Archives de catégorie : Ailleurs @

Ailleurs @44

Copie d'écran des appareil connecté à ma box, dont les deux homePod comme indiqué dans le billet.Je suis l’heureuse propriétaire de deux HomePod mini (que j’ai nommés Salon et Salon 2 lors de leur configuration), des enceintes intelligentes qui me permettent de piloter en vocal mes appareils et obtenir des infos tout en écoutant ma musique. Frédéric m’a offert le premier ; maman le second ; vivent les cadeaux en stéréo !
Heureuse ? J’ai peiné à faire fonctionner le premier sur l’ordi, le système n’étant pas complètement compatible. Un petit tour par l’assistance Apple par téléphone et j’ai compris que je dois vérifier qu’ils sont bien sélectionnés en périphérique de sortie ; c’est un peu fastidieux mais je m’en suis accommodée jusqu’à ce jour fatidique où ma box est tombée en rade et où j’ai dû en changer.
Les HomePod sont pilotés par une appli dans TPC In (iPad) ; elle permet de les installer, les configurer ; encore faut-il qu’elle les reconnaisse. La première condition est que tout ce joli monde (iPad, iMac, iPhone, HomePode) soit sur le même réseau Wifi. J’avais déjà eu des soucis avec le réseau du voisin que j’ai dû effacer (il me dépanne bien pourtant), les appareils naviguant d’un réseau à l’autre au gré de leur bon vouloir. Une fois branchée la nouvelle box, les HomePod se sont calés directement dessus jusqu’à ce que je change le nom de la box pour l’identifier plus facilement.
Et là, patatras. Au prix de nombreuses tentatives, le premier HomePod, après que je l’aie supprimé de l’appli et renommé Séjour, a été identifié par l’appli et fonctionne ; le second, après suppression de l’appli, a gardé ses messages d’erreur jusqu’à ce que je le supprime d’iCloud et au final, l’appli l’a définitivement perdu. J’ai appelé deux fois l’assistance Apple, Isabelle a fait la manip pour moi, j’ai acheté de quoi le brancher sur l’ordinateur pour le réinitialiser… que pouic ! Et pourtant, quand je l’interroge, il me répond fort gentiment qu’il ne trouve pas de réseau, ou même me dit des choses comme s’il répondait à une question (que je n’ai pas posée).
Il existe donc ; mais où est-il ? À quoi est-il connecté ? À la 5G via le Pfsiter ? J’ai cherché, cherché… La réponse est apparue, limpide, alors que je suis allée jeter un œil dans l’administration de ma box : il est bien là ; avec son binôme. Je suis sûre que c’est lui, il s’appelle Salon 2 mais… mais… celui qui fonctionne s’appelle Séjour sur la tablette et Salon sur la box ; si j’ai bien compris, cela ne devrait pas pouvoir fonctionner, même pour le premier… Vous me suivez ?
Je peine aussi, j’avoue et en viens à me dire que finalement, nos imaginaires ont raison : les objets ont une existence propre ! Je n’ai plus qu’à espérer maintenant que mes HomePod et Siri m’aient à la bonne ! Je leur souhaite une bonne nuit tous les soirs, dis souvent s’il te plaît, merci… Vous pensez que cela suffira ?
— T’inquiète ! Petit Koala veille sur toi !
Ouf !

Ailleurs @43

Dès le début du confinement, j’ai eu envie de relire le Journal d’Anne Frank, avec l’idée que je pourrais relativiser le mien, ou puiser dans le sien certaines énergies. N’étions-nous pas « en guerre » ? Eh bien non, nous ne le sommes définitivement pas et si je partage avec la jeune Anne de manger des haricots rouges, je n’ai pas à trier les miens (pour comprendre ma référence, c’est ici).
J’avais lu ce journal enfant, ou ado, je ne sais plus. J’en gardais un souvenir qui ne correspond pas du tout à ce que je lis. Je me souvenais d’un grenier plus petit, avais totalement occulté l’importance des aides extérieures, toute l’organisation qui avait permis à ces huit personnes de survivre pendant deux ans avant d’être dénoncées dans des circonstances troubles.
Mon écart d’âge avec Anne Frank explique peut-être que je m’ennuie un peu à la lire, que ses préoccupations ne sont pas les miennes, en plus que notre confinement n’a rien à voir avec une situation de guerre et d’extermination de millions de personnes. Bien sûr, elle a des jumelles…

