Archives de catégorie : Caprice @

Caprice @7

Les publicités pour les prestations de ménage dans le métro m’inspirent décidément l’envie d’un grand coup de propre sur les murs carrelés des stations. La dernière en date à m’avoir agacée a comme slogan « Ménagez-vous, réservez-nous ! » avec en argument de vente « Ménage sans engagement, même au dernier moment ! »
Il s’agit bien de se ménager, et pas de ménager les personnels de ménage. L’argument peut s’entendre de deux façons : il est possible de demander une prestation de ménage au dernier moment ou il n’y a pas d’engagement jusqu’au dernier moment, donc il est possible de se désister jusqu’au bout (si c’est mis en avant, c’est donc sans frais, car sinon, cela n’a rien d’exceptionnel). Dans un cas comme dans l’autre, le client est roi et le personnel de ménage est un larbin, à la merci d’ordres ou de contre-ordres capricieux.
Je suis toujours choquée de cette manière si méprisante de présenter les prestations de service, en particulier de ménage, bien connues pour être essentiellement le travail de ménagère. Un petit tour dans une application et c’est la vie d’une employée, mal payée et mal considérée, qui doit changer pour se rendre chez le client quand ça l’arrange et ne plus y être quand cela le dérange.
Le petit personnel n’habite plus dans les chambres de bonne d’où il peut être tiré selon le bon vouloir du maître, il est quelque part, peu importe que ce soit loin, tant qu’il peut être à disposition. Le clic a remplacé le cordon de sonnette. L’exploitation reste à portée de main du détenteur de l’argent, ça, ça n’a pas changé au fil des siècles.

Caprice @6

Je cuisine beaucoup. Je ne dispose pourtant d’un four que depuis juin dernier et, côté appareils électriques, je n’ai qu’un plongeur un peu puissant, avec son petit bol mixer et son fouet. Je râpe à la main les légumes avec un Mouli-julienne hors d’âge, le fromage avec une râpe à fromage classique, pétris mes pâtes à la main, presse mes oranges et citrons au presse-agrumes d’antan… Mon souci avec les appareils « d’aide à la cuisine » est leur encombrement et la difficulté de les nettoyer quand on n’a pas de lave-vaisselle. Je n’ai pas de lave-vaisselle. Tout à la main ? Sauf la lessive, bien sûr !
Donc… J’ai eu envie de manger du homard. Maman m’a offert des bons d’achat dans un magasin de produits surgelés. J’ai acheté un homard de milieu de gamme (le breton était vraiment trop cher). J’ai appris en cours de route que qui dit homard, dit bisque ; j’ai regardé les recettes. Comment allais-je broyer la coque d’un homard avec le petit bol mixer de mon plongeur ?
Un souci personnel m’a portée à des ruminations persistantes qui m’ont menée à chercher tous les moyens de passer ce moment difficile. Pour mon plus grand désespoir, la consommation en fait partie et j’ai jeté mon dévolu sur un blender haut de gamme. Cappucino, cafés frappés, frozen yogurt, milk shake pour Isabelle, smoothies pour Sarah… et bisque ! Ce qui a emporté ma décision, c’est le système autonettoyant qui, à l’usage, se révèle en effet indispensable.
Je vous passe l’épisode de la bisque (ou pas, l’affaire est drôle) qui n’aura pas de seconde fois même si Danielle l’a certifiée délicieuse. L’appareil fonctionne à merveille ; je dois juste l’apprivoiser et comprendre exactement ce que je peux en faire. Pour l’instant, je me régale de cappucinos pleins de mousse (déca et allégés) et attends l’été pour ajouter les granités à ma liste.
Il y a quand même quelque chose qui coince dans cette belle affaire. Un blender, c’est très loin d’être écolo ! Il y a la machine, bien sûr, l’électricité qu’elle consomme (40 W pour un cappucino, une misère, certes, mais misère après misère, Fessenheim fait son tsunami), et l’eau nécessaire à son nettoyage. Un litre en automatique, deux ou trois pour rincer. C’est autant que ce que j’utilise pour une vaisselle !
Il va falloir que je cumule les deux opérations.

