Incyclicité @33

Je rentre (à pied) un soir autour de 22 heures. Il y a très peu de circulation. Je remontre une longue rue à une voie entrecoupée de nombreuses petites transversales utilisées principalement par les riverains. À chacune, je marque l’arrêt. À la troisième, je remarque un véhicule qui s’avance au ralenti sur ma gauche alors que j’ai un pied sur la chaussée. Je m’arrête néanmoins et, sans remonter sur le trottoir car une voiture est garée à ma gauche, je m’installe sur la première lame du passage piéton, les deux pieds côte à côte, prête à le laisser passer. Je préfère être vivante plutôt que de l’obliger à respecter le Code de la route.
Il avance encore et pile… au milieu du passage piéton. Traverser m’oblige à le contourner, par l’avant ou par l’arrière. Je ne bouge donc pas. Dix ou vingt secondes, pas plus et il fait une marche arrière pour dégager le passage. Je traverse. Quand je suis sur l’autre trottoir, vitre ouverte, il m’apostrophe :
— Vous n’avez rien d’autre à faire que d’embêter les gens !
Ce n’est pas faux, surtout en ce qui concerne les automobilistes, mais quand même… Je me retourne, ouvre les bras, indiquant qu’il s’est arrêté au milieu du passage piéton.
— Je me suis arrêté parce que vous avez posé le pied sur la chaussée.
Six points, mon gars ; j’avais le pied sur le passage bien avant que le nez de ta voiture ne s’y pointe… Je n’en dis rien et reprends ma route, sans faire ce commentaire. Il est tard, je ne suis pas en position de force.
— Vous êtes née pour faire chier le monde, vous !
Il part alors, assez fort, dans une diatribe dont j’ai oublié les termes, mais de plus en plus insultante. Je regrette parfois de ne pas avoir toujours ma canne blanche en main ; ou un sifflet avec un carnet à souche ! Si au moins je lisais les numéros des taxis… Tant pis.

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