Archives de catégorie : Adieux… @

Adieux @43

À l’été 2009, je me suis lancé dans de grands travaux dans mon appartement. Ayant emménagé en 2001 dans cet appartement (celui que j’occupe encore), il en avait bien besoin. Évidement, ce qui ne devait être qu’un simple rafraichissement de peinture a finalement pris une toute autre dimension : sols, plafonds, murs, meubles… tout y est passé.
Une fois ces grands travaux terminés, il me restait à investir le balcon dont j’avais peu profité jusque-là. C’est à cette occasion que j’ai laborieusement fixé un store pour profiter de cette terrasse sans les inconvénients du « vis-à-vis » des étages supérieurs.
C’est donc avec une certaine émotion que je l’ai décroché cette semaine pour laisser la place au ravalement de façade et au changement de fenêtres.
Une page se tourne et donc une nouvelle s’ouvre !

Adieux @42

Il y a des amis Facebook qui ne sont pas des proches, mais des connaissances, plus ou moins souvent croisées. Pendant le confinement de ce premier semestre 2020, l’une d’elles, un homme rencontré dans le milieu associatif, est morte du covid-19 après un mois de soins à l’hôpital. Il avait, à quelques mois près, mon âge et était un grand gaillard sportif. L’annonce de sa mort m’a mis un coup.
En cette fin juin, je vois une notification Facebook… de son anniversaire de naissance. Sont publiés des mots évoquant le deuil, le chagrin, le souvenir, mais aussi des messages de plusieurs de ses nombreux contacts sur le réseau lui souhaitant un bon et heureux anniversaire.
C’était assez surréaliste et assez glaçant. De quoi m’éloigner un peu plus de ce réseau, auquel je me connecte plus épisodiquement depuis quelques mois.

Adieux @41

En ce début janvier, alors que Cécyle et moi marchons dans la rue, je vois une cage pour hamster ou lapin sur le trottoir. Elle est posée devant la porte d’un immeuble. À l’intérieur… un lapin mort avec ses affaires. Quelqu’un, trouvant le lapin mort au matin dans sa cage, a tout simplement décidé de jeter le lapin avec l’ensemble de son environnement. Je fais alors un Dans ma rue pour signaler la présence d’un animal mort sur la voie publique.
Comment peut-on ainsi se débarrasser du corps d’un animal domestique ? Comment le poser ainsi à la porte de son logement ? C’est un mystère.
Adieu pauvre petit lapin.

Adieux @40

Ma banque m’a fait rire. Non ? Si si… Dans un message sur mon compte en ligne, elle m’informe que les garanties de mon assurance de compte changent « Votre garantie Sports et Loisirs est remplacée par la garantie Forfait Décès accidentel. » Je trouve le changement de couverture surprenant ; ont-ils eu vent que mon activité sportive a baissé de 20 % entre les saisons 2017-2018 (336 heures) et 2018-2019 (271 heures) ?
J’ai interrogé Caddie qui m’a juré n’en avoir rien dit à mon conseiller financier, ce d’autant qu’il me sait affectée par cette baisse d’activité. C’est vrai que j’avais atteint un seuil depuis octobre 2014 (+ de 360 heures/an) qui m’était de moins en moins bénéfique : grosse fatigue ; risque de blessures. Mais quand même… Je me sens un peu vieillir et ma banque en rajoute, garantissant désormais mon décès plutôt que mon activité.
— Mais non ! Elle a juste peur qu’à trop faire du sport tu aies un accident.
C’est un peu la même chose, Caddie ; tu ne trouves pas ?
— C’est que…
T’inquiète Caddie, je vais m’en remettre. Rappelle-moi juste au 1er novembre de désigner le bénéficiaire de ce « capital forfaitaire de 2500 euros en cas de décès accidentel garanti ». Je ne vaux décidément pas cher autant que je dois mourir dans certaines conditions. Lesquelles ?
Verdict le 1er novembre… la Toussaint. Je suis cernée !

