Hétéronomie @31

Dans son numéro de mars 2015, Philosophie magazine consacre son dossier à la question du fanatisme. L’article « Dans la tête du djihadiste » s’appuie notamment sur les travaux de Marcel Gauchet.
« Le fondamentalisme cherche à réinstaurer la religion en clé de voûte de l’existence collective. Mais il procède par des vecteurs séculiers qui sont aux antipodes de cette forme religieuse de la vie collective : rupture avec la tradition, contestation des autorités instituées, rapports individuels à Dieu, conversion. « Il incorpore ce qu’il combat parce qu’il s’efforce de le dominer, poursuit le philosophe. Ce qui fait du fondamentalisme un projet essentiellement contradictoire. Il est miné de l’intérieur par une tension entre l’individualisme de la croyance et le projet hétéronome de placer la totalité de l’existence individuelle et collective sous l’autorité de Dieu. Cette contradiction est à son comble chez les djihadistes qui sont les croyants autoconvertis, autoformés, ou autoradicalisés. Ils procèdent d’une motivation essentiellement personnelle, mais ils sont prêts à mourir pour la cause qui leur permet d’exister comme individu en se niant comme individu. Ce sont des soldats de l’impossible. On a oublié, mais en Occident également, nous sommes devenus des individus par la religion. »
(…) Et Marcel Gauchet de proposer une interprétation de chacun des éléments du fondamentalisme sous l’angle de ce combat contradictoire avec la modernité. (…) L’obsession de la mort : « La donation de la vie et la partie de l’existence humaine qui échappe à la volonté humaine, c’est le dernier point d’ancrage de l’hétéronomie. » »

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