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Régis @25

Marcelle, la pintade, dans un carré d'herbe devant une grillette de square Le 10 mai, j’ai été alertée sur un réseau social local par le message d’une voisine indiquant avoir vu une pintade dans le square en bas. Une pintade, en plein Paris ? Fort heureusement, elle avait joint pour preuve une photo.
J’ai sitôt envoyé un texto à Falbala, le jardin partagé qui occupe le square. J’avais fait une copie d’écran du texte, sans la photo. Mon interlocutrice m’a appelée dans la minute, hilare, me précisant que nous n’étions pas le 1er avril. Je lui ai envoyé la photo. Nous avons ricané quelques minutes et nous sommes donné rendez-vous dans le quart d’heure au jardin, elle avec sa caisse à chat et des gants, moi des gants.
Nous avions dans l’idée d’attraper la pintade pour l’emmener chez le vétérinaire d’à-côté qui saurait quoi faire. Une autre jardinière, présente dans le jardin, nous en a fort intelligemment dissuadées. Nous avons cherché la pintade et l’avons trouvée sous une haie. Elle avait l’air en forme. J’ai appelé le 3975, plateforme d’appel de la Ville de paris. On m’a indiqué la procédure : « Un animal vivant errant = police nationale ».
Notre square à l’habitude des descentes de police qui, d’ordinaire, n’y cherche pas des pintades. Nous avons d’emblée renoncé à cette solution considérant que l’animal n’était pas dangereux et avait plus besoin de sauvegarde que de panier à salade. J’ai alors fait un microbillet Twitter qui n’a eu aucun effet, et contacté une amie qui pouvait avoir la bonne info (elle l’avait !) et m’orienter sur le service idoine de la Ville. De coups d’aiguille en coups de fil, il a été question que la Ferme de Paris vienne chercher l’animal.
Le temps que cela se fasse, Falbala lui apportait à manger et à boire deux fois par jour (bouillie de flocons d’avoine le matin ; maïs le soir), la choyant comme il se doit, en prime lui donnant un nom, Marcelle. Quarante-huit heures, patatras ! La voisine qui avait repéré Marcelle nous informe que le chat du square que l’on sait bagarreur et vindicatif avait attaqué notre protégée ! Puis Marcelle a réapparu. Puis la ferme n’en a pas voulu, ni l’École vétérinaire, ni… ni… ni… Des voisins s’en sont mêlés ; mon gardien a été sollicité à maintes reprises ; des agents de la Ville « seraient » (conditionnel) passés…
Pendant ce temps, Falbala s’est occupée de Marcelle, ravie de sa compagnie, jusqu’à un triste matin où elle est montée au paradis des Pintades. L’histoire finit mal. Elle restera gravée dans la mémoire du quartier. Merci Marcelle d’être passée par chez nous. Tu nous as ravis.

Note. Vous trouverez sur ce fil twitter (accès sans besoin d’un compte) des photos et une petite vidéo.