Archives mensuelles : mai 2020

À table ! @63

JambonJ’ai récupéré dans le congélateur d’une voisine qui déménage deux barquettes de « Duo jambon & emmental », beaucoup de plastique pour 150 grammes de marchandise. Devant ma mine, elle m’explique que c’est pratique pour faire des quiches ; tout est prédécoupé, pesé, et tu n’as pas à avoir l’un et l’autre. Bigre. Je n’y aurais pas pensé mais c’est vrai que je fais mes pâtes à tarte, achète mon emmental en bloc (que je congèle en parts de 30 g) et le râpe à la main ; et préfère le lard dans la quiche, que j’achète en bloc itou et découpe.
Je suis donc perdue pour l’industrie agroalimentaire. Cela me va bien. Mais je m’inquiète pour mes concitoyens. Je cherche le prix sur Internet, et ne trouve le produit ni dans les supermarchés en ligne ni sur le site du fabriquant. J’en conclu que mes concitoyens ne sont pas si idiots qu’ils en ont l’air et qu’ils ont compris que ce produit a pour seule fonction que de leur faire acheter du plastique.
La DLC sur mon emballage est le 10/03/16… cela fait donc quatre ans qu’il est dans le congélateur de la voisine. Je comptais faire demain des crêpes au sarrasin jambon emmental ; c’est pour moi du coup que je m’inquiète ! Je sais que ce produit a été congelé parce qu’en fin de date (ce qui ne me gène pas) mais quatre ans dans un congélateur sans que je ne connaisse le soin pris au respect de la chaîne du froid…
Je crois que ma lutte contre le gaspillage alimentaire atteint sa limite. Je vais me sortir de l’emmental ; je ferai griller des champignons avec le morceau de chorizo qui me reste, ajouterai des tomates séchées d’un bocal ouvert hier et je vais me régaler !

Anniv’ @43

– Ben, y’a eu déconfin’ment.
– Déconfiiiiituuuure !
– Du bru*iiiiii*t.
– De la poooooollutiiiion.
– Il y a quand même un truc exceptionnel à en retenir.
– Yep ! Pour sûr, y’a un truc, car aujourd’hui, c’est l’anniv’ d’Cécylou et on v’pouvoir s’voir !
– Se faiiiiire des câââââliiiins !
– Se fa*iiiii*re des b*iiiiiii*sous !
– Et souffler des bougies dans des ballons des foot. Bref, une belle soirée qui roule.
– Ben, demain, on peut r’confiner alors. L’meilleur s’ra passé.
– Jusqu’àààààà quaaaand ?
– Au 12 n*oooooo*vembr*eeeee* !
– C’t’e bonne idée. Au prochain anniv’ en Hétéronomie.
– Allez, maintenant, gâteau pour la reine du jour.

Vérité syndicale @32

Le premier jour de la vente dans les pharmacies de masques en tissu, je savais que ma pharmacie n’en avait pas encore reçu quand je suis passée devant une autre officine de mon quartier. Un affichage extérieur annonçait « Vente de masques chirurgicaux ». Je suis rentrée pour voir s’il y avait du gel et connaître le prix des masques en tissu.
Il y avait bien du gel (ma pharmacie vendait de la solution liquide, pas toujours pratique) et j’en ai pris une bouteille. Vérification faite, elle bien était vendue conformément à l’encadrement des prix, mais, surprise ! à son montant maximum.
Pour le masque, un client en avait acheté juste avant moi et j’avais entendu ce qui me semblait être 8,90€. Je demande confirmation et le vendeur, pardon l’employé, de la pharmacie, me répond immédiatement « 10€ », avant de se reprendre et dire « 8,90€ pour adulte ».
Je crois que ce commerce est un cas typique de ces officines de marchands avant d’être des pharmaciens. Pendant le temps de ma présence, sur un écran publicitaire (je n’ai pas d’autres mots) s’affichait régulièrement le message, un peu daté, invitant les personnes ayant des masques chez elles à les déposer pour qu’ils soient remis aux soignants. Face à ce message résumant toute l’incurie politique du moment, le doute m’a même effleuré que si des masques ont été déposés, ils aient bien été remis aux soignants. Je n’aurais pas eu ce doute dans ma pharmacie de référence.