Caprice @5

Un soir dans le métro, je passe devant une affiche pour un site proposant des prestations de ménage chez les particuliers. Il y a deux parties : d’un côté, on voit une tâche de fruits rouges sur fond blanc, de l’autre, c’est une main (sans gant) qui tient une impeccable éponge sur fond vert. C’est laid, mais pas plus que tant d’autres affiches. Ce qui m’a franchement mise en colère est l’idée implicite des slogans : côté salissure « Osez le désordre », de l’autre « On s’occupe de tout ».
Ici, loin est l’idée de personnels de ménage travaillant pour nettoyer ce qui se salit par le fait même d’être utilisé (ou pas) : la vaisselle avec laquelle on mange, les draps que l’on utilise pour dormir, la poussière qui s’accumule. À l’impératif de se lâcher, comme si des tâches de fruits rouges constituaient un simple désordre, répond l’asservissement de personnes qui vont passer l’éponge sur ces caprices. Soyez sale ! Comportez-vous comme des sales gosses qui lancent leur cuillère pleine de jus par terre simplement pour oser défier l’ordre, il y aura bien quelqu’un à payer pour vous rendre toute votre innocence. Derrière le « on » si neutre, c’est au final des créateurs de stars-up et développeurs au chaud derrière leur écran et en bout de chaîne des travailleurs qui vont trimer à quatre pattes.
Quelle apologie du capitalisme dans ses plus profondes dérives ! Assumez de salir le monde selon vos caprices ! Osez polluer ! Des entreprises pourront toujours se faire de l’argent avec de belles publicités, un site Internet chic et des employés payés une misère. Reste bien sûr la croissance résultant de toutes ces opérations. Reste que toutes les tâches ne partent pas, sur les nappes, sur les sols, dans les airs ou dans les poumons.

Caprice @4

Gymanse de la PlaineJ’ai participé, cette année, à quatre tournois de judo côté organisation. À chaque fois, les arbitres, les commissaires sportifs et les personnes en charge de la coordination sportive se sont plaints de l’attitude des parents des enfants compétiteurs. Une bonne part d’entre eux, loin de se plier aux consignes de rester loin des tatamis pour ne pas perturber la compétition, se pressaient autant qu’ils le pouvaient autour des tables d’arbitrage, se bousculant, appelant leurs enfants pour un bisou, les encourageant sans mesure, invectivant pour certains les arbitres.
Lors du dernier de ces tournois, la configuration du gymnase se prêtait à ce que les parents ne puissent investir l’espace sportif, l’accès à celui-ci à partir des tribunes se faisant par une issue unique. Il fallait simplement que quelqu’un se poste là et joue au méchant organisateur. Je m’y suis collée, j’aime bien rabrouer les gens !
Il y a ceux qui ont tenté la finesse, prenant par la main leur futur champion de judo « pour l’accompagner à la pesée, madame. », ceux qui guettaient mon départ en passant la tête à travers la porte sortant des tribunes, ceux qui l’ont joué « Mon enfant est en danger. », forcément « Il a soif. », ceux qui ont tenté la force en me bousculant ou l’esquive en me passant dans le dos, ceux qui faisait leur pleureuse « Il est si loin… », ceux qui ont invoqué le contre-jour qui n’était pas compatible avec les photos, ceux qui ont osé la menace « À la piscine, ils ont interdit l’accès aux parents, plus personne ne vient ! », ceux qui ont fait vibrer la corde du malheur infantile « Son petit frère ne voit pas bien. », ceux qui ont argué « Je ne ferai pas de bruit » ou objecté que « Tout à l’heure, quelqu’un était là. »…
J’ai repoussé chaque assaut, avec le sourire et quelques arguments parfois choc (« — Vous voulez qu’il meurt de soif ; — Oui monsieur. »), le parent le plus violent ayant son enfant inscrit dans mon club. Il est revenu plusieurs fois à la charge jusqu’à ce que je dégaine « Comment voulez-vous que votre enfant respecte la règle si vous-même ne la respectez pas ? »
Et toc !

