quand on me parle de gaz avec une photo de douche, je pense… Et vous, GRDF, avez-vous une once de culture générale ou exprimez-vous là votre mépris de l’histoire ? Cela revient au même, finalement.

Hoax @15

Les recommandations et autres publicités sur les réseaux sociaux peuvent donner lieu à de francs télescopages. L’autre jour sur Twitter, alors que je regardais le compte de L214, association de protection animale, je vois un « tweet sponsorisé ». Il s’agit du compte de… Disneyland Paris.
Certes, ce sont des souris qui y exploitent les humains, qui eux en portent les grandes oreilles, mais cette entreprise libérale me semble tellement à l’opposé de l’éthique des militants défendant les conditions de vie des animaux. Des hamburgers à la fourrure, du cuir au mode de production d’un rêve bétonné, c’est au choc des modèles que je pense. Je n’ai pas pensé une seconde qu’il s’agisse d’un choix volontaire de l’empire de Mickey. Encore une histoire d’algorithme malicieux ?

Hoax @14

En allumant ma télévision vendredi 11 octobre 2019, je suis tombée sur l’édition spéciale de FranceTV Info consacrée à l’arrestation des empreintes digitales présumées de Xavier Dupont de Ligonnès. Pendant une heure, en boucle, les journalistes experts en criminologie et autres experts en livres qui vendent du sensationnel se relaient à l’antenne aux côtés de policiers à la retraite et même d’un psychiatre ; de la grosse artillerie. Entre deux interviews, d’anciens reportages sur cette « affaire » sont rediffusés.
Chacun y va de ses convictions sur les mobiles, la vie, l’état d’esprit du tueur (il est rappelé parfois qu’il est présumé tueur sans que cela n’infléchisse des discours imprégnés de la conviction de sa culpabilité) en rivalisant de commentaires sur du rien. C’est intéressant les commentaires sur du rien, cela dit beaucoup de choses. J’ai retenu par exemple qu’en descendant de l’avion, quand il a vu les policiers écossais, il s’est senti perdu et n’a opposé aucune résistance. Était-il soulagé d’être arrêté ? Le psychiatre a répondu oui. Mais comment a-t-il échappé à la police ? Il avait forcément des complices, l’un l’a dénoncé. Une histoire d’argent, sans doute. Il en faut de l’argent, pour mener une telle cavale…
Je n’ai pas tout retenu. J’étais affligée de la place que prenait cette arrestation encore plus que de ces commentaires sur du rien qui avaient un caractère risible. Plus aucune autre actualité n’existait. Le lendemain matin, au réveil, rebelote. France info (radio cette fois) est aussi en « édition spéciale ». Je veux bien que le meurtre d’une femme et de quatre enfants fasse jaser dans les chaumières ; et parlons-en, si besoin ! Mais parlons de féminicide et d’infanticides dans le mariage bourgeois ; car des victimes, bien sûr, il n’en a jamais été question.
Parlons-en, donc, mais nul besoin d’en faire une « édition spéciale », ce d’autant que l’arrestation du siècle a fait pschitt une fois les résultats des analyses ADN connus. Nous avons eu droit au mea culpa de la rédaction de France télévision, et aux excuses de son PDG. L’argument utilisé est celui du « temps médiatique » différent du « temps judiciaire », comme si nos bons journalistes (ils ne sont d’ordinaire pas si mauvais) n’étaient pas directement responsables de leurs choix éditoriaux. Les « Français » ont-il appelé en masse les rédactions pour exiger une « édition spéciale » sur cette arrestation ou les rédactions des chaînes tout-info se sont-elles tiré la bourre pour faire le buzz ?
Les médias grand-public portent l’entière responsabilité de l’information qu’ils diffusent. Il leur appartient de ne pas céder à l’audimat et d’avoir conscience qu’ils manipulent l’opinion en même temps qu’ils la gavent de tout ce qui entretient l’ordre établi. Je rêve ? Oui, je rêve. Et j’aime ça.