Grand Homme @34

Pour c’te quatriè’conférence scientifique, docteur Mouton et docteur Caddie se sont plongés dans l’courbes et l’statistiques. Ils ont trouvé l’vaccin, l’mode de transmission, l’test infaillible ; il était temps d’s’intéresser à la question qui nous occupe tous sans qu’l’réponse soit si fastoche : combien le coronaminus a-t-il tué de personnes ?
— C’*eeeeeeee*st tr*iiii*ste !
— Et compliiiiiquéééé…
— Hyper complexe, même, confrère Mouton. Et pourtant, y en a des chiffres, des tableaux, des courbes, des compteurs !
Vous avez r’marquer comment chaque fois qu’y a d’étiquettes différentes sur l’abscisse et l’ordonnée ?
— Encoooooooore l’étiqueeeeette !
— Encore.
— C’est quoi l’absc*iiiii*sse et l’ordonn*éééée*e ?
— Des copaiiiiiines de foooot qui comptent les buuuuts !
— *Aaaaaa*h ?
— Tu vois le but Copain Mouton ? Lucarne droite, c’est l’abscisse, lucarne gauche, l’ordonnée.
Pas tout’à fait, docteur Caddie mais on peut l’dire comme ça. Et entr’les deux, t’as l’droites, l’courbes, l’pondérations, l’calculs algorithmiques, l’…
— Tout est dans le rythme de l’étiquette !
— C’est forcééément çaaaaa Caddie ! On voiiiit que tu connaiiis la musiiiique !
— Comme sur des roulettes !
Blague à part, les docteurs ; il faudrait répondre à la question.
— Laqu*eeeee*lle ?
— Le nombre d’occis, Copain.
— L’occisbuuuut ?!
Non ça, docteur Mouton, c’est d’l’littérature. Il faudrait s’concentrer, les gens attendent l’vérité et ils ont confiance en vous.
— Mmmmmm…
— Niiiiian…
— Je vois que ça, cher confrère.
— T’aaaaaas raiiison Caddie. On peut le diiiire au moooonde maintenaaaant ?
— Oui, c’est validé par nous. On peut. Le monde, faut bien écouter. Les macabés du coronaminus y en a…
— Y en *aaaaa* ?
— Trooooop !

Pucer @41

Alerte générale en bas de chez moi ce mardi 19 mai 2020.
Mais pourquoi une telle foule, un tel jour, à une telle heure ?
Bon Dieu ! Mais c’est bien sûr ! Quelques instants avant venait de paraître mon précédent billet en Hétéronomie (ici). « Et alors ? » Et bien pour illustrer le sujet, votre hôte n’a rien trouvé de mieux que de mettre le QR Code de sa dernière attestation de sortie. « Mais quel est le rapport ? » Et bien c’est simple, avec un simple smartphone, tout le système solaire pouvait accéder à mon dernier motif de sortie avec attestation mais surtout mon nom, prénom et adresse précise ! Heureusement, Cecyle a immédiatement réagi en mettant fin à tout ce désordre 😉 Tout est bien qui finit bien.

Bigleuse @120

Depuis le début du confinement, je me cherche des « missions » d’entraide pour garder une activité sociale après l’arrêt du judo et des permanences à la Médiation, par envie de participer à l’effort collectif aussi. Je me suis inscrite à la Fabrique de la solidarité (ici) et à d’autres initiatives de la Ville mais force est de constater que ces missions ne sont pas accessibles à mon handicap visuel (à moins que ce ne soit l’inverse ; pour une fois, je veux bien y consentir).
J’ai donc opté pour une stratégie de vigilance et de solidarité locale : appel régulier à trois personnes âgées de l’immeuble et de mon entourage ; commissions pour une voisine ; cuisine partagée ; réactivité aux problèmes des uns et des autres, mes voisins, des personnes du quartier ; petits bavardages avec des personnes croisées lors des commissions et qui semblent avoir besoin de parler… des petites choses, qui me font du bien et me donnent l’impression d’en faire aussi.
Dans ce contexte, je suis allée voir une voisine que je sais intéressée par nos récents problèmes de charge (j’y reviendrai). En discutant, elle me parle de sa petite fille, qu’elle garde ; et qui, en sixième, a des soucis en français. Je lui propose mon aide ; elle note mon téléphone. Au passage, elle m’offre un masque de sa fabrication et me rappelle une semaine plus tard ; sa petite-fille est partante pour me rencontrer. C’est ainsi que j’ai fait mes premières deux heures de soutien scolaire : conseil pour la rédaction ; exercices de grammaire ; incitation à la lecture.
C’était très intéressant, et très touchant aussi. Cette voisine est une infirmière à la retraite. Elle a bien repéré mon handicap visuel. J’avais apporté le compte-fils et la tablette, au cas où. Cela a été tout à fait inutile. D’emblée, elle m’a demandé quel éclairage m’allait. Puis sa petite-fille, bien briefée, m’a proposé de lire sa dernière copie de français et les corrections plutôt que de me la donner. Et quand je lui ai suggéré d’apporter un livre la prochaine fois pour que l’on regarde comment sont faites les phrases, elle a d’emblée ajouté :
— J’en prendrai un écrit gros !
Que du bonheur !

