Bigleuse @119

Les appels aux couturières et couturiers qui se multiplient à Paris pour une fabrication locale de masques et blouses dans des ateliers installés dans les mairies, comme ici, me rappellent une histoire et me fait regretter de ne pas avoir dépassé plus de limites que ce que j’ai pu faire dans ma vie.
J’étais en 5e. Cours de couture (oui, à l’époque, on apprenait à coudre au collège). Dès le premier cours, il faut enfiler un fil dans le chat d’une aiguille. Le chas d’une aiguille… C’est un peu comme les mandibules du criquet.
— Excusez-moi madame mais je ne peux pas le faire ; je ne vois pas le chas de l’aiguille.
— Vous vous moquez de moi ?
— Non, madame c’est que…
— Vous me ferez deux heures.
La première (et dernière) colle de ma vie !
Et si vous vous demandez pourquoi la professeure ignorait ma déficience visuelle, c’est parce qu’en 1976, il fallait la jouer « clandé » pour être scolarisé en milieu ordinaire.

Envoyer un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>