Ailleurs @43

Dès le début du confinement, j’ai eu envie de relire le Journal d’Anne Frank, avec l’idée que je pourrais relativiser le mien, ou puiser dans le sien certaines énergies. N’étions-nous pas « en guerre » ? Eh bien non, nous ne le sommes définitivement pas et si je partage avec la jeune Anne de manger des haricots rouges, je n’ai pas à trier les miens (pour comprendre ma référence, c’est ici).
J’avais lu ce journal enfant, ou ado, je ne sais plus. J’en gardais un souvenir qui ne correspond pas du tout à ce que je lis. Je me souvenais d’un grenier plus petit, avais totalement occulté l’importance des aides extérieures, toute l’organisation qui avait permis à ces huit personnes de survivre pendant deux ans avant d’être dénoncées dans des circonstances troubles.
Mon écart d’âge avec Anne Frank explique peut-être que je m’ennuie un peu à la lire, que ses préoccupations ne sont pas les miennes, en plus que notre confinement n’a rien à voir avec une situation de guerre et d’extermination de millions de personnes. Bien sûr, elle a des jumelles…

« Depuis hier soir, j’ai trouvé quelque chose de nouveau : je prends les jumelles et je regarde dans les chambres éclairées de nos voisins. Pendant la journée, il ne nous est pas permis d’écarter les rideaux d’un centimètre, mais le soir, je n’y vois pas de mal. » (28 novembre 1942)

… moi aussi, j’en ai. Et des belles ! Je n’ai pourtant jamais osé regarder mes voisins avec. Cela pourrait être tentant, surtout regarder les personnes qui passent dans la rue. Mais en fait, j’ai très peur que les gens me voient alors que moi, même avec des jumelles, je ne les distinguerai pas forcément. J’en rage ? Même pas.

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