Kendo @50

En juin 2017, j’ai suivi une formation d’assistante de club, premier « grade » pour être habilitée à enseigner officiellement le judo. Un billet est ici. Cette formation était couplée à celle d’animateur suppléant, le « grade » au-dessus, en quelque sorte. La différence est que l’animateur suppléant est habilité à faire quelques cours dans l’année sans la présence du professeur titulaire sur le tatami là où l’assistant de club ne peut faire cours qu’en présence du professeur titulaire.
La formation est identique, l’examen également : seule la possession du PSC1 distingue les deux.
J’ignorais, quand j’ai fait ma formation et passé mon habilitation, que je pourrais avoir le PSC1 ; je me disais que, bigleuse, j’en serais exclue. Que nenni ! La Croix rouge fait même des formations adaptées. L’histoire est .
J’ai alors eu l’idée de tenter de demander à faire valider une habilitation d’animatrice suppléante, ce d’autant que j’ai eu mon PSC1 un mois et demi après mon habilitation d’assistante de club. Le cadre technique a accepté, sous réserve de me voir prendre en charge un cours. Il avait visité pendant la formation tous les candidats, sauf moi. Pourquoi ? Plusieurs rendez-vous ont été pris pendant la saison. Il n’est pas plus venu. Pourquoi ? J’ai quelques idées mais je ne pratique pas la diffamation publique ; je vous laisse donc deviner, considérant que je suis une femme, déficiente visuelle et homosexuelle.
Deux ans sont passés. Un nouveau cadre technique est arrivé. Avec le soutien de mon club, je lui ai renouvelé ma demande. Quelques semaines plus tard, je me suis retrouvée, pas très rassurée, devant deux cadres techniques avec huit enfants de centre de loisirs sur un tatami, veste de kimono et short (et non un pantalon de kimono), deux petiotes de 5 ans, deux grandes de 12 ans, les quatre autres entre les deux, tous débutants. Romuald et ma présidente de club étaient là en soutien.
J’avais préparé un cours visant à donner envie de faire du judo à travers une « phase de combat » : une prise debout, une chute qui ne marque pas, deux retournements, une immobilisation. C’était ambitieux mais cela me semblait plus intéressant que de leur apprendre quelque chose qui ne faisait pas sens. Hajime ! Salut, échauffement, chute arrière… Un des cadres techniques m’appelle.
— C’est bon pour nous. Si tu veux finir ton cours, tu peux, sinon, ils rejoignent leurs camarades.
Ce qu’ils voulaient voir, c’était ma capacité à gérer le groupe, essentiellement du fait de ma déficience visuelle. Fort heureusement, je n’étais plus en examen quand les deux petites ont tenté de quitter le tapis dans mon dos, ni quand (c’est Romuald qui me l’a fait remarquer) je ne me mettais pas face au groupe quand j’expliquais à deux d’entre eux. Cela m’a confortée dans l’idée que je ne ferai jamais de cours sans la présence d’un autre adulte. Sinon, j’étais contente et assez fière ; j’ai pu mener ma séquence au bout, ai su adapter mon niveau d’exigence et tous, en fin de cours, ont fait quelque chose qui ressemblait à O soto gari avec une liaison sur Kusure gesa gatame.
Mon prochain objectif désormais est de faire la formation du Certificat fédéral pour l’enseignement bénévole, plus pour la formation que pour le certificat. Il me faut d’abord mon deuxième dan. C’est une des choses que j’aime dans le judo ; il y a toujours quelque chose à travailler jusqu’au bout de la vie !

2 commentaires pour Kendo @50

  • vincent

    Hajime le judo ! 🙂
    Et vous aussi 🙂 🙂

    • Cécyle

      Merci Vincent de votre indéfectible soutien ! 😉

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