« Depuis hier soir, j’ai trouvé quelque chose de nouveau : je prends les jumelles et je regarde dans les chambres éclairées de nos voisins. Pendant la journée, il ne nous est pas permis d’écarter les rideaux d’un centimètre, mais le soir, je n’y vois pas de mal. » (28 novembre 1942)

… moi aussi, j’en ai. Et des belles ! Je n’ai pourtant jamais osé regarder mes voisins avec. Cela pourrait être tentant, surtout regarder les personnes qui passent dans la rue. Mais en fait, j’ai très peur que les gens me voient alors que moi, même avec des jumelles, je ne les distinguerai pas forcément. J’en rage ? Même pas.

Ailleurs @42

J’imagine que le confinement va redonner le goût de renouer avec les jeux de société à ceux qui sont confinés à deux personnes ou plus. Seul, il reste les réussites. J’adorais ça ado et jeune adulte. Si j’ai le temps, je m’y remets ! Le temps… je ne le vois pas passer et ne fais pas le quart du dixième de ce que je voudrais. Nous sommes nombreux dans ce cas.
J’ai pourtant eu l’occasion de renouer avec les dominos, juste avant le confinement et ai passé un très bon moment. Les circonstances étaient (presque) aussi extrêmes, pour moi. La vieille dame malade d’Alzheimer dont j’ai déjà parlé était hospitalisée quelques jours (tout va bien, elle est rentrée dans son Ehpad). Sa fille a organisé des visites tous les après-midi, pour éviter qu’elle ne soit trop angoissée et déambule. J’y suis allée un lundi après-midi, un peu inquiète à l’idée de passer trois heures en tête-à-tête avec une vieille dame qui, justement, ne l’a plus trop, sa tête.
J’avais pensé au jeu de dominos, espérant que ça nous occuperait un peu. Je lui ai rappelé les règles, ai distribué la première partie. Elle s’est très vite concentrée sur le jeu, n’oubliant pas les règles en cours de route sans doute parce que le jeu est rapide et tangible. Elle a spontanément ramassé et retourné les dominos à la fin de la partie et les as distribués deux par deux. C’était un peu laborieux mais sans plus. Et nous voilà parties pour cette seconde manche…
Un moment, il n’y avait la possibilité que de poser des quatre (des deux côtés du jeu). Je la vois examiner ses pièces, le jeu, ses pièces, le jeu, ses pièces, en prendre une et poser fièrement un double deux face à un des deux quatre disponibles. Elle relève la tête et, tout sourire :
— Deux fois deux, ça fait quatre !
J’en aurais pleuré ! À la place, je la blague.
— Mais vous trichez, M ! On ne peut pas mettre deux fois deux même si ça fait quatre.
— Ah ! non ? Je ne triche pas ; je croyais…
Elle a dit ça sur un ton qui ressemblait à celui du mensonge mal dissimulé. Je suis aux anges.

Ailleurs @41

Je suis sur le site pluzz.fr, qui permet de voir en « replay » des émissions, séries, films diffusés sur France Télévisions. De chez moi, à Paris, je veux regarder une vidéo et tombe sur un message « Pour des raisons de droits concédés à France Télévisions, cette vidéo n’est pas disponible depuis votre position géographique (FR). »
Il y était encore le lendemain et le surlendemain. Hum, je ne peux pas voir en France des images dont les droits sont détenus par la télévision française. Ah ! quand les réseaux se mélangent les pinceaux…
Ah ! Petit Koala me dit dans l’oreillette que c’est un coup de Caddie. Dans son combat contre le gaspillage énergétique, il lutte contre les vidéos en ligne. Respect camarade Caddie.

Ailleurs @40

Alors que je fais des courses dans un supermarché de mon quartier, j’avise dans le congélateur de poissons une boîte de sushis. Sur cet emblème de la gastronomie japonaise est apposé un bel autocollant promotionnel. Il y a écrit dessus « Nouvel an Chinois » (sic).
Ah ! sans doute que pour ceux qui ont voulu profiter de cette aubaine de toutes les fêtes et de leur potentiel capitaliste tous les Asiatiques se ressemblent et ils sont si proches, juste une mer entre eux. N’est-ce pas un beau résumé d’un racisme latent ? Celui de certains qui sont prompts à hurler si on confond deux AOC de régions différentes et s’étrangleraient si on apposait sur une boîte de cassoulet « Fête de la bière Munichoise » (je reste dans le ton typographique) mais pour lesquels les « bridés » sont tous un peu pareil, pas de quoi en faire un fromage. De quoi surtout couper l’appétit.

