Pucer @43

En relisant mon billet « Changement @24 », j’ai ajouté un lien sur un édito de mon site (de l’époque où j’en faisais) à ma phrase sur la famille. Avant l’épisode covid-19 (que sera-t-il finalement de plus qu’un « épisode » ?), j’avais déjà remarqué combien les « vieux » sont « vissés » par leurs enfants qui n’ont de cesse que de leur donner des injonctions de faire ou ne-pas-faire sans considération de leurs aspirations profondes. Par amour, bien sûr, comme si l’amour était par nature coercitif. Passons.
Cela fait écho, il me semble, au discours ambiant sur les « personnes fragiles » avec toute l’ambiguïté entre leur nécessaire protection et le respect de leurs libertés (et de leur intimité). Sans doute que ma déficience visuelle est au cœur de cette problématique : je me souviens du temps (pas tant révolu) où l’on confinait les personnes handicapées dans des « structures » pour les protéger de la violence du monde. Elles y étaient assistées, sans ressources propres, pour certaines sous tutelle et fondamentalement empêchées d’en sortir. Pour beaucoup, les personnes souffrant d’un handicap mental vivent encore dans ces conditions carcérales. « Mais il faut bien, elles ne sont pas autonomes ! » Qu’en sait-on, au cas par cas ? Quels moyens on se donne pour qu’elles le soient ?
Les personnes âgées, quant à elles, et notamment celles vivants en Ehpad ou en foyers logement, parce que considérées comme « dépendantes » sont empêchées de ce qu’elles pourraient, pour leur protection toujours. Combien y sont mortes durant la pandémie ? Et qui protège-t-on vraiment en confinant les personnes âgées ? Elles ? Ou nous, considérant que si elles attrapent le virus en étant libres de leurs mouvements, nous sommes le maillon suivant de la chaîne de contamination ?
J’exagère, bien sûr ; mais la contrôleure (pourquoi tout le monde dit « contrôleur » ?) générale des lieux de privatisation de liberté a dénoncé les atteintes graves à la liberté fondamentale d’aller et venir dans un hôpital psychiatrique (ici). Qui le fera pour les Ehpad et les établissements hébergeant des personnes handicapées ? Ma réflexion, initiée l’année dernière (), sur l’intérêt d’y trouver un refuge volontaire en est fortement atteinte. Où me mènera-t-elle ? Je l’ignore.

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