Incyclicité @34

68 euros. Je dois 68 euros à la Ville de Paris. Les Mouton en sont tout retournés ; Isabelle, je ne vous en parle pas. Je vous raconte.
Un jour de grève, j’ai rendez-vous avec Sarah pour visiter l’expo Soulages au Louvre. J’y vais à moitié à pied et en transports. Sur place, je compte y faire pipi (c’est le souci quand les temps de transports s’allongent : trouver où faire pipi). Perdu ! Le plus grand musée du monde est fermé, victime d’une action (légitime) de la part de mes camarades de la CGT (bravo !)
Nous décidons donc d’aller à pied jusqu’à Bastille en utilisant les Berges (voies piétonnes basses le long de la Seine) ; Sarah y trouvera un métro ; moi un bus. Nous passons à deux reprises devant des toilettes publiques gratuites (merci Bertrand Delanoë) mais fermées. Je me tords un peu d’envie de pipi et suis inquiète car, une fois arrivée à Bastille, il me faudra encore une bonne heure en bus pour rentrer. Sarah me désigne un conteneur.
— Va derrière.
— Tu crois ?
Je suis embêtée mais je n’ai guère le choix, les sanisettes en surface n’étant pas si nombreuses et souvent en panne. Reste la solution du café. J’avais déjà payé un thé 4,60 euros en attendant Sarah (d’où le pipi, je sais). J’ai donc cédé à l’appel du conteneur et uriné sur la chaussée (je n’ai pas jeté mon mouchoir en papier par terre, je l’ai mis dans une poubelle ; ouf !) Aucun agent verbalisateur n’est passé à ce moment-là (tout le monde se plaint qu’ils ne sont pas assez nombreux ; parfois, c’est utile).
Mais quand même ; les récriminations de Isabelle et ma mauvaise conscience me font devoir 68 euros à la Ville. Je veux bien les payer, mais fomente déjà mon recours pour contrainte (article 122-2 du Code pénal équivalent de la force majeure), manquement à l’obligation de salubrité (si la Ville me verbalise pour épanchement d’urine, elle doit me permettre de ne pas le faire) et rupture d’égalité (des urinoirs sont installés uniquement pour les hommes) conjointement à un manquement aux obligations de sécurité (une femme qui ne peut changer de tampon risque le choc septique). Alors, cette amende ? Qui me la colle ?
Bon, j’avoue, je suis tranquille : la DPSP ne peut verbaliser qu’en flagrance mais cela me donne une idée. Pendant les grèves, j’ai souvent interpellé (sans succès) Paris en commun sur le manque cruel de sanisettes surtout quand le temps de trajet est allongé (ce qui est le cas d’un trajet piéton). J’espérais que la multiplication des équipements, déjà commencée pendant la mandature d’Anne Hidalgo avec l’ouverture de nombreuses toilettes publiques dans les parcs et jardins (qui ferment à 17 heures l’hiver), soit inscrite au programme.
Je propose donc de lancer le « Manifeste du million* de pisseuses pour la multiplication des toilettes publiques ». Je suis sûre ; ça va faire le buzz !

* C’est une estimation personnelle du nombre de femmes en âge d’uriner sur la voie publique à Paris faute de toilettes publiques à proximité.

2 commentaires pour Incyclicité @34

  • Isabelle

    Quel bonheur cette vidéo ! 🙂

    • Cécyle

      Caddie en raffole !

Envoyer un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>