Archives de catégorie : Grand homme @

Grand homme @42

Helgant est allongé sur un canapé-lit. Lors des vacances à la campagne, j’ai eu l’occasion de cohabiter avec divers insectes. Un soir, l’un d’entre eux tournant dans la chambre m’empêchait franchement de dormir. J’ai donc décidé d’agir à grand renfort de torchon puis d’insecticide.
Helgant, allongé sur le lit me regardait avec attention, un peu intrigué. Puis, au bout d’un moment, grand chasseur, s’est aussi décidé à agir. Il s’est levé, puis a bondi… pour changer de pièce.
Avec Helgant, mon berger préféré, je suis bien protégée. Sauf des insectes.

Grand homme @41

L'image est une des illustrations du jeu Travian legends par ses concepteurs.Je participe depuis quelques semaines à un jeu de stratégie en ligne. Mon héros s’appelle, bien sûr, Helgant. C’est un homme et dans mes quelques échanges avec les autres joueurs, je joue le jeu de parler pour lui. Il y a une messagerie en ligne et un site de tchat auquel je participe pour mon alliance.
Ce qui me frappe, c’est que même s’il y a un enjeu de concurrence, de conquête, de guerre, la majorité des joueurs sont sympas, arrangeants, parfois très généreux. Ils sont d’âges variés, allant de jeunes hommes à une bonne partie de pères d’adolescents qui interrompent parfois leur participation aux échanges pour les aider à leurs exercices de maths.
Les joueurs les plus agressifs, qui attaquent les villages des autres pour les détruire, sont parfois appelés « rageux » et peu appréciés. Récemment, un joueur a écrit à tous les membres de l’alliance en mettant en exergue aussi les femmes, comme on dit « Parisiens et Parisiennes ».
Bref, moi qui aime la stratégie, je m’y sens bien. Et Helgant ne se défend pas mal du tout. Un héros, comme Thésée.

Grand homme @40

Depuis plus d’un an que le covid-19 fait la roue sur terre, il en a été diffusé des assertions sur ce micro-organisme, la « parole scientifique » se substituant volontiers à la « preuve scientifique », démontrant, si cela en était besoin, que nous vivons dans un monde de toute-puissance où se mélangent une volonté de contrôle absolu sur les choses comme sur le vivant et un besoin d’en faire étalage médiatique. Cela n’est pas propre au virus, il est plus certainement l’expression de ce que l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste produit de processus de domination nourris de violences sociales, économiques, culturelles, intimes…
Je comptais faire un billet pour constater combien, plus d’un an plus tard, nous n’en savions finalement guère plus sur ce virus en dépit du déferlement de ces verbiages scientifico-politiques qui alimentent les actualités, constatant au passage que les affirmations péremptoires à force de contradiction par le réel (efficace des masques, traitements de perlimpinpin, découvertes miracles sitôt avortées, etc.) semblaient diminuer (je n’en ai pas fait le compte, c’est juste un sentiment peut-être lié à mon déficit d’intérêt) ; docteur Mouton et docteur Caddie ont d’ailleurs cessé de se moquer de la science à deux balles dans leurs fameuses conférences scientifiques (une, deux, trois, quatre, cinq) ; cela ne leur semblant plus nécessaire, ou moins urgent.
Je comptais, et voilà que France info nous sert l’article qu’il me fallait « Covid-19 : un an après, ce que l’on sait (désormais) et ce que l’on ne sait (toujours) pas du virus ». Je ne suis pas capable de juger la qualité des informations qu’il contient mais je dois avouer qu’il conforte mon sentiment que l’on ne sait rien, ou pas grand-chose sur le sujet qui m’intéresse le plus : le mode de propagation du virus. Vous remarquerez que dans la première partie, les « gouttelettes et aérosols » sont mis en cause comme vecteur principal mais que les mains sont moins stigmatisées alors que j’avais compris qu’elles étaient une sorte de boîte de Petry cause majeur de transmission ; je continuerai à me les laver, ainsi que le nez, comme je l’ai toujours fait contre toutes les formes de « contamination » (je n’aime pas ce mot, trop connoté péjorativement), virales, bactériennes, etc. ; ce qui m’a toujours profité.
Dans la deuxième partie, cette analyse est infléchie dans le point « Pourquoi l’épidémie se propage-t-elle de façon aussi hétérogène ? » Le manque d’études est mis en cause, manque sans doute lié au fait que c’est plus glorieux de trouver le vaccin, le médicament, que de trouver le moyen de se protéger les uns les autres. Je remarque aussi ce qui est dit de la source animale de l’épidémie, et de la solution radicale que l’on nous propose si on la trouve : on tue l’animal. J’avais envie de conclure que l’humilité était en marche mais que serait l’humilité face à ce virus qui se fonderait sur un spécisme d’une telle violence (pléonasme) ? Je n’ai plus désormais qu’à compter sur le covid-19 (et ses potes) pour continuer à nous jouer tant de tours que l’on cède enfin en acceptant notre impuissance et en construisant un monde qui rompt avec toute logique de domination.
Hardi virus ! Je suis avec toi dans ce difficile combat.

