Résistance @19

Le formulaire qui s'ouvre sur la téléprocédure déclarer un viol en ligne : "Dialoguer avec la police Vous êtes victime ou témoin de faits de violence conjugale, sexuelle ou sexiste ? Dialoguez avec une policière ou un policier." puis une fenêtre de Chat demdande "comment puis-je vous aider ?"La veille de l’opération programmée de ma cheville cassée-réparée (pour retirer le matériel), j’étais un peu tendue (j’avoue !) Je travaillais sur des billets. Mon téléphone sonne. Une voisine. Elle m’a déjà parlé de sa fille, victime de violences conjugales ; j’avais suggéré le 3919, insisté pour que cette jeune femme porte plainte. Le sujet revient. La jeune femme s’est réfugiée chez ses parents, elle a peur. Je parle de nouveau de la plainte, indiquant qu’il faut absolument la protéger…
— Mais l’appartement ? Il ne va pas garder l’appartement ! J’ai tout fait dedans. La police va nous le donner ?
Je m’emballe, sans trop, expliquant qu’on s’en fout de l’appartement, que sa fille est en danger, qu’on doit la protéger… Les questions fusent : que va faire la police ? où elle va habiter ? et lui, il va être arrêté ? Je réponds au mieux, j’insiste sur l’aide proposée par le 3919 ; la voisine me parle de coups, d’humiliations, d’interdictions de sortir… « Il est fou ! », « Il fait peur ! », « Il faut qu’il arrête ! » « La police est obligée de venir chez nous ? » Je réponds encore, espérant vaincre les dernières résistances vis-à-vis de la plainte.
Je cherche sur le Net en même temps que l’on se parle et découvre que l’on peut saisir la police en ligne pour viol et agression sexuelle. J’ose dire le plus difficile.
— En plus des coups, s’il a violé votre fille, c’est un crime. Un mari n’a pas le droit de violer sa femme…
— Il y a ça…
Le soupir est tellement lourd. Il me fait encore mal, quelques jours plus tard. Autant dire que l’opération de ma cheville, au milieu de tout ça ! Le surlendemain, la voisine me rappelle.
— Elle a vu la police ; elle a tout dit.
J’en aurais sauté de joie tant je sais combien c’est difficile. Maintenant, il ne reste plus à la police et à la justice qu’à faire correctement leur travail pour protéger cette jeune femme. Hardi !

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