Va chez l‘gynéco @40

En pleine pandémie de coronavirus, je vais chez le médecin. Dans la salle d’attente, il y a une affiche de l’assurance maladie « Cette année encore, la grippe va faire très mal. Vaccinez-vous. » C’est un peu comme voir l’affiche d’un film d’horreur par un réalisateur star favori aux Oscars qui a été doublé par un film amateur.

Décroissance @73

J’ai reçu vendredi 24 avril 2020 ma facture annuelle de gaz. J’en étais impatiente au vu de ce que j’ai mis en place pour la réduire. Je pensais économiser un tiers : mais c’est quasi de 50 % qu’a baissé ma consommation annuelle, passant de 1152 kWh à 603 kWh. Je n’en suis pas revenue tant je sais ma consommation déjà basse ! Et j’en suis très fière.
Côté eau, j’ai réduit à 17 m3 pour l’année, comme je le pensais, soit 1 m3 de moins que l’an passé.
Côté électricité, ma consommation est passée de 1112 kWh en 2018-2019 à 1014 kWh en 2019-2020 ! Je ne pensais pas pouvoir encore faire ces économies, considérant que ma consommation avait bien baissé après la suppression du ballon couplé à la chaudière. J’ai changé congélateur et réfrigérateur en décembre 2019, intensifié la lumière solaire, modifié l’usage de ma chaudière… et un peu plus regardé la télé avec le confinement et fait cuire de plats au four. Verdict en mai 2021 !
D’ici là, je vais étudier le changement de fournisseur ; EDF invente chaque année une erreur de facturation et me réclame aujourd’hui 2000 kWh indus. Dès que nos comptes sont à jour, j’étudierai d’autres offres.

Fôret @8

Cela a été une surprise d’emprunter à nouveau des chemins si souvent parcourus et de les trouver totalement transformés.
Cela a été le cas la semaine dernière en longeant les berges de Seine au-delà de l’ex-kilomètre autorisé. La même surprise nous avait saisis, mes comparses et moi, lorsque nous avions pu accéder à notre jardin partagé il y a trois semaines après deux mois sans visite : nous avions laissé un paysage nu de fin d’hiver pour trouver sans transition aucune une luxuriance verdoyante et fleurie de début d’été. C’est une joie de retrouver une telle volupté et, en même temps, ça laisse une impression d’avoir été privé d’une portion de temps, d’un trait d’union entre deux états. D’un pont entre deux rives pour rester sur la Seine.

Grand Homme @33

Vous me reconnaissez ?
Rappel des faits.
Depuis le début de la pandémie, docteur Mouton et docteur Caddie organisent des conférences scientifiques mises en ligne sur le blogue pour annoncer au monde leurs découvertes sur ce coronaminus. Je suis très admirative ! Il y a eu d’abord la mise au point de ce vaccin extraordinaire de simplicité et d’efficacité que nous consommons en grande quantité pendant Carême (ici) (Carême qui est tombé à la bonne période, je le précise pour les mécréants) puis la découverte du mode de transmission du virus, mode qui n’a rien à voir avec ce que l’on nous raconte depuis des mois ().
Ces deux découvertes nous ont permis, au couvent, de comprendre pourquoi nos sœurs et nos pensionnaires, même confinés dans des cellules et sans contact (à part celui avec Jésus, bien sûr), étaient malades les uns après les autres sans développer, grâce à nos gourmandises nasales, des formes graves. On mange beaucoup de fibres, et de légumineuses… vous me comprenez ! Nous avons donc décidé de reprendre nos activités afin de flatuler à l’air libre, sans risque de contamination.
Reste que nous recevons des visites (des livreurs, les parents de nos pensionnaires, les caciques de l’évêché…) sans savoir si l’un ou l’autre est susceptible de nous apporter ce coronaminus et d’augmenter notre consommation de mickey. Car même avec le vaccin, et la sérologie positive, on peut toujours être un peu malade ; ce qui est fort désagréable. J’ai donc consulté mes amis Petit Mouton et Caddie afin qu’ils trouvent un test infaillible. Une fois encore, ils ont été géniaux !
— Si tu seeeeeens que ça puuuue, c’est que t’as paaaaaaaas le minuuuuuuus !
— Exactement ! Pois cassés à midi, fayots le soir ; et pas de toilettes. Si les visiteurs se pincent le nez, c’est qu’ils sont négatifs ; s’ils ne disent rien, ils sont…
— Posiiiiitifs !
N’est-ce pas une grande idée ? On a bien sûr le souci de se supporter nous-mêmes mais finalement, on a déjà le Bon Dieu qui ne sent pas toujours très bon, et certaines de ses ouailles itou. On s’adapte donc bien volontiers.
— Tu viiiiiiens au foooot, Cocotte ?
Avec plaisir Petit Mouton ; mais chacun son ballon a dit notre reine !
— Notre balloooon, c’est l’amouuuuur !
Tu as raison. On en a tous un cœur, et cela se partage sans contact !