Grand Homme @39

Ces derniers jours, plusieurs personnes ont demandé la patte à Helgant. En vain. Il ne la donne quasiment jamais quand on lui demande, c’est lui qui la tend (quand il aimerait des caresses ou des friandises).
Helgant serait-il peu recommandable avec ce comportement ? Les Mouton savent bien que non. Au contraire, Helgant sait montrer patte blanche. Plus encore, il est vraiment très malin, admirent ses copains : il peut montrer quatre pattes blanches. Mais comme il est modeste, il ne veut pas abuser. Comme dit Petit Agneau des Prés-salés, Helgant est élégant, physiquement et moralement, jusqu’au bout des griffes.

Grand Homme @38

OuafbonOuafjour ! C’est ouafmoi, Helgant, le plus beau des ouafchiens du ouafmonde.
Je voulais m’excuser que j’ai fait ouafpipi dans le ouaflit pendant que ma maîtresse était sous la ouafdouche. Elle est si gentille. Les Mouton m’ont expliqué que ouafpipi c’est pipi ; moi, c’était juste parce que j’étais superouafcontent de pouvoir entrer dans la ouafchambre où je ne vais jamais et me rouler dans son ouaflit. Depuis, je dors dans mon ouafpanier et je fais juste ouafpipi sous le nez de l’épicier qui nous crie toujours dessus.
Faut que je vous dise aussi. Avec les Mouton on est superouaffiers ! Petit Koala nous a montré le OuafBulletin officiel de la Ville ; la ménagère de Caddie a expliqué que c’est écrit par la reine Anne, de sa ouafmain propre. Eh bien, elle a écrit que ma maîtresse, elle est horsouafclasse ! Ça veut pas dire qu’il y a ouafpéno ; au contraire ; c’est un ouafbut encore plus fort que tous les ouafbuts déjà marqués ! On a essayé avec la ouafbande de faire pareil ; on a eu peur de casser le ouafaquarium alors on s’est dit qu’on allait faire un ouafbillet pour dire qu’on est superouaffier !
— On est d’accoooord Heglant ! Trop foooooot !
— Et plus encore f*oooo*t !
— Ça, elle nous l’épate !
— C’est qu’elle roule qui pierre !
Merci la ouafbande ! Un ouafpipi et ouaffoooot pour tout le ouafmonde !