Hoax @13

Jeudi 3 octobre 2019, je suis devant le Journal télévisé de 13 heures de France 2. Je ne connais pas les audiences de ce journal télévisé mais j’ai de plus en plus de mal à le supporter.
Je vous épargne les commentaires de la présentatrice lors du décès de JC (Jacques Chirac, pas l’autre) mais pas mon agacement devant l’édition du 3 octobre (ici).
D’abord les titres : la colère des enseignants suite au suicide d’une directrice d’école en Seine-Saint-Denis (ici), Trump… Jusque là, ça va.
Le journal débute donc : « Mais tout d’abord ce drame… » Pause de la « journaliste ». Je pense à la directrice alors que la présentatrice reste en suspension deux fractions de seconde. Mais pas du tout : « …évité de justesse ce matin. ». Air grave, elle raconte : « en Gironde, un bus scolaire s’est retrouvé coincé sur les voies alors qu’un train arrivait. ». Le train a évité de justesse le bus car « le conducteur a fait preuve de sang-froid ».
Donc le JT national de 13 heures du service public vient d’ouvrir sur un drame qui n’a pas eu lieu, trémolos dans la voix et avec les interviews de deux passagères du bus, de la mère de l’une d’entre elles et du chef des conducteurs de bus ! (ici)
Du coup, c’est vrai qu’à côté, le suicide de la directrice d’école, c’est un peu du pipi de chat, non ?

Hoax @12

Lecteurs de La Vie en Hétéronomie, vous l’avez constaté comme moi, j’ai été victime ce 1er avril d’une vile et violente attaque sur Internet via la diffusion massive d’une Fake NewsÉvidemment, vous n’avez pas été dupes de l’odieux stratagème dont, j’ai, moi, innocence incarnée, été victime ce 1er avril (ici). D’autres ont essayé avant eux de s’en prendre à mon intégrité… ils s’y sont cassés les entrecôtes ! Tremblez carcasses !
Comment ont-ils pu penser un seul instant que, aguerris comme vous l’êtes dans la chasse à l’infox, vous auriez pu vous y laisser prendre ?
Ainsi, par exemple, je suis certain que vous retrouverez rapidement la seule vraie information de taille parmi ce florilège (un indice s’est glissé dans la question) :


Photo de râpe à légumes

Hoax @11

Ma cousine « complotiste » est venue passer Noël avec nous.
Ma cousine a été l’héroïne de mon enfance. Après de glauques histoires de famille, nous nous sommes perdus de vue de nombreuses années pour renouer il y a environ dix ans. Les retrouvailles ont été chargées en émotion et depuis, nous nous sommes revus ponctuellement au fil des ans.
Déjà, au moment de retrouvailles, certaines de ses affirmations me semblaient pour le moins étranges. Par exemple, d’après elle, les attentats du 11 septembre 2001 avaient été organisés par la CIA pour donner un prétexte aux Américains d’attaquer l’Irak. Elle commençait également à partager des articles de sites « alternatifs » du type « soigner le cancer sans chimie grâce aux carottes », oubliant au passage que si j’avais suivi ses conseils en la matière, je serai mort aujourd’hui… Ça fait cher payé pour se donner un genre prétendument « New Age » mais, je le comprendrai plus tard, son attention aux autres n’étaient pas sa première préoccupation.

