Souvenirs @15

Depuis mes années d’études, un vers d’Apollinaire trotte dans ma mémoire : « Soleil rouge, cou coupé » comme étant un poème à lui tout seul, le poète ayant écrit d’autres poèmes fulgurants d’un unique vers. Je ne sais plus si ce souvenir date du bac de français pour lequel j’avais étudié quelques poèmes d’Alcools ou s’il date de plus tard, lorsque je faisais des études de Lettres modernes. Dans les deux cas, cela date de quelques décennies.
Bref, il y a deux ou trois ans, j’avais entrepris de relire Alcools et quelle ne fut pas ma surprise en constatant que, d’une part, le vers en question n’est pas du tout « Soleil rouge, cou coupé » mais « Soleil cou coupé » et, d’autre part, qu’il ne s’agit pas d’un poème d’un vers mais d’un long poème pourtant assez connu, Zone.
Comme quoi, il faut toujours se méfier des souvenirs : ils racontent autant du moment passé que des époques traversées pour arriver à aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

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