Rigolo @15

Comme vous le savez, depuis le déconfinement, je laisse ma place dans les transports en commun en me déplaçant quasi exclusivement à pied et surtout à vélo. C’est ainsi que je parcours plus de 23 kilomètres lorsque je travaille à La Défense.
Dans ce cas, je prévois toujours un en-cas avant de faire le trajet retour, notamment une banane. Parfois je la mange, parfois non. Le jour de la mésaventure que je vais vous narrer, je ne l’ai pas mangée et l’ai mise dans ma poche de Kway, mon sac-à-dos étant trop plein.
Je prends donc la route du retour et me rends vite compte que quelque chose ne va pas : un cliquetis inhabituel et surtout l’impression que la pédale gauche va me lâcher d’un instant à l’autre. Après un rapide examen, je constate que la vis sensée la maintenir solidaire au vélo se dévisse. Je tente tant bien que mal de la refixer avec mes doigts mais son emplacement m’empêche de la serrer suffisamment et après quelques mètres, l’opération est à renouveler.
Ayant repéré une station essence sur mon trajet, je m’y arrête et tente de trouver dans la boutique attenante un outil me permettant de mieux serrer la vis… évidement, aucun outil adapté à un vélo dans ce temple ultime de la voiture reine ! Je décide tout de même de prendre une clé à molette : elle ne me permettra pas de régler définitivement le problème mais, pensais-je, elle me permettra de mieux serrer la vis de la pédale qu’avec mes frêles doigts. Résultat : je gagne quelques mètres d’autonomie mais à ce rythme, la route va s’avérer longue : quelques dizaines de mètres parcourus puis arrêt pour resserrer le boulon avec la clé et c’est reparti…
J’arrive finalement Porte Maillot : il me reste alors les deux tiers de la distance à parcourir. Je me décide alors à finir le trajet en métro. Vélo sur l’épaule, je descends les marches de l’escalier, achète mon billet puis me présente au portique réservé aux personnes munies de bagages trop larges pour les portiques individuels. J’appelle une opératrice qui me répond que les vélos sont interdits dans le métro à l’heure de pointe mais que je peux prendre le RER… sauf que le RER Porte Maillot n’est pas du tout dans ma direction. Le seul RER pouvant m’être utile se trouve Place de l’Etoile. Je remonte donc à la surface, sors ma clé de la poche pour resserrer la vis avant de reprendre la route mais je sens alors un corps visqueux autour de l’objet. Je ne mets qu’une petite seconde pour comprendre qu’en portant le vélo, j’ai écrasé la banane qui se trouvait dans la même poche que la clé…
J’ai finalement fini mon trajet jusque chez moi, les doigts plein de crème de banane, revissant tous les cents mètres la vis de mon vélo avec une clé à molette elle-même enduite de crème de banane… Ô vélo quand tu nous prends !

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