Les choses se sont progressivement durcies avec le temps. Tous les lieux communs du genre y sont passés : les vaccins, les médicaments au sens large… jusqu’à prendre la décision de ne plus s’informer que sur Facebook « parce que là au moins, on ne nous ment pas »…. C’est vrai, c’est bien connu.
De mon côté, par curiosité, par professionnalisme (la connaissance des mécanismes des réseaux sociaux est une part de mon activité professionnelle) et par affection pour ma cousine, je regardais régulièrement ses publications pour comprendre la façon dont ces contenus provoquaient une forme d’aliénation s’ils ne sont pas mis en perspective et questionnés. De ce côté, rien de nouveau à l’œuvre sous le soleil : simplification du monde qui nous entoure, exacerbation des frustrations, « pensées » clés en main…. bref le mécanisme du repli sur soi et de l’assèchement de la réflexion dans toute sa splendeur…
Le niveau est encore monté d’un cran avec le changement d’algorithmes de Facebook visant à restreindre les publications institutionnelles, dont les journaux donc, dans les fils d’actualité des individus, au profit du contenu de vos relations Facebook pour lequel vous portez un intérêt (like, partage, visionnage…). Le fil de ma cousine est alors devenu une sorte de somme de l’ensemble des contenus complotistes, infox, fake news… Peu importe la vérité, ce qui compte désormais, c’est « est-ce que ce contenu conforte ma vision étriquée du monde ? » C’est bien simple : si j’ai un doute sur un site, plutôt que les décodeurs professionnels, je vais voir sur le fil Facebook de ma cousine. S’il y est, c’est que c’est un site douteux !
J’ai fini par bloquer la remontée des posts de ma cousine dans mon fil d’actualité Facebook : j’en avais plus que marre de recevoir, par son biais, les posts violents de sbires du Front national (nouvellement Rassemblement national), du site FrançaisDeSouche, de contenus antisémites, humiliants ou encore satiriques relayés au premier degré, etc.

Imaginez donc la montée en tension à l’approche des fêtes en sachant que ma cousine se joignait à nous, qui plus est en cette période de Gilets jaunes !
Alors bon, les choses se sont passées relativement bien (c’est-à-dire sans vraie discussion car elle n’a finalement aucun argument à part répéter ce qu’elle relaie sur Facebook) jusqu’à une tentative plus poussée de sa part en fin de journée le 25 décembre (c’est bien connu, c’est le meilleur moment pour avoir une discussion de fond). Attention, haut niveau : elle a vu, dit-elle, sur Internet (et elle a bien sûr partagé) une photo de Macron à 12 ans avec des camarades de classe. Sur la photo, juste derrière lui, se tiennent, affirme-t-elle toujours, Brigitte Macron et son mari. Silence de dégoût de ma cousine… silence de sidération dans l’assemblée. Une personne prend la parole pour l’interrompre : mais c’est une photo montée. Macron et sa future femme se sont rencontrés au lycée donc bien après ses 12 ans. Et ils n’ont eu de relation que bien plus tard encore. Je vous le confirme, la photo est un montage facile à vérifier, encore faut-il se soucier de la vérité des faits.
Seconde salve : le jour de l’anniversaire de Macron, la police, affirme-t-elle encore une fois, confisquait à Paris tous les gilets jaunes et en faisait des tas dans toute la ville… Cette fois-ci, je lui demande qu’elle est la source de cette information. Habitant moi-même Paris, m’y déplaçant à longueur de journée, je n’ai rien vu de tel. Sa réponse : une vidéo sur Facebook… (je ne vous fais pas l’affront de démentir l’info). Je l’ai alors interrompue assez sèchement. Ma volonté était clairement de la faire taire, pour deux raisons :
– d’une part, penser que ces « arguments » auraient été de nature à tous nous convaincre était assez insultant ;
– d’autre part, la vision du naufrage intellectuel d’une personne que l’on aime et qui s’humilie dans une telle bêtise était vraiment trop douloureuse…

Cerise sur le gâteau (ou plutôt goutte qui fait déborder le vase) : j’ai appris ce week-end que ma cousine a dit à ma mère (« no comment » comme disent les anglais…) que si je me suis mis en colère, c’était parce que je « remettais mon monde en question »… Je précise que ma cousine se dit « thérapeute ». Je n’ai pas perdu de temps à essayer de comprendre ce qu’elle voulait dire (ce n’est pas comme si sa parole avait la moindre valeur littérale) mais ces propos ont été pour moi la certitude qu’elle ne se remettrait plus en question, son système autocentré réactionnaire la guidant désormais bien loin de son libre arbitre…
Une profonde tristesse m’a alors envahi mais ces évènements m’ont confirmé une chose : quoi qu’il en soit, je préfèrerai toujours me confronter aux paysages montagneux, sinueux, ombragés, sauvages et abruptes de la complexité du monde plutôt que de me laisser glisser dans les mornes plaines plates et sans horizon de l’encéphalogramme plat.

