Archives de catégorie : Forêt @

Forêt @13

Je suis dans une file d’attente. Une mère et sa fille, d’environ huit ans, arrivent derrière moi. Elles parlent de religion, la mère expliquant différentes fêtes. La fillette demande alors « Et Halloween ? »
La mère lui explique alors que ce n’est pas une tradition en France, mais qu’elle le fêtait tous les ans quand elle habitait au Canada. La fillette dit qu’elle aimerait le fêter cette année.
La mère explique alors qu’elle et le père de la petite fille manquent d’énergie. Ils sont trop fatigués pour une telle fête.
L’échange était calme et je n’ai pas tout entendu. J’ai trouvé très serein, intelligent et affectueux cet échange. Pas festif, mais l’époque ne l’est pas, et bien moins sereine, intelligente et chaleureuse.

Forêt @12

Alerte enlèvement !
Un petit mais valeureux fraisier récemment installé dans l’un de bacs à plantes Quartier de l’horloge à Paris a disparu (toute l’histoire est à retrouver en cliquant sur ce lien).
Aucune trace d’aucune sorte n’a été retrouvée sur place. Aucune revendication à ce jour n’a été reçue.
Si les ravisseurs ont pour objectif de lui offrir un nouvel espace pour qu’il s’y épanouisse, qu’ils en soient en remerciés. Si ce n’est pas le cas, merci de le déposer anonymement au pied du son ancien voisin, le basilic. Aucune poursuite ne sera engagée.

Forêt @11

Suite à mon billet de la semaine dernière à propos de mon jardin suspendu, vous êtes des milliers à m’avoir écrit. Des mots éplorés, de la détresse face à l’incertitude, des angoisses plus ou moins intériorisées… Bref, des cris et des pleurs : mais qu’est devenu mon fraisier ?
Alors qu’il était plutôt sur une pente descendante et que la perspective de le déplacer à cause des travaux à venir, j’ai pris la décision de le l’émanciper et de le planter dans l’un des bacs à plantes installés dans le quartier de l’horloge. Le voici donc parti vivre sa vie dans le grand monde. Tout est bien qui finit bien donc.

Les épisodes précédents sont à retrouver via ce lien.

Forêt @10

J’ai souvent tenté de partager avec vous les bienfaits de mon petit coin de verdure aménagé sur mon balcon, et plus encore pendant la période de confinement. Aujourd’hui, il n’en reste plus rien : les travaux de façade et de réfection des balcons prévus en mars vont finalement débuter. Il a fallu tout enlever.
J’ai pu déplacer (parfois difficilement) la plupart de mes plantes dans notre jardin partagé et retirer les quelques aménagements réalisés au fil des ans… Aujourd’hui ne restent que de vieux murs nus en bétons, un bac de terre et quelques objets que je n’ai pas encore rentrés chez moi faute de place.
J’avoue que la transition a été difficile et au moment même où j’écris ces lignes, le souvenir de la verdoyance disparue là où se pose mon regard est tenace.
Je me console en me disant que c’est pour un mieux et dès les travaux finis (date plus ou moins imprécise pour le moment), je me relance dans la réalisation de ma forêt urbaine. Si dans quelques mois vous croisez une forêt suspendue près de Beaubourg, ce sera chez moi !

Forêt @9

Cela doit faire un peu plus de trois mois que je laisse ma place dans les transports en commun.
Me déplaçant exclusivement à pied ou à vélo, j’ai la chance de ne pas avoir à faire de trop longues distances et dans de trop mauvaises conditions (merci les « coronapistes » ici). Je me suis pris quelques gouttes de pluie une ou deux fois mais rien d’embêtant (et pourtant, je porte des lunettes).
Depuis le déconfinement, mon record journalier est une distance parcourue de près de 40 km. J’ai ainsi pu redécouvrir des espaces où je ne me rendais pas ou si rarement, en l’occurrence les bois de Vincennes et de Boulogne, et les arpenter en long, en large et en travers.
Je prépare déjà de plus longues randonnées exclusivement à vélo (entre 80 et 100 km) pour cet été, toutes partant de chez moi… Désolé mais vous ne couperez pas à mes aventures vélocipèdiques.

Fôret @8

Cela a été une surprise d’emprunter à nouveau des chemins si souvent parcourus et de les trouver totalement transformés.
Cela a été le cas la semaine dernière en longeant les berges de Seine au-delà de l’ex-kilomètre autorisé. La même surprise nous avait saisis, mes comparses et moi, lorsque nous avions pu accéder à notre jardin partagé il y a trois semaines après deux mois sans visite : nous avions laissé un paysage nu de fin d’hiver pour trouver sans transition aucune une luxuriance verdoyante et fleurie de début d’été. C’est une joie de retrouver une telle volupté et, en même temps, ça laisse une impression d’avoir été privé d’une portion de temps, d’un trait d’union entre deux états. D’un pont entre deux rives pour rester sur la Seine.

