Bigleuse @117

Je suis allée avec grand plaisir au premier meeting de campagne de Anne Hidalgo et des listes Paris en commun ; je suis tellement fan de la première (et de son action municipale, bien sûr) ; je soutiens les seconds. J’avais décidé de faire un peu de « testing », la part (ambitieuse) du programme consacrée à l’inclusion ayant été présentée la veille (ou l’avant-veille, je ne sais plus exactement) alors que certaines pratiques de communication non inclusives perdurent, dans le 14e arrondissement, par exemple.
Isabelle était avec moi. Cela a un peu mal commencé. Le vigile sur le trottoir a omis de s’adresser à moi, préférant Isabelle comme interlocutrice ; un standard bien connu des personnes en situation de handicap. Dès que j’ai été repérée (canne oblige) par des volontaires de Paris en commun, mon horizon s’est éclairci. Je ne saurais dire combien se sont précipités au fur et à mesure de notre avancement, tous très avenants, à la limite de la précipitation que l’on retrouve chez les néophytes de l’accompagnement.
Nous avons ainsi été propulsées vers l’ascenseur, pour le plus grand bonheur du genou de Isabelle, les miens pratiquant encore volontiers les escaliers. Mais entre l’entrée principale et cette propulsion, j’ai dû passer le contrôle de sécurité ; je trouve cela normal de ne pas y échapper considérant que les déficients visuels sont potentiellement des criminels comme les autres ; ce que de nombreux agents de surveillance des mairies parisiennes et agents privés de sécurité ignorent puisque dans la majorité des cas (aéroport d’Athènes compris) je passe entre les mailles du filet.
J’avoue, un bigleux passant un portique, c’est compliqué, ce d’autant que je ne force jamais mon talent. Cette fois-ci pas de portique, et pas de dérogation à la palpation de sécurité faite exactement dans les règles (Isabelle certifie, elle connaît le sujet)… J’ai beau tenter de me souvenir, je crois que c’était la première de ma vie. On m’a fait une fois enlever mes chaussures à Roissy mais palpée, non. J’en garde le souvenir d’un truc pas agréable, limite attentatoire à mon intimité physique. Je vous rassure, rien d’inconvenant, le travail a été fait correctement, par une agente très respectueuse ; juste c’était étrange, trop rapide pour que je puisse en dire plus ; trop lent pour ne pas avoir existé.

Envoyer un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>