Hoax @10

Isabelle a publié un billet indiquant qu’elle n’avait pas trouvé de plats végétariens dans un restaurant se présentant comme végétarien (ici). J’ai relayé son billet sur Twitter en l’adressant à Hypathie, une blogueuse renommée « Féminisme radical, écoféminisme, animaux êtres sentients, végétarisme. Antispéciste. Earthling. Childfree. » (). Je pensais que ce qui me semblait une arnaque pouvait l’intéresser. Cela a été le cas. Une des personnes la suivant a alors démenti l’info, Hypathie se désolidarisant sitôt du billet : on ne se connaît pas ; c’était légitime. Pour ma part, si Isabelle me dit quelque chose, je la crois. Il y avait donc un hiatus à lever.
La discussion s’engage. C’est un peu compliqué de vous donner les liens ; les discussions se croisent. Le plus simple est d’aller sur Twitter et de remonter au 5 novembre 2018 dans l’onglet « Tweet et réponses » de mon compte. En résumé, il est apparu que les mots renvoyant à de la viande étaient entre guillemets sur la carte, ce qui indiquait que ce n’en était pas… Bigre. Au final, Isabelle est retournée sur place faire les vérifications d’usage : le restaurant était bien végétarien mais il semblait impossible au non-initié de le penser. Isabelle s’en explique lala.
Pour ma part, je voudrais par ce billet avant tout remercier Hypathie et ses suiveurs (« follower » en anglais) pour la bienveillance dont ils ont fait montre. La discussion aurait pu tourner vinaigre, comme souvent sur Twitter, l’écriture en cent quatre-vingts signes ayant le don d’exacerber les propos de chacun. Il n’en a rien été ; Isabelle et moi avons appris quelque chose, moi un peu plus car j’ai eu en prime des conseils sur la gestion d’une discussion autour de ce qui apparaissait comme une fausse information (« fake news » en anglais). Nos points de vue de non-initiées ont également été pris en compte, sans dénigrement.
Est-ce le végétarisme de nos interlocuteurs qui les portent à s’exprimer sans violence ? Quand j’étais petite, c’est ce que nous disait maman en mâchant (oui mâchant) du bouillon de légumes, que les toxines produites par les animaux au moment de leur abattage se transmettaient à l’homme et augmentaient son taux de violence, comme si la violence était une donnée biochimique. Une conversation sur Twitter ne fait pas étude épidémiologique mais l’idée me va bien. À bientôt pour d’autres conversations aimables ici, sur Twitter, Facebook et même dans le monde tangible !

Note. Pour vous remercier encore, voici la fameuse recette du lait d’avoine, incontournable ! (lalala)

