Gamine @30

Il n’est pas un scoop que la presse peine à reconnaître les féminicides comme des crimes à part entière. La page Facebook « Féminicides par compagnons ou ex » vous en donnera de nombreux exemples. J’en suis souvent choquée, sans m’en indigner publiquement. L’un de ces titres pourtant m’a sidérée le 17 juillet dernier, ce d’autant qu’il émane de France bleu, le service public, donc. Je lis « Une femme meurt après des coups de feu dans la caserne de gendarmerie de Bailleul » N’y aurait-il donc aucun rapport ou un rapport indéterminé entre ces tirs et la mort de cette femme ? C’est tout de même bien étrange…
Elle a pu avoir peur, faire une crise cardiaque, qui sait être l’auteure de ces tirs ! Que sais-je… ? Je lis l’article. Il est question de coups de feu d’un gendarme, le concubin de cette femme, qui aurait ensuite « retourné l’arme contre lui ». Pour lui, on comprend donc bien que son tir le visait ; mais elle ? Le court article, en trois paragraphes, répète toujours la même chose : des coups de feu « ont été tirés » ; et cette femme est morte.
À aucun moment il n’est indiqué qu’elle était la cible de ces coups de feu, et qu’elle est donc la victime directe. « C’est évident ! » me direz-vous ; eh bien, je ne trouve pas ; je trouve même assez invraisemblable qu’une journaliste soit capable de dissocier ainsi les tirs de la personne qu’ils visaient, même si les faits ne sont pas encore bien établis. Ne peut-elle se résoudre à ce qu’un gendarme tue délibérément sa femme ? Elle se résout bien à ce que le gendarme se suicide…
C’est vrai qu’un gendarme, ça fait désordre… Le lendemain, c’était un pompier. Ces deux femmes sont respectivement les cinquante-deuxième et cinquante-troisième victimes de féminicide depuis le 1er janvier. Ne les oublions pas.

Envoyer un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>