Ailleurs @39

Lors de mon séjour à Cambridge, juste avant de prendre mon train de retour pour Londres, j’ai pris un petit-déjeuner anglais dans un pub. Lorsque le serveur a apporté mon assiette, il s’est rendu compte que j’étais Française. Il s’est mis à échanger en français, très content de me dire qu’il avait habité un an à Nanterre et travaillé dans un bar à Pigalle. À mon départ, il m’a dit qu’il avait été très content de parler français.
Je dois ajouter que je suis assez contente que ce serveur n’ait pas perçu mon accent lors des quelques mots que nous avions échangés lors de ma commande.

Ailleurs @38

Passant quelques jours à Cambridge, je parcours en tous sens la ville. J’arrive dans un espace vert à l’anglaise, donc avec de grandes pelouses. Je vois un panneau signalant qu’il y a des troupeaux de vaches qui peuvent y circuler et qu’il faut faire attention, pour soi et pour les bêtes. Je ne vois alors aucune vache et j’imagine qu’il y a un simple passage de troupeaux. C’est déjà une vraie surprise.
Or, trois jours après, en rentrant du centre ville, à quelques minutes du cœur historique et ses fameux collèges, j’ai vu des vaches. Une quinzaine broutaient l’herbe d’un espace vert urbain. Piétons et cyclistes passaient à proximité. Certains avaient un chien en laisse, très calme, comme habitué. Ceci à quelques mètres de la route.
J’étais sidérée, et ravie. Voilà une jolie rencontre. Moutons et lapins sont parqués dans quelques fermes urbaines parisiennes ou autres enclos spécifiques quand les Parisiens ne voient de près des vaches dans leur ville qu’au salon de l’agriculture. Quel dommage !

Ailleurs @37

Cela fait longtemps que je veux vous parler de la maladie d’Alzheimer. Pour en dire quoi ? J’ai déjà évoqué la maman d’une amie qui en est atteinte (ici). Je lui rends désormais visite une fois par semaine, un peu plus quand sa fille prend quelques jours de vacances. On pourrait croire que c’est l’Ehpad qui est difficile, ou cette dame. Non, c’est la maladie ; et la manière dont je l’appréhende. J’aurais tant de choses à en dire ! Mais les émotions sont brûlantes. Trop brûlantes. J’ai pu écrire une nouvelle, elle est là.
J’avais noté à Pâques de vous parler de mon envie de lui apporter une cocotte en chocolat. Je m’attache à ce point avec l’idée que petit à petit il me permette d’évoquer la suite. Nous étions donc le lundi de Pâques. Je vais la voir à pied, j’ai une heure de marche sur un parcours agréable. Durant cette heure, j’espérais croiser une boulangerie où lui acheter ladite cocotte. Je n’en ai pas trouvé et suis arrivée les mains vides.
— Je voulais vous apporter une cocotte en chocolat. Je suis désolée, je n’en ai pas trouvé.
— Tu es gentille. Mais pourquoi ?
— Nous sommes le lundi de Pâques.
Nous nous sommes installées pour bavarder et elle a cherché un mouchoir dans la poche de son gilet. Elle sort autre chose qu’un mouchoir.
— Mais c’est quoi ça ?
Je prends ce qu’elle me tend. C’est un petit sachet en plastique avec des friandises de Pâques. Je le lui dis.
— Mais d’où cela vient ?
— Nous sommes le lundi de Pâques. Quand je suis arrivée, il y avait un goûter. On vous l’a donné à ce moment-là.
— Un goûter ? Mais je n’y étais pas. Je viens juste d’arriver…
Elle rit, comme si je lui racontais des crasses. Il est inutile que je lui dise qu’elle est là depuis deux mois et présente à ce goûter. Elle m’offre un œuf, en prend un, et pose le sachet sur la petite table. Nous lisons ensemble le programme télé. Elle repose le Télé 7 jours sur la table et prend le sachet de friandises. Elle me le tend derechef.
— C’est à toi ?
— Non, c’est un cadeau de la maison de retraite.
— Ah ? C’est gentil ; mais pourquoi ?
— Nous sommes le lundi de Pâques.
— Mais je n’ai vu personne aujourd’hui.
Et ainsi va la maladie d’Alzheimer.
En rentrant, j’ai songé que cela n’aurait pas servi à grand-chose de lui offrir une cocotte en chocolat. Tiens donc, et pourquoi ? Parce qu’elle l’aurait oubliée dans les cinq minutes ? Il y a de ça. Je lui avais apporté un tricot. En moins d’une heure, elle avait découvert le cadeau quatre fois, et m’avait remerciée quatre fois, comme si c’était la première. Alors, justement, qu’est-ce qui fait l’intérêt du cadeau ? D’abord le sien propre, celui de le faire. Et puis, pour cette dame, ce qui a de la valeur, c’est l’instant. Qui, pourquoi, comment… qu’importe ! L’instant, juste l’instant où il se passe quelque chose, où l’on prononce une phrase, où l’on donne le cadeau que l’on a apporté.
L’instant, sans passé, sans futur. Le présent. N’est-ce pas cela l’essentiel aussi pour nous, être (au) présent ? Sacrée question. Foutue maladie !