Forêt @7

PMAUne semaine pour la « PMA pour toutes » a été lancée, site à l’appui. Si la cause (l’ouverture du droit à la PMA à toutes les femmes hors mariage et sans condition d’orientation sexuelle) me paraît juste, la « comm’ » qui entoure cette action me porte d’emblée à ne pas lui apporter mon soutien.
D’abord le logo du site (ci-contre). Outre que je ne le comprends pas (un cœur, à mon sens, ne remplace pas la lettre « m »), que signifie « au-delà du sexe » ? Que les hommes vont aussi pouvoir avoir recours à la PMA ? J’ignorais que ce fut médicalement possible.
Le deuxième point d’achoppement est cette obstination à associer procréation et famille, dans cette idée que les homos sont « des familles comme les autres » en droite ligne de celles et ceux qui ont voulu nous faire croire que le mariage ne vise pas à faire adopter le modèle bourgeois, hétérosexiste et raciste aux homosexuels, mais juste à demander l’égalité des droits, chacun étant alors libre de son modèle de vie.
Quel (joli) mensonge ! J’en veux pour preuve un dessin de Muriel Dorou, présent sur le site en question (ici) et largement diffusé dans les médias sociaux LGBT. Tout y est de cet ordre que personnellement je conteste : le couple butch-femm (pour le dire sobrement), cheveux courts et grosses chaussures d’un côté, cheveux longs et chaussures à talon de l’autre, la première regardant bien devant elle, la seconde regardant la première avec un peu de déférence (amoureuse, bien sûr), petite fille en jupe (que l’on sache bien que ses deux mamans ne contestent pas la différence des sexes), et le chien. Ah ! Le chien. Tout n’est-il pas dans le chien (un mâle ? il en a l’air, en tout cas) pour être une « vraie famille » ? En version écolo-urbaine, c’est sûr. En version rurale on aurait eu une voiture, je parie. Ultime détail, la reprise du slogan « We are familly », en anglais, comme pour bien dire au capitalisme international que nos familles ne contreviendront pas à l’hégémonie économique et culturelle de l’anglais.
J’espère qu’avec un pareil dessin, l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste est rassuré et qu’il accordera la PMA à toutes. Tant de soumission mérite bien une petite récompense, surtout à l’approche de Noël, non ? Et les enfants, c’est bon pour la croissance ! Quant à moi…. Je pleure. Que faire d’autre ? Tout cela est tellement triste.

Forêt @6

CléMon immeuble est doté d’un local poubelle qui dispose d’une entrée depuis le hall, et d’une autre côté rue. Pendant des années, la porte côté hall était fermée à clé pour éviter que le local ne serve de planque pour des substances illicites. Et puis, la serrure s’est cassée. Il y avait moins d’allées et venues, moins de trafics. En accord avec mon gardien, nous avons décidé de ne pas changer cette serrure et de laisser le local libre d’accès.
Et puis, la vie allant, de nombreuses intrusions via la porte extérieure du local poubelle ont été constatées. Les locataires se sont plaints. Le bailleur a décidé de remettre une serrure à la porte intérieure, l’accès extérieur ne pouvant, pour une raison que j’ignore, être sécurisé. Nous avons donc tous reçu dans notre boîte aux lettres une clé, avec un courrier comportant les recommandations de notre gérante.

« Je compte sur vous pour
« * Penser à refermer à clé le local après y avoir déposé vos poubelles
«  * Sensibiliser les enfants à cette pratique et veiller à ce qu’ils descendent avec la clé pour éviter que les poubelles ne soient laissées devant la porte du local. »

Les enfants ? Ils ont bon dos, les enfants ! Pourquoi ne pas avoir écrit « Sensibiliser chaque membre de votre famille à… » ? Rien n’avère en effet que les enfants soient plus responsables que les autres des sacs laissés devant la porte faute de clé. Et même si je n’aime pas les enfants, je trouve le procédé mesquin.

Forêt @5

L'est pas beau mon pouce ?Je suis dans le TGV qui me ramène de Saint Jacut de la mer. En gare de Rennes, le message d’accueil du contrôleur me saute aux oreilles, « Les téléphones portables doivent être mis en mode silencieux. »
Et les enfants en bas âge ?
Ils sont trois dans notre wagon de 1ère. Depuis une heure que nous sommes partis, l’un d’eux n’a pas cessé de pleurer, les deux autres lui faisant écho en alternance. Dis, monsieur le contrôleur, il est où le mode silencieux ?

Forêt @4

Qu'il est beau mon gilet !L’autre jour, devant le plus grand musée du monde, je discutais avec deux collègues. Il y avait foule, dont de nombreux groupes d’enfants en sortie scolaire. L’une des encadrantes d’un groupe bataillait contre des touristes, essentiellement asiatiques, prenant en photo la ribambelle de petits se tenant par la main en criant « C’est interdit ! », sans doute mue par la peur d’une « exploitation » de ces images, sur le Net notamment. C’était souvent peine perdue, car elle n’arrivait pas à lutter contre certains touristes photographiant de façon continue pour rapporter des images de l’ambiance de leur voyage et qui ne la voyaient pas ou ne comprenaient pas ce qu’elle voulait.
Mes collègues s’agacèrent de l’attitude un peu agressive de cette jeune femme en arguant que les touristes français n’hésitent pas à prendre des photos d’enfants dans les rues sans imaginer pouvoir en être empêchés.
Pour ma part, cela m’est passé un peu au-dessus de la tête, car j’ai du mal à prendre des photos d’inconnus dans la rue, surtout s’ils sont reconnaissables, même à l’autre bout du monde. En tous les cas, quelle perte d’énergie et quelle image pour les gamins que ce combat inutile, tout autant que peuvent l’être ces photos prises par milliers, dont seules quelques-unes seront véritablement regardées.