Hoax @9

Dans un billet récent, j’ai évoqué l’intérêt de lire régulièrement Que Choisir. J’en ai un autre exemple bien plus dépotant !
Depuis la mort de ma-Jeanine, un de ses amis vient me voir quand il a besoin d’aide dans ses démarches administratives ; je le fais très volontiers ; c’est un homme d’une rare gentillesse. Il est ainsi venu l’autre jour pour que je lui écrive des chèques. Il me présente à cette fin un courrier d’huissier lui réclamant 2500 euros d’amendes impayées au nom d’un service automatisé des infractions. Ça fait une somme ! Je prends le temps de lire le courrier, de l’interroger et de prendre quelques infos sur le Net.
De fil en aiguille, je note :
* le courrier n’est pas arrivé en recommandé ;
* il ne s’appelle pas « injonction de payer » et ne fait référence à aucune ordonnance de jugement ;
* deux amendes sont datées de 2015 et 2016 ; le gros de la somme demandée (2000 euros environ) n’est pas détaillé ni daté.
Cela me rappelle un article que j’ai lu dans le Que Choisir d’avril 2017 sur les sociétés de recouvrement. Sa dette ne serait-elle pas prescrite ? La seule chose qui me pose souci par rapport à ce que j’ai lu c’est que le demandeur est un huissier ; ce sont des gens sérieux, les huissiers, non ? Je ne les imaginais en tout état de cause pas racheter des dettes douteuses. Cet ami me raconte que devant ce courrier, il a appelé l’huissier. Une dame charmante lui a promis d’interrompre la procédure s’il envoyait dix chèques, pratique courante qui permet de faire lever la prescription de la dette.
Si le sujet vous intéresse, toutes les infos sont . Ceci étant, et bien que le courrier menace de « procédure de saisie » (et non de saisie puisque aucun jugement n’a eu lieu), j’invite cet ami à ne pas payer ; je sens qu’il a peur même s’il vit dans un meublé, n’a plus de voiture et dispose d’un revenu sur lequel un juge ne pourra pas prendre grand-chose.
— Et s’ils viennent chez moi quand je suis au travail ?
Je tente de lui expliquer que seuls deux types de personnes peuvent entrer chez lui sans son autorisation, la police et les voleurs, et que cet huissier a besoin d’un juge pour mander la première ; qu’il est donc le second sans cela. Pour lever ses doutes, je l’envoie au local de l’UFC-Que Choisir qui est à 400 mètres de chez moi (un hasard ?) en lui disant qu’il devra payer la cotisation de 30 euros pour que son dossier soit étudié. Il me rappelle une heure plus tard.
— Le gars m’a dit de ne pas payer l’huissier mais directement à Rennes.
Je comprends à notre discussion que l’UFC-Que Choisir lui a conseillé de payer sa dette pour des raisons morales mais lui a bien déconseillé de la payer à cet huissier. Et comme la dette a été rachetée… J’ignorais que l’État revendait ses créances douteuses à des margoulins. Ah ! la dette. Un sujet inépuisable.

 