Adieux @39

Je suis très choquée par le suicide de la directrice d’une école maternelle de Pantin, dans l’enceinte de son école. Elle est morte à 58 ans. Le choix du lieu de sa mort n’est pas le fruit du hasard. Elle a choisi de mourir là où sa souffrance est née et a été nourrie. Son histoire me renvoie à une autre. Mon chagrin et ma colère en sont démultipliés.
J’ai vu passer l’information sur Twitter. J’ai cherché pour en savoir plus et ai trouvé cet article de 20 Minutes. Je lis « Elle voulait que tout soit parfait c’est ce qui l’a tuée » ; non, ce n’est pas « ce qui l’a tuée ». Je comprends qu’il est difficile d’accepter que le suicide soit pour quelqu’un la seule issue à sa souffrance. Mais cette personne n’est pas responsable de sa souffrance ; elle en est la victime et le suicide n’en est que la terrible solution.
Ce genre de commentaire est aussi un moyen de dédouaner l’institution, la belle institution qu’est l’Éducation nationale et pour laquelle j’ai une grande admiration. Mais il faut accepter l’idée que celle-ci n’a pas pris soin de cette directrice, et de tant d’autres. À force de galvauder le métier d’enseignant, et par extension celui de directeur, enseignant déchargé ou non de classe pour mener des tâches administratives, d’en exiger toujours plus, on produit de la souffrance ; une souffrance qui n’a parfois pas d’autre issue que le suicide.
Les parents, aussi, dans les exigences qu’ils formulent en écho à la pression économique et sociale dont ils sont eux-mêmes l’objet, ont une responsabilité. Nous avons tous une responsabilité, celle du monde dans lequel nous vivons. Rien n’est inéluctable. Ce sont les choix de vie, de société, que nous faisons, ou que nous ne faisons pas, qui produisent (ou non) de cette violence qui cause tant de souffrance.
Je voudrais que chacun ait conscience de cela, des conséquences de ce qu’il consomme, produit, possède ; elles sont certes environnementales ; elles sont aussi humaines. Je voudrais aussi que vous lisiez la lettre de cette directrice d’école. Elle ne comprend aucun pathos, aucune revanche, aucune haine ; elle dit simplement une souffrance qui n’a trouvé d’issue que dans la mort.
Prenez soin de vous. Et, s’il vous plaît, prenez cinq minutes par jour au moins pour vous interroger sur le monde, et votre engagement à renoncer aux violences, celles qui vous font souffrir et sont inhérentes au monde. Merci.

Adieux @38

En passant à la bibliothèque, je suis tombée sur un livre consacré à l’affaire Grégory. J’avais déjà évoqué en Hétéronomie mon intérêt pour ce fait divers qui a marqué ma jeunesse. En lisant cet ouvrage, écrit, fort mal, par une journaliste, j’ai découvert de nouveaux éléments intéressants.
Je savais déjà combien le meurtre a été l’objet d’enjeux qui le dépassaient largement, notamment liés au traitement médiatique fou. Aujourd’hui, j’ai aussi mieux compris ce que j’avais vaguement vu concernant la « concurrence » gendarmerie / police. Plus encore, le livre évoque les tensions politiques qui ont joué, par avocats interposés, selon leurs convictions et leur proximité partisanes respectives. Vers la fin de ma lecture, une nouvelle décision de justice est revenue sur une audition majeure de 1984.
Au-delà des histoires de famille, secrets, jalousies, revanches… déjà particulièrement riches, c’est un tableau très large qui se dessine. Les imbrications et influences entre des éléments très divers, proches ou éloignés, permettent à mon sens de réfléchir une fois de plus sur la distance à essayer de prendre vis-à-vis des événements, quels que soient leur taille et leurs protagonistes. J’ai réservé à la bibliothèque d’autres livres sur l’affaire.

Adieux @37

Adieu à l’année qui se termine, c’est aussi bonjour à celle qui vient. Pour mon passage de 2018 à 2019 dans l’hémisphère Sud, l’objectif premier était de se tenir éveillée pour voir des feux d’artifice… à minuit. Ces feux (oui, plusieurs un peu éloignés les uns des autres) étaient magnifiques, sur l’eau de l’océan indien, avec un horizon dégagé : un fort beau spectacle pour commencer l’année.
Bref, à minuit quinze, l’objectif avait changé et devenait : dormir. Cela n’a pas traîné. Il était donc assez désagréable que le téléphone sonne à 1 h 55 pour s’entendre demander par la réception de l’hôtel, après moult excuses pour le dérangement, s’il n’y avait pas une chemise dans la chambre. Hum, une chemise ?… Blanche me précise-t-on. Bon, les brumes de sommeil s’évaporant pour me laisser me concentrer sur cette question importante, me voilà me lever pour regarder dans le placard comme demandé, mon interlocuteur s’excusant de l’erreur d’un collègue venu déposer une chemise sortant de la blanchisserie dans la mauvaise chambre. Rien dans le placard. Ouf ! je me retourne et vois la fameuse chemise accrochée à une patère.
Bref, dix minutes plus tard, le cintre et son vêtement changeaient de main pour celle d’un employé dépêché sur place. Je tentais de me rendormir plus difficilement que la première fois, pour finalement sombrer dans un sommeil plus agité. À plusieurs reprises, je m’en réveille en raison d’une suite de cauchemars, mêlant une fête avec des collègues à une ambiance d’un film d’horreur américain, avec un tueur fou et des assassinats morbides à la clé. Je précise que c’est pourtant une fête sympathique avec des personnes que j’apprécie, rien à voir avec un traumatisme professionnel resurgissant.
Je déteste les films d’horreur et cela fait bien longtemps que je ne m’étais pas réveillée d’un cauchemar. 2019 est une année qui commence fort…

