Va chez l’gynéco @44

Le suicide d’un étudiant homosexuel de vingt ans victime d’agressions sexuelles de la part de proches a été l’occasion de nombreux messages de prévention. Au vu des neuf mille personnes qui se donnent la mort chaque année en France, et de toutes celles qui tentent de le faire, ces messages sont indispensables, et pas uniquement quand un fait particulier nous y invite. Sur Twitter, l’un d’eux a attiré mon attention.

« Si vous avez des idées noires, des pensées suicidaires, n’hésitez surtout pas à appeler la ligne Suicide Ecoute disponible 24h/24 7/j7 : 01 45 39 40 00 »

Je n’ai pu me retenir de répondre dans la foulée.

« Si vous avez le moindre doute devant la souffrance d’une personne, ne passez pas votre chemin. Si vous ne trouvez pas les mots pour lui parler, ou si c’est difficile pour vous de le faire, Suicide écoute peut aussi vous aider. En cas d’urgence, composez le 112 ! »

Je suis en effet toujours contrariée quand on fait porter la charge de la prévention sur les personnes qui sont dans une souffrance telle que le suicide leur apparaît comme la seule solution. Bien sûr qu’il faut leur dire que des numéros d’appel existent mais si l’on veut faire de la prévention, c’est en amont qu’il faut agir et prendre chacun notre part. J’ajoute que même en étant attentifs, on ne peut pas toujours prévenir le suicide d’un proche, loin de là tant la souffrance sait être camouflée !
La véritable prévention ne serait-elle pas alors de nous interroger sur les causes profondes des douleurs psychiques qui se trouvent, à mon sens, dans cette violence ordinaire qui régit notre monde à tous ses échelons en répercussion directe de celle qui régit nos modes de production ? Changer le monde vers moins de souffrances individuelles et collectives ? Je ne vois que ça.

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