Gamine @26

Métro, boulot, dodoJe rentre du judo. Il est tard. Je m’installe sur la 13 dans les places à six (deux fois trois en face à face) en bout de wagon. Mon sac à dos est posé sur ma cuisse gauche. Je grignote mon pique-nique tournée vers ma droite : crudités, pain, pomme, biscuit. J’en suis au pain. Je tourne un instant la tête vers ma gauche, par derrière mon sac. Un homme est assis à la place la plus à ma gauche. Je ne peux vous dire sa tête. Il a la posture d’un invité d’Apostrophe, un peu vautré, jambes croisées, le coude posé sur l’accoudoir.
— Bonsoir…
Je le salue brièvement et reviens à mon pain.
— Ça voyage ?
Je me tourne vers lui.
— Je ne comprends pas votre question.
— Le sac, tout ça… Ça voyage ?
— Je ne comprends toujours pas votre question.
— Laissez tomber…
J’y comptais bien. Je reviens à mon dîner. Il descend une station avant la mienne. J’en suis ravie.
Cet épisode de suffisance machiste me renvoie à mon billet « Lesbienne @22 ». Quand je l’ai écrit, je n’avais pas été en mesure de formuler le fond de mon malaise. La remarque sur Facebook d’une internaute fidèle de ce blogue m’a permis de comprendre. Elle a écrit : « Faut toujours qu’ils essayent n’est-ce pas ? » Il était bien là le souci, cette demande, cette insistance, comme ce gars dans le métro qui emploie un pronom impersonnel, « ça », comme si je n’étais qu’un objet à l’instar de mon sac.
Je regrette parfois d’avoir opté pour la lutte non violente mais je sens que je devrais me servir de ces agressions (oui, ce sont des agressions) pour me motiver dans le travail du Goshin jitsu et notamment le kiai. On ne sait jamais ; des fois que je décide de me lancer dans la lute armée… Hajime ma main dans ta gueule !

 Connard !

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