Adieux @36

– C’est la nouveeeeeeeelle annéééée !
– Euh, Petit Mouton, c’est demain.
– *Aaaaaaaa*h ! ou*iiiiii*, on est en av*aaaaaaaa*nce.
– B*ooooo*n, alors fait quo*iiiiiiiiiii* aujourd’hu*iiiiiiiiiii* ?
– Ben, comme d’hab’ on s’fait un fooooot et on va pioncer pour être en forme. Faut juste espérer qu’y aura pas trop d’boucan d’ceux qui font la fête en croyant qu’c’a intéresse tout l’monde.
– Alors que c’est juuuuuuuuuste diiiiiiiiire adieu à l’annééééée et bonjour à ceeeeeeelle de demaiiiiiin ?
– Yep ! adieu les trucs pas cools des derniers mois, en gardant les bons souvenirs et en s’disant que les prochains mois vont être cools.
– Beeeeeeen, on devrait fêêêêêêêêêter la fin de touuuuuuus les jours pour diiiiiire adiiiiiieux pluuuuuus souvent aux truuuuuucs pas coooooools !
– M’ouais, mais c’serait fatiguant.
– Ben, autant al*ooooo*rs faire pareil sans la f*êêêêêêê*te tous les jo*uuuuuuuu*rs. Un f*ooooooo*t et on oublie tout le p*aaaaaaa*s c*oooooooo*l.
– Exact copain. On fait comme d’hab’, un bon dodo et ça ira mieux pour demain.
– B*ooooooo*nne nu*iiiiiiiii*t de bonne ann*ééééééééééé*e !

Adieux @35

Cet été, 30 millions d’amis a diffusé une vidéo pour sa campagne de lutte contre les abandons hélas habituels lors des grandes vacances. À chaque fois, ce court film m’a touchée. Il est émouvant et intelligent. Plusieurs fois, on peut croire que l’animal va être délaissé (l’adolescence, l’arrivée d’un bébé…) Il touche très juste.
Depuis des années, j’hésite à adopter un chien. Plutôt un chien tranquille qui a besoin d’un foyer où se reposer. C’est une grande responsabilité. Au-delà, n’ayant jamais eu de chien et n’en ayant pas côtoyé, il y a de nombreuses raisons qui me retiennent. Je ne sais pas si je sauterai le pas un jour. Je regarde les annonces de la SPA, mais souvent les chiens ont besoin de se dépenser, ne supportent pas la vie en appartement ou ne peuvent rester seuls. Ma vie rend difficile la vie d’un animal ne supportant pas la solitude. Il y a aussi la question de mes absences de Paris.
Le grand point bloquant reste la question de l’allergie. Si je n’ai pu garder un chat, c’est qu’au fil des années, j’étais très malade et cela était devenu un vrai problème. C’est une interrogation ; il y a des années, un ami avait eu un chien et s’est rendu compte être allergique comme avec les chats.
La tentative est grande toutefois d’accueillir un compagnon affectueux, joueur, fidèle… Peut-être un jour et pour toujours… Pour l’instant, je m’occupe de l’aquarium et en ce moment c’est déjà un grand travail.

Adieux @34

Ce mois de mars s’achève. Les Hétéronautes pourraient dire qu’il y a eu moins de billets de ma part, surtout cette dernière semaine. Ils auraient raison.
Ce mois de mars a été marqué par un télescopage. Un télescopage entre l’anniversaire des vingt ans de la mort de ma mère et la préparation d’un dossier administratif qui m’a amené à reprendre mes vingt ans de carrière dans la fonction publique. En soi, cet anniversaire était déjà douloureux. Avec ce travail introspectif, il l’a été plus profondément. Il s’agissait non seulement de mettre à jour mon CV, exercice plutôt facile, car sa dernière version datait de moins d’un an, mais difficile tant il s’étoffe. De fait, s’y pencher, c’est mesurer vingt ans de ma vie d’adulte dans sa richesse professionnelle. Réfléchir à ces années m’a confirmé l’évidence du manque et de l’absence, la réalité de tout ce qui n’a pu être partagé, de la fierté de mes réussites à l’évolution personnelle que le travail m’a offert.
Ce temps d’introspection m’a aussi permis d’évaluer positivement comment j’ai pu surmonter des moments difficiles et gagner en confiance comme en facilité relationnelle. Ce que j’ai appris, acquis, développé… s’est dessiné au fil des postes et des missions. D’ailleurs, en écho, ce mois de mars s’achève par la réussite à mon master de Droit public, un peu plus de vingt ans après mon DEA. La fin d’un cycle.