Bigleuse @118

À la fin de l’hiver, quand les jours rallongent, je suis plus sensible à la lumière, comme si mes yeux en avaient perdu l’habitude. Je mets donc volontiers mes solaires les moins fortes (j’en ai plusieurs paires), avec un bonnet si besoin. Depuis quelques années, je les achète dans un magasin de sport, considérant qu’à efficacité égale, elles sont quatre à cinq fois moins chères que chez un opticien. Elles ont donc un look un peu « sportif », j’en conviens.
Quand je suis à l’intérieur, je pose mes lunettes sur mon crâne, par-dessus le bonnet. J’échangeais ainsi avec une cheffe de service de la mairie du 14e et, quand nous avons atteint les badinages qui annoncent la fin d’une conversation, elle me dit :
— Vous allez au ski ?
— Pardon ?
— Vos lunettes de soleil…
J’avoue que la remarque m’a surprise. Je l’ai trouvée inconvenante de la part d’une agente publique à qui je m’adressais dans le cadre de ses fonctions. Quelques jours plus tard, rebelote, cette fois de la part d’une responsable d’association qui me connaît pour m’avoir rencontrée dans le cadre d’échanges interassociatifs. Cette fois, j’ai été blessée car si je peux avoir un doute sur le fait que la cheffe de service ait vu ma canne blanche pliée dans ma main, la responsable associative sait très bien ma déficience visuelle et mon albinisme ; nous en avions parlé. Considérant que cette association fait de l’accueil social, cela augure mal des clichés véhiculés ; passons.
Une question depuis me turlupine ? Quelles réflexions vais-je avoir avec mes nouveaux filtres ? Je crains désormais le pire.

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