Résistance @16

J’entendais hier (3 septembre 2019) au Magazine de la santé Olivier Roellinger, auteur de Pour une révolution délicieuse (Fayard), dire que 30 % des émissions des gaz à effet de serre sont liées à notre alimentation. Il disait également que nous avons abandonné à l’industrie agroalimentaire la définition du « ce qui est bon » à manger. Ce qu’il disait du « bon » était intéressant : « bon » à quoi ? Au goût ? À la santé ? À la satisfaction ? Les trois ne sont pas antinomiques si tant est que l’on se libère des diktats de l’industrie agroalimentaire et des lobbys qui vont avec.
Je suis assez d’accord avec ça ; j’ai toujours beaucoup cuisiné, succombant un temps dans ma vie à une nourriture un peu plus industrielle, notamment en matière de biscuits et gâteaux (j’ai pu en manger beaucoup), préparations de légumes et quelques plats cuisinés type pizza, préparations végétariennes, panés (j’adore le poisson pané !) et autres choses rapides ou pratiques à préparer comme la purée en flocons, les soupes minute ou les tisanes en sachets. Je n’ai rien mangé de tout cela enfant ; maman fabriquait absolument tout ; ou presque. Ce sont des choses que j’ai mangées à la cantine, au resto U et qui pour moi étaient des signes d’opulence considérant que le fait maison était signe de notre pauvreté.
Qu’est-ce qu’on est bête, parfois ! Moi la première. Sans renoncer à certaines chimères de l’industrie agroalimentaire, je fais désormais mes yaourts, mes soupes, mes préparations de légumes, mes compotes, mes pâtes à tarte, crêpes et gâteaux, mes laits végétaux, mes entremets… C’est assez simple. Poussée par une envie conjointe de fabriquer encore plus pour manger moins d’additifs et moins de sucre ajouté, j’ai commencé à vider mes placards en janvier dernier pour en supprimer les pâtes, les biscuits, et les trucs un peu vieux. Six mois. Il m’a fallu six mois et pourtant je n’ai que deux petits placards pour l’alimentation. Cela dit combien l’on stocke, l’air de rien ; j’ai également vidé mon congélateur ; il m’a fallu deux mois.
À partir de ce vide, je réassortis en fonction de ce que je veux manger, et non de ce que je pourrais avoir envie de manger. Et une fois quelque chose d’entamé ou de congelé (légumes cuisinés, gâteaux, compotes, soupes, crêpes salées ou sucrées, cakes…), j’essaie de les manger en priorité en m’ôtant de la tête que si je les mange je n’en aurai plus au cas où… Je vis à Paris. La pénurie n’existe pas. Et si quelque chose manque, cela peut bien attendre les prochaines commissions. Je résiste aussi au maximum aux promotions, notamment au « troisième gratis » ; je ne veux définitivement pas stocker. Même le lait, je l’achète au litre et non plus en pack.
En même temps, je tente des expériences : utilisation de l’eau de cuisson de mes légumes (cuisson norvégienne, bien sûr) pour faire des bouillons miso (un champignon, quelques algues, du gingembre, et du miso bien sûr le bonheur !), fabrication de farine de pois chiche et de lentille (une réussite), sablés salés (à perfectionner), biscuits secs (épeautre noisette vanille, à tomber !), banana cake sarrasin sans sucre (j’adore !)… Mon dernier défi (en date) est de faire mes pâtes, sans machine. 100 g de farine (T110), un œuf, du sel. Pétrir. Laisser reposer. Étaler très fin (c’est l’instant biscotos). Découper. Faire sécher (ou non). Cuire. Manger !

Note. J’ai obtenu 110 g de pâtes sèches pour 0,37 euro (0,14 euro de farine, 0,23 euro l’œuf) soit 3,36 euros le kilo. Les pâtes semi-complètes les moins chères que j’ai vues sont à 2,58 le kilo. Il m’en coûte donc plus cher et elles ne sont pas bio (mon œuf ne l’est pas). Je vais néanmoins persévérer. Elles étaient très bonnes ; et mieux encore, ça m’amuse !

2 commentaires pour Résistance @16

  • Cécile, tu me combles de bonheur en me proposant de lire ce billet, tu m’honores aussi.
    Je sais pourtant que tu as fait d’autres rencontres que moi pour apprendre tout ça.
    Ta culture et ton engagement politique, ton militantisme, ta curiosité des Choses et du Monde, tes fréquentations, les jardins partagés… te réalisent. Comme Maya l’abeille, tu sais butiner pour en faire ton miel.
    Quoi qu’il en soit, merci pour le tendre mot mailé en invitation à découvrir ces pâtes dont tu m’avais parlé,

    Bises, Mutti

    • Cécyle

      Merci maman, je suis très touchée.
      Comme on dit, « Les chiens ne font pas des chats. », ou l’inverse 😉

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