Archives quotidiennes :

Kendo @51

Le judo, ce n’est pas un passe-temps ; c’est une vie. La mienne. Alors je vous en parle beaucoup. Le sujet d’aujourd’hui : l’objet ceinture noire.
Pour mémoire, sensei Romuald m’a offert l’une des siennes quand j’ai eu mon grade (ici). Elle sert de fronton à ma page Facebook, mon compte Twitter et m’a protégée deux ans durant. Mais je savais qu’il allait falloir en changer. C’était nécessaire tant elle était élimée, et aussi sans doute parce qu’avec mon prochain passage de 2e dan, il est important que je vole un peu de mes propres ailes. Romuald me porte depuis dix ans. Peut-être puis-je essayer de rester debout sans son maintien autour de ma taille ? C’est très symbolique tout ça. Le judo.
Johnny m’a permis de faire cette autre forme de passage sans trop de douleur et même avec une joie rare. Il m’a ramené comme prévu () une ceinture du Kodokan et me l’a remise dans mon salon. J’ai publié un petit reportage sur Facebook, lala. Mon émotion, quelques semaines plus tard, est intacte. Tout le mois d’août, j’ai porté la ceinture chez moi pour l’assouplir un peu, utilisant la technique nœud à l’envers retourné qui fonctionne très bien. Johnny m’a fait le plaisir d’inaugurer avec moi cette ceinture sur le tapis lors du dojo d’été, fin août. Puis est venu le moment où je me présenterais face à Romuald. C’était le 29 août. Trois minutes après que je suis sortie du vestiaire, il me dit :
— Ça y est, tu m’abandonnes ?
Il m’a fendu le cœur ! J’ai bafouillé je ne sais quoi pour dire que bien sûr que non puis l’ai vanné en lui demandant s’il lisait ce qui est écrit. Il le savait, il avait décidé du texte avec Johnny : à gauche (sur la photo), « Cécyle sensei » puis le logo du Kodokan ; à droite « Yuki », soit « courage », l’une des huit valeurs du code moral du judo, celui qui me va évidement le mieux « Faire ce qui est juste. » ; je n’en suis pas forcément capable mais c’est effectivement ce que je cherche.
Pour ce qui est de « Cécyle sensei », j’ai vacillé quand Johnny me l’a lu. Il est vrai que je participe à donner des cours et ai réussi cet été ma mise à niveau d’animatrice suppléante. Mais « sensei »… c’est quand même plus que ça ! Johnny m’a démontré que je l’étais pour lui. Je sais que des enfants me considèrent comme telle, des adultes débutants aussi. J’ai néanmoins peiné à admettre ce titre. Je peine encore, inquiète de la réaction que pourraient avoir certains de mes partenaires de club ou certains de mes professeurs. Au stage de rentrée des professeurs organisé par le FFJ-IDF, je n’ai eu aucune remarque si ce n’est me dire que j’avais une belle ceinture.
J’avais pris le temps de soigner mon nœud dans les toilettes de l’Institut du judo. C’est la photo qui illustre ce billet et que j’ai envoyée à Johnny pour lui dire ma fierté d’être à ce stage (une première pour moi) avec elle. Suis-je donc sensei ? Être digne de cette fonction fait partie désormais de mes objectifs de judoka. À croire que Johnny et Romuald considéraient que je n’avais déjà pas assez de travail avec mes dans à passer ! Chaque fois que je monterai sur un tatami, je veux qu’ils soient fiers de moi et, moi aussi, de moi-même. J’ai toujours cru en la valeur de l’exemplarité. Je ne peux plus faillir. Yuki? Hoka ni nan?