Hoax @8

Vous allez croire que je leur en veux ! Mais non, je n’aime simplement pas que l’on me donne des informations partielles ou fausses sous prétexte de faire du buzz sur des sujets tendance. Avec cette question : à qui profite ce genre d’article ? On sait désormais que les blogs peuvent rapporter gros… Même La vie en Hétéronomie ? Surtout pas ! Notre âme n’a pas de prix.
Donc. Aujourd’hui, les bouillottes.
* « Les bouillottes classiques en silicone (…) » ; la mienne est en caoutchouc naturel, comme toutes celles que j’ai achetées en pharmacie depuis trente ans. Petite, j’en avais une en métal. En dix minutes en ligne, je n’en ai pas trouvé en silicone ; mais je peux bien sûr me tromper. Je sais, la composition de la bouillotte n’est pas un élément majeur ; il n’empêche, la bouillotte classique est majoritairement en caoutchouc. L’info de départ est donc fausse. L’argument qui suit est, par conséquent, obsolète : « le silicone n’est pas écologique dans sa fabrication, son utilisation peut ne pas être saine (le silicone peut être instable à de hautes températures), »
* « les possibilités de fuites d’eau chaude impliquent un risque de brûlures (particulièrement problématique avec des enfants). » Les enfants ! Le bel argument. A-t-on jamais vu un enfant remplir lui-même sa bouillotte ? Car une fois fermée, il faut une bonne musculation des doigts pour la rouvrir. Je n’imagine pas un enfant le faire ; mais ils ont tant de ressources qui me sont insoupçonnées ! Et les « risques de fuite » ? Ils sont réels, non ? Une bouillotte, en effet, finit un jour par percer et répandre une partir de son contenu dans le lit. J’en épuise une tous les dix-huit mois depuis que je suis petite, je ne me suis jamais brûlée. Je sais, je ne suis pas un exemple. Au remplissage, c’est parfois sportif. Demandez à Isabelle, elle utilise un entonnoir.
Donc, une bouillotte à eau est un récipient mou qui contient de l’eau bouillante qui refroidit. Et l’eau bouillante, si on l’utilise sans précaution, cela brûle (j’ai d’ailleurs une cuisse, la gauche, qui se souvient encore de pommes de terre cuites à l’eau et c’était en 1986 !) Cela dit, les autres arguments de l’article pour faire sa bouillotte soi-même sont-ils valables ?
* « – il n’y a pas de risque de brûlures, car cette bouillotte n’utilise pas d’eau » ; tiens donc. Et comment la bouillotte maison chauffée au four ne peut-elle jamais brûler ? Cela ne brûle pas quelque chose passé dix minutes au four à 150 ° (je demande, je n’ai pas de four) ?
* « – aucun micro-ondes n’est nécessaire ; » C’est un argument ? Ah oui, la fameuse « fuite d’ondes » ! Que l’on se rassure, il existe des « détecteurs de fuite ». Un marché.
* Elle est enfin « écologique, gratuite et personnalisée » ; là, je m’incline.
Et elle fonctionne comment, cette bouillotte ?
« 2- Placez le plat dans un four chaud (à 150°C) pendant 10 minutes environ. »
La puissance moyenne d’un four est de 2500 W, celle de ma bouilloire 2400 W et il faut 5 minutes pour chauffer 1,5 litre d’eau, sans préchauffage.
« 3- Votre bouillotte restera chaude environ 30 minutes. » Non ? La mienne est chaude jusqu’au matin. Il faut dire que je l’utilise dans les règles de l’art : petite housse crochetée main, housse en coton, emballage double épaisseur dans une serviette de toilette.
Franchement, qui espère-t-on convaincre avec des articles pareils ? Certainement pas ceux qui auraient besoin de se placer en mode développement durable ; quant aux autres, on risque fort de les faire renoncer à leurs bonnes pratiques pour cause d’arguments sans fondement. Dommage.

Hoax @7

LaFilouteCela fait huit fois en trois semaines que mon FAI me fait appeler par un service de démarchage par téléphone pour me proposer une nouvelle box. J’ai décroché la première fois, expliqué à la dame que la nouvelle box n’est pas compatible avec la configuration de mes appareils sans lui donner de détails, elle a insisté, j’ai encore décliné et elle m’a raccroché au nez. Depuis, je ne réponds plus. Le numéro d’appel est toujours le même, je l’ai repéré.
Avant-hier, alors que j’allais déjeuner devant le Magazine de la Santé, mon décodeur m’indique une erreur. Je connais la procédure : je l’éteins, je le débranche électriquement, je vérifie le branchement dans le mur et dans le décodeur… Je rallume. L’erreur se reproduit. J’ai faim. Mon déjeuner est prêt. J’installe Tranquille et lance l’appli ad hoc pour y regarder le Magazine de la Santé, remettant au lendemain d’appeler le service technique. Mon téléphone sonne. C’est le fameux service de démarchage. Je ne réponds pas.
Au fil des minutes, je turbine : ces margoulins ont coupé mon service télé pour me forcer la main sur le changement de box ! J’ai d’ailleurs remarqué ces derniers temps que le wifi fonctionne mal. Je vérifie en ligne. Le décodeur télé n’est en effet pas détecté. Je peste. Ils vont m’entendre, ces maquignons ! Plus tard, j’ai à faire… Je vaque tout en turbinant. N’ai-je pas sorti ma box de son logement ce matin en tirant le tiroir qui est en dessous ?
Je vérifie. La prise Ethernet du port télé est débranchée. La bonne blague !