Élections @35

Cart de la 11e circonscription, anotée pour créer des zones.Pendant la campagne électorale dont je vous ai parlé, j’ai cherché des moyens de propagande qui permettent de rendre très visible notre candidate, puissent s’adapter en temps réel à la mobilisation (les circonstances rendaient impossible toute prévision du nombre de personnes présentes sur chaque action) et soient compatibles avec des températures particulièrement estivales.
Sont ainsi nées les « maraudes militantes » (ou « balade », le nom n’a pas été définitif) : un point de départ ; un éparpillement proportionnel au nombre de militants présents ; des parcours empruntant les espaces verts ou ombragés. Souvent, ces actions étaient couplées à un marché, un pied d’immeuble, un porte-à-porte, une sortie de supermarché… Il y a eu des couacs, bien sûr mais j’étais contente de cette solution qui a permis une grande visibilité à notre campagne autant qu’une mobilisation « à la carte » si chère à la politique « moderne ».
Parmi ces couacs, un m’a marquée ; et blessée (et a donné lieu à ce microbillet Twitter). J’ai expliqué dans un autre billet que chacun avait été informé de ma déficience visuelle. Parmi ces « informés », des élus de mon arrondissement soutiens de la campagne, d’autant plus informés que je les ai régulièrement sollicités (en vain) sur ces sujets depuis qu’ils sont élus. Ce jour-là, le rendez-vous était fixé à la fin d’un marché. Nous étions une bonne quinzaine, dont trois élus (et non des moindres), de quoi nous éparpiller. Je suggère deux axes principaux, et entame l’un avec quelques militants. Nous sommes arrêtés par des balayeuses. On attend, on repart et… Plus personne. Je cherche des yeux (qui, pour rappel, ont une portée maximale de cinq à dix mètres selon ce que je cherche). Personne.
Je décide donc d’attendre sur un banc le retour d’un militant parti chercher des tracts pour faire du réassort. J’envoie un texto à l’une des élues pour dire que je les ai perdus (sic). La réponse vient 45 minutes plus tard sous la forme d’un appel.
— On est rue… ? Tu es où ?
— Pour que nous soyons à égalité, je ne te le dirai pas. Je ne te vois pas à dix mètres. Tu ne sauras donc pas où je suis.
La dame a raccroché fâchée (moins que moi, sans doute), m’a promis plus tard une explication qui n’est jamais venue et tout ce joli monde a continué ses relations avec moi en mode contemption validiste, sans excuses, sans jamais modifier leur manière d’être, sans jamais faire acte d’adaptation. La campagne est terminée. Les liens sont rompus. Pour qui ferai-je campagne, la prochaine fois ? Pas pour eux, c’est sûr ; et si je suis contrainte par les alliances électorales de faire avec, j’irai peut-être un peu plus loin tant il n’est plus question pour moi de me compromettre avec des personnes qui me méprisent, fussent-elles mes alliés politiques. Qu’on se le dise !

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