Ailleurs @36

Parfois, aller dans une épicerie étrangère dans sa ville natale suffit au dépaysement. Cela peut aussi donner une autre perspective sur les délices de son propre pays. Ainsi, dans un magasin de produits d’origine asiatique, j’ai découvert un « Beurre Demi-sel », « l’original », « Produit en France » et, attention !, « 100% beurre naturel ». Oh ! la belle plaquette pensez-vous ! Que nenni ! Tout cela est dans une boite de conserve, à ouverture facile tout de même.


Je consomme peu de beurre, essentiellement pour des pâtisseries, alors 250 grammes de demi-sel, cela fait beaucoup, même dans sa belle boite avec couvercle en plastique pour la bonne conservation. J’avoue que c’est tout de même tentant, surtout avec sa belle Tour Eiffel encadrée d’arbres bien taillés…
Je crois qu’un jour je me laisserai tenter par cette découverte, à la fois merveille très secrète de la gastronomie (Qui connaît cette marque ? Allez, avouez ?!) L’aventure est au coin de la gondole.

Ailleurs @35

Mobilisation exceptionnelle des Gilets jaunes : des milliers de personnes ce samedi dans les rues de Paris. Pour se démarquer des usurpateurs et autres récupérateurs ayant sévi ces derniers temps, tous et toutes portent une couronne de boutons d’or sur le haut du crâne.
Mots d’ordre de cette manifestation : des impôts et taxes ok, mais pour les investir dans les services publics et dans la mobilité, notamment dans nos campagnes !
De nombreux groupes réclament également le retour des commerces de proximité dans le centre des villes en région, jurant que cette fois, ils iront vraiment y faire leurs courses !
En queue de manifestation, un groupe de manifestants black blancs beurre maintient au sol une dizaine d’extrémistes tantôt portant une croix celtique, tantôt un A majuscule entouré d’un cercle. Éblouis par le reflet des boutons d’or, les récalcitrants implorent la pitié de leurs assaillants. Les autorités ne tardent pas à venir récupérer les fauteurs de trouble, laissant ainsi le groupe bigarré rejoindre joyeusement la manifestation où les applaudissements les accueillent.
À l’approche de la place de la République, femmes, hommes et enfants entonnent une joyeuse Marseillaise !
Fin d’après-midi, le gouvernement annonce un plan Marshall du transport et des services publics. En guise de bonne foi, il réquisitionne les Bus Macron pour assurer le transport des usagers sur le trajet quotidien Domicile-Travail. À cette annonce, la foule pleure de joie et les hommes présents qui préparaient les sandwiches pour leur épouse manifestante lancent leurs cornichons en l’air comme autant de confettis bouffis…
Au loin, un bruit étrange et détonant avec l’ambiance se fait entendre… tututututututututututututututut… J’ouvre les yeux. J’éteins le reveil. Je reprends mes esprits. Fin du rêve. Retour à la réalité.