Agit-prop’ @33

Comme le disait pour ses vœux Frédéric, on parle beaucoup de complotisme avec cette inévitable question posée à un « analyste » sur France info : a-t-il augmenté ou est-ce que l’on en parle plus ? Il a répondu que l’on en parle plus mais il me semble que cela revient au même. Je ne referai pas le débat sur « Si l’on parle de l’extrême droite, on fait son lit ; si on n’en parle pas, on la laisse gonfler au chaud sous la couette. » ; ce débat-là n’a pas de fin. Je remarque simplement que le sujet ne m’intéresse pas au sens où, sachant que le complotisme est un moyen politique au service de l’extrême droite, je préfère agir en étant au monde là, avec mes convictions en étendard, valorisant mes solutions, plutôt que m’arcbouter sur celles des autres.
C’est un choix, et il peut être contesté. Il n’est d’ailleurs pas « total » car je surveille du coin de l’œil quelques réseaux dont l’objet est de démonter les thèses complotistes, afin de me tenir au courant des idées et des fausses informations auxquelles je peux être confrontée. J’en ai d’ailleurs fait deux communiqués [+7], un sur le premier point, l’autre sur le second. Cette « surveillance » ne va pas jusqu’à lire ou regarder ce qui circule de complotiste, les rares documentaires que j’ai vus me faisant penser à de la (très) mauvaise science-fiction et je n’ai jamais été adepte du genre. Il y a aussi beaucoup de délires à l’évidence paranoïaques et je ne suis pas psychiatre ; face aux dérives de santé mentale, je ne sais que prendre soin et m’interroger sur pourquoi on en est arrivé là.
C’est dans ce contexte que j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres (celle qui est dans le hall de mon immeuble) deux petits bouts de papier perdu au milieu des publicités pour des féticheurs que je garde ; ils protègent ma boîte, vous l’aurez compris. Pour le coup, cela n’a pas très bien fonctionné (je remarque aussi que les courriers « désagréables » n’ont jamais diminué et les « agréables » augmenté ; rien ne vaut une bonne sorcière albinos pour se protéger, en voilà la preuve). Les deux petits bouts de papier, à l’évidence découpés à la main (les soirées sont longues pour certains), proposent des textes courts : le premier dénonce l’air de rien un « fichier géant » sur les personnes vaccinées ; le second donne juste le nom d’un « collectif » avec une URL de site.
J’avais vu passer la création d’une base de données sur la vaccination qui ne me paraît pas plus contestable que d’autres autant que très utile pour mesurer, s’il y a lieu, les effets négatifs du vaccin ; je ne connaissais pas l’existence du collectif. Je n’ai pas tout de suite compris de quoi il s’agissait, ce d’autant que l’usage des majuscules m’a fait lire « reniflo covid » ; une histoire d’écouvillon ? L’in-accessibilité basse vision nuit à tous, c’est couru. Je ne me suis pas plus concentrée sur ce collectif une fois que je l’ai identifié ; cela ne m’intéresse toujours pas. Par contre, le fait qu’il ait des petites mains pour glisser des petits bouts de papier à l’air de rien dans les boîtes aux lettres me rappelle que nous avons dans le quartier une cellule active de « bons petits fachos », comme on dit.
L’air de rien, c’est le plus efficace en matière d’action politique. C’est d’ailleurs mon air préféré. Allez viens, Caddie ; je mets mon chapeau de pluie Monop’ et on se balade ?
— N’oublie pas la canne blanche, ça fait encore plus rien.
Je n’oublie pas.

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