Grand homme @37

J’ai le bonheur que Helgant partage ma vie. Nous avons beaucoup sillonné le quartier à son arrivée. Il était stressé, mais on arrivait à se promener un peu loin. Très vite, il a raccourci les trajets pour ne plus vouloir avancer que sur quelques mètres. Un jour, un mois et demi après son adoption, il s’est échappé de son collier pour courir… jusque devant l’immeuble. J’ai eu peur qu’il ait un accident ou s’échappe loin.
J’ai essayé maints subterfuges pour faciliter les promenades avant de faire venir une vétérinaire spécialisée en comportement. Après des discussions, nous sommes arrivés à la conclusion d’un phénomène fréquent en comportement canin : Helgant se comportait comme le chef de meute qu’il ne voulait pas être. Autant en intérieur, il arrivait à maîtriser, autant en extérieur, c’était bien trop pour lui, d’où un stress insupportable.
Le traitement est implacable : il me faut prendre le rôle de cheffe de meute pour souligner combien je maîtrise la situation, dedans comme dehors. Quelques déplacements de meuble, des changements d’habitude et du temps, voilà le cocktail qui devrait l’aider.
Cela n’est pas facile, mais je m’y tiens. Une vie agréable et heureuse avec le plus beau chouchou de ma meute est le plus beau des enjeux.

Grand homme @36

Je ne crois pas avoir encore évoqué ici la disparition de Juliette Greco.
J’ai rencontré Juliette Greco en 1993… musicalement parlant bien sûr. A l’époque, elle traversait un long passage à vide depuis plus de dix ans mais venait de sortir un nouvel album, Rubans rouges et toiles noires, qui allait la remettre sur le chemin du succès, chemin qu’elle ne quitta plus jamais. Moi non plus je ne la quitterai plus…

 

 

 

 

 

Grand homme @35

Salut, c’est docteur Caddie. Je suis avec docteur Mouton, en cinquième conférence scientifique limite confinée car on a un gros problème.
— Un groooos de grooooos !
Tu l’as dit confrère.
— C’quoi, vot’ problème ?
On n’est pas d’accord.
— N*oooooo*n !
— Siiiiiii !
— Mais v’s’êtes pas fâchés ?!
— Bah nooooon, Petit Koala ! Tant qu’y a du fooooot, y a de l’amoooour !
— Ouf ! Tu nous expliques, docteur Caddie ? On peut p’être vous aider à trancher av’ Copain Mouton.
— J’ai un gr*aaaaa*nd cout*eeee*au !
Merci Petit Koala et Copain Mouton. C’est assez simple et très compliqué. On a fait le constat, avec docteur Mouton, que le coronaminus circule essentiellement dans les familles : mariages, enterrements, cousinades et j’en passe.
— Çaaaaaa, c’est le siiiiiiimple !
Le compliqué, c’est que ma ménagère albinos m’a appris que la famille est à détruire en tant qu’institution coercitive et réactionnaire là où docteur Mouton dit que quand on a une nièce comme Nikita, il faut sauvegarder la famille.
— Ça, j’suis d’accord ! Pas toi Caddie ?
Bah si, j’l’adore Nikita mais on peut pas ériger une personne en paradigme politique à visée contre-révolutionnaire même si on l’aime très fort et…
— C’est lààààààà qu’on n’est pluuuuus d’accoooord !
— J’te comprends, docteur Mouton, mais y a p’être moyen d’arranger ça. Vot’ problème, en fait, c’est pas la famille ; c’est l’minus. Non ?
— Ouiiiii !
Ouais.
— Eh bien, si s’diffuse dans l’famille, plutôt que d’détruire l’famille, on détruit l’minus. Ça vous irait ?
— C’est foooooot !
P’être que ça peut marcher. Masque, gel, crottes de nez, tests généralisés et suppression des légumineuses dans les repas de famille ?
— Mais ouiiii ! Docteur Caddie. On a trouvééééé ! Plus de fayoooots aux apéroooos !
On est trop forts.

