Souvenirs @18

J’ai récemment fait un billet à propos de mon assureur militant qui propose son avis d’échéance en mode accessible pour les déficients visuels. Je suis un pur produit de « la Laïque », comme on disait autrefois, très attachée, à l’instar de mes parents, à cette institution qu’est l’Éducation nationale qu’ils ont intégrée à l’âge de 17 ans pour ne jamais en ressortir. Cet attachement se porte également sur la MGEN, autrefois sur la Camif, et toujours sur la Maif chez qui je suis assurée depuis que je suis née : cinquante-sept ans, et quelques sinistres, ça crée des liens !
Le premier dont je me souviens se déroule lors du Festival d’Avignon, à l’école Frédéric Mistral ; je n’ai pas la date (autour de l’année 1970) mais j’étais petite (la photo ci-contre, prise à Avignon, date de juillet 1967). Maman et papa étaient alors formateurs aux CEMEA qui assuraient un hébergement collectif et intelligent des festivaliers, à la demande de Jean Vilar : les centres de jeunes et de séjour investissaient des écoles les mois de juillet, les transformaient en lieux de vie (dortoirs et ateliers dans les classes, réfectoire et espaces d’échanges dans la cour, sanitaires comme on pouvait dans les toilettes des écoles…) Ça sentait l’éducation populaire remixée 1968, cheveux longs et pattes d’eph’, tons orangés et débats sur le théâtre jusqu’au bout de la nuit.
Lorsque nous sommes arrivés en famille cette année-là, quarante-huit heures avant les festivaliers, nous avons posé nos affaires et nous sommes immédiatement attelés à la transformation de l’école avec des bouts de ficelle, des tissus, des lits de camp, de l’huile de coude et une bonne dose de créativité collective. Au moment de nous coucher, maman s’est mise en quête de la valise qui contenait les paires de chaussures de nous quatre pour trois semaines. La valise avait disparu. Volée ? Nous ne l’avons jamais retrouvée mais maman raconte que la Maif a intégralement remboursé toutes les paires de chaussures, sur simple déclaration.
Je ne sais pas ce qu’il en est exactement mais cette histoire est entrée dans ma légende comme une sorte de mythe fondateur de mon assureur militant. Depuis, le mythe ne s’est jamais démenti. Vous imaginez ma réaction quand je suis démarchée pour en changer ? Je sors ma valise de chaussures à défaut de révolver et paie rubis sur l’ongle ma cotisation que pourtant je trouve chère… mais l’efficacité militante n’a pas de prix ! La fidélité non plus.

1 réflexion sur « Souvenirs @18 »

  1. Michèle Chazeuil

    Pourquoi : la valise de chaussures ?
    Nous étions 4, je ne faisais pas la valise de chacun, mais :
    – 1 valise de chaussures
    – 1 valise de tee-shirts
    – 1 valise de pantalons
    – 1 valise de sous vêtements et linge de toilette
    – 1 valise de pulls
    les trousses de toilettes étaient individuelles, avec médicaments de chacun, anti moustiques, après moustiques…
    Nous dormions tous les 4 dans une salle de classe, nos lits de camp séparés par des tables d’écoliers (Précision, les lits, les draps et les couvertures venaient de la base militaire d’Orange. Les couvertures, inutiles la nuit sur les lits, servaient de capes pour assister aux spectacles le soir). Ornella

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.