Caprice @3

SolairesJe suis passée chez l’opticien pour me trouver une paire de solaires « d’hiver », celles que j’ai actuellement ayant des verres polarisés nº 3 très confortables mais trop noirs quand je veux me protéger d’un ciel d’hiver un peu lumineux. Il s’agit donc d’une paire de dépannage que je vais utiliser trois mois par an. Je les souhaite moins galbées pour être moins encombrantes mais assez couvrantes pour que je ne regarde pas en dessous.
Mon opticien, très vite, renonce à trouver le bon modèle dans les paires en magasin. Il déniche mes solaires actuelles dans un catalogue, des verres polarisés nº 2 qu’il fera faire sur mesure, avec le galbe… 480 euros. Oups ! Ce n’était pas mon budget pour des solaires d’appoint. Je repars. Une heure plus tard, l’opticien me rappelle. Pas de verres polarisés en nº 2. La facture baisse à 220 euros. Toujours trop cher, surtout sans le confort de la polarisation.
Je me décide alors à passer dans un magasin de sport. Le choix est faible. Je ne trouve pas mon bonheur. Quelques jours plus tard, je fais le tour des opticiens près de chez Isabelle qui habite un quartier « populaire ». Nous croisons des paires entre 70 euros et 396 euros, sans verres polarisants ni forme adaptée aux exigences de mon nystagmus. Je lâche l’affaire quand Isabelle suggère d’aller à Monoprix dont nous ressortons cinq minutes plus tard avec une paire à 20 euros (pardon, 19,99 euros) ! Les verres sont de piètre qualité mais iront bien pour ce que je veux en faire. La paire est plate et rentre dans ma poche. La forme va presque bien. À ce prix-là, je m’adapte !

Caprice @2

Un député UMP propose que la cagnotte des jeux de tirage soit limitée afin que les gains soient répartis entre plus de joueurs. L’intention est louable, l’argument lui… « Remporter 185 M€ ou 30 M€, objectivement, il n’y a pas de différences sur les rêves qu’on peut accomplir. » [Le Parisien, 9 septembre 2011]
Cela ne devrait-il pas s’appliquer à toute personne disposant d’un patrimoine supérieur à 30 M€ ? Car si un tel argument ne s’applique qu’aux pauvres qui gagnent au Loto, cela en dit long sur le mépris qui entoure cette proposition.
Ah ! les pauvres… Il ne faudrait pas non plus qu’ils fassent de l’ombre aux riches !!

Caprice @1

" Rouge caprice" d'Helène de RouxCécyle m’a prêté le DVD d’un court métrage que j’ai beaucoup aimé : Rouge Caprice réalisé par Hélène de Roux. Y sont évoqués les caprices d’une comédienne. En y repensant, je me dis qu’il est rare que les caprices soient attribués aux hommes, du moins le plus souvent que pour deux catégories d’entre eux : stars et gamins (vous savez les sales gamins…).
Dans le langage populaire, les femmes peuvent être capricieuses à tous âges. Elles sont paraît-il notamment sujettes aux caprices pendant leur grossesse. Les caprices sont des envies soudaines, imprévues, passagères. De leur côté, les hommes vont plus facilement être considérés comme caractériels. Cela renvoie à une mésadaptation sociale.
Faut-il comprendre que les femmes ne peuvent qu’être objet de leurs désirs, alors que les hommes sont des sujets seulement en décalage avec la société ? D’ailleurs, il n’est pas rare que les homosexuels un peu efféminés se retrouvent taxés de capricieux, alors que les lesbiennes peuvent être taxées de caractérielles pour les renvoyer à la masculinité.
Je le sais d’autant plus que j’en ai fait les frais professionnellement. Des personnes m’ont  collé l’étiquette de caractérielle avec des arguments (stricte, procédurière., pointilleuse..) n’étayant objectivement en rien l’adjectif. Ainsi, j’ai découvert une nouvelle voie que pouvait prendre l’homophobie. Pour certains, les homosexuels ne sont pas considérés comme socialement adaptés. Parfois, ils peuvent en être fiers vu la société proposée.