Lesbienne @22

En rentrant chez moi en fin d’après-midi, je fais plusieurs aller-retour entre la loge du gardien, l’escalier de deux voisines, le mien, passant plusieurs fois devant deux gars qui discutent. Je les connais mais n’y prête pas attention. À un moment, un m’interpelle.
— Vous ne dites plus bonjour ?
Je m’arrête, viens le saluer. C’est un gars qui m’a interpellée il y a quelques semaines pour me dire qu’il me trouve belle. Gentil. Bavard. En sortant ma canne blanche de ma poche, je lui dis.
— Je vais vous montrer quelque chose.
Je déplie la canne. Il s’excuse sitôt, me demande si je perds la vue ; je lui explique que je suis albinos, blablabla, et l’invite à m’interpeller quand je passe sinon je ne le reconnais pas. Il promet, et part dans une longue tirade pour me dire que je suis une « belle femme qui a du cœur », qu’il est fier d’être mon voisin, … Je le remercie. Il lance.
— Je peux vous embrasser ?
Je recule d’un pas en disant non. Il sourit.
— Je sais, seulement les filles…
S’il sait… Ça fait quand même bizarre de l’entendre.

6 réflexions sur « Lesbienne @22 »

  1. vincent

    Ca vous fait bizarre d’entre qu’il sache, ou bizarre qu’il demande alors qu’il sache ?

    … Désolé, j’ai perdu mon cerveau au travail aujourd’hui je crois. Ou quelquepart en route. :-/

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      Je trouve que c’est très intrusif, expression de la domination masculine qui me pose en objet sexuel, certes indisponible mais pas tant que ça. Qu’il propose de m’embrasser est en soi attentatoire à mon intimité, que je sois lesbienne ou non. Qu’il considère que mon refus soit lié à mon homosexualité assoit sa posture de mâle (si j’avais pas été lesbienne, j’aurais forcément dit oui).

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      1. vincent

        Je pensais que votre état d’esprit allait plutôt dans cette direction effectivement.
        Et va encore d’ailleurs.
        Mais je n’arrivais pas à le percevoir dans votre conclusion.
        … En y repensant, je m’inquiète, et j’espère que cela ne veux pas dire que j’ai une quelconque défaillance ?

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        1. Cécyle Auteur de l’article

          Ne vous inquiétez pas, Vincent. Je suis seule en cause. Ma conclusion est batarde. Elle est la seule que j’ai pu faire en écrivant ce billet. J’en ai écrit un autre sur le même sujet qui paraîtra dans plusieurs jours…
          Ce que l’on ressent à parfois besoin de temps et de révélateurs pour émerger.
          La suite bientôt, donc 😉

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          1. vincent

            Je peux aussi comprendre que vous étiez encore sous le choc.

            Autre sujet : pourriez vous svp corriger mon horrible « votre **était** d’esprit », en « état d’esprit » ?
            J’arrive pas à croire que j’ai écrit ça.
            (J’arrive à croire à la plus-part des autres fautes que je fait cependant. Je suis doué dans le domaine.)

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