Archives de catégorie : Aïe ! @

Aïe @34

Suite à un ennui de santé résolu depuis, j’ai dû me rendre nuitamment aux urgences en dépit du couvre-feu. Après avoir appelé un taxi et avant de sortir, je prépare donc mon attestation. Le taxi arrive et me voici en route dans les rues désertes de Paris. À l’approche de l’hôpital, nous remarquons deux véhicules de police en stationnement. Je me demande un instant s’ils font des contrôles mais pas du tout. Nous sommes quelques jours après le triste anniversaire de l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo et les forces de l’ordre surveillent la plaque commémorative placée devant les Petit Cambodge et le Carillon… car oui, nous sommes à une époque où il faut surveiller certains lieux de souvenirs semble-t-il…
Sinon côté santé, le verdict est bien moins grave que le premier diagnostic gracieusement offert par ma chauffeuse de taxi. En lui parlant de ma douleur au bras, elle m’avait indiqué avoir eu la même chose et qu’il s’agissait d’un début d’AVC… Bref, de quoi vous couper le souffle.

Aïe ! @33

J’avais envisagé il y a quelque temps de changer de matelas. Ce n’était pas urgent, le mien ayant sept ans, mais il était un peu abîmé. J’avais regardé d’autres tailles et modèles puis j’avais mis de côté l’idée.
Un soir de décembre, au moment de me coucher, je trouve mon lit mouillé. J’investigue et me rends compte que Helgant a uriné dans mon lit. En réfléchissant, je repense que ce matin-là, je n’ai pas pris le temps d’un câlin à Helgant avant de prendre ma douche, pressée de pouvoir sortir avec lui avant d’aller travailler au bureau pour une longue journée. J’avais vu que la porte de la chambre était passée d’entrouverte à ouverte sans m’interroger plus avant.
Me voilà tard le soir à éponger et essayer de limiter les dégâts et trouver le moyen de pouvoir dormir. Me voilà le lendemain à essayer de trouver une solution plus durable… donc à changer de matelas.
Je retourne au magasin en face de chez moi où j’avais acheté le précédent matelas. L’enseigne a été reprise, les conditions et modes de livraison ne sont plus les mêmes… La note est un peu élevée pour une livraison dans plusieurs mois.
Après réflexions et nouvelles recherches, j’opte pour un vépéciste et le matelas de sa marque. Livraison prévue un samedi trois semaines plus tard, prix à moitié moins que l’autre pour une qualité qui me semble bien convenir. Quelques jours après ma commande, je reçois des messages m’indiquant une livraison ce samedi. Je peux choisir un créneau de deux heures. Je m’organise pour réserver un créneau aux encombrants dans la foulée.
Le jour dit, avant 8 heures, début du créneau, j’ai déplacé l’ancien matelas. À 8 heures, le livreur apporte le neuf dans la pièce et me l’installe sur le sommier. Je teste, le matelas est parfait.
Peu après, je me décide à me lancer dans l’aventure de descente du matelas seule. Et j’y arrive plutôt facilement par l’escalier en aidant à la glisse la literie.
Voilà une affaire rondement menée. J’ai acheté une alèse imperméable. Et je ferme bien la porte de la chambre. Sans compter que je prends le temps d’un câlin le matin, l’avoir omis une fois m’a rappelé l’importance qu’il a pour Helgant, mais aussi pour moi. C’est notre moment de démarrage de bonne journée.

Aïe ! @32

Je suis allée chercher Danielle, 78 ans, à la gare Montparnasse. J’y ai accès depuis la gare Pasteur, plus proche de chez nous. Des barrières amovibles empêchaient d’accéder au quai 3 en plus des sas de contrôle en place depuis quelques mois. Je me suis approchée d’un agent pour lui expliquer que j’allais chercher une vieille dame en haut de l’ascenseur du quai 3.
— Vous ne pouvez pas accéder au quai et, en plus, il n’y a pas d’ascenseur.
Je dis ma surprise, au vu d’un article de Que Choisir que j’avais lu la veille qui indique que la SNCF précise que « Pour les voyageurs sensibles — (…) personnes âgées —, les agents doivent autoriser le passage d’un accompagnant. »
— C’est un Ouigo.
— Ce n’est pas la SNCF ?
— Je n’ai aucune consigne. Je ne les prends pas de Que Choisir mais de ma hiérarchie.
Gentil, il m’explique que je peux descendre via la voie 6, remonter jusqu’au bout des quais, et attendre Danielle au bout de la voie 3. Je remarque que c’est compliqué.
— Quand on sait, c’est facile.
Un blagueur !
C’est ce que j’ai fait, obligée de prévenir Danielle par téléphone du changement de programme. Elle a tiré sa valise jusqu’au sas de sécurité sur toute la longueur du quai, puis nous avons remonté l’équivalent de toute cette longueur pour arriver à mon point de départ. Ouigo intègre-t-il un programme de maintien en forme à destination des personnes âgées ? Cela y ressemble. C’est vrai que l’on est tellement mal installé dans ses trains ; il faut bien se dégourdir un peu les jambes !

