Régis @24

Je n’ai chez moi, à part quelques photos de Sarah au mur, aucun « objet de déco ». Outre que visuellement, ils me sont inutiles, je n’aime pas faire la poussière. Je trouve donc la dépense inutile et les rares fois où l’on m’a offert des objets dont la seule fonction était de décorer, ils ont alimenté les finances de mon association de locataires via nos ventes en vide-grenier.
Par contre, je suis cernée par les fétiches qui donnent à mon appartement la sérénité dont j’ai besoin pour être au monde. Sur ma table de chevet, il y a Boudhakarathai, dont je vous parle dans ce billet, qui renvoie à d’autres où vous pourrez retrouver un certain nombre de mes fétiches. Il berce mon sommeil aujourd’hui accompagné d’une calebasse remplie de fleurs de lavande. En surplomb de mon bureau règne l’autel, celui qui accueille les plus vieux fétiches. Autour de mon écran, c’est le paradis de la Cocotte avec mes Tour, l’incarnation de Petit Mouton, le couteau et le drapeau ZAD. À ma droite depuis peu, il y a l’espace tatami qui s’est enrichi d’une Japonaise en kimono rouge, clin d’œil estival de Johnny de retour du Japon.
Me voilà donc bien entourée. Quand je sors, j’ai un gri-gri dans la poche avant droite de mon pantalon. C’est un petit sac en tissu qui renferme des objets collectés avec le temps. Tous ont une histoire. Il y a par exemple une médaille de Lourdes que m’a rapporté d’un pèlerinage une vieille dame aujourd’hui atteinte de la maladie d’Alzheimer et dont j’aurai l’occasion de vous reparler. Ce gri-gri ne s’ouvre pas, sauf nécessité de changer le sac en tissu ou d’incorporer un élément. C’est très rare. Cette médaille de Lourdes est donc là, invisible.
Et voilà qu’à l’aube du 15 août, Frédéric m’offre une médaille qu’il a ramenée de ses vacances dans les Pyrénées. Et quelle médaille ! La première était toute simple. Celle-ci a sa chaîne, son image pieuse et sa goutte d’eau bénite, le tout bien protégé dans un mini pochon en plastique transparent. Elle est là, posée sur mon bureau en attente d’être prise en photo. Je la prends, la regarde, lui parle, la repose. Je suis très touchée par ce cadeau qui semblera dérisoire à beaucoup. Cette médaille est comme une résurrection de celle qui est dans ma poche, le symbole que le pèlerinage toujours continue, une boucle qui se forme. L’eau bénite n’a pas sauvé cette vieille dame de la malade d’Alzheimer, et elle ne me sauvera de rien. Elle me dit simplement que la vie est là, quoi qu’il advienne, là, forte, puissante.
Merci Frédéric. La médaille peut rejoindre mon autel. Quand je ne saurai pas, elle me dira.

Note. Pendant que la médaille cherche sa place, je déballe mon sac où Isabelle a glissé des cure-dents. C’est elle qui me fournit depuis que j’ai arrêté de fumer. Et là, surprise ! Un cœur gomme qui rejoint sitôt le clan de la Cocotte ! Quelle fiesta !
Merci Isabelle.

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