Grand Homme @34

Pour c’te quatriè’conférence scientifique, docteur Mouton et docteur Caddie se sont plongés dans l’courbes et l’statistiques. Ils ont trouvé l’vaccin, l’mode de transmission, l’test infaillible ; il était temps d’s’intéresser à la question qui nous occupe tous sans qu’l’réponse soit si fastoche : combien le coronaminus a-t-il tué de personnes ?
— C’*eeeeeeee*st tr*iiii*ste !
— Et compliiiiiquéééé…
— Hyper complexe, même, confrère Mouton. Et pourtant, y en a des chiffres, des tableaux, des courbes, des compteurs !
Vous avez r’marquer comment chaque fois qu’y a d’étiquettes différentes sur l’abscisse et l’ordonnée ?
— Encoooooooore l’étiqueeeeette !
— Encore.
— C’est quoi l’absc*iiiii*sse et l’ordonn*éééée*e ?
— Des copaiiiiiines de foooot qui comptent les buuuuts !
— *Aaaaaa*h ?
— Tu vois le but Copain Mouton ? Lucarne droite, c’est l’abscisse, lucarne gauche, l’ordonnée.
Pas tout’à fait, docteur Caddie mais on peut l’dire comme ça. Et entr’les deux, t’as l’droites, l’courbes, l’pondérations, l’calculs algorithmiques, l’…
— Tout est dans le rythme de l’étiquette !
— C’est forcééément çaaaaa Caddie ! On voiiiit que tu connaiiis la musiiiique !
— Comme sur des roulettes !
Blague à part, les docteurs ; il faudrait répondre à la question.
— Laqu*eeeee*lle ?
— Le nombre d’occis, Copain.
— L’occisbuuuut ?!
Non ça, docteur Mouton, c’est d’l’littérature. Il faudrait s’concentrer, les gens attendent l’vérité et ils ont confiance en vous.
— Mmmmmm…
— Niiiiian…
— Je vois que ça, cher confrère.
— T’aaaaaas raiiison Caddie. On peut le diiiire au moooonde maintenaaaant ?
— Oui, c’est validé par nous. On peut. Le monde, faut bien écouter. Les macabés du coronaminus y en a…
— Y en *aaaaa* ?
— Trooooop !

Grand Homme @33

Vous me reconnaissez ?
Rappel des faits.
Depuis le début de la pandémie, docteur Mouton et docteur Caddie organisent des conférences scientifiques mises en ligne sur le blogue pour annoncer au monde leurs découvertes sur ce coronaminus. Je suis très admirative ! Il y a eu d’abord la mise au point de ce vaccin extraordinaire de simplicité et d’efficacité que nous consommons en grande quantité pendant Carême (ici) (Carême qui est tombé à la bonne période, je le précise pour les mécréants) puis la découverte du mode de transmission du virus, mode qui n’a rien à voir avec ce que l’on nous raconte depuis des mois ().
Ces deux découvertes nous ont permis, au couvent, de comprendre pourquoi nos sœurs et nos pensionnaires, même confinés dans des cellules et sans contact (à part celui avec Jésus, bien sûr), étaient malades les uns après les autres sans développer, grâce à nos gourmandises nasales, des formes graves. On mange beaucoup de fibres, et de légumineuses… vous me comprenez ! Nous avons donc décidé de reprendre nos activités afin de flatuler à l’air libre, sans risque de contamination.
Reste que nous recevons des visites (des livreurs, les parents de nos pensionnaires, les caciques de l’évêché…) sans savoir si l’un ou l’autre est susceptible de nous apporter ce coronaminus et d’augmenter notre consommation de mickey. Car même avec le vaccin, et la sérologie positive, on peut toujours être un peu malade ; ce qui est fort désagréable. J’ai donc consulté mes amis Petit Mouton et Caddie afin qu’ils trouvent un test infaillible. Une fois encore, ils ont été géniaux !
— Si tu seeeeeens que ça puuuue, c’est que t’as paaaaaaaas le minuuuuuuus !
— Exactement ! Pois cassés à midi, fayots le soir ; et pas de toilettes. Si les visiteurs se pincent le nez, c’est qu’ils sont négatifs ; s’ils ne disent rien, ils sont…
— Posiiiiitifs !
N’est-ce pas une grande idée ? On a bien sûr le souci de se supporter nous-mêmes mais finalement, on a déjà le Bon Dieu qui ne sent pas toujours très bon, et certaines de ses ouailles itou. On s’adapte donc bien volontiers.
— Tu viiiiiiens au foooot, Cocotte ?
Avec plaisir Petit Mouton ; mais chacun son ballon a dit notre reine !
— Notre balloooon, c’est l’amouuuuur !
Tu as raison. On en a tous un cœur, et cela se partage sans contact !