Aïe ! @31

Mi-novembre, j’ai reçu un mail de la Caisse d’allocations familiales m’indiquant que mes droits avaient changé. Je devais aller voir sur le site de quoi il s’agissait. Ce genre de mail est toujours inquiétant ; la Caf n’a pas son pareil pour réévaluer une situation (souvent à la baisse) avec application immédiate sans que l’allocataire que je suis ne sache trop pourquoi. Même après trente-six ans de relations intensives avec cet organisme, je ne m’habitue pas, ce d’autant moins que ma situation économique en dépend.
Comme de bien entendu, je reçois toujours ce genre de mail quand je ne suis pas chez moi quelques jours, et n’ai pas mes codes d’accès. Là, j’étais en exil chez Isabelle pour cause de travaux. J’ai donc dû attendre quarante-huit heures pour savoir à quelle sauce j’allais cette fois être mangée.

« Mon dernier paiement
« le 25/11/2019
« 1 €
« > Voir le détail
« Paiement à un tiers »

Au vu de la date de paiement, je comprends sitôt qu’il s’agit de l’APL, ce que la mention « paiement à un tiers » (mon bailleur) confirme. Mon sang ne fait qu’un tour. 1 euro ? Ce n’est pas lourd, à peine 0,0036 % de ce que je touche d’ordinaire. J’ai encore la ressource de cliquer sur « Voir le détail » et là, je lis que ce 1 euro est le « montant versé pour le mois d’Octobre (sic) 2019 », ni plus ni moins. C’est plus pire que les 5 euros retirés par le gouvernement l’année dernière.
Je reste calme tout en sentant la sueur monter et m’en vais télécharger mon attestation de droits, ne serait-ce que pour vérifier que mon AAH n’est pas touchée par cette casse sociale. Et là, miracle !
Le 1 euro correspond à la première ligne qui ici précise « rappel sur la période… » « Rappel », le mot magique ! Ne pouvait-il pas apparaître sur le site, à l’endroit de la notification ? Cela m’aurait épargné un coup de sang et une petite suée.
Quant aux personnes qui, tout en ayant un accès Internet, ne sont pas familières de la navigation sur ces sites administratifs et des différentes façons dont les informations sont disponibles… les personnes ? Pardon, les « allocataires » ; c’est déjà moins respectable que des personnes ces gens-là, des profiteurs qui ne travaillent pas, des fraudeurs en puissance, des pauvres qui préfèrent se gratter les punaises de lit plutôt que de servir l’intérêt général, des… 1 euro. Ça suffit bien.

Aïe ! @30

En bibliothèque municipale, j’ai emprunté des DVD documentaires, notamment historiques. L’un était dans la section « Guerres mondiales » sur la montée au pouvoir d’Adolf Hitler. Les archives présentées sont impressionnantes. Il y a en a beaucoup que je n’avais jamais vues.
Le souci est leur « mise en scène ». En effet, Laurence Rees, dans ce DVD mais également dans d’autres, les place dans un discours et un montage très « expressifs ». Il y a de courtes reconstitutions de réunions avec des comédiens et parfois des chiens. Cela est souvent fait de manière grossière : un responsable SS compare des soldats à des chiens, alors on voit de vrais chiens filmés de nos jours. Il y a également beaucoup de fondus d’images d’archives avec des flammes en surimpression.
Cette scénographie me semble problématique parce qu’elle induit l’idée d’un spectacle. Est-ce pour attirer ou retenir des spectateurs qui ont du mal à s’intéresser à des archives ? Cela ne peut pas le justifier, car il y a tout de même de longs passages d’archives. Ces spectateurs vont plutôt regarder les fictions sur le sujet.
Les commentaires en rajoutent avec un ton dramatisant. Mais le fond aussi m’a gênée. Le sous-titre est « Du charisme au chaos ». S’il est indéniable que l’ascension au pouvoir d’Hitler est liée à sa personnalité et, de fait, son charisme, le commentateur n’arrête pas d’utiliser le terme. C’est un mantra. Le mot « charisme » est bien trop présent. Cette répétition occulte une analyse qui n’est que partiellement présente de cette montée en puissance et surtout rapporte par réduction le nazisme à son chef. Mettre en avant à ce point la venue du troisième Reich par le charisme de son chef occulte la potentielle survenue d’autres mouvements haineux et les éléments qui permettent de les discerner. Le risque aussi est de finir convaincu que le charisme d’Hitler est tel qu’il est évident que l’on ne peut qu’y succomber. Il me semble donc que tout cela est totalement contre-productif pour un documentaire visant à critiquer pour dénoncer.

Aïe ! @29

Appeler les pompiers pour un feu dans son bâtiment moins de dix minutes après le lever, ça pique. C’est d’abord l’odeur qui m’a poussée à aller à la fenêtre. Ce sont les flammes au rez-de-chaussée visibles de mon 7e étage qui m’ont amenée à prendre mon portable. Je voulais passer une journée tranquille, c’était râpé.
Au final, pas de victime, mais une personne a son appartement dévasté. Les pompiers sont intervenus rapidement et le feu a été éteint en peu de temps mais les dégâts provoqués sont impressionnants.
Personnellement, j’en tire expérience que d’avoir testé mes réflexes en cas d’incendie, évacuation d’habitants et travail avec la brigade de sapeurs-pompiers de Paris et la police compris : quelques points d’amélioration que je cerne mais je suis plutôt au taquet au cas où.

