Féminité @11

Je pose devant un arbre du jardin des Tuillerie. Ma couette, bien droite, se détable sur le marron de l'arbre.Depuis quelque temps, j’avais envie d’une couette sur la tête, comme Hoshi, et comme Johnny quand il fait du judo ; j’y associe une idée de force ; peut-être mon côté sumo ? Il n’était pas pour autant question de me laisser pousser les cheveux au-delà de deux ou trois centimètres pour amorcer la mèche. Je m’y suis attelée avant de courir chez Isabelle en lui indiquant bien mon souhait d’une couette tout en gardant mon toupet, bien sûr.
L’opération était délicate. Après plusieurs essais pour isoler la mèche dans une zone d’implantation qui allait bien (qu’elle soit pile au milieu de mon crâne m’importait peu), Isabelle a opté pour une pince à sac de chez Ikea et a joué de la tondeuse sous l’oeil inquiet des Mouton qui préfèrent garder leur laine. Helgant, pour sa part, est allé se cacher au fond de la cuisine craignant une apparition inopinée du toiletteur !
Me voilà donc avec un toupet et une couette, que je fais tenir avec un élastique. J’ai eu peu de réactions dont deux remarquables. Sarah m’a dit que c’est « déroutant », appréciation qui m’a permis de comprendre que cette simple mèche augmente mon étrangeté d’albinobutch, ce qui me plaît beaucoup et me permet d’en jouer. B, qui accueille et prend soin des enfants au judo, me regarde arriver et lance :
— Vous avez changé de coiffure ?
J’en rigole encore.

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