Frayeur @7

Pour la première fois de ma vie, je suis entrée dans un appartement où avait eu lieu un incendie quelques heures plus tôt (pas chez moi ni chez un proche, je vous rassure). J’avais déjà vu des traces de fumée sur des façades, jeté un œil à travers la palissade de l’atelier qui avait brûlé dans notre îlot ; mais pénétré, jamais.
Je me sentais toute timide, parce que c’était chez quelqu’un que je ne connaissais pas, peut-être ; mais surtout parce que j’étais très impressionnée. L’odeur m’a prise, bien sûr ; mais aussi tout était noirci ; j’ai cru d’abord à un appartement mal entretenu ; mais non, c’était de la fumée qui s’était déposée partout.
L’incendie, violent dans une pièce, n’avait pas tout ravagé. Tout n’était pas en miettes comme chez l’artiste qui avait vu son œuvre détruite (tout le quartier ne s’inquiétait que de son chat là où soixante-dix ans de création n’existaient plus ; le chat était sauf). Mais c’était très impressionnant, effrayant surtout.
Depuis que j’ai mis le feu chez moi (ici), je fais particulièrement attention. Là, je crois que je vais me mettre en mode parano-feu. C’est trop abominable, tout perdre ainsi, tout à refaire, ne plus avoir de logement… J’en suis toute retournée.

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