Aïe ! @28

Au mois de juin dernier, j’ai été mordue par une tique. Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. C’est arrivé dans l’Aube et je m’en suis aperçue rentrée à Paris.
J’ai voulu déclarer la tique dans l’application de l’Inra « Signalement tique ». Téléchargement de l’app, inscription, connexion, procédure pour déclarer… que je ne peux mener à bien. En effet, le lieu géographique est à indiquer via une carte, qui utilise la géolocalisation. Après plusieurs vaines tentatives, je n’ai jamais pu marquer l’endroit où cela est arrivé, seulement… Paris.
J’ai eu beau chercher comment contourner la géolocalisation obligatoire, regarder les différentes rubriques, réessayer… Mon signalement ne servant à rien s’il était géographiquement faux, j’ai laissé tomber et supprimé l’application. Dommage.

Aïe ! @27

Je suis à une terrasse de restaurant le long du port de Sète. Deux femmes sont à la table d’à côté, plus avancées dans leur repas que moi. Il n’y a pas grand monde encore à table et personne à proximité. Leurs desserts arrivent quand mon plat est en cours. Avec leurs cafés, elles aimeraient fumer. L’une d’elles me demande si cela ne me gêne pas. Je réponds non, estimant que là où nous sommes, la fumée ne m’atteindra pas. Elles parlent du vent qu’il y a et qui ne devrait pas me gêner et que sinon, elles éteindront leur cigarette.
Elles fument, je ne sens rien, car elles font bien attention et la fumée part de l’autre côté. Elles continuent à parler. La discussion porte sur une maison puis sur des voyages. L’une parle de l’hygiène des sanitaires. Je me sens de moins en moins à l’aise. Heureusement, l’autre l’interrompt, car c’est aussi le cas pour elle. La conversation change aussitôt.
Il n’y a pas à dire, leur discussion m’a bien plus gênée que n’importe quelle odeur de tabac. Il est connu que l’ouïe est un sens particulier, proche en cela de l’odorat, en ce qu’il est bien difficile de pouvoir choisir ce que l’on entend comme ce que l’on sent. Il est juste possible de penser à autre chose pour ne pas tout entendre, juste des mots qui surgissent. J’étais à la limite du dégoût en imaginant de quoi il était question. Au moins, j’ai pu terminer mon repas sans avoir à intervenir dans leurs échanges.
Ces deux femmes étaient sympathiques et attentionnées, mais l’une d’elles n’a pas pensé un moment que le sujet pouvait être désagréable pour son interlocutrice et, a fortiori, pour quelqu’un d’autre autour. C’est de plus en plus souvent le cas avec le portable où les personnes sont dans leur bulle, donc encore moins attentives à ce qu’elles peuvent imposer aux autres. Et cela ne va pas s’améliorer.
J’ai une pensée particulière pour tous ceux qui devront se voir imposer les discussions de repas du moment de leurs parents homophobes, les beaux-frères sexistes ou leurs cousins racistes, sans compter les belles-mères harpies. Joyeux Noël !

Aïe ! @26

King kong théorie a marqué Cécyle et moi. Cela reste un livre important que la célébrité actuelle de Virginie Despentes avec sa trilogie Vernon Subutex a relancé dans les médias. Une adaptation théâtrale est actuellement présentée à Paris.
Quelle ne fut pas ma stupeur quand j’ai découvert cette annonce via une affiche sur les colonnes Morris ! Enfin, c’est plutôt l’affiche elle-même qui m’a frappée. On y voit le dessin d’un sein nu de profil auquel est accroché un piercing de la représentation symbolique de la femme.
Ce livre est libérateur, pour une vision politique de la défense des femmes, opposé à leur marchandisation. Ce dessin ramène chaque femme a un sein comme une vulgaire pub racoleuse. Ce sein que les violeurs et autres oppresseurs des femmes que dénonce Despentes veulent attraper de force et exhiber comme des trophées de leur domination. C’est l’antithèse de ce que représente ce texte pour moi.

Aïe ! @25

Dans le métro, je vois une campagne d’affichage pour un parc zoologique. Pour attirer le visiteur, des attractions sont lancées. L’une d’elles est une tyrolienne au-dessus des animaux, dont des lions. L’accroche est « Pour rugir de plaisir » avec un lionceau la gueule bien ouverte.
Certes, je dois dire que ce genre d’envol a tout pour me plaire, car c’est 500 mètres de traversée des airs. Mais, cela me gêne que les animaux puissent être ainsi mis en scène et surtout qu’ils vivent avec des zigotos d’humains partout autour d’eux, même dans les airs. Celui qui peut vouloir exprimer son plaisir dans cette activité me semble plus l’humain que le lion.