Pucer @45

On sait qu’il faut se méfier des réseaux sociaux, des nids à vol de données. On sait aussi que ce qui nous semble se passer « entre amis » est largement visible, sauf à bien configurer ses comptes ; et encore. Jusqu’à présent, cette visibilité numérique profitait aux escrocs, aux voleurs, aux pédophiles, aux amants déchus… Voilà désormais que l’État se fait voyeur et utilise nos données privées que nous rendons publiques sur les réseaux sociaux à fins de contrôles de situation.
Je me souviens il y a quelques années déjà le cas d’un homme séropositif qui s’était vu supprimer ses droits, la Caf estimant que ce qu’il affichait était incompatible avec sa maladie. Le tribunal avait donné raison à cet allocataire. Voici désormais que la chose devient plus officielle, et plus organisé, article de BFM à l’appui. Alors bien sûr, cela n’a rien de systémique, la Caf n’accède qu’aux données publiques… et blablabla.
Cela me donne une idée… Tous les ans, la Caf me contrôle parce mes revenus ne correspondent pas à la situation qu’elle m’a attribuée, « salariée », infoutue qu’elle est de prendre mes droits d’auteur pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des droits patrimoniaux déclarés en traitements et salaires sans en être. Cette année, cela a frisé le ridicule : mi-juin, je suis requalifiée « sans activité » (ce que j’étais avant 2011), puis mi-juillet me revoilà « salariée » avec les deux fois un réajustement de droits auxquels je ne comprends absolument rien.
Au prochain contrôle (en avril 2021 à coup sûr), je leur mettrai directement les adresses de ma page Facebook, mon compte Twitter, et mon compte Linkedin, tous publics. Qui sait, peut-être comprendront-ils enfin que je suis écrivaine, sans contrat de travail ni fiches de paie ? Suspens !

 

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